Université Paris-Nanterre

Université Paris Nanterre
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Histoire et statut
Fondation
1970
Type
Forme juridique
Régime linguistique
Président
Localisation
Campus
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Pays
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Chiffres-clés
Étudiants
33 000
Enseignants
2 000
Budget
160 millions d'euros (2016)[1]
Divers
Membre de
Site web

L’université Paris-Nanterre ou « Université Paris Nanterre », dont le nom officiel est Paris-X[2], est une université française dont le campus principal est situé à Nanterre, en Île-de-France.

L'université est héritière de la faculté des lettres et sciences humaines fondée en 1964 et de la faculté de droit et des sciences économiques créée en 1966 afin de désengorger la Sorbonne : elle est le théâtre d'événements qui ont marqué le monde universitaire à la fin des années 1960. Elle offre aujourd'hui des formations en langues, philosophie, lettres, sciences humaines, sport, sciences économiques, management, droit, sciences psychologiques et sciences sociales.

L'université compte deux mille enseignants-chercheurs, sept cents membres des personnels administratif et technique et plus de trente-trois mille étudiants.

Université Paris-Nanterre

Sommaire

Histoire

Origines

Années 1960

En 1958, une première vague d'étudiants parisiens s'installe dans les locaux vacants de l'Établissement central du matériel aéronautique (ECMA, ex-Base aérienne 119 Nanterre), qui avait abrité une école de mécaniciens d'avions[3].

La construction du bâtiment de lettres en 1963, la fac de droit ouvre en 1966

En , débutent les études de bâtiments pour la faculté de lettres. Leur édification s'amorce le pour s'achever en 1969.

Le la faculté de lettres et de sciences humaines est ouverte, comme annexe de la Sorbonne. Elle devient l'un des plus gros centres d'enseignement parisiens destinés à désengorger la Sorbonne ; s'ensuit l'ouverture de la faculté de droit en 1966, rattachée à celle du Panthéon[3].

Un immense couloir relie cinq bâtiments de la « barres des sciences sociales » (A à E) et dessert les amphithéâtres[4]. Le C, au centre, avec sa caféteria, est stratégique. Le bâtiment DD est adossé à l’historique bâtiment D en 1992 par Paul Chemetov[4]. Dans le prolongement du bâtiment A, la Maison de l’Archéologie et de l’Ethnologie dite MAE ouvre ses portes en 1996-1997[4].

La petite gare de « La Folie »

Au départ la gare de « La Folie » était une baraque en bois, du type "Far West", vite perçue comme inadaptée aux flux des étudiants[4] et causant l’enclavement du campus universitaire par rapport au reste de la ville[4]. Une rampe sortant de la gare a été construite en 1964, l’année de l’inauguration du campus. En 1972, l’arrivée du RER[4], un an après l'achèvement de la préfecture, a transformé la physionomie de la gare[4].

Le restaurant universitaire

En 1962-63, trois à cinq projets de restaurants universitaires sont planifiés pour la faculté[4]. Ouverture, à proximité de la bibliothèque universitaire, en 1967[4]. Durant ses premières années il est symbole de l’ouverture sur l’extérieur les jeunes des cités et bidonvilles venant s’y restaurer[4]. Un petit déjeuner est d'abord servi le matin pour un public clairsemé de résidents[4]. Longue attente après la fermeture du bâtiment en 1970, pour des questions de propriété[4].

La bibliothèque universitaire

La bibliothèque universitaire, haute de 57 mètres[4] et achevée en 1969[4], est le dernier édifice de l’architecte Edouard Albert, disparu avant la fin du chantier[4].

La résidence universitaire

La résidence ouvre le 3 novembre 1965[4], c'est la deuxième de la région en nombre de lits[4]. L’Association des résidents (ARCUN), fondée et présidée par Dominique Tabah, compte 800 inscrits pour 1 400 résidents dès 1967[4]. L'écrivain Robert Merle, professeur d'anglais sur le campus, en fait l'épicentre de son roman "Derrière la vitre"[5].

Avec 4 tours de 9 étages et 4 barres de cinq étages, cuisine collective au bout du couloir[4] de 20 ou 30 chambres, 3 douches, WC et un seul téléphone au milieu, la "Cité U" donne sur le bidonville du Pont de Rouen et sur l’école du Petit Nanterre qui accueille les enfants des bidonvilles[4]. Le foyer F, la salle Mimosa dans la chaufferie, et celle du centre culturel au milieu des pelouses, accueuillent les fêtes étudiantes réputées des années 1980[4], quand est fondée en 1984 une nouvelle "Association des résidentes de Nanterre".

La bibliothèque et le centre sportif

Le centre sportif est inauguré le 1er janvier 1968[4].

La bibliothèque universitaire, haute de 57 mètres[4] et achevée en 1969[4], est le dernier édifice de l’architecte Edouard Albert, disparu avant la fin du chantier[4].

Mai 1968

Avant d'être médiatisée comme un des épicentres de Mai 68, Nanterre était progressiste : dès décembre 1967, le principe de cogestion, l'une des principales conquêtes du mouvement étudiant de 1968, était acquis[6]. Des professeurs fondateurs, dont le germaniste et doyen Pierre Grapin, le philosophe Paul Ricœur ou le latiniste Jean Beaujeu, ont mis en place des relations plus égalitaires avec les assistants et les élèves[6].

L'occupation du bâtiment des filles à la Résidence universitaire

Au début de 1966, après trois mois d'agitation, un nouveau directeur de la résidence prit sur lui d'établir un règlement laissant toute liberté aux jeunes gens, sous cette réserve que les mineurs devraient avoir l'autorisation de leurs parents[7].

Dominique Tabah, étudiante de philosophie à Nanterre, débarquent avec sa seur et leur oncle Léon, pour s’installer au dernier étage, pour l'année 1966-1967. Elles fondent l'ARCUN, l’Association des résidents de la Cité universitaire de Nanterre, qui compte dès 1967 plus de 800 adhérents sur 1400 résidents[4].

Il y a une antenne du planning familial à Nanterre, que Dominique Tabah soutient, mais le règlement de la cité universitaire interdit de de bouger un meuble, une affiche[8], et précise qu'après 22 heures, les garçons peuvent recevoir des visites tandis que c'est interdit aux filles[9]. "On parlait des filles qui montent et de celles qui ne montent pas" se souvient Dominique Tabah[8], qui déplore cette discrimination et d'infantilisation[8],[10]. Le règlement est détourné régulièrement, comme à la Résidence universitaire Jean-Zay d'Anthony où les résidents ont empêché en 1966 les ouvriers d'édifier devant le bâtiment des filles la loge du concierge chargé du contrôle, surnommée «loge de la honte»[7].

