Voisey

Voisey
Voisey
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Haute-Marne
Arrondissement Langres
Intercommunalité Communauté de communes des Savoir-Faire
Maire
Mandat
Jany Garot
2020-2026
Code postal 52400
Code commune 52544
Démographie
Gentilé Voiseyen
Population
municipale
288 hab. (2017 en diminution de 10,28 % par rapport à 2012)
Densité 9,1 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 53′ 07″ nord, 5° 46′ 59″ est
Altitude Min. 222 m
Max. 427 m
Superficie 31,6 km2
Élections
Départementales Canton de Bourbonne-les-Bains
Législatives Première circonscription
Localisation
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Voisey

Voisey est une commune française située dans le département de la Haute-Marne, en région Grand Est.

Géographie

Localisation

La commune est située dans le sud-est haut-marnais, dans le canton de Bourbonne-les-Bains.

Voisey est entourée de vastes forêts qui lui donnent un aspect nettement campagnard, bien que le village ait été, un temps, un chef-lieu de canton.

Hydrographie

Voisey est baignée par deux ruisseaux qui arrosent les coteaux autrefois riches en vignes (très peu subsistent aujourd'hui) et les pâturages ; le ruisseau Madrid et le Grattery fusionnent à la sortie du village pour former un sous-affluent de l'Amance, le Molerupt.

Communes limitrophes

Histoire

Voisey, nommé Vogesus, Voysie, Vousey, dans les vieilles chartes, est un des villages importants de la châtellenie de Jonvelle.

Liébaud de Voisey, prévôt de Jonvelle, Villencus et Rofroy, ses frères, avec Richard, leur neveu, et l’abbé Guy de Cherlieu, furent témoins d’une donation faite à l'abbaye de Clairefontaine par Henri, frère de Frédéric de Dampierre, comte de Toul (1150). Sept ans plus tard, les mêmes nobles figuraient dans une illustre assemblée tenue à Jonvelle[1]. Jean de Voisey accompagna le sire de Joinville dans la première croisade de saint Louis. Jacquot de Voisey combattit devant Arras avec Jean sans Peur et les chevaliers du Comté (1414) [2].

Voisey avait un prévôt dès le commencement du XIIIe siècle : Guy et Viard étaient revêtus de cette charge en 1218 et 1248. Au XIVe siècle, ce village reçut de Philippe de Jonvelle, comme le reste de la seigneurie, des franchises en rapport avec les besoins de l'époque : il eut dès lors son procureur, son maire et ses échevins[3]. En 1560, les habitants se trouvèrent en litige avec les frères Jean-Baptiste, Georges et Gaspard d’Andelot, seigneurs de Jonvelle et de Voisey, au sujet des bois et des communaux : la cour de Dole envoya Joseph Perrin, son notaire et greffier, pour examiner l’affaire, et celui-ci reconnut en ces termes les droits des sujets :

