Virus respiratoire syncytial

Virus respiratoire
syncytial
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Virus respiratoire syncytial
au microscope électronique
(diamètre moyen 120-300 nm)
Classification
Type Virus
Groupe Groupe V
Ordre Mononegavirales
Famille Paramyxoviridae
Sous-famille Pneumovirinae
Genre Pneumovirus

Espèce

virus respiratoire syncytial (VRS)
— auteur incomplet —, date à préciser

Le virus respiratoire syncytial (VRS, ou RSV pour Respiratory Syncytial Virus ; de syncytium) est la cause la plus fréquente, dans le monde, d'infections respiratoires des jeunes enfants. Très contagieux, ce virus infecte principalement les nourrissons âgés de moins de deux ans. Chez l'adulte, l'infection à VRS est rare, bénigne (sauf chez le sujet âgé), elle est responsable d'une rhinite ou d'un syndrome pseudogrippal.

Découverte

En 1956 Morris et al. isolent un virus d'une population de chimpanzés enrhumés ; ils le nomment CCA ( Chimpanzee Coryza Agent). En 1957, ce même virus est identifié par Robert M. Chanock  à celui ayant affecté des enfants atteints de pneumopathies et de laryngites[1]. Il le nomme virus respiratoire syncytial.

Description

C'est un virus à ARN monocaténaire (un seul brin d'ARN, non fragmenté) de polarité négative, de type « enveloppé », à capside à symétrie hélicoïdale. Il appartient à la famille des paramyxovirus, sous famille pneumovirinae, du genre pneumovirus.

Taille : de 150 à 400 nm de diamètre environ.

Données épidémiologiques

Il s'agit de la cause principale des bronchiolites de l'enfant[2].

La prévalence mondiale en 2005 est estimée à près de 34 millions de cas chez les enfants de moins de cinq ans, dont 10 % sont des formes graves avec environ 100 000 décès[3]. En France, on dénombre environ 460 000 cas/an chez les nourrissons. Ce virus ne semble actif qu'en saison froide (d'octobre à mars-avril en Europe de l'Ouest et Amérique du Nord).

L'incubation est de 2 à 8 jours.

Contagion

La transmission est réputée se faire essentiellement par voie respiratoire: le virus effectue sa réplication dans le rhino-pharynx où il peut soit rester, soit diffuser.

Description de la maladie

Une infection par le VRS peut se compliquer et devenir une bronchiolite chez le jeune enfant, qui peut entraîner dans des cas exceptionnels l'hospitalisation. La bronchiolite a une durée d'incubation courte (2 à 4 jours) elle commence par une rhinite avec une fièvre modérée. Dans la plupart des cas, on a une évolution favorable en une dizaine de jours. Dans 2/3 des cas, on a une forme récidivante. Elle peut évoluer vers des formes graves, par exemple une insuffisance respiratoire.

Les réinfections sont fréquentes[4].

Il existe également des formes de l'adulte et de la personne âgée, se manifestant par un tableau de bronchite fébrile, avec une gravité comparable à celle de la grippe chez ces derniers[5]. L'atteinte est plus fréquente chez les patients cardiaques, entraînant fréquemment des complications cardio-vasculaires[6].

Diagnostic

On effectue essentiellement un diagnostic direct. On dispose de plusieurs méthodes:

  • détection d'antigènes par immunofluorescence (test rapide);
  • culture sur cellules LCC[?] (cellules de sang), méthode facile;
  • amplification du génome viral par PCR (technique la plus sensible).

(la sérologie présente peu d'intérêt).

Prévention

Comme pour tous les virus, il est recommandé d'éviter le contact avec des personnes infectées (foule, transports en commun, baisers sur le visage et sur les mains de la part d'adultes et d'enfants), utiliser du matériel à usage unique ou personnel (jouets, mouchoirs), se laver les mains avant de s'occuper de l'enfant ;
Le virus peut survivre plusieurs jours sur des objets (dits « fomite »).

Il faut également éviter tout ce qui peut gêner la respiration ou entraîner une diminution de la capacité respiratoire ; ne pas fumer, aérer la chambre 20 minutes par jour, ne pas avoir d'atmosphère trop sèche et, si la maladie se déclare, coucher l'enfant en surélevant les épaules.

Plusieurs vaccins sont en cours d'étude[7].

Traitement

Il repose sur la kinésithérapie respiratoire pour éliminer le mucus. La ribavirine est utilisée pour soigner les formes graves, mais elle n'est pas très efficace et est tératogène. Le palivizumab permet d'en diminuer les symptômes et est proposé en prévention chez les sujets fragiles[8].

Voir aussi

Articles connexes

Notes et références

  1. Chanock R, Roizman B, Myers R, Recovery from infants with respiratory illness of a virus related to chimpanzee coryza agent (CCA). I. Isolation, properties and characterization, Am J Hyg, 1957;66:281–290
  2. Smith DK, Seales S, Budzik C, Respiratory syncytial virus bronchiolitis in children, Am Fam Physician, 2017;95:94–99
  3. Nair H, Nokes DJ, Gessner BD et Als. Global burden of acute lower respiratory infections due to respiratory syncytial virus in young children: a systematic review and meta-analysis, Lancet, 2010;375:1545-1555
  4. Hall CB, Respiratory syncytial virus and parainfluenza virus, N Engl J Med, 2001;344:1917–1928
  5. Falsey AR, Cunningham CK, Barker WH et al. Respiratory syncytial virus and influenza A infections in the hospitalized elderly, J Infect Dis, 1995;172:389–394
  6. Ivey KS, Edwards KM, Talbot HK, Respiratory Syncytial Virus and associations with cardiovascular disease in adults, J Am Coll Cardiol, 2018;71:1574-1583
  7. Graham BS, Vaccines against respiratory syncytial virus: The time has finally come, Vaccine, 2016;34:3535–3541
  8. American Academy of Pediatrics Committee on Infectious Diseases, American Academy of Pediatrics Bronchiolitis Guidelines Committee, Updated guidance for palivizumab prophylaxis among infants and young children at increased risk of hospitalization for respiratory syncytial virus infection, Pediatrics, 2014;134:415–420