Au début de 1967, le bureau national du Parti socialiste unifié (PSU) décide de lancer une campagne sur les résidences[7], menée par Bernard Ravenel, secrétaire de la section du PSU à la Résidence universitaire Jean-Zay d'Anthony[11], où en 1965-1966, une pétition a rassemblé 1500 signatures contre les nouvelles loges permettant de contrôler les entrées, selon l'historien Adrien Dansette. De la bataille pour être libre d’être avec qui bon vous semble, surtout menée par les étudiantes, est "restée une idée: les filles gagnent !", selon Bernard Ravenel.

Le 16 octobre 1965, 8 résidents d'Anthony sont traduits en Conseil de Discipline à cause de leur opposition à la construction de la loge. La mixité est finalement obtenue dans chaque bâtiment de la Résidence universitaire Jean-Zay en 1967, mais à Nanterre rien n'a changé.

A Nanterre, l'ARCUN organise le 21 mars 1967 une conférence de Boris Fraenkel sur la "Révolution sexuelle de Wilhelm Reich[9], occasion de diffuser en tract le manifeste du théoricien de l'orgone mais 29 personnes sont exclues de la cité universitaire dans les jours qui suivent[9]. Six jours après, le 29 mars 1967[4],[12], le hall du bâtiment des filles est occupé symboliquement par 60 étudiants de l'ARCUN[4], qui négocient leur sortie contre l'absence de sanctions[4]. L’ARCUN remettra cela plusieurs fois. Elle va par ailleurs se fédérer à la La Fédération des résidences universitaire de France (FRUF)[13] fondée en 1964 à Anthony la suite de la grande grève des loyers de novembre 1963.

Le 13 février 1968, une assemblée générale de l'ARCUN soutient la décision de la FRUF de rejeter tout règlement intérieur «imposé par l'administration»[13]. La FRUF et l'UNEF proclament «l'abrogation unilatérale du règlement le lendemain et le soir, à Nanterre, le hall du pavillon des filles est occupé symboliquement[13].

Le 22 février, lors des assises locales de l'UECF aux Bains-douches de Nanterre, l'UNEF considère comme «hypocrites» les propositions d'Alain Peyrefitte pour les résidences et le 13 mars, une réunion d'information est organisée par l'ARCUN pour préparer la manifestation de l'UNEF du 14 mars à la Halle aux vins sur les problèmes des résidences[13].

La grève contre le plan Fouchet à la rentrée 1967 et les réformes locales

A la rentrée 1967-1968, Nanterre a près de 12 000 étudiants pour 10 000 places, une grève démarre à Nanterre pour protester contre le plan Fouchet, qui prévoit le développement de formation courtes dans le premier cycle[14]. Début 1968, Dominique Tabah et sa soeur sont interviewées, en tant que dirigeantes de l'association des résidents de Nanterre, dans un film documentaire de Victor Franco et Claude Ventura réalisé pour l’ORTF: comment vivent les étudiants dans la résidence de Nanterre en grève depuis novembre 1967[15]. Plus tard, Dominique Tabah participe aux manifestations au Quartier latin et racontera la difficulté de prendre la parole en tant que jeune femme, alors que les hommes se complaisent dans la violence de rue[16].

Le 14 février 1968, l'ARCUN de Dominique Tabah organisent une nouvelle occupation symbolique du bâtiment des filles.

Le mouvement du 22 mars 1968

Après la création du Mouvement du 22 Mars par Daniel Cohn-Bendit, Alain Geismar, alors dirigeant du Snesup et 140 autres, la majorité des professeurs, dont l'historien René Rémond, se sont opposés au mouvement des « enragés » du 22 mars, notamment en signant une pétition, lue au conseil de la faculté le , menant à la création d'une force universitaire de sécurité sous l'autorité du doyen, à la création d'un conseil universitaire de discipline et à la banalisation des zones non construites de l'Université, désormais ouvertes à l'intervention de la police[6]. Le sociologue Alain Touraine, Guy Michaud et Paul Ricœur s'y opposèrent, signant à cet effet une tribune dans Le Monde daté du [6]. Le lendemain (2 mai), une journée « anti-impérialiste » fut organisée dans la fac par les étudiants, au cours de laquelle le cours de René Rémond fut annulé, suscitant des conflits entre les étudiants contestataires et certains étudiants souhaitant assister à son cours[6]. Le doyen Grapin prit alors la décision de fermer administrativement la fac, ce qui a conduit à l'extension du mouvement au quartier Latin et au début proprement dit de mai 68[6]. Huit étudiants de Nanterre, dont Cohn-Bendit, sont convoqués le par le rectorat en commission disciplinaire; les professeurs de Nanterre Henri Lefebvre, Guy Michaud, Alain Touraine et Paul Ricœur les accompagnent alors en soutien[6].

Le départ d'enseignants après 1968

Le bâtiment G, des Sciences économiques notamment, a été initialement destiné à accueillir Sciences Po Paris. L'effervescence de 1968 a conforté les opposants (enseignants et élèves) à ce transfert dans leur refus de quitter Paris intramuros. Seuls quelques pionniers de l'IEP, dont le professeur Mendras, s'y installèrent. L'université Paris-X est créée en 1970[17], réunissant la faculté des lettres, des sciences économiques et du droit, avec comme premier président l'historien René Rémond, qui avait succédé l'année précédente au philosophe Paul Ricœur.

Années 1970

Les changements du campus

René Rémond veut l'usage du campus comme parc par les habitants proches, lançant en 1970 un programme de plantations d’arbres[4]. Le mur d’enceinte est en partie détruit après 1971 et les grands hangars qui tenaient lieu de bibliothèque, de salle de sports et de spectacle pour le théâtre des Amandiers s’effacent après 1969-70[4].

Les émeutes de février-mars 1970 et leurs conséquences

En février 1970, les 187 blessés des Emeutes de février-mars 1970 à Nanterre mettent le feu aux poudres [18]. Dès le 23 janvier 1970 Serge July et Charles de Choiseul-Praslin sont condamnés à de la prison avec sursis, pour s'être rebellé dix jours plus tôt lors d'un accrochage avec des policiers lors d'une vente à la criée de La Cause du Peuple, journal de la Gauche Prolétarienne. Le jour où ils sont condamnés, Alain Geismar et Olivier Rolin attaquent un commissariat, à Mantes la Jolie, mettant le feu à six véhicules.