« J'ai de par la majesté du roi, duc et comte de Bourgogne, souverain seigneur, et de par ladite cour de parlement de Dole, maintenu et gardé, maintiens et garde lesdits impétrans ès droits ci-après déclarés : à savoir, les habitans particuliers de Voisey appelés les francs, en la possession, jouissance, saisine ou quasi, et tant par eux, leurs serviteurs que leur certain commandement, prendre, couper, abattre et emmener des bois assis et situés en et rière le finage et territoire dudit Voisey, selon qu’ils s'étendent et comportent, toutes manières de bois vifs, sauf le sorbier, poirier, pommier et cerisier, sans danger d’encheoir en aucune amende envers ledit seigneur défendeur et ses dits frères seigneurs dudit Voisey, en payant néanmoins par iceux habitans francs les redevances de cire accoutumées. Item les manans et habitans dudit Voisey n'étant appelés francs, en la jouissance et possession de, pour leurs commodités, prendre, couper, abattre et emmener toutes manières de bois vifs autres que lesdits sorbier, poirier, pommier et cerisier, sans pour ce être amendables envers iceux seigneurs de Voisey, sinon au cas qu’ils seront trouvés coupant et abattans lesdits bois vifs autres que les quatre ci-dessus déclarés, par le sergent de la gruerie dudit Voisey ; pourvu toutefois qu'iceux pieds de bois vifs soient de telle grosseur qu’au travers d’un pied l’on puisse faire un pertuis avec un aviron appelé un chausseur, sans que faisant ledit pertuis, ledit pied se fende ; et au cas que ledit pied de bois se fendroit en faisant ledit pertuis, ils sont exempts de payer ladite amende de cinq sols estevenans ni autres au profit d’iceux seigneurs de Voisey. Item tous lesdits habitans impétrans, tant ceux appelés francs qu’autres, en la jouissance et possession du droit de perception et immunité de payer aucune amende de soixante sols estevenans au profit desdicts seigneurs de Voisey, quand ils prendront, couperont les bois de sorbier et autres, sinon au cas qu’ils seront trouvés coupans et abattans lesdits bois par ledit sergent, dit le doyen, et non autrement. Et quand lesdites amendes ou de cinq ou de soixante sols estevenans seront par eux ou aucun d'eux commises, pour être trouvés coupans lesdits bois seulement et non autrement, d'être gagés pour le recouvrement d'icelles amendes par le sergent d’iceux bois ; et en cas d’opposition seront assignés par-devant le bailli de Jonvelle ou le maire de Voisey, ou leurs lieutenans, sans pour ce pouvoir être autrement ni en autres justices poursuivis. ». La même garantie est accordée aux habitants de Voisey sans distinction pour la jouissance de leurs communaux[4].

Le prieuré de Voisey, de l'ordre de Cluny, fondé par un des premiers sires de Jonvelle, sous l’invocation de Notre-Dame et de Saint-Vivant, dépendait du monastère de Saint-Vivant-sous-Vergy, à qui la possession en fut assurée par le pape Alexandre III (1178). Le patronage des cures de Cendrecourt et de Voisey lui appartenait. La conventualité y fut conservée jusqu'en 1548, époque où il tomba en commende. Dom Antoine de Saint-Antide fut le dernier prieur régulier, et Pierre Frémiot, chanoine de la métropole, le premier bénéficier commendataire. L'un de ses successeurs fut Herman d’Ortenberg, auditeur de rote, évêque d’Arras, qui abandonna les levées du prieuré à Pierre Humbert, curé de Maîche (1608). Il fut remplacé par Jean- Baptiste de Cusance, chanoine de Saint-Jean, camérier d'honneur de Sa Sainteté, personnage de la première distinction. À sa mort, le prieuré fut uni au collège des jésuites de Dole, avec plusieurs autres bénéfices (1632). En 1709, il fut donné à Camus d’Artaufontaine, simple clerc tonsuré. Nommé gouverneur de la citadelle d’Anvers, celui-ci résigna son bénéfice à François-Xavier Mareschal de Longeville, qui mourut en 1740. Claude-Antoine Buson de Champdivers, Boulangier, Camuset et Bossu, terminent la liste des prieurs de Voisey.

