Voie catalane

La Voie catalane vers l'indépendance (en catalan Via Catalana cap a la Independència), plus connue comme Voie catalane (en catalan Via Catalana), fut une chaîne humaine de quelque 400 km réalisée en Catalogne l'année 2013 à l'occasion de la fête nationale du Onze Septembre, ayant pour but de revendiquer le droit à l'indépendance de la Catalogne[1]. Organisée par l'Assemblea Nacional Catalana (Assemblée nationale catalane - ANC), elle eut le soutien de 14 associations non gouvernementales. La chaîne suivit le tracé de l'ancienne Via Augusta, depuis Le Perthus/El Pertús (Vallespir, Roussillon, Département des Pyrénées Orientales) jusqu'à Alcanar (Montsià). Selon Carme Forcadell, présidente de l'ANC, ce fut « un symbole, le symbole de l'unité du peuple catalan dans le but d'atteindre la souveraineté nationale »[2].

Au total, selon la Generalitat de Catalogne (gouvernement autonome de la Catalogne), 1 600 000 manifestants auraient participé à la Voie catalane (400 000 d'après le Ministère de l'Intérieur espagnol), dont 500 000 dans les rues de Barcelone[3].

La chaîne débuta à 17 h 14 (clin d'œil à l'année 1714, date de la chute de Barcelone face à l'armée franco-espagnole) du mercredi avec le son des cloches ; une cérémonie politique simultanée eut lieu dans de nombreuses localités catalanes jusqu'à 18 h, moment auquel on chanta Els Segadors, l'hymne catalan[4]. En tout, l'organisation mobilisa 1 500 autocars et jusqu'à 30 000 volontaires. On fit également appel à des moyens aériens à fin d'avoir un enregistrement visuel de l'évènement. Dans ce même sens, 800 photographes volontaires firent le nécessaire pour garder une mémoire photographique de la journée. Plus de 500 000 T-shirts de l'ANC pour la Voie furent distribués[5].

Voie catalane à Paris le 2 septembre 2013

Précédents historiques

Le 23 août 1989, deux millions de citoyens d'Estonie, de Lettonie et de Lituanie ont donné forme à la Voie balte, consistant a relier par une chaîne humaine les trois capitales des respectifs pays pour réclamer l'indépendance des Pays baltes vis-à-vis de l'URSS[6]. Leur indépendance fut reconnue juste après le putsch de Moscou le 21 août 1991. « Un foyer commun européen ne peut être établi que si tous les pays européens se voient accorder un libre droit d'autodétermination », peut-on lire dans le manifeste de la Voie balte[7]. Les organisateurs catalans se mirent en contact avec des experts baltes en vue de l'organisation de la chaîne humaine catalane.

Contexte

Inscriptions et actes préalables

La Voie catalane fut présentée dans le cadre du Musée d'histoire de Catalogne le 19 juin 2013, lors d'un acte auquel participèrent également Henn Karits et Ülo Laanoja, membres de l'organisation de la Voie balte de 1989[8],[2]. Le 4 juillet 2013, l'Assemblée nationale catalane ouvrit le période d'inscription sur Internet, atteignant le chiffre 22 000 personnes inscrites pendant les premières 24 heures et plus de 78 000 au bout de la première semaine[9].

Le 12 juillet, seulement neuf jours après le commencement des inscriptions, le nombre d'inscrits dépassait déjà les 100 000[10]. Le 30 juillet, les organisateurs présentèrent l'affiche et la vidéo promotionnelle de l'évènement[11]. Trois semaines avant, plus de 350.000 personnes s'étaient déjà inscrites sur le site officiel, à fin de se voir assigner (d'ores et déjà) leur place le long de la chaîne de 400 km. Les organisateurs admirent avoir des problèmes pour couvrir certains tronçons du sud de la chaîne, à cause de la faible densité de population de cette zone du territoire[12],[13]. Malgré cela, le 2 septembre il ne restait aucun tronçon de la Voie catalane à faible occupation[14].

Pendant l'été, des répétitions eurent lieu un peu partout sur le territoire, comme ce fut le cas à Jesús et Roquetes, Gandesa, Sant Cugat del Vallès, l'Estanyol del Vilar de Banyoles, Navàs, Montblanc et La Garriga.