Ce même 23 janvier 1970, un groupe de maoîstes envahit le bureau de Paul Ricoeur, doyen de Nanterre, acculé dos à une fenêtre: insultes, menaces, déprédations[19]. Trois jours après, il est de nouveau assailli au bâtiment C, insultes, coups, crachats au visage, poubelle renversée sur sa tête[20].Les 3 et 5 février, deux appariteurs subissent insultes, menaces de mort, sévices divers, tandis que du mobilier est jeté par les fenêtres du bâtiment C. La tension s'accroît encore avec le XIXe congrès du PCF tenu à Nanterre, du 4 au 8 février 1970, d'autant qu'un film doit y être consacré par le cinéaste Jean-André Fieschi[21] et que les maoïstes sont fiers d'avoir évincé Pierre Juquin (PCF) du campus en Mai 68.

Une banderole au-dessus des portes battantes du bâtiment E déclare : « Fascistes échappés de Dien Bien Phu, vous n’échapperez pas à Nanterre »[19]. Le 12 février, deux étudiants sont sommés de quitter la faculté puis des commandos casqués saccagent la salle proche de la caféteria en brisant chaises et banquettes, pour en faire des matraques et partent à l’attaque d’un groupe adverse, puis de la Résidence universitaire de Nanterre ce qui cause un blessé grave, tandis que 7 voitures en stationnement sont endommagées.

Le 20 février, un groupe d'étudiants communistes est séquestré dans un amphithéâtre[22],[23]. Sur ordre de la direction du PCF, Pierre Bernardini, rassemble une dizaine de militants pour les libérer[24], sans voir que les ravisseurs les suivent ensuite jusqu'au parking[23] avec des barres de fer et des poches pleines de poudre, de tessons de verre et de grenaille. Une Austin, où sont montés des amis de Bernardini est attaquée à coups de barre de fer[23] et lui-même, qui n'a pas eu le temps d'y monter, est blessé par une projection de bouteille et des coups à la tête[23], qui l’immobilisèrent plusieurs mois[22] avec une double fracture du crâne et dix jours de coma[23]. Deux étudiants des jeunesses communistes sont laissé pour morts. La pression monte aussi à Assas et Dauphine[19]. Le Doyen de Nanterre est convoqué en fin de journée par Olivier Guichard, ministre de tutelle, qui exige que l’ordre revienne. Puis on l’informe que le ministre de l’intérieur Raymond Marcellin, a décidé d’investir le campus le lendemain. Au petit matin, Paul Ricœur laisse les CRS à l’extérieur des bâtiments où ils se font bombarder de tables et machines à écrire. Le 22 février, des étudiants d’extrême droit d’Assas viennent provoquer les étudiants barricadés dans Nanterre. Au conseil d’université, Paul Ricoeur et son dauphin René Rémond demandent l’autorisation de faire intervenir la police et d’organiser des rondes de nuit sur le campus[19]. Ils sont reçus le 26 février 1970 par le Ministre de l’Intérieur, et le 27 février commence la « surveillance » policière. Cette mesure suscite des réactions hostiles chez les étudiants proches de la GP, et le début d’un Cycle provocation-répression-mobilisation »[25].

C'est la rivalité entre les maoïstes et les communistes, entrainant des violences « politiques » qui ont conduit le doyen Ricœur, peu suspect de conservatisme , à faire appel à la police pour assurer l'ordre à l'intérieur du campus de Nanterre [26]. Alain Lenfant, membre des Jeunesses communistes révolutionnaires, a réussi à « entrer » (incognito) au sein de l’Union des étudiants communistes, formation liée au PCF[4] pour tenter d'atténuer ces tensions.

Le 27 février à 15h30, un car de police patrouille sur le campus de Nanterre, il est immédiatement attaqué[19]. Renforts, riposte de la police, bataille jusqu’à 18h30[19]. Les maoistes organisent des barrages le 28 février, un véhicule de l’ORTF est « attaqué » et une bagarre fait neuf blessés [27]. Parmi les maoïstes de Vive la révolution (VLR) pourchassant le GUD, le futur historien Stéphane Courtois[28]

Pour apaiser, après avoir reçu une délégation SNES, UEC, Section communiste de Nanterre, UNEF-Renouveau, MARC-200 et FNEF, le doyen demande à la police de ne plus entrer sur le campus. Le matin du 2 mars, une cinquantaine d’étudiants conservateurs se concentrent au bâtiment de droit pour dénoncer les blocages d’examen. Ils sont pourchassés par une centaine d’étudiants casqués et armés[19]. L’intervention d'un groupe de 5 policiers en faction, vers 16h, vire à leur attaque par quelques 200 jeunes jusqu’à 19h[19]. Les forces de l’ordre battent en retraite, par endroits, par moments[19]. Le 3 mars, du coup, la réaction est brutale, la police déplorant un total d'une soixantaine de blessés dans ses rangs . Les étudiants commencent par attaquer les gardiens municipaux dans la rue de la Folie puis se replient sur le campus. Vers 15h30, la police avance en grand nombre, saccage les voitures des étudiants sur le parking, casse tout, et passe en fin de journée à la chasse aux étudiants, armés ou pas, retranchés au restaurant universitaire, gazés et encerclés par des CRS surchauffés[19]. Ils ne sont extirpés en fin de journée que par l’intervention des garde-mobiles. Le restau U est dévasté, des millions de dégâts matériels, ce qui entraîne la suspension des cours par le conseil de gestion[19]. Nelly Boblin, une étudiante se souvient de 'l’acharnement qu’ils ont mis à rendre irrespirable l’air par des tirs incessants de gaz lacrymogènes'[4], de la solidarité avec le personnel, et l’intervention des gardes mobiles qui "a permis à tous de sortir sain et sauf de cette souricière"[4]. Nelly Boblin, étudiante, se souvient d'une barricade de tables et de chaises devant l’ascenseur du bâtiment d’Histoire empêche les enseignants de rejoindre les salles de cours, les obligeant à escalader les fenêtres[4]. L'ORTF montre un personnel choqué, quand le préfet de police de Paris Maurice Grimaud, vient constater l’ampleur des dégâts[29]. Malgré la création du département des Hauts-de-Seine le 1er janvier 1968, sa préfecture n'est érigée qu'en 1971[4].