L'église paroissiale, dédiée à La nativité de Notre Dame . Le style dominant de son ensemble assigne évidemment l’époque romane à sa première construction. L'entrée du portail est ornée de quatre colonnettes à chapiteaux, et la voussure formée par une quadruple archivolte à plein-cintre. Le clocher, carré, lourd et d'un appareil moyen, est terminé par deux pignons, et percé de quatre larges fenêtres aussi à plein-cintre, encadrées de trois colonnettes et divisées par un meneau trilobé, que surmonte une rosace ajourée. La corniche de l'édifice, appuyée sur de simples modillons, présente çà et là quelques figures grimaçantes. L'église est à trois nefs ogivales, sur un axe incliné de droite à gauche, symbole mystérieux qui rappelle la tête penchée du Christ expirant. Les piliers, par leur énorme grosseur, et les arcades à peine brisées des travées, appartiennent encore à l’époque primitive ; mais déjà les arceaux plus élancés de la voûte principale préludent aux formes gracieuses de l'ère suivante, qui a enfanté ces immortels chefs-d'œuvre, la gloire de l'art et de la religion. Les deux piliers voisins du sanctuaire sont cantonnés d'un faisceau de trois colonnettes à chapiteaux historiés. Les deux premiers piliers, dont l'un est cylindrique et l’autre octogone, ont un aspect moins élégant. Les nervures diagonales des voûtes, arrondies dans le sanctuaire et dans les chapelles latérales, deviennent prismatiques en s’éloignant vers le portail ; et au lieu de s'appuyer sur les chapiteaux ou sur des consoles, elles se perdent dans la masse du pilier. Toutes les fenêtres latérales sont élevées, étroites et cintrées ; celle de l’abside, qui est ogivale et à deux meneaux, avait une rosace et sans doute des verrières. Elle a été murée à l’époque de la renaissance et masquée par un retable d’un assez bon travail, il est vrai, mais qui jure avec l’ensemble et prive le sanctuaire de son plus beau cachet d’antiquité.

En résumé, les formes lourdes et rudimentaires, les ornements irréguliers et sans grâce, les différents caractères que nous venons d’étudier dans l'église de Voisey, font penser que cet édifice a été construit d’un seul jet, sauf quelques détails, et qu'il appartient à la troisième période de transition du roman au style ogival. À ce titre il doit être classé parmi les rares monuments qui ont résisté aux injures des siècles comme au vandalisme des guerres et des révolutions. Une restauration de l'imposant maître autel lui a rendu son justice et sa splendeur du XVIIe siècle.

Autrefois, Voisey appartenait à la Franche-Comté qui fut apportée à la France en 1678 par Louis XIV.

La grande culture de Voisey resta la vigne pendant des décennies mais dans les années 1920, après la Première Guerre mondiale, une épidémie de phylloxéra détruisit les vignes qui furent abandonnées au profit de l'agriculture. Aujourd'hui la forêt a remplacé les vignes et la population ne cesse de diminuer. Voisey n'attire plus à part des étrangers en quête de calme. La gare de Voisey a fermé en 1991 alors qu'autrefois c'était une des possibilités pour rejoindre la région parisienne et Troyes depuis Voisey grâce à la ligne de Paris-Est à Mulhouse-Ville.

Le , la commune de Voisey fusionne avec celle de Vaux-la-Douce sous le régime de la fusion-association.

Politique et administration

Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 mars 2008 Guy Dapret    
mars 2008 septembre 2010 Gérard Valin    
octobre 2010 2014 Daniel Meulle    
2014 En cours Jany Garot    

Politique environnementale

Population et société

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[1]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[2].

En 2017, la commune comptait 288 habitants[Note 1], en diminution de 10,28 % par rapport à 2012 (Haute-Marne : -3,57 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 6351 6981 8151 6348371 8521 8731 8531 850
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 6371 6541 6701 6201 5361 5401 4411 3731 278
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 2121 2071 097820774697653627629
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
645630590507439389385345299
2017 - - - - - - - -
288--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2006[4].)
Histogramme de l'évolution démographique

Manifestations culturelles et festivités

Économie

L'usine de la Dolomie Française, son origine, son histoire.