Positions des partis politiques

Les partis Convergence démocratique de Catalogne (CDC), Gauche républicaine de Catalogne (ERC) et la Candidature d'unité populaire (CUP) apportèrent leur soutien et participèrent à la Voie catalane, tandis que le Parti des socialistes de Catalogne (PSC-PSOE), Parti populaire (PP) et Citoyens (C's) s'y opposèrent[15],[16]. L'Union démocratique de Catalogne (UDC), qui décida de ne pas y participer « en tant qu'organisation » (néanmoins certains dirigeants le firent à titre personnel[17]), demanda à l'ANC et à Òmnium Cultural, que la devise de la chaîne humaine ne soit pas indépendantiste (« Voie catalane vers l'indépendance »), sinon pour le droit à décider en vue « d'incorporer toutes les adhésions et tous les soutiens possibles »[18]. Mais pour Carme Forcadell, présidente de l'ANC, procéder à un tel changement aurait signifié « un pas en arrière ». Selon ses mots, « ça n'aurait aucun sens […] de revendiquer un droit que, en tant que peuple, on a déjà, à savoir, le droit de décider »[19],[20]. Initiative pour la Catalogne Verts (ICV), de son côté, lança une invitation à ses militants à participer à la chaîne promue par Procés Constituent a Catalunya (PrC) visant à encercler la Caixa (le principal établissement financier de la Catalogne) le même jour[21].

Artur Mas, Président de la Generalitat de Catalogne, et Núria de Gispert, présidente du Parlement de Catalogne, prirent la décision de ne pas participer à la chaîne pour des « motifs institutionnels », bien qu'ils appelèrent à y participer, et qu'ils se réunirent le 11 septembre même avec les organisateurs de la chaîne humaine[22].

Cérémonies institutionnelles

Traditionnellement, depuis la renaissance du catalanisme politique, la Fête nationale de la Catalogne devient l'occasion d'activités institutionnelles dans plusieurs endroits, notamment dès le début des années 2000, autour du Parc de la Ciutadella de Barcelone. Le long de la matinée, comme chaque année depuis le rétablissement de la démocratie en Espagne, a lieu une offrande florale devant le monument à Rafael Casanova (haut responsable politique lors du siège de Barcelone en 1713-1714), situé sur la Ronda de Sant Pere de Barcelone, par les différentes organisations politiques et sociales. Plus tard dans la journée tient lieu la cérémonie officielle de la Fête nationale de la Catalogne au Parc de la Ciutadella, organisée par le Gouvernement et par le Parlement de Catalogne. Cette année-là, la création et direction scéniques sont confiées au dramaturge et directeur théâtral Joan Ollé, et la cérémonie à Mercè Pons. La langue catalane, l'histoire, l'art et la culture sont une fois de plus les protagonistes de la cérémonie, dans laquelle la lecture de poèmes et d'extraits en prose d'ouvrages en catalan ira de pair avec l'exécution de pièces musicales interprétées par des artistes de renom[23].

Toutes les performances versent sur de grandes dates historiques, de gestes et de figures de la culture catalane dont on célèbre l'anniversaire, tel le 800e anniversaire de la Bataille de Muret, le 600e anniversaire de la mort de Bernat Metge, le centenaire de la promulgation des Normes orthographiques de l'Institut d'Estudis Catalans, le centenaire de la naissance de Salvador Espriu, le 50e anniversaire des déclarations de l'abbé Aureli Escarré au journal Le Monde, et le 5e anniversaire de la mort de Carmen Amaya. Comme pour les années précédentes, la cérémonie déboute avec un défilé, en tenue d'apparat, d'un détachement de Mossos d'Esquadra (police autonome catalane), et la remise de la « senyera » (le drapeau catalan) de la part du maire d'une municipalité de la Catalogne, rôle qui reviendra, à cette occasion, au maire d'Arenys de Mar (bourg qui tient lieu de l'idéale et imaginaire Sinera dans une des œuvres de Salvador Espriu).

Pour les interprétations musicales et les lectures de textes, participeront les sociétés et personnalités suivantes : sur le plan musical, l'Orfeó Manresà, Alidé Sans, Cati Plana, Liv Hallum, Blaumut, Carles Dènia, Gemma Humet, Laura Guiteras, Mercè Martínez, Túrnez & Sesé, Jordi Vidal, Toni Xuclà, Karime Amaya, Coco, Tañé, Tuto et Joni ; les acteurs Joan Pera, Marta Betriu, Jordi Boixaderas, Àlex Casanovas, Carme Elias, Eduard Farelo, Nora Navas et Clara Segura ; le médiéviste Antoni Rossell, et le président de la Section Philologique de l'Institut d'Estudis Catalans, Isidor Marí.