Le Nouvel Obs titre: « Faut-il brûler Nanterre ? »[19]. Le 6 mars une manifestation sur le campus réunit 3 000 personnes sans désordre, ni violence, sauf une porte d’amphi (A1) fracturée[19]. Le même jour, les maoïstes se déplacent à Assas pour en faire le siège[30]. «Un vent prolétarien commença à souffler à Nanterre, un vent qui réchauffait le cœur des étudiants et glaçait le sang de toutes les vermines réactionnaires» écrit au même moment La Cause du Peuple du 13 mars 1970. « Mot fétiche » des maoïstes, « réactionnaire » sert à (dis)qualifier indistinctement tous ceux qui ne s’inscrivent pas dans la mouvance révolutionnaire. Le 9 mars, le doyen Paul Ricoeur démissionne, remplacé par René Rémond[31], comme avait démissionné un an plus tôt son prédécesseur Pierre Grapin.

Trop visible, trop massive, selon beaucoup, l'opération policière semble avoir renforcé la stratégie de la tension lancée par les « maos » sur le campus[19], mais elle resserre aussi les rangs de l'opinion derrière le gouvernement. Le 12 mars 1970 dans une interview à France-Soir, le Premier ministre Georges Pompidou affirme qu’ "il n’est pas admissible, il n’est pas tolérable que l’on continue, comme c’est actuellement le cas dans un certain nombre d’universités, à empêcher tout le monde de travailler, à bafouer les professeurs et les doyens, à détruire le matériel et les équipements". Dans Le Nouvel Obs du 22 mars 1970, Claude Angeli rapporte que beaucoup de policiers se sont demandés si "en haut lieu on ne souaitait pas que les événements de Nanterre soient le plus violents possible". En avril, l'Assemblée Nationale qui débat d'une loi anti-casseurs, bruis de discours voulant "faire payer les maoïstes de Nanterre et les fascistes de la rue d'Assas"[32].

Des députés de Dordogne écrivent des lettres solennelles au Ministre de l’Intérieur demandant "à supprimer" le bidonville aux portes de l’Université car selon eux "des adolescents, Nord-Africains pour la plupart, constituent la troupe à tout faire des éléments perturbateurs"[19]. Dans les bidonvilles, le chantage à l’expulsion se répand entre avril et juin[19]. Dans un rapport détaillé à l’été 1970, les Renseignements généraux dénombrent six points de jonction dans la ville entre gauchistes et immigrés[19].

La situation s’envenime après la mise en place de 16 « contrôleurs » des cartes à l’entrée du restaurant universitaire[19], qui génère à lui seul la moitié des pertes de toute la région pour le CROUS[33]. Des sandwichs sont vendus par les étudiants, des « appariteurs musclés » en civil attaquent des militants, les locaux administratifs sont envahis puis le restaurant universitaire est fermé[34] pendant des mois. L’année 1970 se clôt par une vraie débandade des maoistes[19]: ouvertement dénoncés par les travailleurs du restaurant eux-mêmes[19], ils en sont chassés dans une dernière scène pathétique de tentative d’ouverture du resto U. Les soutiens se sont effilochés. Les subventions aux cours d’alphabétisation aident à refermer en parallèle les espaces jusque là ouverts au tout venant : resto U, piscine, bâtiments, cité universitaire[19].

En novembre 1970, les cours donnés par Jean Foyer, ancien ministre de De Gaull sont empêchés et les juristes de Nanterre et l'ex-doyen plaident dans Le Figaro pour que l’UER de sciences juridiques puisse faire sécession[35],[36].

Développements

Vue générale du campus de Nanterre.

Les principales dates où l'université a connu une évolution sont :

  • 1964 : ouverture de la faculté des lettres et sciences humaines ;
  • 1966 : ouverture de la faculté de droit et sciences économiques ;
  • 1970 : création de l'université pluridisciplinaire Paris X[17] (nom d'usage « Paris X Nanterre ») rassemblant les UER issues des deux facultés ;
  • 1970 : rattachement de l'IUT de Ville-d'Avray à l'université ;
  • 1984 : la loi Savary crée des UFR actuelles (renouveau et élargissement de la carte des diplômes) ;
  • 1985 : ouverture d'une antenne à Saint-Quentin-en-Yvelines ;
  • 1989 : ouverture d'une antenne à Cergy-Pontoise ;
  • 1991 : Saint-Quentin et Cergy deviennent des universités de plein exercice ;
  • 1992 : élargissement de l'UFR SSA (sciences sociales et administration), création d’ateliers informatiques ;
  • 1999 : création de nouvelles filières (IUP) ;
  • 2000 : création de l'UFR SITEC (systèmes industriels et techniques de communication) sur le site de l'IUT de Ville d'Avray et de Saint-Cloud ;
  • 2008 : nom d'usage : « université Paris-Ouest Nanterre La Défense »[37] ;
  • 2016 : un nouveau nom d'usage est choisi « université Paris-Nanterre[38] ».

Constructions

Le théâtre Bernard-Marie Koltès de l'université (situé dans le bâtiment L) lors d'un concert de l'association MELO'DIX le 27 mars 2012.

Les édifications successives se sont faites aux dates suivantes :

  • 1992 : ouverture du bâtiment DD qui abrite les sciences sociales ;
  • 1995 : ouverture du bâtiment L, avec son théâtre, pour l'UFR LLPhi (littératures, langage, philosophie) ;
  • 1996 : ouverture de la Maison René Ginouvès d'archéologie et d'ethnologie, pour une recherche fédérative (CNRS, Paris I, Paris X) ;
  • 1997 : création de la Maison de la recherche « Max Weber » (détruite en 2010) ;
  • 2002/2003 : réhabilitation des bâtiments B et F et construction d'une galerie de cheminement ;
  • 2003 : aménagement du carré central pour des installations sportives et des espaces verts rénovés ;
  • 2005 : ouverture du bâtiment des services logistiques et du laboratoire de psychophysiologie ;
  • 2006/2007 : construction d'un bâtiment destiné à abriter l'UFR des sciences et techniques des activités physiques et sportives ;
  • 2006 : rénovation et installation de matériel de projection de cinéma dans l'amphithéâtre Henri Lefebvre (amphi B2), qui devient ainsi la plus grande salle de cinéma numérique d'Île-de-France ;
  • 2008/2009 : construction du nouveau bâtiment de langues (inauguré en 2010) ;
  • 2009 : rénovation du hall du bâtiment G (UFR SEGMI), et construction d'une cafétéria ;
  • 2010 : ouverture du bâtiment des Langues (V), abritant les formations de l'UFR de langues et civilisations étrangères ;
  • 2011 : ouverture de la Maison des Étudiants (bâtiment R), accueillant des associations étudiantes et des bureaux de services destinés aux étudiants ;
  • 2016 : ouverture de la Maison des SHS (portant également le nom de Max Weber).

