Victor Louis

Victor Louis
Image illustrative de l'article Victor Louis
Présentation
Nom de naissance Louis-Nicolas Louis
Naissance
Paris
Décès
Paris
Nationalité Royaume de France Royaume de France
Mouvement Architecture néoclassique
Diplôme académie de Rome
Formation École royale d'Architecture
Œuvre
Réalisations Grand Théâtre (Bordeaux)
Château du Bouilh
Salle Richelieu de la Comédie-Française
Distinctions Prix de Rome (1755)
Entourage familial
Famille Marie-Emmanuelle Bayon, musicienne

Louis-Nicolas Louis dit Victor Louis est un architecte français né le à Paris et mort le à Paris.

Biographie

Louis-Nicolas Louis dit Victor Louis naît le à Paris. Il est le fils de Louis Loüis, maître maçon et entrepreneur. Victor Louis conserve ses prénoms de Louis-Nicolas jusqu'à son retour de Rome (Italie) ; c'est à partir de 1765 qu'il signe Victor.

Louis entre à l'École royale d'architecture en 1746 avant l'âge réglementaire qui était de seize ans ; il est l'élève de Louis-Adam Loriot, membre de l'Académie royale d'architecture. C'est en 1755, après neuf années d'études, que Louis obtient dans un concours une médaille d'or lui donnant le droit d'aller à Rome (Prix de Rome architecture ex-æquo avec Charles Marechaux pour une chapelle sépulchrale) où il séjourne au Palais Mancini de 1756 à 1759[1]. Il y sera le condisciple de Jean-Honoré Fragonard et d'Hubert Robert. Le peintre Natoire qui dirige l'académie de France à Rome n'apprécie pas Victor Louis qui se distingue par un « caractère peu docile et emporté »[2] et fait des dettes. Mais Victor Louis travaille avec acharnement, passionné par la Rome antique dont Le Piranèse. Il admire aussi la Rome contemporaine. Les œuvres du Bernin lui inspirent des compositions grandioses.

D'abord spécialisé dans les commandes religieuses, il réalise ensuite de nombreuses résidences privées. Le Maréchal de Richelieu, petit-neveu du Cardinal dont il a rénové l'hôtel particulier, rue Neuve-Saint-Augustin à Paris, le fait venir à Bordeaux - où il est gouverneur de Guyenne - pour construire le théâtre de la ville. Il sera initié à la franc-maçonnerie à Bordeaux et sera un membre éminent de la loge maçonnique la Française Élue à l'Orient d'Aquitaine[3]. Il répond par la suite à de nombreuses commandes de châteaux dans le Bordelais. Philippe d'Orléans, Grand Maître de la franc-maçonnerie, rencontré à Bordeaux en 1776 alors que ce dernier vient poser la première Pierre du Grand Théâtre, lui demande de réaliser les premiers aménagements de la galerie du Palais-Royal.

Le , il épouse la compositrice et pianiste Marie-Emmanuelle Bayon. Ils vivent à Paris, Place Vendôme, mais séjourneront aussi à Bordeaux. Ils ont une fille unique, Marie-Hélène-Victoire Louis, née en 1774 et décédée le 21 janvier 1848 à Cahaignes. Il est dit que la famille Louis a été la dernière à avoir occupé la chartreuse d'Aubevoye (jusqu'en 1834, année de l'aliénation). En fait, Hélène Louis épouse Charles Ethis de Corny, maire de cette dernière commune.

Principales réalisations

Grand Théâtre de Bordeaux
Château du Bouilh

Hommage

L'architecte,par le Bordelais Pierre Lacour
L'architecte,
par le Bordelais Pierre Lacour

Pour Hugues Gall, ancien directeur de l'opéra Garnier, « Victor Louis est l’architecte à l’origine de toute la conception qu’a développée Garnier. Le Grand Théâtre de Bordeaux l’avait fasciné ... avec l’idée de grand salon d’entrée, celle des loges et des corbeilles... »[18].

En 1980, à l'occasion du bicentenaire de l'ouverture du Grand Théâtre de Bordeaux, l'écrivaine Florence Mothe publie la pièce de théâtre Le clou de Monsieur Louis [N 1] .

