Théâtre océanien de la Première Guerre mondiale

Théâtre océanien de la Première Guerre mondiale
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Réservistes de l'armée allemande de Nouvelle-Guinée en 1914, quelques jours avant le débarquement australien.
Informations générales
Date du au
Lieu Océanie
Issue Victoire des Alliés
Belligérants
Drapeau de la France France
Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
Drapeau de l'Australie Australie
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande
Drapeau du Japon Japon
Drapeau des États-Unis États-Unis, à partir de 1917.
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Commandants
Drapeau de la France France
Capitaine Maxime Destremau
Drapeau de l'Australie Australie
Vice-amiral George Patey
Major-Général William Bridges
Colonel James Legge
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande
Colonel Robert Logan
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Commandant Karl Von Müller
Eduard Haber, gouverneur de la Nouvelle-Guinée allemande
Major Hermann Detzner
Capitaine Adalbert Zuckschwerdt
Forces en présence
Drapeau de la France France
: 1 000 hommes, 1 croiseur, 1 canonnière.

Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
: 1 200 hommes, 3 croiseurs.
Drapeau de l'Australie Australie : 3 000 hommes, 4 croiseurs, 3 destroyers, 4 sous-marins.
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande : 1 400 hommes.
Drapeau du Japon Japon: 2 500 hommes, 3 croiseurs.


Drapeau des États-Unis États-Unis, à partir de 1917 : 400 hommes, 1 croiseur.
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand

moins de 2 000 hommes, 3 croiseurs : flottille allemande du Pacifique Sud, détachée de l'escadre d'Extrême-Orient

commandée par le commandant Karl Von Müller.
Pertes
Drapeau de la France France
: 4 morts, 1 canonnière
Drapeau de l'Australie Australie : environ 100 morts, 1 destroyer, 1 sous-marin
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande : 4 morts
Drapeau du Japon Japon : environ 250 morts, 1 croiseur
Drapeau des États-Unis États-Unis, à partir de 1917 : une dizaine de morts
Nombre inconnu de morts civils.
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand : entre 250 et 600 morts militaires, 2 croiseurs
Nombre inconnu de morts civils.

Première Guerre mondiale

Batailles

Bataille de Papeete · Combat des îles Cocos.

L'Océanie a été le théâtre de combats, souvent oubliés des historiens, au cours de la Première Guerre mondiale. Ces combats concernent des zones géographiques dispersées en Océanie, correspondant principalement à la Nouvelle-Guinée allemande, aux îles Samoa allemandes, à la Micronésie, à la Polynésie française et à l'île de Guam.

Batailles et principaux événements

  • 29-30 août 1914 : débarquement néo-zélandais aux îles Samoa. Face à quatre croiseurs et au débarquement de 1 400 soldats néo-zélandais, la garnison allemande qui compte à peine 100 hommes n'oppose quasiment aucune résistance. (4 morts côté Néo-Zélandais.)
  • 6 septembre 1914 : raid allemand sur l'île anglaise de Tabuaeran (Kiribati).
  • 9 septembre 1914: soit 2 jours avant le débarquement en Nouvelle-Guinée, 25 marins australiens débarquent à Nauru à l'aube et dans le plus grand secret afin de s'emparer de la station radio de l'île, relai essentiel de communication entre les différentes garnisons allemandes des îles. En moins de 2 heures et sans tirer un seul coup de feu, les australiens obtiennent la réédition du gouverneur de l'île et de sa garnison de dix hommes.
  • 11 septembre 1914 : bataille de Bita Paka, 1 500 soldats australiens débarquent en Nouvelle-Guinée et engagent le combat contre 350 soldats allemands. (Voir Force expéditionnaire terrestre et navale australienne.) (37 morts, 16 blessés, 75 soldats allemands capturés.)
Flotte australienne passant au large de Rabaul juste avant le débarquement, 1914.
  • 14 septembre 1914 : la flottille allemande du Pacifique Sud coule le sous-marin australien AE1 au large de Rabaul (29 morts).
  • 14–17 septembre 1914 : siège de Toma (Nouvelle-Guinée). À court de vivres, bombardés quotidiennement par le croiseur HMAS Encounter, encerclés par plusieurs centaines de soldats australiens, les 150 soldats allemands de la garnison de Toma finissent finalement par se rendre après plusieurs jours de siège. Le gouverneur Eduard Haber espérait l'arrivée de renforts qui ne vinrent jamais. À la suite de la reddition des soldats allemands de Nouvelle-Guinée, ces derniers sont envoyés en Australie où ils seront internés dans des camps de prisonniers jusqu'à la fin de la guerre.
  • 17 septembre 1914 - 5 janvier 1919 : en Nouvelle-Guinée, plusieurs dizaines de soldats allemands refusant de se rendre s'enfuient dans la jungle et tentent de monter des actions de guérillas avec le soutien de colons allemands et d'une partie de la population.
  • 22 septembre 1914 : bataille de Papeete, les croiseurs allemands Scharnhorst et Gneisenau bombardent la ville avant de rejoindre l'escadre d'Extrême-Orient au large du Chili.
  • 24 septembre 1914 : prise du port de Madang en Nouvelle-Guinée par les troupes australiennes après la fuite de la petite garnison allemande qui embarque à bord du croiseur Cormoran qui, échappant aux navires australiens, réussit à rejoindre sans dommages les deux autres croiseurs de la flottille allemande du Pacifique Sud.
  • 29-30 septembre 1914 : débarquement japonais aux îles Marshall.
Pièce d'artillerie allemande capturée par les Australiens pendant la campagne de Nouvelle-Guinée en 1914.
  • 3-4 octobre 1914 : débarquement japonais en Micronésie, combats.
  • Octobre 1914 : débarquement australien aux îles Salomon.
  • Octobre - 9 novembre 1914 : la flottille allemande du Pacifique Sud coule 18 navires marchands, 1 croiseur japonais, et 1 destroyer australien.
  • 6 novembre 1914 : un contingent australien occupe officiellement Nauru.
  • 9 novembre 1914 : combat des îles Cocos, le croiseur allemand SMS Endem est coulé par le croiseur australien HMAS Sydney, le commandant Karl Von Müller est fait prisonnier (140 morts).
  • 7 avril 1917 : sabordage du SMS Cormoran.
  • 5 janvier 1919 : les 24 derniers soldats allemands de Nouvelle-Guinée commandés par le major Hermann Detzner se rendent à l'armée australienne.

Ordre de bataille

Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand

Moins de 2 000 hommes répartis ainsi :

Flottille allemande du Pacifique Sud, détachée de l'escadre d'Extrême-Orient commandée par le commandant Karl Von Müller constituée de 3 croiseurs.

Environ 900 hommes.

Armée allemande de Nouvelle-Guinée commandée par le major Hermann Detzner : environ 500 hommes, équipée de plusieurs canons.

Garnison allemande des îles Samoa : moins de 100 hommes.

Garnison allemande de Micronésie : environ 400 hommes.

Alliés

Drapeau de la France France

Croiseur Montcalm, participe au débarquement des îles Samoa.

Canonnière Zelée, coulée lors de la bataille de Papeete.

Garnison de Polynésie française.

Environ 1 000 hommes.

Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande

Trois croiseurs, participent au débarquement des îles Samoa :

  • HMS Philomel
  • HMS Pyramus
  • HMS Psyche

Environ 1 200 hommes.

Drapeau de l'Australie Australie

Flotte australienne du Pacifique commandée par le vice-amiral George Patey.

Quatre croiseurs.

  • HMAS Australia, navire-amiral.
  • HMAS Sydney.
  • HMAS Encounter.
  • HMAS Melbourne.

Trois destroyers.

  • HMAS Warrego.
  • HMAS Parramatta.
  • HMAS Yarra.

Quatre sous-marins.

  • AE1, coulé au large de Rabaul.
  • AE2.
  • Protector
  • Upolu

Environ 3 000 hommes dont les 2 000 hommes de la Force expéditionnaire terrestre et navale australienne.

Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande

Environ 1 400 hommes.

Drapeau du Japon Japon

Trois croiseurs :

  • Tokiwa.
  • Yakumo.
  • Chikuma.

Environ 2 500 hommes.

Drapeau des États-Unis États-Unis (à partir de 1917)

Un croiseur.

  • USS Supply

Environ 400 hommes.

Bilan et conséquences

Entre 700 et 1 200 personnes perdirent la vie sur le front océanien.

La plus grande partie des combats eut lieu du 29 août au , date de la disparition de la flottille du Pacifique Sud. En Nouvelle-Guinée, les Australiens durent cependant faire face à la résistance imprévue de quelques dizaines de soldats allemands qui, depuis la jungle, organisèrent des attaques de guérillas (préfigurant celles à plus grande échelle de la guerre du Pacifique à venir). Malgré la présence de 1 500 soldats australiens, les alliés ne purent jamais en venir à bout. Devant cette menace, l'armée australienne n'hésite pas à instaurer des mesures de représailles envers les colons allemands et la population locale soupçonnés de soutenir les soldats allemands, notamment des bastonnades en place publique,[2]. C'est ainsi que les soldats allemands de Nouvelle-Guinée furent les derniers soldats des empires centraux à se rendre le . L'armée de l'Empire allemand compte 54 soldats disparus, tous en Nouvelle-Guinée allemande : après un long oubli, ils seront déclarés décédés par les autorités de l'Allemagne fédérale en 1965[réf. nécessaire].

À la suite des combats et du traité de Versailles, l'Allemagne perd ses colonies dans le Pacifique. Le traité de Versailles entérine de facto les victoires militaires des alliés. Le Japon hérite de la Micronésie, la Nouvelle-Zélande des îles Samoa, l'Australie de la Nouvelle-Guinée et des îles Salomon. Bien que, en terme d'effectifs, le front Océanien fut le moins important de la Première Guerre mondiale - moins de 10 000 soldats alliés affrontant moins de 2 000 soldats allemands -, les gains territoriaux des différentes nations alliées allaient s'avérer d'une importance stratégique dans la prochaine guerre à venir, celle du Pacifique.

En décembre 2017, la marine australienne a retrouvé l'épave du sous-marin AE1 coulé en 1914[3].

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • François Cochet et Rémy Porte, Dictionnaire de la Grande Guerre 1914-1918, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins »,
  • Christophe Clavel, Atlas de la Première Guerre mondiale, Ouest-France, 2014. Présente des cartes des combats en Océanie (rare).