Violence politique palestinienne

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Le terrorisme palestinien ou violence politique palestinienne fait référence aux actes de violence commis dans le cadre des grands soulèvements arabes entre 1929 et 1948 contre les Juifs en Palestine mandataire, dont le massacre d'Hébron puis après la création de État d'Israël, par des opérations menées contre cet État depuis les pays arabes voisins, puis à partir de 1968 par le détournements d'avions civils à travers le monde, la prise d'otages des Jeux olympiques de Munich, l'attentat de la rue des Rosiers et l' attentat de la rue Copernic à Paris, des attaques contre des objectifs civils en Israël dont entre autres l'assassinat de 9 écoliers dans un bus scolaire en 1970, de 22 autres dans une prise d'otage en 1974 dans une école, puis à partir de la première intifada en 2000 et ensuite celle de 2005 par des attentats-suicides contre des autobus, des cafés, une discothèque, des restaurants et des centres commerciaux.

Contexte

En réaction à la déclaration Balfour de 1917 qui prévoyait l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif et sa création sous les auspices de la Société des Nations durant le mandat britannique en Palestine mandataire, les arabes et chrétiens palestiniens commencèrent à partir de novembre 1918 à manifester leur opposition au sionisme. Dans la même année se tient à Jérusalem le Congrès de la Palestine arabe qui exige l'annulation de la déclaration de Balfour et l'inclusion de la Palestine comme partie intégrante du gouvernement arabe indépendant de la Syrie et rejette le sionisme tout en acceptant l'aide britannique sous condition de ne pas empiéter sur la souveraineté arabe en Palestine envisagée en tant qu'élément d'un État syrien indépendant[1]. Une organisation arabe palestinienne, Al-Fida'iyya (les auto-sacrifiés), dont la mission était de provoquer des émeutes et d'appeler à la révolte contre les britanniques et les juifs voit le jour[2],[3]. A la fin de l'Empire ottoman la population juive palestinienne était de 56 000 personnes soit un sixième de la population en Palestine[4],[5]. L'hostilité aux immigrants juifs conduit à des émeutes dont celles de Jérusalem de 1920, puis dans plusieurs villes de la Palestine mandataire en 1921 et au massacre d'Hébron en 1929 et à la Grande Révolte arabe de 1936-1939. Le 29 novembre 1947, le plan de partage de la Palestine mandataire élaboré par l'UNSCOP est approuvé par l'Assemblée générale de l'ONU, à New York par le vote de la résolution 181. Le plan est rejeté par les dirigeants de la communauté arabe, y compris le Haut Comité arabe, qui fut appuyé dans son rejet du plan par les États de la Ligue arabe[6]. Les dirigeants arabes qui s'opposaient au plan de partage revendiquent l'ensemble du territoire ,[7]. Le rejet du plan de partage voté par l'ONU le 29 novembre 1947 a mené au conflit judéo-arabe de 1947-1949 qui a débuté au lendemain du vote. Ce conflit s'est déroulé du 30 novembre 1947 jusqu'au milieu de l'année 1949 autour de la question du devenir politique du territoire de la Palestine mandataire à l'expiration du mandat britannique et du devenir de ses deux principaux groupes d'habitants : la communauté juive et la communauté arabe musulmane et chrétienne. Suite à la Déclaration d'indépendance de l'État d'Israël en 1948, un état de conflit permanent s'établit entre Israéliens et Palestiniens ponctué du coté palestinien par des opérations de guérillas, de massacres et d'attentats, tant en Israël qu'à travers le monde.

Organisations palestiniennes considérées comme terroristes

Les organisations palestiniennes considérées comme impliquées dans des actes de terrorisme par Les États-Unis, le Canada, l'Union européenne, Israël et d'autres pays sont : le Hamas ,l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), le Jihad islamique palestinien, le Fatah, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG), le Fatah-Conseil révolutionnaire[8],[9],[10],[11].

Victimes du terrorisme palestinien

Les victimes du terrorisme palestinien comprennent entre autres des Israéliens[12], des Palestiniens, des Libanais, des Jordaniens[13], des Égyptiens[14], des Américains[15], des Français[16],[17]. Plus de 3 500 Israéliens, civils et militaires, ont péri dans des attaques terroristes et 25 000 ont été blessés depuis 1948[18],[19],[20].

Histoire

De 1920 à 1948

Les attaques arabes contre des populations juives en Palestine mandataire avant l'établissement de l'État d'Israël ont culminé à plusieurs moments:

  • lors des émeutes de Jérusalem d'avril 1920,
  • lors des émeutes en Palestine en mai 1921,
  • lors des massacres d'août 1929 dans les quartiers juifs de Jérusalem, Hébron, Safed, Jaffa et Haïfa faisant 130 morts et 400 blessés[21].
  • lors du grand soulèvement de 1936 à 1939 et
  • lors des 6 derniers mois du mandat britannique.

Aref al-Aref, Hadj Amin al Husseini, le cheikh Izz al-Din al-Qassam, Abd al-Kader al-Husseini et Hassan Salameh furent les principaux leaders activistes palestiniens. Fawzi al-Qawuqji dirigea plusieurs groupes d'activistes arabes.

De 1948 à 1956

Selon David Meir-Levi, l'Égypte a entretenu une guerre terroriste contre Israël de 1949 à 1956, lançant 9 000 attaques préparées depuis les camps de réfugiés de la Bande de Gaza. 400 Israéliens furent tués (260 sur l'année 1955 uniquement) et 900 blessés par ces attaques de Fedayins.

Les Palestiniens menèrent également des infiltrations depuis la Cisjordanie, alors annexée à la Jordanie.

Au total, l'historien Benny Morris rapporte entre 10 000 et 15 000 infiltrations durant cette période.

De 1956 à 1993

En 1964, l'OLP fut créée pour libérer la partie de la Palestine sur laquelle s'était établi l'État d'Israël [22].

Après le septembre noir de 1970, l'OLP et ses groupes adhérents déclenchèrent une campagne internationale contre les Israéliens. Cela prit la forme du massacre des athlètes israéliens lors de la Prise d'otages des Jeux olympiques de Munich en 1972 et de nombreux détournements d'avions civils. Au cours des années 1970, Israël subit les attaques et les bombardements sur le nord de son territoire depuis les bases de l'OLP au Liban. En 1974, un massacre est perpétré à Maalot. Ces attaques amènent l'armée israélienne à lancer l'une offensive en envahissant le Liban du Sud et à provoquer la fuite des dirigeants de l'OLP à Tunis, permettant un calme relatif dans la région pendant une décennie.

De 1993 à 2005

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Au 10 juillet 2005, 821 civils israéliens ont été tués, victimes d'actions terroristes palestiniennes (principalement des attentats-suicides), depuis les accords d'Oslo de 1993. Parmi ceux-là, 553 étaient à l'intérieur des lignes de l'armistice de 1949. Les lieux des attentats ont été des bus, des restaurants, des discothèques, des centres commerciaux, une université et des résidences de civils dans des colonies israéliennes de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza[23],[24].

Les sondages d'un institut palestinien, le Jerusalem Media and Communication Center, ont montré un soutien de l'opinion publique palestinienne par rapport aux actions de violence contre les Israéliens, vues comme des efforts de résistance. D'autres enquêtes d'opinion récentes ont montré une opposition de la majorité des Palestiniens interrogés aux "opérations militaires" contre des cibles israéliennes, car elles iraient "contre l'intérêt national palestinien". Certains Israéliens estiment que l'Autorité palestinienne, installée depuis les accords d'Oslo, n'en fait pas assez pour empêcher les attaques terroristes et réduire le soutien de la population vis-à-vis de ces actions. L'Autorité palestinienne est parfois accusée d'appuyer certaines attaques, en particulier celles des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, issues de la branche armée du Fatah et de diffuser des messages de haine anti-israéliens par le biais de la télévision, de la presse et du système éducatif palestiniens. Les Palestiniens rétorquent qu'il n'est pas concrètement possible pour eux d'avoir le niveau de lutte antiterroriste demandé par les Israéliens, dans la mesure où une grande partie des infrastructures palestiniennes ont souffert des confrontations avec l'armée israélienne.

Il y aurait eu, selon l'armée israélienne, des exemples d'utilisation par des groupes palestiniens d'enfants pour réaliser des attentats-suicides. Le 16 mars 2005, un garde-frontière israélien près de Naplouse a trouvé une bombe dans le cartable de Abdullah Quran, âgé de 12 ans. L'attentat a été évité uniquement parce que le détonateur placé dans un téléphone portable n'a pas fonctionné. Huit jours plus tard, le 24 mars, Hussam Abdo, âgé de 16 ans, a été arrêté alors qu'il portait une ceinture d'explosifs[25], après avoir, selon ses aveux, été payé par la branche des Tanzim du Fatah, pour se faire exploser au même point de passage que l'événement de la semaine précédente[réf. nécessaire]. C'est un robot téléguidé qui a été utilisé pour désactiver sa ceinture d'explosifs.

Notes et références

  1. (en) Manuel Assassian, Palestine Factionalism in the National Movement (1919-1939), p. 33
  2. (en)http://www.oberlin.edu/stuorg/sfp/docs/morris.pdf
  3. The Formation of Modern Syria and Iraq, Eliʻezer Ṭaʼuber, page 106
  4. (en)Devorah Hakohen,Immigrants in Turmoil: Mass Immigration to Israel and Its Repercussions in the 1950s and After, Syracuse University Press, 2003, p.252
  5. (en) David Tal War in Palestine, 1948: Israeli and Arab Strategy and Diplomacy,Routledge, 2004, p.9.
  6. Best, Antony (2004). International history of the twentieth century and beyond.London: Routledge. p. 120
  7. (en)Article "History of Palestine", Encyclopædia Britannica (2002 edition), article section written by Walid Ahmed Khalidi and Ian J. Bickerton
  8. (en)State Dept. List of Terrorist organizations
  9. (en)http://www.publicsafety.gc.ca/cnt/ntnl-scrt/cntr-trrrsm/lstd-ntts/crrnt-lstd-ntts-eng.aspx
  10. (en)http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/site/en/oj/2005/l_340/l_34020051223en00640066.pdf
  11. (en)http://www.law.cornell.edu/uscode/text/22/5201
  12. (en)http://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/Peace/osloterr.html
  13. (en)http://countrystudies.us/jordan/14.htm
  14. (en)http://www.sis.gov.eg/en/Story.aspx?sid=21609
  15. (en)http://www.nytimes.com/2003/10/15/international/middleeast/15CND-Gaza.html
  16. http://www.leparisien.fr/politique/il-y-a-trente-ans-l-attentat-de-la-rue-copernic-02-10-2010-1091877.php
  17. http://www.lexpress.fr/actualite/societe/attentat-de-la-rue-des-rosiers-deux-auteurs-identifies_1049405.html
  18. (en)http://www.mfa.gov.il/MFA/MFAArchive/2000_2009/2000/1/Terrorism+deaths+in+Israel+-+1920-1999.htm
  19. (en)http://www.nybooks.com/articles/archives/2003/jan/16/the-suicide-bombers/%3Fpagination%3Dfalse&sa
  20. (en)http://www.mfa.gov.il/MFA/Terrorism-+Obstacle+to+Peace/Palestinian+terror+before+2000/Which+Came+First-+Terrorism+or+Occupation+-+Major.htm
  21. Michel Abitbol, Le passé d'une discorde - Juifs et Arabes du VIIe siècle à nos jours, Perrin 1999, p.513
  22. (fr) La résolution 181 de l'ONU de 1947 (ou division par deux de la "petite Palestine") (http://identitejuive.com/histoire-disrael-et-de-la-palestine/1947-1967-resolution-de-lonu-en-1947-la-guerre-dindependance-1948-1949-arafat-et-lolp/)
  23. (en) Fatalities in the first Intifada - Palestinians killed in the Occupied Territories (including East Jerusalem) (http://www.btselem.org/english/Statistics/First_Intifada_Tables.asp)
  24. (en) Fatalities (http://www.btselem.org/english/Statistics/Casualties.asp)
  25. (fr) Archives du quotidien suisse (http://archives.lematin.ch/LM/LMS/-/article-2004-03-1608/attentat-suicide-rate-un-jeune-palestinien-intercepte-avec-une-ceinture-d-explosifsl-armee)Le Matin

Voir aussi