Son nom a été donné à un lycée et à un collège à Talence (Gironde)

Notes et références

Notes

  1. Le titre de la pièce de Florence Mothe fait référence à une innovation technique de Victor Louis utilisée dans la construction du Grand Théâtre de Bordeaux. En effet, ce dernier, afin de récupérer les efforts aux extrémités de la façade, a mis en place une armature en fer dans les deux caissons d'angle, non visible, afin de relier les colonnes et l'architrave au mur de la façade. Ce principe, similaire à celui du futur béton armé, est appelé le "clou de Louis".

Références

  1. Bordeaux, Autographes de personnages ayant marqué dans l'histoire de Bordeaux et de la Guyenne, t. XXX, Bordeaux, G. Gounouilhou, , 424 p. (lire en ligne), p. 205
  2. L'Académie de France à Rome: correspondance inédite de ses directeurs, p. 282
  3. Florence Mothe, Lieux symboliques en Gironde. Trois siècles de franc-maçonnerie à Bordeaux., page 124
  4. Notice de la Base Palissy
  5. Notice dans la base Mérimée
  6. Historique du château sur le site de la mairie
  7. Notice et photos de la Base Mérimée
  8. Notice de la Base Mérimée
  9. Notice de la base Mérimée
  10. Dossier de la Base Mérimée
  11. « Château de Lahitte », notice no PA00084173, base Mérimée, ministère français de la Culture
  12. « Inventaire général : château (domaine agricole) », notice no IA47000743, base Mérimée, ministère français de la Culture
  13. Dossier de la Base Mérimée
  14. « Château Raba », notice no PA00083847, base Mérimée, ministère français de la Culture
  15. Notice et photos de la Base Mérimée
  16. Notice no IA00017665, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  17. « L'hôtel de la Motte-Sanguin », notice no PA00098852, base Mérimée, ministère français de la Culture
  18. Charles Garnier : un génie de l’architecture pour l’Opéra de Paris et bien d’autres chefs-d'œuvre Canal Académie

Bibliographie

  • Charles Marionneau, Victor Louis. Architecte du théâtre de Bordeaux. Sa vie, ses travaux et sa correspondance 1731-1800, avec un portrait du maître, des reproductions de gravures et de dessins inédits et le fac-simile d'une lettre autographe, Bordeaux, Imprimerie G. Gounouilhou, 1881 [lire en ligne]
  • Victor Louis et le théâtre : scénographie, mise en scène et architecture théâtrale aux XVIIIe et XIXe siècles : actes du colloque tenu les 8, 9 et 10 mai 1980 à Bordeaux à l'occasion du bicentenaire de l'inauguration du Grand-Théâtre, éd. du CNRS, 1982
  • Victor Louis et son temps, Les Cahiers du Centre François-Georges Pariset,
  • Christian Taillard (préf. Jean-Pierre Poussou), Victor Louis (1731-1800), le triomphe du goût français à l'époque néo-classique, Presses universitaires de Paris-Sorbonne, , 494 p. (ISBN 978-2-84050-614-0, présentation en ligne)
  • Henri Prudent 1868-19.., Les salles de spectacle construites par Victor Louis à Bordeaux, au Palais-Royal et à la place Louvois, Paris, Librairie de la construction moderne, , 85 p. (lire en ligne)
  • Meaudre de Lapouyade, Maurice 1870-19??, Essai d'iconographie de Victor Louis, architecte du Grand-Théâtre, 1731-1800, Bordeaux, Imprimerie J. Bière, , 15 p. (lire en ligne)

Liens externes

  • Notices d'autorité : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Union List of Artist Names • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Id RKDartists • WorldCat
  • Article à l'occasion du Bicentenaire de la mort de Victor Louis, signé Christian Taillard, sur le site des Célébrations nationales du Ministère de la Culture.
  • Geir Tandberg Steigan, Bordeaux au XVIIIe siècle : Victor (Nicolas Victoire) Louis (1731-1800), extrait de la revue norvégienne Arc!