L'image qui fixe dans l'imaginaire cette cérémonie est un tableau du peintre barcelonais Joan-Pere Viladecans, réalisée en juillet 2013 spécialement pour la commémoration du 11 septembre. Sur un fond rouge, sont étalés divers éléments symboliques de façon synthétique : une faucille, qui englobe l'ensemble (référence aux moissonneurs) ; une horloge aux traits clairement contemporains (nous rapportant, donc, à la Catalogne du présent) ; une flèche vers le haut, c'est-à-dire le parcours ascendant à suivre ; et, en arrière-plan de l'affiche, une dentelle représentant les dentelières d'Arenys de Mar, en hommage à Salvador Espriu dans le centenaire de sa naissance.

Parcours

Parcours de la Voie catalane

La chaîne humaine, suivant l'ancienne voie romaine de la Via Augusta, traversa 86 communes. Voici les villages, bourgs et villes traversés et reliés par la chaîne, dans le sens nord-sud : Le Perthus/El Pertús, la Jonquera, Pont de Molins, Figueras, Santa Llogaia d'Àlguema, Bàscara, Orriols, Sarrià de Ter, Sant Julià de Ramis, Gérone, Fornells de la Selva, Riudellots de la Selva, Tordera, Pineda de Mar, Calella, Sant Pol de Mar, Canet de Mar, Arenys de Mar, Caldes d'Estrac, Sant Andreu de Llavaneres, Mataró, Vilassar de Mar, Premià de Mar, El Masnou, Montgat, Badalona, Sant Adrià de Besòs, Barcelone, l'Hospitalet de Llobregat, Esplugues de Llobregat, Sant Just Desvern, Sant Feliu de Llobregat, Molins de Rei, Sant Vicenç dels Horts, Cervelló, Vallirana, Ordal, Cantallops, Sant Cugat Sesgarrigues, Olèrdola, Vilafranca del Penedès, Santa Margarida i els Monjos, la Ràpita, Castellet i la Gornal, Bellvei, l'Arboç, Coma-ruga, Creixell, Clarà, Torredembarra, Altafulla, Tarragone, Reus, Riudoms, Montbrió del Camp, Mont-roig del Camp, L'Hospitalet de l'Infant, l'Ametlla de Mar, El Perelló, l'Ampolla, Camarles, l'Aldea, Amposta, Sant Carles de la Ràpita et Alcanar[24]. Une partie du parcours emprunta les routes N-340 et N-II, et le couloir méditerranéen ferroviaire.

À Barcelone, la chaîne suivit la route de Collblanc et la rue de Sants. Elle occupa la place d'Espagne et l'avenue du Parallèle jusqu'à la mer. La Voie catalane parcourut également la façade maritime de la ville jusqu'au Forum par l'avenue Diagonale. Le tracé traversa des sites emblématiques tels que la Sagrada Família, la Cathédrale, la Rambla, la place de Catalogne, le Passeig de Gràcia et le Camp Nou (stade du FC Barcelone). Elle passa également devant les principaux centres politiques du pays : le Parlement de Catalogne, dans le Parc de la Ciutadella, et le Palais de la Generalitat de Catalogne, sur la place Sant Jaume[25].

Embranchements

L'assemblée territoriale de l'ANC en Catalogne Nord se mobilisa pour prolonger la Voie catalane du Perthus/El Pertús jusqu'au Boulou/El Voló : « Nous sommes conscients de la difficulté que ceci entraîne du fait que le 11 septembre c'est un jour ouvrable en Catalogne Nord, nous sommes conscients aussi que ce sera une journée historique et que beaucoup de Catalans voulons écrire l'histoire et pouvoir dire, un jour, “Moi aussi j'y étais”. Nous prolongerons la Voie catalane le plus au nord possible, à fin de mettre en évidence la solidarité et l'unité du peuple catalan »[26]. Par ailleurs, plusieurs organisations civiques et politiques de Valence, sous la coordination d'Acció Cultural del País Valencià, se sont organisées pour faire prolonger la Voie catalane depuis Vinaròs et faire une chaîne à Guardamar del Segura (Pays valencien). Malgré l'interdiction par les préfectures de Castelló de la Plana et Alacant, un arrêt judiciaire permettra la célébration de la « Chaîne humaine valencienne » jusqu'à Alcanar (Montsià), soit juste un petit tronçon[27],[28],[29],[30].

À Barcelone, voulant donner une visibilité au lien entre les droits sociaux et les droits nationaux, Procés Constituent organisa une chaîne de 8 000 personnes autour du siège de la Caixa, perçue comme responsable de la crise économique. Cette chaîne, qui s'est doublée et même tripliquée dans certains tronçons, enlaça avec celle organisée par l'ANC à deux endroits : sur l'avenue Diagonale jusqu'à la place Francesc Macià, et sur la Gran Via de Carles III jusqu'à Travessera de les Corts[31]. La chaîne fut précédée d'un acte politique avec la participation de membres des différentes sections l'ANC : santé, justice, éducation, ainsi que les parrains d'initiatives comme l'audit de la dette ou la rente minime garantie.

À l'étranger

Voie catalane à Lisbonne le 30 août 2013
Voie catalane à Paris le 2 septembre 2013

Entre le 24 août et le 11 septembre 2013, les Catalans habitant à l'étranger ont également organisé dans les cinq continents 123 chaînes humaines dans le but de « soutenir le processus démocratique vers l'indépendance de la Catalogne » [1],[32]:

Dans les Pays catalans

Pendant les journées précédentes et jusqu'au 11 septembre, ont eu lieu plusieurs chaînes humaines en soutien à la Voie catalane dans différents endroits des Pays catalans : Eïvissa[33], Formentera[34], Palma de Majorque, Port Mahon (Minorque), Andorre-la-Vieille (Andorre)[35] et Alghero (Sardaigne)[36]. La chaîne humaine prévue à Guardamar del Segura (Pays valencien), fut interdite par les autorités espagnoles.

Organisation et logistique

Les manifestants de la Voie catalane devaient s'inscrire sur un site web pour permettre aux organisateurs d'éviter les tronçons vides. Quatre jours avant le 11 septembre, avec tout le parcours bouclé, l'ANC lança un appel à participer dans n'importe quel tronçon même si on n'y était pas inscrit[37]. L'organisation considérait, comme il s'avéra, que, surtout dans les tronçons urbains, le minimum indispensable serait largement dépassé, et qu'il y aurait peut-être des chaînes improvisées supplémentaires[38].

La chaîne humaine de 400 kilomètres fut segmentée en 778 tronçons de 500 mètres de moyenne chacun, dans lequel il y avait au minimum un responsable et deux volontaires chargés de rassembler et d'aligner les manifestants, suivant, selon le cas, les instructions qui leur parvenaient par radio et téléphone portable. Les opérateurs de services de télécommunications prirent l'engagement d'augmenter le signal 3G en prévision de la haute concentration de personnes[39].

Point de rencontre du tronçon 609, à Sarrià de Ter

Les organisateurs prièrent à tous les manifestants d'être sur leur tronçon à 16 h en cas d'embouteillages de dernière heure, et pouvoir ainsi commencer à préparer la chaîne en toute tranquillité. La chaîne se constitua à 17 h 14, au son des cloches de la Cathédrale de la Seu Vella de Lleida et des clochers de tout le pays. Pendant la chaîne, une gigaphoto (photo panoramique) fut tirée, et des images aériennes de l'évènement furent enregistrées. Des actes en parallèle eurent lieu partout dans le pays jusqu'à 18 h. À 17 h 15, place de Catalogne, à Barcelone, le Chœur Jeune de l'Orféo Català, avec le concours de l'Orchestre et Chœur de Jeunes Interprètes des Pays Catalans (dirigés par Esteve Nabona) interpréta El cant dels ocells de Pau Casals, la Symphonie nº 9 de Beethoven et le Cant de la Senyera. À 17 h 30 on fit la lecture d'un discours à Amposta, et à 17 h 35 au Perthus/El Pertús. À 17 h 45, la présidente de l'ANC, Carme Forcadell, fit un discours place de Catalogne. Finalement, à 17 h 55, les manifestants chantèrent Els Segadors[40].

Le 1r avril de 2014 le site web gigafoto.assemblea.cat fut activé. On pouvait y consulter la gigaphoto réunissant les 107 038 photos prises par les 800 photographes volontaires[41],[42].

Présence dans les médias

L'ANC accrédita plus d'un millier de journalistes, dont une centaine d'étrangers, mis à part les nombreux journalistes des médias espagnols. Parmi les médias internationaux il faut compter Al Jazeera, Associated Press, la BBC, l'Agence France-Presse, Le Monde, Le Figaro, Televisa, les télévisions publiques du Portugal et d'Allemagne, l'agence Reuters, The Washington Post et The New York Times[43],[44].

Médias catalans

Plusieurs chaînes de télévision et radios catalanes, telles que TV3, 3/24, TV3cat, 8tv, Barcelona TV, Catalunya Ràdio, Catalunya Informació et RAC 1, suivirent en direct l'acte institutionnel de la Fête nationale de la Catalogne, le matin, et la Voie Catalane, l'après-midi, à fin que le public puisse suivre le déroulement de la journée. Une application mobile facilita aux manifestants d'avoir accès à des informations pratiques sur leurs tronçons respectifs[45],[46].

TV3 et la chaîne d'information 3/24 proposèrent une émission en continu de plus de quinze heures, dès 8 h 30 jusqu'à 24 h. Pour ce faire, les services informatifs de TV3 déployèrent un large dispositif technique et humain, avec, notamment, 3 hélicoptères et 19 points de connexion en direct, depuis Le Perthus/El Pertús jusqu'aux Terres de l'Èbre. Dès 16 h à 19 h, Ariadna Oltra et Carles Prats présentèrent une émission spéciale sur la Voie catalane, avec de l'information en continu et des connexions avec tous les points de la géographie catalane. Ensuite, à partir de 19 h, la chaîne proposa un résumé des meilleures images de la journée et un débat. Catalunya Ràdio émit dès 16 h une émission spéciale présentée par Mònica Terribas et Kílian Sebrià, en direct depuis la place de Catalogne de Barcelone. De son côté, RAC1 proposa un suivi des actes de la journée avec, dès 15 h, une émission spéciale avec Jordi Basté et Toni Clapés[45],[46].

Médias internationaux

The Wall Street Journal, l'Agence France-Presse, Reuters, Associated Press et plusieurs publications de divers pays européens informèrent sur la Voie catalane avant qu'elle eut eu lieu[47],[48]. « Les indépendantistes catalans veulent relancer le mouvement avec une manifestation plus importante que la manifestation massive d'il y a un an », annonçait le journal nord-américain, alors que Reuters soulignait qu'elle « marquerait » la Fête nationale de la Catalogne avec des « appels renouvelés à la rupture avec l'Espagne » même si « les dirigeants des deux côtés ont montré qu'ils préféreraient la négociation à la confrontation »[49].

Le 10 septembre, le Président du Gouvernement catalan, Artur Mas, publia un article dans les pages d'opinion de The New York Times réclamant la « liberté de voter »[50]. Le même jour, le porte-parole du Gouvernement catalan, Francesc Homs, en publiait un autre à The Guardian affirmant que l'Espagne traite les Catalans « comme s'ils étaient des sujets, pas des partenaires » et soutenait que « le procès doit être, et sera, scrupuleusement démocratique et approuvé par une majorité populaire »[51]. Le soir même, les médias internationaux publiaient les premières informations sur le déroulement de la chaîne humaine, spécialement dans leurs éditions en ligne. Le site du journal français Libération titrait « Catalogne : une grande chaîne humaine pour l'indépendance », et Le Figaro « Les Catalans défient Madrid ». L'agence internationale Reuters parlait d'une « chaîne humaine pour un référendum sur l'indépendance catalane » et Al-Jazeera sous-titrait « Une longue chaîne humaine de 400 km dans la région bilingue nord-orientale de l'Espagne demande la tenue d'un référendum d'autodétermination ». Quant à la presse britannique, la BBC affirmait que « Les Catalans marquent la Fête de l'Indépendance avec une énorme chaîne humaine » et The Guardian publia une sélection de photos envoyées par les manifestants eux-mêmes[52].

Le lendemain, des centaines de médias internationaux mettaient en avant des informations sur la Voie catalane. Selon certains médias catalans, la répercussion médiatique fut supérieure à celle de la manifestation « Catalogne, nouvel État d'Europe », et il fallait remonter aux Jeux olympiques d'été de 1992 pour retrouver un phénomène comparable[53],[54]. La Voie catalane fit aussi l'une de The Wall Street Journal et le International Herald Tribune[55].