Perspectives

L'objectif de réaménagement de l'université et de ses environs est financé grâce au projet de l'Établissement public d'aménagement Seine-Arche[39] visant à désenclaver l'espace derrière la Défense en détruisant des tronçons de routes ainsi que des voies ferrées et en construisant de nouveaux bureaux. Il bénéficie aussi du projet U3M (universités du 3e millénaire) (durée des travaux d'environ quinze ans).

Le conseil général des Hauts-de-Seine, présidé par Patrick Devedjian (UMP), avait supprimé en une subvention annuelle de 900 000 euros versée depuis quatre ans[40]. La subvention a été rétablie en dans le cadre d'une convention d’objectif en vue de la création d’un institut du numérique[41]. Depuis, cette subvention de 750 000 euros a été supprimée par le président du conseil général des Hauts-de-Seine, alors que dans le même temps le Pôle universitaire Léonard-de-Vinci, dont la création a été très controversée a reçu une dotation du conseil général une subvention de 7 millions d'euros[42]. Ainsi l'arrêt de cette subvention a engendré la disparition de l'institut du numérique de l'université de Nanterre.

L'université Paris-Ouest, dans le cadre du projet de Grand Paris, a initié un partenariat avec le pôle Léonard de Vinci[43].

Budget

Le budget s'élève à 155 millions d'€ (2013). Par rapport à 2012, la hausse des crédits n'est que de 0,83 % ([17]), soit moins que l'inflation (cf. coup de sang de Pierre Dubois).

Historique des doyens et présidents

Doyen de la faculté des lettres et sciences humaines de l'université de Paris à Nanterre
Mandat Nom Qualité Discipline
1965 - 1968 Pierre Grappin Professeur des Universités Langue et littérature allemandes
1968 - 1969 Jean Beaujeu Professeur des Universités Langue et de littérature latines
1969 - 1970 Paul Ricœur Professeur des Universités Philosophie
1970 - 1971 René Rémond Professeur des Universités Histoire
Doyen de la faculté de droit et des sciences économiques de l'université de Paris à Nanterre
Mandat Nom Qualité Discipline
1968 - 1969 Philippe Malaurie Professeur des Universités Droit
1970 - 1970 Jean-Maurice Verdier Professeur des Universités Droit
Liste des présidents successifs de l'université Paris X Nanterre
Mandat Nom Qualité Discipline
1970 - 1971 Eugène Schaeffer Professeur des Universités Droit
1971 - 1976 René Rémond Professeur des Universités Histoire
1976 - 1981 Jean-Maurice Verdier Professeur des Universités Droit
1981 - 1983 Carol Heitz Professeur des Universités Histoire de l'art
1983 - 1988 Michel Imberty Professeur des Universités Psychologie
1988 - 1993 Paul Larivaille Professeur des Universités Langue et littérature italiennes
1994 - 1997 Michel Imberty Professeur des Universités Psychologie
1998 - 2003 André Legrand Professeur des Universités Droit
2003 - 2008 Olivier Audeoud Professeur des Universités Droit
2008 - 2012 Bernadette Madeuf Professeur des Universités Sciences économiques
depuis 2012 Jean-François Balaudé Professeur des Universités Philosophie

Composantes

Bâtiments DD et C des UFR SSA et SPSE

Avec 268 diplômes préparés et environ 8 000 diplômés chaque année, l'université regroupe 9 unités de formation et de recherche, un IUT et un institut. La réforme LMD pour une harmonisation des diplômes au niveau européen est appliquée pour une grande partie des formations proposées.

Unités de formation et de recherche

L'université Paris Nanterre s'organise autour de huit unités de formation et de recherche (UFR)[44].

(Données chiffrées et organigramme en date de mai 2010)

Instituts

Campus

Les trois campus de l'université Paris Nanterre sont situés dans le département des Hauts-de-Seine, à proximité du site de la Défense.

Campus de Nanterre

Campus de Nanterre.

Situé à proximité du quartier d'affaires de la Défense et du centre ville de Nanterre, le campus de Nanterre, principal campus de l'université, s'étend sur près de trente hectares et regroupe autour de son « carré vert » central :

  • l'essentiel des locaux d'enseignement et de recherche de l'université ;
  • la bibliothèque universitaire (BU) et La contemporaine ;
  • la Maison de l'archéologie et de l'ethnologie (MAE) ;
  • la Maison de l'étudiant ;
  • le restaurant universitaire (RU) ;
  • une résidence universitaire du CROUS de l'académie de Versailles d'une capacité d'accueil de 1 400 chambres ;
  • une piscine olympique ;
  • un centre sportif universitaire comprenant une salle omnisports, des salles spécialisées et de nombreux terrains extérieurs ;
  • une salle de cinéma (bâtiment B amphi B2) d'une capacité d'environ 1 000 places ;
  • un théâtre, le théâtre Bernard-Marie-Koltès ;
  • un espace d'exposition, l’espace Reverdy.

Campus de Ville-d'Avray

Il accueille dans les locaux de l'ancienne école technique aéronautique le secteur technologies industrielles de l'université. Le site regroupe ainsi un bâtiment d'enseignement et de recherche et les ateliers dans lesquels les étudiants des formations professionnalisées reçoivent des enseignements pratiques. On y trouve également un restaurant universitaire et une cafétéria.

Campus de Saint-Cloud

Le campus de Saint-Cloud est dédié aux formations préparant aux métiers du livre et de la communication audiovisuelle. Ouvert à la rentrée 1999, ce bâtiment regroupe les locaux d'enseignement et de recherche et inclut une cafétéria.

Enseignement et recherche

Centres de recherche actuels

Au cours du contrat quinquennal 2014-2018, l'université Paris compte 41 centres de recherche, dont 13 unités mixtes de recherche (UMR). Ces unités de recherche regroupent plus de 1 000 personnes, dont plus de 700 enseignants-chercheurs de l'université Paris-Ouest, mais aussi plus de 150 enseignants-chercheurs d'autres universités, plus d'une centaine de chercheurs du CNRS et plusieurs dizaines de chercheurs provenant d'autres établissements.