A l'origine et certainement depuis une longue période, les pierres extraites de la carrière de Voisey ont été transformées en chaux de construction. La cuisson était faite au bois dans un grand four en maçonnerie dont on observait les vestiges il y a encore quelques années. C'est au cours des années 1920 que Madame Céleste BERNARD-DUFAY proposa la pierre dénommée Dolomie au siège des établissements SCHNEIDER à PARIS. (Dolomie: carbonate de calcium et de potassium contenant environ 20 % de chaux et 30 % de magnésium). La sidérurgie utilise la dolomie frittée (cuite à 1900°) pour les revêtements réfractaires des fours de fusion de l'acier. L'exploitation de la carrière fût développée en 1924 par Albert DUMONT pour alimenter une des usines Schneider au Creusot qui réalisait les opérations de frittage dans leur propre installation. La pierre était extraite et concassée puis amenée par camions et chargé à la gare de Voisey. La grande crise de 1929 a contraint Albert Dumont à la cessation de cette activité en 1933. En raison des besoins de la Défense Nationale, l'activité repris en 1938 et pendant l'occupation des projets furent élaborés pendant cette période pour le développement des installations après la guerre. C'est ainsi que les terrains de la carrière furent apportés par Mesdames DUFAY-VOSGIEN Marthe et DUFAY-DUMONT Madeleine à la Dolomie française en 1942. Cette société avait été créée en 1902 par le père de son Président Max HICQUET. Comme prévu le premier jour de frittage démarra après la guerre au début de 1945 et deux autres fours furent mis en service après. La production de dolomie frittée atteignit couramment 2000 tonnes par mois. Les principaux client étaient Neuves Maisons, Pompey, Rombas, Geugnon, Le Creusot, et la Suisse... Au cours de la construction de l'usine, puis de la mise en route de la société Albert Dumont a été secondé par son fils Jean-Baptiste Dumont qui prendra sa succession à son décès en juillet 1956. En plus de la Dolomie frittée les services commerciaux rejoints par Claude DUMONT en 1948 développèrent la Dolomie crue broyée dans la composition du verre à bouteille. Les principaux clients étaient Gironcourt pour Vittel, Puy- Guillaume pour Vichy, Saint-Gobain pour les fibres de verre. Le marché le plus spectaculaire fût celui des amendements, puis les engrais à base de Dolomie. A son tour Gilles Dumont rejoint la force commerciale de l'entreprise. Cette diversification des marchés permet à l'usine de maintenir un certain niveau d'activité quand l'arrêt des fours devint nécessaire en 1972 avec les effets négatifs de la crise de la sidérurgie. La persistance et l'aggravation de cette crise entrainèrent finalement l'entreprise au dépôt de bilan à la fin de 1981. Alors, l'activité a été reprise par la société TIMAC de Saint Malo qui a maintenu un fonctionnement lié à l'agriculture. L'entreprise a eu jusqu'à 120 collaborateurs.



Culture locale et patrimoine

Lieux et monuments

  • Église Notre-Dame-de-la-Nativité[5], classée en 1943 - partie du XIIIe siècle - retable remarquable.
  • Abbaye de Vaux-la-Douce.
  • La chapelle du prieuré.
  • Carrière de Dolomie.
  • Terrain de motocross.
  • Musée des traditions populaires, où l'on peut trouver une petite monographie du village écrite par un ancien maire.
  • Camping économique.
  • Dépôt et pont de la gare.

Cartes postales anciennes

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Personnalités liées à la commune

  • Saint Martin Luc Huin, vicaire à Voisey entre 1861 et 1864 ; martyr en Corée en 1866, canonisé à Séoul en 1984.
  • François Bertrand, dit le Sergent nécrophile ou le Vampire de Montparnasse, né à Voisey en 1823.

Voir aussi

Bibliographie

Émile Jolibois, La Haute-Marne ancienne et moderne. Dictionnaire géographique, statistique, historique et biographique de ce département, Chaumont, 1858. Réédité. -A.Lacordaire "Notes historiques sur la Bourg et le Prieuré de Voisey". -Victor Pougez et René Gelin "Conférences historiques sur Voisey. -Bruno Théveny "Le Pays de l'Amance" (Dominique Guéniot éditeur). Bruno Théveny et Eric Girardot, "Amance, Apance, voyage au bout de l'or vert", Le Pythagore éditeur.


Articles connexes

Liens externes

Notes et références

Notes

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références