Dans la presse espagnole

Les principaux journaux publiés à Madrid informèrent sur la Voie catalane dans leurs unes, quoique avec une position contraire. Le lendemain, l'éditoriale d'El Mundo parlait d'un « grand acte d'exaltation d'un nationalisme fanatique » qui « utilise des méthodes du totalitarisme », et El País réclamait à Artur Mas de ne pas commettre l'erreur de « confondre le caractère massif de la manifestation avec une majorité ou la totalité des citoyens catalans ». L'ABC titra en une « Ils perdent le contrôle » et La Razón parlait de « Voie catalane pour nulle part »[56],[57].

Répercussions

Réactions contraires

Dans un premier temps, le Mouvement Civique 12-O convoqua pour le même après-midi du 11 septembre une concentration unioniste sur la place de la Sagrada Família dans le but d'entourer la basilique, montrer leur défense de l'unité d'Espagne et « casser la chaîne indépendantiste »[58]. Cependant, le Département d'intérieur de la Generalitat de Catalogne considéra que cette concentration ne pouvait coïncider avec la chaîne humaine, ni à la même heure et ni au même endroit, pour des raisons de sécurité[59]. Ceci, en plus du faible support des partis politiques nationalistes espagnols, poussa les organisateurs à annuler l'évènement et à inviter les Catholiques à se rendre à la Sagrada Família pour une prière collective et à reporter la réponse à la Voie catalane au 12 octobre (Jour de l'hispanité) suivant[60].

Par ailleurs, un groupe d'une quinzaine de personnes d'extrême droite, avec des drapeaux franquistes, de la Phalange espagnole et d'Alianza Nacional firent irruption lors de l'acte institutionnel de la Fête de la Catalogne à Madrid, qui se déroulait à la librairie Blanquerna de la capitale espagnole. Les extrémistes bousculèrent plusieurs personnes, parmi la soixantaine présentes, dont le député Josep Sánchez i Llibre, s'attaquèrent au mobilier et utilisèrent du gaz vésicant, tout en criant « On ne nous trompera pas, la Catalogne c'est l'Espagne ! »[61],[62]. Les services médicaux assistèrent une personne souffrant une crise nerveuse, une autre présentant des contusions, et les autres à cause d'irritations oculaires. La police espagnole arrêta 12 personnes accusées d'être responsables des faits[63],[64].

Conséquences politiques

L'ANC réclama que le lendemain de la Voie catalane le gouvernement catalan annonce la date et la question du référendum d'autodétermination de la Catalogne, à laquelle « on devrait pouvoir répondre par un oui ou par un non »[65]. Le conseiller de Présidence de la Generalitat de Catalogne et porte-parole du gouvernement, Francesc Homs, déclara le lendemain même de la Voie catalane, que « avant la fin de l'année on devrait connaître la date et la question »[66]. La vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Sáenz de Santamaría, déclara le lendemain que l'exécutif avait le devoir « d'écouter tous les espagnols », aussi bien « ceux qui se manifestent » que les « majorités silencieuses » qui « restent chez elles », et qui aussi « ont le droit » qu'on défende « leurs libertés et leurs opinions »[67]. De son côté, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel García-Margallo, dut admettre que la Voie catalane avait été un « succès d'assistance, d'organisation, de logistique et de communication »[68].

Les porte-paroles de la Commission européenne montrèrent leur «grand respect» pour la Voie catalane et se déclarèrent « conscients de son importance ». Cependant, ils rappelèrent que l'exécutif communautaire « ne peut pas interférer » dans les affaires internes des états membres[69].

D'un autre côté, les premiers ministres de Lettonie et Lituanie, Valdis Dombrovskis et Algirdas Butkevičius respectivement, furent les premiers dirigeants européens à soutenir les réclamations de la Catalogne, en affirmant après la Voie catalane que tous les pays ont droit à l'autodétermination[70],[71].

La Voie catalane servit d'inspiration pour la Chaîne humaine pour le droit à décider du Pays basque de 2014, organisée par le mouvement Gure Esku Dago le 8 juin 2014 entre Durango (Biscaye) et Pampelune (Navarre)[72].

Photographies

Notes et références

  1. a et b Moffett, Matt. « Catalan Separatists to Link for Independence Cause » (en anglais). The Wall Street Journal, 5 septembre 2013.
  2. a et b « De la Jonquera a Alcanar: 400 km de 'Via Catalana' cap a l'estat independent » (en catalan). Ara, 19 juin 2013. [Consulté le 6 septembre 2015].
  3. « Via catalana : des centaines de milliers de personnes pour l'Indépendance ». L'Indépendant, 11 septembre 2013. [Consulté le 6 septembre 2015].
  4. « La Via catalana arrencarà amb un repicament de campanes i acabarà amb un acte polític » (en catalan). Europa Press, 4 septembre 2013. [Consulté le 6 septembre 2015].
  5. « Llargues cues al centre de Barcelona per a adquirir la samarreta de la Via Catalana » (en catalan). VilaWeb, 9 septembre 2013. [Consulté le 6 septembre 2015].
  6. O'Connor, Kevin. The History of the Baltic States (en anglais). Greenwood Publishing Group, 1967, p. 155. (ISBN 978-0-313-32355-3).
  7. « Pro-independence supporters prepare a 400 km-long human chain on Catalonia's National Day » (en anglais). Catalan News Agency, 23 août 2013. [Consulté le 6 septembre 2015].
  8. « L'ANC vol que la cadena humana per la independència superi els 400 quilòmetres » (en catalan). 324.cat, 20 juin 2013. [Consulté le 6 septembre 2015].
  9. « Més de 78.000 inscrits a la Via Catalana en una setmana ». VilaWeb, 11 juliol 2013. [Consulté le 6 septembre 2015].
  10. « Ja hi ha més de cent mil inscrits a la Via Catalana » (en catalan). VilaWeb, 12 juillet 2013. [Consulté le 6 septembre 2015].
  11. « 250.000 inscritos para la cadena humana independentista de la Diada » (en espagnol). Cadena SER. EFE, 30 juillet 2013. [Consulté le 6 septembre 2015].
  12. « L'ANC avisa que tothom que participi en la Via Catalana serà comptat com a independentista » (en catalan). El Periódico de Catalunya, 19 août 2013. [Consulté le 6 septembre 2015].
  13. « L'ANC presenta l'espot final per a la Via Catalana » (en catalan). Barcelona TV, 3 septembre 2013. [Consulté le 6 septembre 2015].
  14. « Ja no queda cap tram de la Via Catalana amb baixa ocupació » (en catalan). VilaWeb, 2 septembre 2013. [Consulté le 6 septembre 2015].
  15. « Prenent partit en la Via Catalana » (en catalan). VilaWeb, 11 août 2013. [Consulté le 6 septembre 2015].
  16. « Rubalcaba diu que "el fonamental" és que el PSC com a partit no vagi a la 'Via catalana' » (en catalan). Europa Press, 4 septembre 2013. [Consulté le 6 septembre 2015].
  17. Barbeta, Jordi. « Mas se centra en el repte social » (en catalan). La Vanguardia, 3 septembre 2013. [Consulté le 6 septembre 2015].
  18. Roger, Maiol. « El Gobierno catalán se enreda en la cadena humana de la Diada » (en espagnol). El País, 21 août 2013. [Consulté le 6 septembre 2015].
  19. « L'ANC considera "un pas enrere" una cadena humana pel dret a decidir » (en catalan). La Vanguardia, 8 août 2013. [Consulté le 6 septembre 2015].
  20. Doménech, S.. « Los organizadores de la cadena humana independentista no cambiarán el lema » (en espagnol). La Razón, 8 août 2013. [Consulté le 6 septembre 2015].
  21. « ICV convoca a encerclar La Caixa el dia 11 de setembre » (en catalan). CatalunyaPlural.cat, 3 septembre 2013. [Consulté le 6 septembre 2015].
  22. Roger, Maiol. « De Gispert no acudirá a la cadena humana pero recibirá a la ANC » (en espagnol). El País, 29 août 2013. [Consulté le 6 septembre 2015].
  23. « El Govern aleja la reivindicación de la consulta de los actos institucionales » (en espagnol). El Confidencial. EFE, 4 septembre 2013. [Consulté le 6 septembre 2015].
  24. « El recorregut de la cadena humana de l'Onze de Setembre ja és públic » (en catalan). VilaWeb, 19 juin 2013. [Consulté le 6 septembre 2015].
  25. « La Via Catalana passarà pels punts més emblemàtics de Barcelona » (en catalan). Barcelona TV, 19 juin 2013. [Consulté le 6 septembre 2015].
  26. « Catalunya Nord es mobilitza per allargar la Via Catalana » (en catalan). VilaWeb, 16 juillet 2013.
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