  • EA1586 - Centre des sciences de la littérature française (CSLF)
  • EA1587 - [Centre d'histoire sociale et culturelle de l'Occident (XIIIe – XVIIIe siècles) (CHiSCO)
  • EA1589 - Centre de recherche éducation et formation (CREF)
  • EA2320 - Centre d'études juridiques européennes et comparées (CEJEC)
  • EA2931 - Centre de recherche sur le sport et le mouvement (CeRSM)
  • EA3454 - Modélisation aléatoire de Paris X (MODAL'X)
  • EA3456 - Laboratoire éthologie cognition développement (LECD)
  • EA3457 - Centre de droit civil des affaires et du contentieux économique (CEDCACE)
  • EA369 - Études romanes
  • EA370 - Centre de recherches anglophones (CREA)
  • EA381 - Centre de recherche en droit public (CRDP)
  • EA382 - Centre de droit international de Nanterre (CEDIN)
  • EA3931 - Littérature et poétique comparées
  • EA3932 - Sociologie et philosophie politiques (SOPHIAPOL)
  • EA3982 - Centre de droit pénal et de criminologie (CDPC)
  • EA4004 - Cognition humaine et artificielle (CHART) (sous la tutelle déposante de l'université Paris 8, également sous la tutelle de l'EPHE et de l'université de Lorraine)
  • EA4223 - Centre d'études et de recherches sur l'espace germanophone (CEREG) (sous la tutelle déposante de l'université Sorbonne Nouvelle)
  • EA4386 - Laboratoire parisien de psychologie sociale (LAPPS)
  • EA4414 - Histoire des arts et des représentations (HAR)
  • EA4415 - Thermique interfaces environnement (TIE)
  • EA4416 - Laboratoire d'énergétique mécanique et électromagnétisme (LEME)
  • EA4417 - Centre d'histoire et anthropologie du droit (CHAD)
  • EA373 - Institut de Recherches Philosophiques (IREPH-DIPSA)
  • EA4418 - Centre de recherches pluridisciplinaires multilingues (CRPM)
  • EA4419 - Institut de recherche juridique sur l'entreprise et les relations professionnelles (IRERP)
  • EA4429 - Centre d'études et de recherches sur les organisations et la stratégie (CEROS)
  • EA4430 - Clinique psychanalyse développement (CLIPSYD)
  • EA7339 - Dispositifs d'information et de communication à l'ère numérique - Paris, Île-de-France (DICEN IDF) (sous la tutelle déposante du CNAM, également sous la tutelle de l'université Paris Est Marne-la-Vallée)
  • UMR7041 - Archéologies et sciences de l'Antiquité (ArScAn) (sous la tutelle déposante de l'université Panthéon Sorbonne, également sous la tutelle du CNRS)
  • UMR7055 - Préhistoire et technologie (également sous la tutelle du CNRS)
  • UMR7014 - Centre de théorie et analyse du droit (CTAD) (également sous la tutelle du CNRS)
  • UMR7114 - Laboratoire modèles, dynamiques, corpus (MoDyCo) (également sous la tutelle du CNRS)
  • UMR7186 -Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative (LESC) (également sous la tutelle du CNRS)
  • UMR7217 - Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (CRESPPA) (sous la tutelle déposante de l'université Paris 8, également sous la tutelle du CNRS)
  • UMR7218 - Laboratoire architecture, ville, urbanisme, environnement (LAVUE) (également sous la tutelle de l'université Paris 8, de l'ENSA Paris-Val de Seine et du CNRS)
  • UMR7220 - Institut des Sciences sociales du Politique (ISP) (également sous la tutelle de l'École normale supérieure de Cachan et du CNRS)
  • UMR7235 - Economix (également sous la tutelle du CNRS)
  • UMR7533 - Laboratoire dynamiques sociales et recomposition des espaces (LADYSS) (également sous la tutelle de l'université Panthéon-Sorbonne, de l'université Paris Diderot, de l'université Paris 8 et du CNRS)
  • UMR8168 - Mondes américains, sociétés, circulations, pouvoirs (XVe – XXIe siècles (MASCIPO) (sous la tutelle déposante de l'École des hautes études en sciences sociales, également sous la tutelle de l'université Panthéon-Sorbonne, du Collège de France et du CNRS)
  • UMR8533 - Institutions et dynamiques historiques de l'économie et de la société (IDHES) (sous la tutelle déposante de l'université Panthéon-Sorbonne, également sous la tutelle de l'université Paris 8, l'École normale supérieure de Cachan, l'université d'Évry et du CNRS)
  • UMR8238 - Laboratoire d'études de genre et de sexualité (LEGS) (également sous la tutelle de l'Université Paris 8 et du CNRS)

Et une unité de service et de recherche :

Et aussi une fédération de recherche :

  • FR2393 - Institut de linguistique française (également sous la tutelle du CNRS)

Scientométrie

L'université Paris-Nanterre n’est pas ou mal classée dans les principaux classements mondiaux des universités.

Cette situation est liée pour l’essentiel à la méthodologie de ces classements internationaux. Les spécificités de l'université Paris-Ouest la pénalisent en effet fortement ; il s’agit d’une université française, essentiellement centrée sur les sciences humaines et sociales, alors que ces classements favorisent très fortement les établissements généralistes ou spécialisés en sciences exactes dont les recherches sont publiées en anglais[45].

Vie étudiante

Évolution démographique

Évolution démographique de la population universitaire

2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
33 661[46]31 569[47]27 676[48]29 820[49]30 426[50]30 257[51]29 643[52]29 345[53]
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
28 873[54]29 459[55]29 866[56]31 807[57]31 928[58]32 381[59]-33 673[60]
2016 2017 - - - - - -
-33 600------

Mouvements étudiants

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Années 1960

À partir de 1966, l'université se fait surtout remarquer comme le théâtre du développement des groupes d'extrême gauche. Le mouvement de 1968 démarre ainsi le (mouvement du 22-Mars) par l'occupation de la tour administrative. L'université est surnommée Nanterre la rouge. Henri Lefebvre y devient professeur de sociologie de 1965 à 1968. Il influence les étudiants qui initient le mouvement de Mai 68, puis livre une analyse à chaud des événements[61].

Années 1970

L'agitation se poursuit, avec notamment plusieurs jours d'émeute en 1970 à la suite de la tentative de l'administration d'autoriser la police à pénétrer sur le campus.

  • Au printemps 1976, l'université est paralysée pendant trois mois par une grève nationale contre la réforme du second cycle. Les étudiants en économie obtiennent tous leur diplôme après avoir boycotté les examens. Ceux de droit doivent tous passer leurs examens en .
  • En 1978, les élections universitaires sont sabotées par des autonomes qui pillent le restaurant universitaire et incendient le local de l'UNEF.

