Thomas de Marle

Thomas de Marle
Titre Seigneur de Coucy
(1116-1130)
Autres titres Seigneur de Marle
Biographie
Naissance vers 1073
Décès
Laon
Père Enguerrand de Boves
Mère Ade de Marle
Conjoint 1) Ide de Hainaut
2) Ermengarde de Montaigu
3) Mélisende de Crécy
Enfants avec Ide de Hainaut
Béatrice
Ide

avec Mélisende de Crécy
Mélisende de Crécy
Enguerrand II de Coucy
Robert de Boves

Thomas de Marle[1], dit Thomas Feriæ, de la Fère (vers 1073 - † 1130), fils d'Enguerrand de Boves et d'Ade (Adèle) de Marle et Coucy, était sire de Coucy, seigneur de La Fère qui lui venait de son grand-père maternel, Létard (ou Létaud) de Marle (ou de Roucy), frère du comte Ebles Ier de Roucy.

Famille

Avant de partir en croisade, Thomas fut marié en premières noces avec Ide de Hainaut († 1101), fille de Baudouin II de Hainaut et veuve de Guy de Chièvres. Il eut avec Ide de Hainaut deux filles :

  • Ide ou Bazilie qui épousa :
    • en premières noces, Alard, seigneur de Chimay dont naquit :
      • Gille, et
      • Hadevide qui épousa Canon, seigneur de Villers et Ham
    • puis en secondes noces, Bernard d'Orbais, dont naquit :
      • Enguerrand.
  • Béatrice, mariée à Erard III, seigneur de Breteuil-en-Beauvaisis dont naquit :
    • Valéran, seigneur de Breteuil,
    • Erard, comte de Squillace au royaume de Naples
    • Hugues de Breteuil.

Vers 1102, il épousa en secondes noces une fille de Roger, seigneur de Montaigu et d'Ermengarde. Ce mariage fut annulé en 1104 pour cause de consanguinité.

En troisièmes noces, il épousa en 1104 Mélisende de Crécy († 1114), fille de Guy (†1147), seigneur de Crécy, avec laquelle il eut :

  • Mélisende de Crécy (ou de Coucy?) (v.1107 - † ?) qui épousa :
    • Adelelme, fils d'Adam, châtelain d'Amiens,
    • Hugues IV, sire de Gournay, seigneur de la Ferté, Beaussault et Gaillefontaine.
  • Enguerrand II de Coucy (v.1110 - † 1147/1149)
  • Robert de Boves (? - † 1191), sire de Boves et comte d'Amiens. Il épousa Béatrix de Saint-Pol, fille de Hugues II, comte de Saint-Pol.

Biographie

Thomas de Marle fut seigneur de Coucy, Boves, Marle, La Fère, Crépy et Vervins. Comme la paternité de son père était douteuse, ce dernier détestait son fils Thomas et aurait voulu le déshériter. Sa mère Ade de Marle, connue aussi sous le nom d'Ade (Adèle) de Roucy, fut répudiée par son mari pour adultère.

La Croisade

Parti en avril 1096 avec son père pour la Première croisade, Thomas s'y couvrit de gloire et participa à plusieurs batailles :

La lutte entre le père et le fils

Rentré au pays, certainement frustré et déçu du peu de profit d'une si longue expédition en Terre sainte, Thomas de Marle, installé dans la forteresse de Montaigu, se mit à ravager et dévaster les régions autour de Laon, d'Amiens à Reims.

Enguerrand de Boves, son père, en fut fort mécontent et fit le siège de la forteresse avec :

  • Ebles II de Roucy, fils d'Hildouin,
  • André de Roucy, seigneur de Ramerupt, son frère,
  • Hugues dit le Blanc, seigneur de Laferté,
  • Robert de Péronne, seigneur de Crespy.

Thomas de Marle, averti, s'échappa, alla rejoindre Louis, fils du roi Philippe Ier, dont il obtint du secours, et fit lever le siège. Mais Thomas perdit la forteresse de Montaigu après la dissolution de son mariage avec l'héritière de Montaigu.

La commune d'Amiens

En 1113, les habitants d'Amiens obtinrent du roi Louis VI la permission de s'établir en commune. Avec le support de leur évêque, Geoffroy, et du vidame Guermond, ils demandèrent à Thomas de Marle de les soutenir dans leurs œuvres contre Adam, le châtelain qui tenait la garde de la Tour du Castillon pour Enguerrand, le comte d'Amiens, père de Thomas. Mais Thomas se réconcilia avec ce dernier et combattit à ses côtés contre les habitants d'Amiens. Thomas s'empara des terres et villages avoisinants, commit désordres et cruautés. Sibylle de Château-Porcien, sa belle-mère qui le tenait en inimitié, le trahit en avertissant Gormond de Picquigny de ses agissements. Guermond lui tendit une embuscade et le blessa grièvement d'un coup de lance dans le jarret. Thomas se réfugia en son château de Marle. Gormond de Picquigny en profita pour attaquer le château où Adam commandait : il obtint le soutien du roi Louis VI qui lui envoya du renfort et entra dans Amiens le 11 avril 1115.

La défaite de Thomas de Marle

Pendaison des partisans de Thomas de Marle, conséquemment à leur révolte contre le roi Louis VI. Enluminure des Grandes Chroniques de France de Charles V, vers 1370-1379. BnF, département des manuscrits, ms. Français 2813, fo 200 ro.

Revenu à Marle pour se soigner, Thomas chercha à se venger et fit exécuter Gautier, archidiacre de Laon, demi-frère de Sibylle de Château-Porcien, qui avait soutenu le mariage adultérin de sa sœur avec Enguerrand et qui était un des principaux instigateurs de la révolte des Amiènois. Le clergé décida alors de l'excommunier lors d'un synode tenu à Beauvais le 6 décembre 1114.

Comme Thomas continuait ses méfaits, le roi fut contraint de l'assaillir : il lui enleva les châteaux de Crécy et de Nouvion, et ruina les forts érigés sur les terres appartenant à l'abbaye Saint-Jean de Laon. Le roi assiégea ensuite la tour de Castillon et la rasa après deux ans de siège.

Thomas fit la paix avec le roi contre une grande somme de deniers et la promesse de réparer tous les dommages causés à l’Église.

La perte du comté d'Amiens

Après la mort d'Enguerrand de Boves en 1116, le roi Louis VI le Gros confia en 1117 le comté d'Amiens à Adèle de Vermandois[2], fille d'Herbert IV et d'Adèle (Alix) de Crespy, elle-même fille de Raoul, comte d'Amiens. Adèle de Vermandois le donna aussitôt en dot à sa fille née d'un second mariage avec Renaud II de Clermont, Marguerite de Clermont, mariée à Charles Ier de Flandre qui prit donc le titre de comte d'Amiens.

Pour se venger de ce que le roi avait donné le comté d'Amiens -qui devait lui revenir de droit à la suite de la mort de son père Enguerrand- Thomas s'allia à Baudouin, comte de Hainaut et Hugues, comte de Saint-Pol. En 1130, il tua Henri de Vermandois, seigneur de Chaumont-en-Vexin, fils d'Adèle de Vermandois, et frère du comte Raoul Ier de Vermandois dit le Vaillant.

La mort du sire de Coucy

En octobre 1130, Thomas fut grièvement blessé par le comte Raoul de Vermandois lors du siège de Coucy ordonné par le roi Louis VI qui voulait en finir avec les exactions de son vassal. Thomas de Marle rendit l'âme le 9 novembre 1130. Raoul de Vermandois vengeait ainsi la mort de son frère Henri. Thomas fut inhumé sous la tour de l'église abbatiale de l'abbaye de Nogent-sous-Coucy et son corps y resta jusqu'au 3 avril 1219, date où il fut transféré dans la nouvelle église que son petit-fils Enguerrand III avait fait construire.

Le chroniqueur de l'époque, Guibert de Nogent, abbé de l'abbaye bénédictine de Nogent-sous-Coucy, dit de lui qu'il fut le plus grand coquin connu de son époque.

Notes et références

Annexes

Bibliographie

  • Guibert de Nogent, La Vie de Guibert de Nogent, Livre III, chapitre XII, [1]
  • Thierry Dardart, Les pâques sanglantes, Laon 1112, Pour les Siècles des Siècles (ISBN 978-2-9558715-0-8) (br.)

Articles connexes

Liens externes