The Lancet

The Lancet  
Edition du 13 juin 1829.
Edition du 13 juin 1829.

Titre abrégé Lancet
Discipline
Langue Anglais
Rédacteur en chef Richard Horton
Publication
Maison d’édition Elsevier (Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni)
Facteur d’impact
d'après l'ISI
59,102 (2018)
Fréquence hebdomadaire
Indexation
ISSN (papier) 0140-6736
ISSN (web) 1474-547X
LCCN sf82002015
CODEN LANCAO
OCLC 01755507
Liens

The Lancet est une revue scientifique médicale hebdomadaire britannique, publiée précédemment par The Lancet Publishing Group, et propriété depuis 1991 du groupe Elsevier[1]. Cette prestigieuse revue, une des plus anciennes et des plus respectées au monde[2], doit son nom à l'instrument chirurgical appelé lancette (en anglais : lancet), sorte de scalpel. Le rédacteur en chef actuel est Richard Horton.

Le premier numéro date du et a été lancé par Thomas Wakley qui éditera la revue jusqu'à sa mort[3]. Ian Douglas-Wilson en fut le rédacteur en chef entre 1965 et 1976[4].

Éditions

Il existe diverses éditions spécialisées de The Lancet, elles sont appelées :

Le site web thelancet.com a été lancé en 1996. L'accès en ligne aux articles publiés a été ajouté en mars 1998 (sur abonnement pour les plus récents).

Numéros spéciaux

En , un numéro spécial consacré à la France et à son système de santé accueille un éditorial du président de la République française, François Hollande[5].

Impact

Selon le Journal Citation Reports, le journal a un facteur d'impact de 59,102 en 2018, le classant deuxième journal britannique derrière The New England Journal of Medicine dans la catégorie Médecine générale.

Controverses

Liens entre les vaccins et l'autisme (1998)

Le , The Lancet a publié un article d'Andrew Wakefield et douze autres chercheurs intitulé « Ileal-lymphoid-nodular hyperplasia, non-specific colitis, and pervasive developmental disorder in children »[6], suggérant un lien entre le vaccin ROR et l'autisme. La publication du document a déclenché une forte baisse des vaccinations en Europe et en Amérique et dans les années suivantes dans le monde. The Lancet a été vivement critiqué dans cette affaire qui est aujourd'hui connue comme l'« affaire Wakefield », ou la fraude du vaccin ROR-Austime de The Lancet . En février 2004, The Lancet publiera une rétractation de dix des treize co-auteurs du journal rejetant la possibilité que le ROR puisse causer l'autisme[7],[8].

Le , le rédacteur en chef, Richard Horton, retire l'article du journal après que le General Medical Council (GMC), qui supervise les médecins en Grande-Bretagne, ait déclaré qu'il y avait une sélection biaisée de patients dans l'article du Lancet et que la conduite de Wakefield à cet égard était malhonnête et irresponsable. Horton a déclaré après avoir lu le rapport du GMC qu'il avait été trompé et que Wakefield s'était montré malhonnête[9]. L'auteur principal de l'étude, Andrew Wakefield, avait un grave conflit d'intérêts qu'il avait omis de déclarer lors de la publication de l'article[7]. Cet article reste cité par le mouvement anti-vaccin.

Retrait d'articles fabriqués (2006)

En janvier 2006, des révélations ont montré que des données avaient été fabriquées pour la rédaction d'un article du chercheur cancérologue norvégien Jon Sudbø et de treize co-auteurs publié en octobre 2005[10],[11]. Plusieurs articles dans d'autres revues scientifiques ont été retirés suite au retrait du Lancet. En une semaine, The New England Journal of Medicine a exprimé des préoccupations sur plusieurs articles de recherche publiés par le même auteur, et en novembre 2006, la revue a retiré deux de ses études sur le cancer de la bouche[11].

Lettre ouverte au peuple de Gaza (2014)

Le , vers la fin de la guerre de Gaza de 2014, The Lancet a publié la lettre ouverte d'une trentaine de signataires, « An open letter for the people in Gaza », dans sa section Correspondance[12]. Comme indiqué dans The Telegraph, la lettre condamne Israël dans les termes les plus fermes mais étonnamment sans mentionner les atrocités commises par le Hamas[13]. D'après le quotidien israélien Haaretz, les auteurs de la lettre feraient référence à des textes de David Duke, suprémaciste blanc et ancien grand sorcier du Ku Klux Klan[14]. La docteur Paola Manduca, coauteur de la lettre, a répondu en disant : je fais légitimement usage de mon droit à la liberté d'opinion […] et je n'approuve ni apprécie les politiques du gouvernement d'Israël[13]. Le rédacteur en chef du Lancet, Richard Horton, a déclaré : Honnêtement, je ne vois pas ce que tout cela a à voir avec la lettre de Gaza. Je n'ai pas l'intention de retirer la lettre et je ne la retirerais pas même si tout cela était prouvé [la connivence supposée avec David Duke][13]. Lors d'une visite en Israël en octobre 2014, ce dernier dit néanmoins regretter la polarisation inutile que cette publication a provoqué mais qu'il ne souhaite pas la rétracter[15], il annonce également que la revue allait publier une série sur les systèmes de santé et de recherche médicale israéliens[16].

Mark Pepys , membre de la Jewish Medical Association, a écrit : Le manquement de Paola Manduca et ses coauteurs de déclarer leurs extraordinaires conflits d'intérêts constitue une erreur des plus graves, non professionnelle et contraire à l'éthique. […] La tentative évidente de masquer cette diatribe politique partisane et substantiellement mensongère en un innocent appel humanitaire n'a pas sa place dans une publication sérieuse, sans même parler d'un journal médical professionnel, et déshonorerait même la plus vile des presses de caniveau. En outre, Pepys accuse Richard Horton personnellement en déclarant : Le comportement de Horton dans cette affaire est conforme à l'utilisation totalement inappropriée du Lancet et de longue date comme véhicule de ses propres visions politiques extrémistes […] Ceci a considérablement dégradé le prestige passé du journal. En réponse, Horton a déclaré : Comment pouvez-vous séparer la politique et la santé ? Les deux vont de pair[13].

L'étude sur la chloroquine (2020)

En mai 2020, la publication d'une vaste étude des professeurs Mandeep R. Mehra, Sapan S. Desai, Frank Ruschitzka, et Amit N. Patel[17] sur la chloroquine mettant en cause son efficacité pour traiter la maladie à coronavirus 2019 crée la polémique, de nombreux scientifiques pointant des erreurs et une méthodologie discutable[18]. L'étude est fondée sur l'analyse des données de 96 000 patients hospitalisés dans 671 hôpitaux aux États-Unis pour Covid-19 entre décembre et avril 2020[18].

Le quotidien français Libération rapporte la contradiction évoquée par les critiques entre cette étude de 2020 et un article de 2003[19] paru dans la même revue, les auteurs (différents de l'étude récente) ayant écrit à l'époque que : l'administration de chloroquine ou d'hydroxychloroquine présente une toxicité limitée et bien évitable, et peut donc [avoir plus de bénéfices que de risques], tout au moins lorsqu'elle est utilisée dans des conditions potentiellement mortelles[20]. À la suite de la polémique, le professeur Roberto Cauda, coauteur de l'étude de 2003[19], a notamment déclaré Ces phrases étaient basées sur les connaissances sur la chloroquine que nous avions à l’époque. Il pourrait être approprié de faire une mise à jour sur cette question spécifique dix-sept ans plus tard, éclairée par l'acquisition de nouvelles données sur la chloroquine obtenues au cours de ces deux dernières décennies, alors que le docteur Andrea Savarino, premier auteur de l'étude[19], déclare que ces travaux présentaient un état de l'art de la recherche à cette époque[20].

Des scientifiques reprochent en outre l'opacité des données de l'étude, lesquelles sont anonymisées[21], et souhaitent pouvoir y accéder[22], en particulier parce qu'en se basant sur cette étude, les autorités de différents pays et l'OMS ont immédiatement stoppé le traitement par la chloroquine de la Covid-19, traitement qui en France par exemple n'était administré que dans les établissements hospitaliers, donc pour des malades gravement atteints, et alors même que diverses études concurrentes[Lesquelles ?] prônaient l'usage de l'hydroxychloroquine, ou de la chloroquine, associée à l'azytromicile, en début de maladie. Les interventions en la matière du professeur marseillais Didier Raoult ont suscité de nombreuses controverses et la politisation du dossier paraît réelle en France[23].

Des médecins, comme le professeur Gilbert Deray, de la Pitié-Salpêtrière à Paris, estiment que la controverse ne change rien quant à l'absence de données sérieuses quant à l'efficacité de l'hydroxychloroquine associée ou non à l'azithromycine et appellent à poursuivre des essais randomisés pour évaluation[22].

Rédacteur en chef

  • 1823 : Thomas Wakley
  • 1862 : James Wakley
  • 1886 : T. H. Wakley and Thomas Wakley (junior)
  • 1907 : Thomas Wakley (junior)
  • 1909 : Samuel Squire Sprigge
  • 1937 : Egbert Morland
  • 1944 : Theodore Fox
  • 1965 : Ian Douglas-Wilson
  • 1976 : Ian Munro
  • 1988 : Gordon Reeves
  • 1990 : Robin Fox
  • 1995 : Richard Horton

Notes et références

  1. David Larousserie, « « The Lancet », machine à cash à la pointe de la médecine », Le Monde, (consulté le 6 septembre 2019).
  2. (en) « Prestigious Medical Journal, The Lancet, Issues Family Planning Series », Population Media Center, .
  3. Roger Jones, « Thomas Wakley, plagiarism, libel, and the founding of The Lancet », The Lancet, vol. 371,‎ , p. 1410-1411 (lire en ligne)
  4. (en) « Dr Ian Douglas Wilson », The Times,‎ (lire en ligne, consulté le 2 août 2017)
  5. Eric Favereau, « F. Hollande éditorialiste dans le Lancet », Libération, .
  6. (en) A. J. Wakefield, S. H. Murch, A. Anthony, J. Linnell, D. M. Casson, M. Malik, M. Berelowitz, A. P. Dhillon, M. A. Thomson, P. Harvey, A. Valentine, S. E. Davies, J. A. Walker-Smith, « RETRACTED: Ileal-lymphoid-nodular hyperplasia, non-specific colitis, and pervasive developmental disorder in children », The Lancet, vol. 351, no 9103,‎ , p. 637-641 (lire en ligne).
  7. a et b (en) « MMR researchers issue retraction », BBC News, (consulté le 24 mai 2020).
  8. (en) S. H. Murch, A. Anthony, D. H. Casson, M. Malik, M. Berelowitz, A. P. Dhillon, M. A. Thomson, A. Valentine, S. E. Davies, J. A. Walker-Smith, « Retraction of an interpretation », The Lancet, vol. 363, no 9411,‎ , p. 750 (PMID 15016483, DOI 10.1016/S0140-6736(04)15715-2).
  9. (en) Sarah Boseley, « Lancet retracts 'utterly false' MMR paper », The Guardian, .
  10. (en) Jon Sudbø, J. J. Lee, S. M. Lippman, et al, « Non-steroidal anti-inflammatory drugs and the risk of oral cancer: a nested case-control study », The Lancet, vol. 366, no 9494,‎ , p. 1359–1366 (PMID 16226613, DOI 10.1016/S0140-6736(05)67488-0).
  11. a et b (en) « Cancer study patients 'made up' », BBC News, (consulté le 24 mai 2020).
  12. (en) Paola Manduca et al., « An open letter for the people in Gaza », Lancet, vol. 384, no 9941,‎ , p. 397-398 (PMID 25064592, DOI 10.1016/S0140-6736(14)61044-8, lire en ligne, consulté le 1er février 2017).
  13. a b c et d (en) Jake Wallis Simons, « Lancet 'hijacked in anti-Israel campaign' », The Telegraph,‎ (lire en ligne, consulté le 28 mai 2020).
  14. (en) « British Medical Journal Refuses to Retract 'Letter to Gaza' by anti-Semitic Activists », Haaretz, (consulté le 28 mai 2002).
  15. (en) Judy Siegel-Itzkovich, « The Lancet editor relents on medical journal's unbalanced attacks on Israel », The Jerusalem Post,‎ (lire en ligne, consulté le 28 mai 2020).
  16. (en) « Lancet editor in editorial regrets, but does not retract, Gaza letter », Jewish Telegraphic Agency, (consulté le 28 mai 2020).
  17. (en) Mandeep R. Mehra, Sapan S. Desai, Frank Ruschitzka, et Amit N. Patel, « Hydroxychloroquine or chloroquine with or without a macrolide for treatment of COVID-19: a multinational registry analysis », The Lancet,‎ (lire en ligne [PDF]).
  18. a et b Danielle Messager, « L'étude du Lancet sur la chloroquine suscite des questions de scientifiques », France inter, .
  19. a b et c (en) Dr. Adrea Savarino, John R. Boelaert, Antonio Cassone, Giancario Majori, Roberto Cauda, « Effects of chloroquine on viral infections: an old drug against today's diseases », The Lancet, vol. 3,‎ (lire en ligne [PDF]).
  20. a et b Florian Gouthière, « Une étude publiée en 2003 dans « The Lancet » démontre-t-elle l'absence de risque de la chloroquine ? », Libération, .
  21. Nicolas Gutierrez C., « INTERVIEW. Le coauteur de l’étude du Lancet, fondateur de Surgisphere, répond aux questions levées par leur publication sur la chloroquine », Sciences et Avenir, .
  22. a et b « Étude du Lancet sur la chloroquine : des scientifiques demandent l'accès aux données », L'Express, .
  23. Laureline Dupont, Thomas Mahler et Camille Vigogne Le Coat, « Chloroquine : comment Didier Raoult a divisé politiques et intellectuels », L'Express, .

Annexes

Article connexe

Liens externes