Années 1980

Des affrontements opposent régulièrement militants anarcho-communistes et d'extrême droite. Au cours de l'un de ces affrontements, un militant d'extrême droite se tue en traversant une voie ferrée. En , l'université est occupée dans le cadre de la grève nationale contre le projet Devaquet.

Années 1990

  • En et , l'université est paralysée par une grève nationale pour l'augmentation du budget des universités.
  • En 1997, le centre informatique de l'université est occupé pendant plusieurs semaines par des étudiants non-inscrits. Cette occupation entraîne la fermeture totale de l'université pendant deux jours. Le président est contraint à la démission. La nouvelle présidente est remplacée peu de temps après par André Legrand.
  • En 1998, un groupe de chômeurs occupe durant plusieurs semaines l'un des amphithéâtres du bâtiment B. La même année, des étudiants sans-papiers font une grève de la faim durant trois semaines pour obtenir leur inscription.
  • En 1999, les étudiants non-inscrits occupent pendant plusieurs semaines l'amphithéâtre du bâtiment D.

Années 2000

  • En , les étudiants non-inscrits occupent durant une semaine le bureau du Centre d'Éducation Permanente situé au rez-de-chaussée du bâtiment G.[réf. nécessaire]
  • Le , l'occupation de la salle E 103 par une dizaine de chômeurs et d'étudiants entraîne l'intervention d'une cinquantaine de policiers sur le campus. Les occupants sont évacués et placés pendant quarante-huit heures en garde à vue.[réf. nécessaire]
  • En , le mur du bâtiment D est entièrement détruit par des étudiants à l'occasion d'une manifestation contre la politique sécuritaire de l'université. Le président fait rapidement reconstruire le mur. Au mois de novembre, la seconde tentative de destruction est violemment réprimée par les vigiles de l'université. Plusieurs manifestants sont blessés. L'un d'entre eux, Sébastien Schifres, est accusé d'avoir participé à la destruction du mur et est emprisonné durant trois semaines à la maison d'arrêt des Hauts-de-Seine (située à Nanterre, à quelques dizaines de mètres du campus). Il sera condamné à 5 000 euros de dommages et intérêts.[réf. nécessaire]
  • En 2006 : Des manifestations ont lieu depuis février, à l'université et dans Paris, contre le projet du Contrat première embauche (CPE). Une mobilisation de l'université de Nanterre se met en place par le biais d'assemblées générales, qui conduit aux blocages de quelques bâtiments et à l'occupation de certains locaux[62]. Au fil du temps le blocage des bâtiments réalisé par des étudiants grévistes, paralyse l'ensemble de la faculté, et des tensions naissent, obligeant les forces de l'ordre à intervenir, afin d'éviter de nouveaux affrontements entre les grévistes et non grévistes. De ce fait, celle-ci aura été fermée sur décision du président Olivier Audéoud pour une durée indéterminée. L'université fut officiellement fermée du au . Le , la reprise des cours aura été possible.[non neutre]
  • En 2009 : Le blocage des cours par des étudiants et enseignants, en particulier dans les bâtiments de sciences humaines, pour protester à la réforme du statut des enseignants-chercheurs et à l'autonomie des universités perturbent considérablement les enseignements durant plus de trois mois consécutif (début février à mi-mai). Certains assemblées générales constituées votent la validation de facto des enseignements sur une base de 10. Non accordé par la présidence, la session d'examen sanctionnant « ce qui avait été fait » a finalement été tenue in extremis.[non neutre]

Années 2010

  • En 2016 : dans le contexte de la contestation contre la loi El Khomri, l'occupation de l’Espace Reverdy (bâtiment L) débute le 21 mars et prend fin pendant l'été.
  • En 2018 : l'université est bloquée du 10 au 20 décembre, pour protester notamment contre la hausse des frais d'inscription pour les étudiants étrangers hors Union Européenne.

Personnalités liées à l'université

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Enseignants

Droit

Économie

Finance et gestion

Histoire

Lettres

Mathématiques

Philosophie

Sciences sociales

Anglais

Anciens étudiants

Voir la catégorie : Étudiant de l'université Paris X.

Arts

Droit

Économie

Écrivains

Médias

  • Joseph Macé-Scaron, journaliste et essayiste, licence d'histoire et de philosophie
  • Éric Naulleau, éditeur, essayiste, critique littéraire et animateur de télévision, DEA de lettres
  • Didier Porte, journaliste, chroniqueur, humoriste, maîtrise de sciences économiques
  • Laura Tenoudji, journaliste, chroniqueuse
  • Bernard de La Villardière, journaliste, animateur de télévision et de radio français, titulaire d'une maîtrise de sciences politiques

Musique

Politiques

Religions

Sciences sociales

Sport

Syndicalistes

Filmographie

Sources

Notes et références

  1. [1]
  2. Article D711-1 du code de l’éducation
  3. a et b https://www.parisnanterre.fr/presentation/historique-de-l-universite-480914.kjsp
  4. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab ac ad ae af ag ah ai et aj "Faire et arpenter l’histoire de l’université de Nanterre" pour les Journées européennes du patrimoine Samedi 17 septembre 2016 [2]
  5. publié en 1970 aux éditions Gallimard
  6. a b c d e f et g Charles Mercier, « René Rémond à Nanterre en 1968 », Vingtième Siècle, no 104, octobre-décembre 2009, p. 141-152
  7. a b et c "Mai 68" par Adrien Dansette, Editions Plon, 1971
  8. a b et c "Ils partirent 142..." par Laurence Debril, dans L'Express du 30 avril 2008
  9. a b et c "A l’origine était le 21 mars 1967...", par Catherine Millet, dans Libération du 29 avril 2018
  10. "Mai 68 par ceux qui l'ont fait : Dominique Tabah" France 3, le 1/05/2018 [3]
  11. "Quand la gauche se réinventait: Le PSU, histoire d'un parti visionnaire, 1960-1989", par Bernard RAVENEL, aux Editions La Découverte, 2016 [4]
  12. Mai 1968, par Wolfgang Drost Lang, 1986
  13. a b c et d Chronologie des événements à Nanterre en 1967-1968", par kRachel Mazuy et Danièle Le Cornu dans la revueMatériaux pour l'histoire de notre temps 1988[5]
  14. Article de Vincent LUCY et Geoffroy MANNET dans Libération
  15. "Les résidents de Nanterre", dans l'émission de l'ORTF, Tel quel 26 mars 1968 time code min 40 s [6]
  16. France Culture ressuscite Mai 68 dans le Quartier latin Elise Racque, dans Télérama le 11/05/2018 [7]
  17. a et b Décret no 70-1174 du 17 décembre 1970 portant érection en établissements publics à caractères scientifique et culturel d’universités et centres universitaires
  18. "Paul Ricoeur : "Mai 68 ? Cohn Bendit, c'est fini ! " par Christophe Courtin, Consultant international sur les questions de société civile 7 avril 2018
  19. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t et u "Détruire un mur, construire une lutte - du campus libertaire au ghetto sécuritaire ", Récits d'un ex-résident de Nanterre archives personnelles Indymedia Paris [ https://paris-luttes.info/home/chroot_ml/ml-paris/ml-paris/public_html/IMG/pdf/nanterre2004-cahier_final.pdf]
  20. "De battre Ricoeur s'est arrêté" par Robert Maggiori dans Libération du 21 mai 2005
  21. "L’audiovisuel au service du Parti communiste français (1968-1976)" par Céline Barthonnat [8]
  22. a et b Biographie Maitron [Pierre Bernardini]
  23. a b c d et e "Ils ont tué Pierre Overney" par Morgan Sportes - 2008
  24. blog de Jacques_Berthomeau [9]
  25. "La règle et le consentement" par René Rémond [10]
  26. Le confédéré quotidien du 10 mars 1970 [ http://doc.rero.ch/record/133413/files/1970-03-10.pdf ]
  27. « La présence policière sur le campus de Nanterre provoque des incidents », par Le Monde du 1er-2 mars 1970
  28. "Stéphane Courtois dans ses œuvres" par Jean-Jacques Marie, dans LES CAHIERS DU MOUVEMENT OUVRIER [11]
  29. Situation à Nanterre - Monsieur Grimaud JT 20H du 4 mars 1970 [12]
  30. Situation universitaire : Nanterre rue d'Assas fac Sciences Vincennes JT 20H video 6 mars 1970 [13]
  31. "De battre Ricoeur s'est arrêté" par Robert Maggiori dans Libération du 21 mai 2005
  32. Assemblée Nationale Séance du Mercredi 29 Avril 1970 [14]
  33. "L’augmentation des tarifs des RU suscite des protestations", dans Le Monde, 4-5 octobre 1970
  34. « Les incidents se multiplient au RU de Nanterre », Le Monde, 4 novembre 1970
  35. Charles Mercier, « Les "réactionnaires" à Nanterre aux lendemains de Mai 68 », Histoire@Politique, n° 37, janvieravril 2019 [15]
  36. « La sécession », Le Figaro du 24 novembre 1970
  37. Nom d'usage dont s'est doté l'établissement par délibération de son conseil d'administration en 2007.
  38. Décision du conseil d'administration de l'université en date du « Impressions de reprise à l'université Paris Nanterre | Étudiant sur le tard, le blog éducation de Luc Bentz », sur blogs.lexpress.fr (consulté le 18 septembre 2017)
  39. EPA-Seine Arche - Les enjeux du projet
  40. L'université de Nanterre perd une subvention du conseil général, Le Nouvel Observateur, 28 janvier 2010
  41. Le conseil général va soutenir l’université Paris-Ouest
  42. « La fac Pasqua apprend à ne plus rouler sur l'or », leparisien.fr,‎ 2014-12-30cet07:00:00+01:00 (lire en ligne, consulté le 15 octobre 2017)
  43. Le Parisien La « fac Pasqua » s'ouvre aux étudiants du public.
  44. Sur le site de l'Université Paris Nanterre : liste des UFR
  45. Certaines critiques sont détaillées sur la page Palmarès universitaires
  46. Jean-Richard Cytemann, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2001, Imprimerie nationale, p. 161, (ISBN 2-11-092136-6), consulté sur education.gouv.fr le 10 août 2010
  47. Jean-Richard Cytemann, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2002, Imprimerie nationale, p. 159, (ISBN 2-11-092152-8), consulté sur education.gouv.fr le 10 août 2010
  48. Claudine Peretti, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2003, Imprimerie nationale, p. 155, (ISBN 2-11-093455-7), consulté sur education.gouv.fr le 10 août 2010
  49. Claudine Peretti, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2004, Imprimerie nationale, p. 159, (ISBN 2-11-094345-9), consulté sur education.gouv.fr le 10 août 2010
  50. Claudine Peretti, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2005, Imprimerie nationale, p. 175, (ISBN 2-11-095390 X), consulté sur education.gouv.fr le 10 août 2010
  51. Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2006, Imprimerie nationale, p. 179, consulté sur education.gouv.fr le 10 août 2010
  52. Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2007, Imprimerie nationale, p. 181, consulté sur education.gouv.fr le 10 août 2010
  53. Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2008, Imprimerie nationale, p. 173, consulté sur education.gouv.fr le 10 août 2010
  54. Daniel Vitry, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2009, Imprimerie moderne de l’Est, p. 175, (ISBN 978-2-11-097805-9), consulté sur education.gouv.fr le 10 août 2010
  55. Michel Quéré, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2010, Imprimerie moderne de l’Est, p. 173, (ISBN 978-2-11-097819-6), consulté sur education.gouv.fr le 17 septembre 2010
  56. Michel Quéré, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2011, Imprimerie moderne de l’Est, p. 175, (ISBN 978-2-11-097810-3), consulté sur education.gouv.fr le 2 septembre 2011
  57. Michel Quéré, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2012, Imprimerie moderne de l’Est, p. 177, (ISBN 978-2-11-099368-7), consulté sur education.gouv.fr le 30 août 2012
  58. Michel Quéré, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2013, Imprimerie moderne de l’Est, p. 179, consulté sur education.gouv.fr le 27 septembre 2013
  59. Michel Quéré, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2014, Imprimerie moderne de l’Est, p. 179, consulté sur education.gouv.fr le 23 septembre 2014
  60. [16], site officiel de l'université Paris Nanterre
  61. Vincent Cespedes, Mai 68, La philosophie est dans la rue ! (Larousse, coll. « Philosopher », 2008).
  62. Amélie Gautier, « CPE : à Nanterre, le blocage divise », My TF1 News, .
  63. Prisma Média, « Cristiana Reali - La biographie de Cristiana Reali avec Gala.fr », sur Gala.fr (consulté le 25 octobre 2016)
  64. Bulletin quotidien 12 avril 2012]

Bibliographie

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes