Petit-Bourbon

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Le Petit-Bourbon, situé entre le Louvre et l'église de Saint-Germain l'Auxerrois sur le Plan de Mérian (1615)

L'Hôtel du Petit-Bourbon est un ancien hôtel parisien construit au XIVe siècle, face au palais du Louvre, à l'emplacement de l'actuelle place du Louvre.

Il possédait une salle de très grande dimension, la plus grande de Paris, qui servait aux divertissements de la cour. Le ballet comique de la reine (1581) et les États généraux de 1614 s'y sont déroulés. Il servait également de salle de théâtre, où Molière joua en alternance avec la troupe italienne de Scaramouche.

Histoire

Sur l’emplacement de ce théâtre se trouvait, au début du XVIe siècle, le palais du connétable Charles de Bourbon déclaré par le roi François Ier traître et criminel de lèse-majesté. Le palais fut en grande partie démoli en 1525, à l’exception de la chapelle et d’une vaste galerie où l’on établit le théâtre qui servait aux fêtes et aux ballets de la cour, où les princes et Louis XIV dansaient publiquement[1].

Il fut démoli au XVIIe siècle à l'occasion de la construction de la grande colonnade par Claude Perrault dont Louis XIV posa la première pierre le 17 octobre 1665. Les restes du palais du Petit-Bourbon qui n’avaient pas été occupés par le théâtre avaient été affectés au garde-meuble de la couronne, qui fut transféré à l’hôtel Conti en 1758. C’est dans la galerie de ce palais que furent réunis les états généraux de 1614, du 27 octobre 1614 au 23 février 1615, derniers avant ceux de 1789[1].

Le Petit-Bourbon sur les vieux plans de Paris

Le théâtre

Le 19 mai 1577, des comédiens italiens que le roi Henri III avait fait venir de Venise, et qui avaient donné des représentations à Blois, furent installés au théâtre du Petit-Bourbon ; ils prenaient quatre sous par personne, et ils attiraient un grand concours de spectateurs. En 1584 et en 1588 il parurent une seconde et une troisième troupe. En 1645, le théâtre du Petit-Bourbon fut occupé par des bouffons italiens, que le cardinal Mazarin avait fait venir pour satisfaire la passion de la reine Anne d'Autriche pour les spectacles, et où le , des acteurs italiens y représentèrent La finta pazza, premier opéra alliant musique et ballets, précurseur de l'opéra-ballet français, puis Orphée et Eurydice, etc[1].

En 1650 le théâtre accueille la représentation d'Andromède de Pierre Corneille, musique de Charles Coypeau d'Assoucy, décors de Torelli[2].

En octobre 1658, Molière fait sa réapparition sur les scènes parisiennes notamment devant la cour du jeune roi Louis XIV où il interprète, L'Étourdi ou les Contretemps et le Dépit amoureux. Pendant cette comédie dramatique, le roi bâille, ce qui pousse Molière à jouer ensuite la pièce du Docteur amoureux, le roi est alors tellement enthousiasmé qu’il lui accorde la salle du Petit Bourbon. En novembre 1658 la troupe de Molière, composée de dix acteurs, fait ses débuts publics à Paris et y joue les jours extraordinaires (lundi, mercredi, jeudi et samedi) en alternance avec les Comédiens italiens[2]. Cette troupe donna des représentations sur ce théâtre jusqu’en 1660, époque où Molière quitta le théâtre du Petit-Bourbon pour aller occuper la salle du Palais-Royal le 20 janvier suivant, et où ils demeureront jusqu’à la mort du dramaturge en 1673. En cette année 1660, des comédiens espagnols venus avec l’infante Marie-Thérèse, que Louis XIV venait d’épouser, donnèrent trois représentations sur le théâtre du Petit-Bourbon, dont la démolition fut commencée le 11 octobre.

Le 11 octobre 1660, le théâtre du Petit-Bourbon est démoli sans que les comédiens soient prévenus afin de permettre la construction de la colonnade du Louvre. Les troupes jouèrent ensuite dans la salle du Palais-Royal[3].

Notes et références

  1. a, b et c D’après « Les quarante-huit quartiers de Paris : biographie historique, archéologique et anecdotique des rues, des palais, des monuments, etc. », édition de 1850
  2. a et b Chronologie : Molière et son temps sur http://www.comedie-francaise.fr
  3. Universalis, Édition électronique, 2013

Voir aussi

Bibliographie

  • Jean Guillaume, Un tournant dans l’histoire de la galerie : les hôtels parisiens de la fin du XIVe siècle, p. 27-31, Société française d'archéologie, Bulletin monumental, année 2008, no 166-1 (lire en ligne)