Xavier Darcos

Xavier Darcos
Illustration.
Xavier Darcos, le 28 août 2008.
Fonctions
Chancelier de l'Institut de France
En fonction depuis le
(7 mois et 26 jours)
Élection
Prédécesseur Gabriel de Broglie
Président de l'Institut français

(4 ans, 7 mois et 22 jours)
Prédécesseur Olivier Poivre d'Arvor
Successeur Antonin Baudry
Ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville

(8 mois et 27 jours)
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon II
Prédécesseur Brice Hortefeux
Successeur Éric Woerth
Ministre de l'Éducation nationale

(2 ans, 1 mois et 5 jours)
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon I et II
Prédécesseur Gilles de Robien
Successeur Luc Chatel
Ministre délégué à la Coopération, au Développement et à la Francophonie

(1 an et 2 mois)
Président Jacques Chirac
Gouvernement Jean-Pierre Raffarin III
Prédécesseur Pierre-André Wiltzer
Successeur Brigitte Girardin
Ministre délégué à l'Enseignement scolaire

(1 an, 10 mois et 23 jours)
Président Jacques Chirac
Gouvernement Jean-Pierre Raffarin I et II
Prédécesseur Ségolène Royal
Successeur Poste supprimé
Sénateur français

(3 ans, 8 mois et 6 jours)
Élection 27 septembre 1998
Circonscription Dordogne
Successeur Dominique Mortemousque
Maire de Périgueux

(2 ans, 9 mois et 14 jours)
Prédécesseur Jean-Paul Daudou
Successeur Michel Moyrand

(8 ans, 4 mois et 18 jours)
Prédécesseur Yves Guéna
Successeur Jean-Paul Daudou
Biographie
Date de naissance (71 ans)
Lieu de naissance Limoges (France)
Nationalité Française
Parti politique UMP
Conjoint Laure Driant (depuis 1999)
Diplômé de Université de Bordeaux
Université de Reims
Profession Universitaire
Haut fonctionnaire

Xavier Darcos, né le à Limoges (Haute-Vienne), est un latiniste, haut fonctionnaire, homme de lettres, diplomate et homme politique français.

Ancien sénateur, maire de Périgueux, il a été ministre délégué à l'Enseignement scolaire (2002-2004), puis au Développement, à la Coopération et à la Francophonie (2004-2005), ministre de l'Éducation nationale (2007-2009), et du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville (2009-2010).

Ambassadeur de la France auprès de l'OCDE (2005-2007), il fut aussi « ambassadeur pour la politique culturelle extérieure de la France », et, à ce titre, président exécutif de l'Institut français (juin 2010-janvier 2015). De 2015 à 2017, il est « ambassadeur pour le rayonnement du français à l'étranger ».

Il a par ailleurs été secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences morales et politiques (où il fut élu en 2006) de 2010 à 2016 et a été élu à l'Académie française en juin 2013.

Depuis le 1er janvier 2018, il est chancelier de l'Institut de France[1].

Biographie

Origines et vie familiale

Xavier Darcos est le fils d'un trésorier-payeur général originaire du Bazadais.

Veuf de Marie-Lys Beaudry, avec laquelle il a eu deux enfants, Xavier Darcos a épousé, en secondes noces, le 10 avril 1999, Laure Driant (arrière-petite-fille du colonel Émile Driant et par ailleurs descendante du général Boulanger[2]), dont il a eu un fils, Gabriel. Après avoir collaboré avec Xavier Darcos lorsqu'il était sénateur et ministre, elle est devenue femme politique, conseillère départementale et sénatrice de l'Essonne.

Études et carrière universitaire

Après des études au lycée de Périgueux et à l’université de Bordeaux, il est reçu à l'agrégation de lettres classiques. Il enseigne à partir de 1968, une année au collège, puis en terminale littéraire et en classes préparatoires au lycée Laure-Gatet de Périgueux.

Après avoir obtenu en 1981 un doctorat de troisième cycle en lettres et sciences humaines (études latines) à l'université de Bordeaux, il enseigne en classe de première supérieure au lycée Michel-Montaigne à Bordeaux de 1982 à 1987, puis, nommé professeur de chaire supérieure, il est affecté en première supérieure (en khâgne) au lycée Louis-le-Grand à Paris, où il reste jusqu'en 1992[3].

En 1992, il devient inspecteur général de l’Éducation nationale.

De 1993 à 1995, il est directeur de cabinet du ministre de l’Éducation nationale, François Bayrou.

En 1995, il soutient à l'université de Reims sa thèse de doctorat, dirigée par le professeur Jean-Pierre Néraudau, sur le sentiment de la mort chez Ovide, dont une version abrégée est éditée en 2009 aux PUF (voir ci-dessous). Ainsi a-t-il écrit la préface du Liber amicorum : mélanges sur la littérature antique et moderne à la mémoire de Jean-Pierre Néraudau[4].

Il devient ensuite Doyen de l’inspection générale de l’Éducation nationale de 1995 à 1998, et occupe un poste de professeur associé de littérature comparée à l’université Paris IV-Sorbonne de 1996 à 1999[3], fonction qu'il retrouvera entre 2005 et 2007.

Sa spécialité universitaire est le thème ovidien de la mort, vu comme une image de l'évolution des mentalités religieuses au tournant du millénaire[5]. Il est aussi l'auteur d'une biographie de Prosper Mérimée, d'un essai sur Oscar Wilde, et de livres sur l’histoire et les théories de l’école, sur la diplomatie culturelle et sur des auteurs latins, comme l’historien Tacite ou les poètes Ovide et Virgile. Il écrit régulièrement des articles dans des revues savantes, surtout dans les domaines de la latinité, de l'histoire littéraire moderne, du genre poétique et de la littérature comparée.

Carrière politique

Xavier Darcos s'est d'abord fait connaître par des responsabilités dans des fondations musicales (il est lui-même organiste amateur) et en présidant notamment l'Adam 24 (« Ass. pour le développement et l'animation de la musique en Dordogne »), de 1972 à 1980. C'est à ce titre qu'il fut longtemps membre du Conseil économique et social de la Région Aquitaine (1975-1995). En 1969, il fut lauréat de la "Fondation de l'avenir-Sylvain Floirat", récompensant son action en faveur de la restauration des orgues en Périgord.

Après avoir très tôt assumé divers mandats locaux, Xavier Darcos entame une carrière politique nationale en entrant au cabinet du ministre de l’Éducation nationale, François Bayrou, comme conseiller en 1993 puis directeur de cabinet de 1994 à 1995. Il est ensuite conseiller pour l’éducation et la culture d’Alain Juppé, Premier ministre de 1995 à 1997 et est élu maire de Périgueux en janvier 1997. Il y était maire-adjoint (chargé de la culture) depuis 1987.

Élu sénateur de la Dordogne en 1998, il devient en 2001 vice-président de la commission sénatoriale des affaires culturelles.

De mai 2002 à mars 2004, il est ministre délégué à l'enseignement scolaire, auprès de Luc Ferry.

Au premier tour des élections régionales de 2004 en Aquitaine, sa liste obtient 18,40 % des voix. Au second tour, sa liste UMP fusionne avec la liste UDF de François Bayrou mais n'obtient que 33,46 % des voix, largement battue par la liste du président sortant de la région Alain Rousset.

Par la suite, il est ministre délégué au développement, à la coopération et à la francophonie, auprès du ministre des affaires étrangères Michel Barnier de mars 2004 juin 2005.

Il n'est pas reconduit après la démission du gouvernement Jean-Pierre Raffarin le 31 mai 2005 et l'arrivée de Dominique de Villepin à Matignon. Mais, en juin 2005, il est aussitôt nommé ambassadeur, représentant permanent de la France auprès de l'OCDE, fonction qu'il occupe jusqu'à son retour au gouvernement.

Le , Xavier Darcos est nommé ministre de l’Éducation nationale dans le gouvernement François Fillon (reconduit dans le gouvernement Fillon II le 19 juin 2007). Candidat à sa succession aux municipales de mars 2008, il est battu au second tour, pour une poignée de voix, par Michel Moyrand (PS) qui obtient 50,12 % des suffrages.

Il décide de la suppression des cours du samedi matin, instituant la semaine de 4 jours (ou de 4 jours et demi) à l'école primaire[6].

Il annonce la suppression de 13 500 postes dans l'Éducation nationale pour 2009, et présente un projet de réforme des lycées qui aurait entraîné la restructuration de la classe de seconde en un tronc commun de 21 heures avec 6 heures de « modules » et 3 heures d'accompagnement personnalisé, répartis sur 2 semestres. Mais à la suite d'un mouvement de blocage national des lycéens, il annonce le 15 décembre 2008 le report de la réforme[7].

Le , Xavier Darcos est nommé ministre du Travail, des Relations sociales, de la Solidarité, de la Famille et de la Ville.

Seul candidat à la primaire UMP pour la tête de liste aux régionales 2010 en Aquitaine, il est désigné par les militants, obtenant 4 029 voix (participation : 31,77 %) le 22 mars 2009[8]. Le second tour des élections régionales de 2010 en Aquitaine a pour configuration une triangulaire : PS (liste Alain Rousset), UMP (liste Xavier Darcos), MoDem (liste Jean Lassalle). Xavier Darcos (28,01 % des voix) est largement devancé par la liste d'Alain Rousset (56,34 %), le président sortant socialiste. Au lendemain du second tour, lors d'un remaniement ministériel, il quitte le ministère du Travail au profit d'Éric Woerth[9].

Pressenti pour succéder à la présidence de l'établissement public du musée et du domaine national de Versailles à Jean-Jacques Aillagon, finalement reconduit, il est nommé, le 9 juin 2010, "ambassadeur en mission pour la politique culturelle extérieure de la France", et prend à ce titre la tête de l'Institut français, qui remplace Culturesfrance depuis le 1er janvier 2011[10],[11]. En février 2015, il devient « ambassadeur pour le rayonnement du français à l’étranger ».

Institut de France

Depuis juin 2006, il est membre de l’Académie des sciences morales et politiques (section morale et sociologie), succédant à Bruno Neveu. Il est Secrétaire perpétuel de l'Académie pour la période 2011-2016 (mandat non renouvelable)[12].

Il est élu à Académie française le , au fauteuil de Pierre-Jean Rémy[13],[14]. Il y est reçu le 12 février 2015 par Jean-Loup Dabadie[15].

Le 11 décembre 2017, la Commission administrative centrale de l'Institut de France (qui regroupe les cinq académies) l'a élu chancelier de l'Institut de France, à compter du 1er janvier 2018.

Synthèse des fonctions politiques

Fonctions locales

Fonctions politiques

  • Secrétaire national chargé de la culture (de mars 2006 à novembre 2010)
  • Vice-président de la Commission sénatoriale des affaires culturelles (2000-2002)
  • Vice-président de la Délégation sénatoriale pour les droits des femmes (1998-2002)

Fonctions ministérielles

Autres fonctions

Décorations

Publications

Direction et corédaction de manuels scolaires

  • Le XIXe siècle en littérature, Hachette, 1986 (en coll.)
  • Le XVIIIe siècle en littérature, Hachette, 1986 (en coll.)
  • Le XVIIe siècle en littérature, Hachette, 1987 (en coll.)
  • Le Moyen Âge et le XVIe siècle en littérature, Hachette, 1987 (en coll.)
  • Le XXe siècle en littérature, Hachette, 1989 (en coll.)
  • Essais et textes littéraires, 2 tomes, Pretini Editore, Roma, 1993

Essais et ouvrages

  • Candide, Hachette, 1989 (nombreuses rééd.)
  • Zadig, Hachette, 1990 (nombreuses rééd.)
  • Phèdre, Hachette, 1991 (nombreuses rééd.)
  • Visiter Périgueux, Sud-Ouest, 2000 (nombreuses rééd.)
  • L'Orgue de l'église de la Cité, à Périgueux, Fanlac, 1989
  • Histoire de la littérature française, Hachette, 1992 (nombreuses rééd., 20e en 2011)
  • Prosper Mérimée, Flammarion, 1998 (Prix France Télévisions 1998) (ISBN 978-2-0806-7276-6)
  • L’Art d’apprendre à ignorer, Plon, 2000 (ISBN 2-259-19349-8)
  • Mérimée, amateur et prophète, Connaissance des Arts, 2003
  • Lettre à tous ceux qui aiment l'école, avec L. Ferry et C. Haigneré, éditions Odile Jacob, 2003
  • Mérimée, La Table ronde, 2004 (ISBN 2710326663)
  • Deux voix pour une école, avec Philippe Meirieu, Desclée de Brouwer, 2003 ; rééd. 2007 (ISBN 9-782220-053707)
  • L’École de Jules Ferry (1880-1905), Hachette, 2005 (Prix Louis Pauwels 2006) (ISBN 9-782012-357204)
  • Peut-on faire confiance aux historiens ?, en coll., PUF, 2006
  • L’État et les Églises, éditions Odile Jacob, 2006 (ISBN 2-7381-1817-8)
  • Tacite : ses vérités sont les nôtres, Plon, 2007 (ISBN 978-2-259-20261-9)
  • Bruno Neveu (1936-2004), Institut de France, 2007
  • La escuela republicana en Francia, Prensas universitarias de Zaragoza, 2008 (ISBN 978-84-92521-38-8)
  • René Haby par lui-même, en coll., INRP, 2009, (ISBN 2-7342-1100-9)
  • L'école forme-t-elle encore des citoyens ?, avec Aurélie Filippetti, Forum Libération de Grenoble, sur CD audio chez Frémeaux & Associés, 2008
  • Peut-on améliorer l'école sans dépenser plus ?, avec Vincent Peillon, Magnard, 2009 (ISBN 978-2210747852)
  • Ovide et la mort, PUF, Coll. « Hors collection », 2009 (ISBN 978-2-13-057818-5)
  • Une anthologie historique de la poésie française, PUF, coll. « Hors collection », 2010 (ISBN 978-2-13-058506-0)
  • Dictionnaire amoureux de la Rome antique, Plon, 2011 (ISBN 978-2-2592-1245-8)
  • La Poésie française, Eyrolles, coll. « Mes passions », 2012 (ISBN 978-2-212-55533-2)
  • Histoire de la littérature française, Hachette, 2013 (ISBN 978-2-01-160932-8)
  • Oscar a toujours raison, Plon, 2013 (ISBN 978-2-259-21069-0)
  • Auguste et son siècle, Artlys, 2014, (ISBN 978-2-85495-578-1)
  • Jean-Pierre Angrémy, dit Pierre-Jean Remy, Institut de France, 2015
  • Dictionnaire amoureux de l'École, Plon, 2016, (ISBN 978-2-259-227599)
  • Virgile, notre vigie, Fayard, 2017, (ISBN 978-2-213-70457-9)

Préfaces

  • L'Europe en poésie, de l'école au lycée, SCEREN, 2008 (ISBN 978-2-240-02701-6)
  • La langue française et la Méditerranée, CNDP, 2010 (ISBN 978-2-240-03043-6)
  • La littérature française du 20è siècle lue à l'étranger, Presses universitaires du Septentrion, 2011 (ISBN 978-2-757-402078)
  • Le handicap, une chance pour l'école, de J.-Christophe Parisot, Desclée De Brouwer, 2011, (ISBN 978-2220059846)
  • La diplomatie culturelle, un siècle d'inventions françaises, INA & Institut Français, 2011
  • Où vont nos nuits perdues et autres poèmes d'Alain Duault, Poésie/Gallimard, 2015 (ISBN 9 7-820-7046750-1)
  • Les abats en majesté, de Guy Jost & Dick Motte, Éditions France Livres, 2016 (ISBN 9-782368-660041)
  • L'écume des mots, Terra Mare éditions, 2016 (ISBN 9-782918-677437)
  • Rire avec les Anciens, textes réunis par Danielle Jouanna, Les Bettes Lettres, 2016 (ISBN 2-251-03026-3)
  • Eduquer par le cinéma, de S. de la Moissonnière, Le Centurion, 2018, (ISBN 979-10-92801-45-3)
  • Correspondance et magistère : le plaidoyer épistolier, Travaux de littérature, t. XXX, publiés par l'Adirel, Droz, 2018 (ISBN 979-10-90455-05-4)

Notes et références

  1. « Xavier Darcos devient chancelier de l'Institut de France », FIGARO,‎ (lire en ligne)
  2. Le Point du 29 septembre 2007, p. 67
  3. a et b « Premier-ministre.gouv.fr Xavier DARCOS : ministre de l’Éducation nationale. »(Archive • Wikiwix • Archive.isGoogle • Que faire ?)
  4. Paris, Champion, 2005, direction Frank Lestringant, Bertrand Néraudau, Danielle Porte, Jean-Claude Ternaux
  5. C'est le sujet de ses deux thèses, soutenues respectivement en 1981 à Bordeaux, et en 1995 à Reims, dont une version abrégée est parue aux PUF.
  6. « BOEN n° 25 du 19 juin 2008 », sur Bulletin officiel de l'Éducation nationale
  7. « Darcos reporte la réforme du secondaire », Le Monde, 15 décembre 2008.
  8. Les résultats aux primaires régionales.
  9. Départ du ministère du travail en mars 2010
  10. « Xavier Darcos à l'Institut français », bibliobs.com, 9 juin 2010.
  11. « Aillagon reconduit à Versailles », Le Figaro, 9 juin 2010
  12. Institut de France, « Secrétaires perpétuels de 1833 à aujourd'hui » (consulté le 28 juillet 2011)
  13. Le Figaro
  14. « Xavier Darcos élu à l'Académie française », sur L'Express.fr, (consulté le 13 juin 2013)
  15. « Réponse au discours de réception de Xavier Darcos | Académie française », sur www.academie-francaise.fr (consulté le 6 juin 2018)
  16. Périgueux: Xavier Darcos ne siégera pas au conseil municipal
  17. « Décret du 22 avril 2011 portant promotion dans l'ordre de la Légion d'honneur », sur le site de Légifrance, (consulté le 6 octobre 2014).
  18. Aurélie Filippetti, « Arrêté du 16 janvier 2014 portant nomination et promotion dans l'ordre des Arts et des Lettres », sur le site du ministère de la Culture et de la Communication, (consulté le 6 octobre 2014).
  19. (it) Darcos Sig. Xavier - Commendatore Ordine al Merito della Repubblica Italiana, sur quirinale.it (consulté le 19 octobre 2016)

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes