Tour Jean-sans-Peur

Tour Jean-sans-Peur
Tour Jean Sans Peur, Paris, France.jpg
Présentation
Destination initiale
Fortification
Construction
1409-1411
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Commune
Adresse
Coordonnées
48° 51′ 51″ N, 2° 20′ 53″ E
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La tour Jean-sans-Peur, ou tour de Jean sans Peur, est une tour de fortification édifiée à Paris au XVe siècle par le duc Jean Ier de Bourgogne, dit « Jean sans Peur ». Elle constitue le dernier vestige de l'hôtel des ducs de Bourgogne. Située au 20, rue Étienne-Marcel, dans le 2e arrondissement, elle fait aujourd'hui partie de la cour d'une école élémentaire.

Ce site est desservi par la station de métro Étienne Marcel.

Histoire

La tour a été édifiée entre 1409 et 1411 par le duc de Bourgogne, Jean sans Peur, pour fortifier sa résidence parisienne.

La guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons bat alors son plein. Le 23 novembre 1407, Jean sans Peur a fait assassiner son cousin, Louis d'Orléans, frère du roi Charles VI. Pour se protéger d'éventuelles représailles[réf. nécessaire], il fait construire cette tour fortifiée de 21 mètres de haut dans son hôtel.

L'hôtel avait à l'origine été construit par Robert II d'Artois à la fin du XIIIe siècle, adossé à l'enceinte de Philippe Auguste. Il était devenu l'hôtel de Bourgogne en 1369 à la suite d'une union entre les familles d'Artois et de Bourgogne.

Après l'assassinat de Jean sans Peur à Montereau en 1419, l'hôtel reste dans la famille des ducs de Bourgogne jusqu'à la mort en 1477 de Charles le Téméraire. La tour et l'hôtel tombent ensuite en désuétude.

Au XVIIe siècle, une troupe de théâtre, la Confrérie de la Passion, s'installe à l'hôtel de Bourgogne.

C'est en 1866-1868, lors du percement de la rue Étienne-Marcel, que l'on redécouvre la tour, unique vestige de l'ancien hôtel de Bourgogne. Elle est alors classée au titre des monuments historiques par un arrêté du [1], puis restaurée en 1893.

Depuis 1999, la tour est ouverte au public.

Double fonction de la tour

un donjon

En conflit avec son rival Louis d'Orléans, Jean sans Peur a entrepris l'édification de la tour pour montrer bien haut sa puissance dans la capitale du royaume et disposer d'un refuge en vue des évènements sanglants qui allaient suivre. Figurent encore dans la décoration le rabot, emblème qu'il avait adopté contre celui de son adversaire, la massue.

Dans sa partie supérieure, le donjon était doté de créneaux et de machicoulis qui protégeaient l'accès à deux salles très bien éclairées par des fenêtres, chacune chauffée par une cheminée et munie d'un réduit pour les commodités.

un escalier de service

Dans la partie inférieure du donjon, l'escalier desservait les trois étages de l'aile ouest de l'hôtel de Bourgogne.

Au dessus de l'entrée, un entresol assurait la communication avec :

  • d'une part l'aile est de l'hôtel de Bourgogne ;
  • d'autre part la courtine du rempart de Philippe Auguste, à l'époque déjà désaffectée du fait de la construction du rempart de Charles V : le duc de Bourgogne se ménageait ainsi une seconde voie discrète de communication avec l'extérieur.

Éléments remarquables

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  • Le décor végétal de la voûte d'escalier : pot central d'où partent des branches de chêne, sur lesquelles grimpe du houblon, rejointes par des branches d'aubépine naissant des murs.

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  • Le trône et la salle de réunion de Jean sans Peur.

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  • La reconstitution des latrines, les plus anciennes de Paris, dont était dotée chaque chambre. Contrairement à celles des époques précédentes, elles ne débouchaient pas sur l'extérieur, mais disposaient d'un conduit dans l'épaisseur du mur, aboutissant à une fosse en sous-sol. Elles étaient chauffées par le revers de la cheminée de la chambre.

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  • Les éléments de charpente visibles au dernier étage.

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Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

Articles connexes

Lien externe