Tedros Adhanom Ghebreyesus

Tedros Adhanom Ghebreyesus
Illustration.
Tedros Adhanom Ghebreyesus en 2018.
Fonctions
Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé
En fonction depuis le
(2 ans, 9 mois et 23 jours)
Élection
Prédécesseur Margaret Chan
Ministre éthiopien des Affaires étrangères

(3 ans, 11 mois et 3 jours)
Premier ministre Haile Mariam Dessalegn
Prédécesseur Berhane Gebre-Christos
Successeur Workneh Gebeyehu
Ministre de la Santé

(7 ans, 1 mois et 17 jours)
Premier ministre Meles Zenawi
Prédécesseur Kebede Tadesse
Successeur Kesetebirhan Admasu
Biographie
Nom de naissance Tedros Adhanom Ghebreyesus
Date de naissance (55 ans)
Lieu de naissance Asmara (Empire éthiopien, aujourd’hui Érythrée)
Nationalité Éthiopienne
Parti politique FLPT
Diplômé de Université d'Asmara
London School of Hygiene & Tropical Medicine
Université de Nottingham

Tedros Adhanom Ghebreyesus[1], né le à Asmara (Empire éthiopien), est un homme politique éthiopien.

Ancien ministre de la Santé (2005-2012) et des Affaires étrangères d'Éthiopie (2012-2016), il est directeur général de l'Organisation mondiale de la santé depuis le 1er juillet 2017[2].

Biographie

Le président du Jubaland Ahmed Mohamed Islam, la ministre des Affaires étrangères kenyanne Amina Mohamed, celui de l'Éthiopie Tedros Adhanom Ghebreyesus, et l'envoyé spécial de l'IGAD Mohamed Abdi Affey  en 2015, pour la cérémonie d'ouverture du Parlement du Jubbaland.

Il obtient un doctorat en santé communautaire de l'université de Nottingham au Royaume-Uni, avant d’être nommé ministre de la Santé en Éthiopie en 2005. De 2012 à 2016, il est ministre des Affaires étrangères[3],[4].

Il a dirigé les fonds mondiaux de la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme[5],[6].

Le , Tedros Adhanom Ghebreyesus est élu directeur général de l'Organisation mondiale de la santé[7] lors de la 70e Assemblée mondiale de la santé[8]. Il est le premier Africain à occuper ce poste[9]. Il entre en fonction le 1er juillet de la même année.

Il est marié et père de cinq enfants[9].

Il a été membre de l’organisation communiste révolutionnaire éthiopienne Front de libération du peuple du Tigray, qui a notamment contribué au financement de sa campagne pour prendre la tête de l'OMS[10],[11],[12].

Ministre de la Santé (2005–2012)

Tedros Adhanom Ghebreyesus est nommé ministre de la Santé en octobre 2005 par le Premier ministre Meles Zenawi. Malgré les nombreux défis auxquels le ministère de la Santé est confronté en termes de pauvreté, de mauvaises infrastructures et de déclin de la situation économique mondiale, les progrès des indicateurs de santé ont été jugés[Par qui ?] « impressionnants » en Éthiopie[réf. souhaitée]. Au cours de la période 2005-2008, le ministère de la Santé a construit 4 000 centres de santé, formé et déployé plus de 30 000 agents de vulgarisation sanitaire et mis en place un nouveau cadre de professionnels de la gestion hospitalière[style à revoir]. En outre, en 2010, l'Éthiopie est choisie par le département d'État américain comme l'un des pays de la Global Health Initiative Plus, où les États-Unis appuieront les efforts novateurs[style à revoir] en matière de santé mondiale.

Lorsqu'il a pris ses fonctions en 2005, Tedros Adhanom Ghebreyesus a hérité d'un ministère qui manquait de moyens. L'administration était redevable à une communauté de donateurs et concentrait ses programmes sur la lutte contre le VIH / sida, la tuberculose et le paludisme. Le nouveau ministre porte alors un programme de réforme diagonal basé sur les systèmes[pas clair]. Avec peu d'excédents économiques, le pays n'avait pas la capacité de développer son propre système de santé et une grande partie de son personnel médical travaillait à l'étranger : par exemple, il y avait plus de médecins éthiopiens dans la région métropolitaine de Chicago qu'en Éthiopie[réf. souhaitée]. La réforme du ministre aboutit à la formation et au déploiement de milliers de médecins, infirmières, pharmaciens, techniciens de laboratoire et agents de santé dans le pays[réf. nécessaire].

Principales initiatives

À son poste, il porte des initiatives en matière de santé à l'échelle mondiale. L'Éthiopie est ainsi le premier pays à signer un accord avec le Partenariat international pour la santé[Quand ?]. Il est aussi président du partenariat Faire reculer le paludisme (2007-2009), membre du Conseil de coordination du programme de l'ONUSIDA (2009-2010) et du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (2009-2011) et coprésident du Partenariat pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l'enfant (2005-2009). Il est également membre du Conseil de l'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI) ainsi que de l'Institut de métrologie et d'évaluation de la santé (IHME) et du Conseil de coordination du partenariat Halte à la tuberculose. Il fait partie de plusieurs groupes de réflexion universitaires et internationaux sur la santé, par exemple l'Institut Aspen et la Harvard School of Public Health. Il est également vice-président de la 60e Assemblée mondiale de la santé, qui se déroule entre le 14 et le 23 mai 2007. De 2008 à 2009, il est membre du Groupe de travail de haut niveau sur le financement international innovant des systèmes de santé, coprésidé par Gordon Brown et Robert Zoellick.

Critique et scandale

En mai 2017, juste avant l'élection visant à désigner le nouveau directeur général de l'OMS, une polémique le vise, concernant la dissimulation présumée de trois épidémies de choléra possibles en Éthiopie en 2006, 2009 et 2011. Ces épidémies auraient été faussement étiquetées comme « diarrhées aqueuses aiguës » (AWD) — un symptôme du choléra — en l'absence de confirmation en laboratoire de Vibrio cholerae, afin de minimiser leur importance. Des responsables de l'ONU ont déclaré que davantage d'aides et de vaccins auraient pu être livrés à l'Éthiopie si ces épidémies avaient été confirmées comme liées au choléra. Ces allégations sont dues à Larry Gostin, un professeur de droit américain, qui était conseiller du rival de Tedros Adhanom Ghebreyesus à la direction de l'OMS, le candidat britannique David Nabarro. La délégation de l'Union africaine à l'ONU a critiqué son rapport, publié dans le New York Times, estimant qu'il s'agissait d'une campagne de diffamation non fondée et non vérifiée, qui n'a été publiée que quelques jours avant les élections[13]. Tedros Adhanom Ghebreyesus a pour sa part nié les faits qui lui étaient reprochés et déclaré qu'il n'était pas du tout surpris mais plutôt déçu par ce qu'il a appelé une campagne de diffamation de dernière minute[14].

Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (depuis 2017)

Tedros Adhanom Ghebreyesus et le président azéri Ilham Aliyev en 2018.
Tedros Adhanom Ghebreyesus et le secrétaire d'État américain Mike Pompeo en 2019.

Candidature et élection

Le 24 mai 2016, en marge de la 69e Assemblée mondiale de la santé, il annonce officiellement sa candidature au poste de directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Il s'agissait du seul candidat africain ; il est soutenu par l'Union africaine et plusieurs ministres de la Santé du continent. Sa campagne est officiellement lancée à Genève et réunit la présidente de la Commission de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, les ministres des Affaires étrangères du Rwanda et du Kenya, et le ministre de la Santé de l'Algérie. Son slogan de campagne est : « Ensemble pour un monde plus sain ». Sa directrice de campagne est Senait Fisseha, une avocate éthio-américaine et professeure de gynécologie et d'obstétrique à l'université du Michigan. Une fois Tedros Adhanom Ghebreyesus élu, elle dirige son équipe de transition à la tête de l'OMS. Negash Kebret Botora, ambassadeur d'Éthiopie auprès de l'ONU et de plusieurs organisations internationales à Genève, a également joué un rôle important dans sa campagne. Celle-ci a été financée en partie par un Fonds créé par des pays d'Afrique de l'Est. Tedros Adhanom Ghebreyesus a également engagé Mercury Public Affairs, une société de lobbying basée aux États-Unis, pour l'aider dans sa campagne.

Lors de sa 140e réunion, en janvier 2017, le conseil exécutif de l'OMS sélectionne le Dr Tedros parmi les six personnalités candidates au poste, à l'issue de deux tours de scrutin secrets. Le 23 mai de la même année, il est élu directeur général de l'OMS, obtenant 133 voix sur 185. Il est le premier Africain à diriger l'OMS, ainsi que le premier directeur général élu lors d'un vote ouvert à tous les États membres.

Mandat

Tedros Adhanom Ghebreyesus considère la couverture sanitaire universelle comme la priorité absolue de son mandat. Il a fait campagne sur la question et a réitéré cet objectif dans son premier discours en tant que directeur général et tout au long de la 72e session de l'Assemblée générale des Nations unies. En octobre 2017, il annonce la nomination de son équipe de direction, les femmes représentant 60 % des nominations. Il est alors félicité pour son engagement en faveur de l'égalité des sexes, mais critiqué pour son manque de transparence. Il a ainsi nommé le Dr Tereza Kasaeva du ministère russe de la Santé pour diriger le programme mondial de lutte contre la tuberculose de l'OMS sans solliciter les ONG concernées par le sujet ; quelques jours avant la nomination, ces ONG avaient publié une lettre ouverte appelant à un processus de désignation ouvert pour choisir le nouveau directeur du programme.

Début 2020, il supervise la gestion mondiale de la pandémie de Covid-19. Selon le professeur de l'université de Georgetown Lawrence Gostin, sa stratégie est de convaincre la Chine d'opter pour la transparence plutôt que de la critiquer. Il a ainsi adressé à la Chine des « éloges effusifs » pour ses mesures de confinement, ce qui a fait l'objet de critiques, dans la mesure où Pékin a dissimulé des informations à ce sujets et retardé la déclaration d'urgence internationale fin janvier[15].

Controverses

Soutien à Robert Mugabe

Le 18 octobre 2017, Tedros Adhanom Ghebreyesus annonce qu'il a choisi le président du Zimbabwe Robert Mugabe pour devenir ambassadeur de bonne volonté de l'OMS et aider à lutter contre les maladies non transmissibles en Afrique[16]. À cette occasion, il déclare que le Zimbabwe est un pays qui place la couverture sanitaire universelle et la promotion de la santé au centre de ses politiques pour offrir des soins de santé à tous. Ce choix est sévèrement critiqué, plusieurs États membres de l'OMS et organisations internationales faisant remarquer que le système de santé du Zimbabwe avait en réalité régressé sous sa présidence, soulignant également les nombreuses violations des droits de l'homme commises par Mugabe. Il a également été relevé que Robert Mugabe lui-même n'utilisait pas le système de santé de son propre pays, mais se rendait à Singapour pour suivre un traitement médical. Plusieurs observateurs que Tedros Adhanom Ghebreyesus voulait par cette nomination remercier Mugabe qui, alors qu'il était président de l'Union africaine, l'avait soutenu dans la course à la direction de l'OMS, écartant les candidatures du Malien Michel Sidibé et de la Sénégalaise Awa Marie Coll Seck[17]. Il est également très critiqué sur les réseaux sociaux. Le rédacteur en chef de Lancet, éminente revue médicale britannique, surnomme alors Tedros Adhanom Ghebreyesus le Dictateur général[18]. Après ces condamnations quasi-unanimes, Tedros Adhanom Ghebreyesus revient le 22 octobre 2017 sur sa décision de nommer Mugabe ambassadeur de bonne volonté[19],[17].

Gestion de la pandémie du Covid-19

Pendant la pandémie de Covid-19, Tedros Adhanom Ghebreyesus est très critiqué pour la lenteur de sa gestion de la crise. Début février 2020, il avait en effet déclaré qu'il n'était pas nécessaire que le monde prenne des mesures qui interfèrent inutilement avec les voyages et le commerce internationaux[20], comme les restrictions de déplacement. Cette déclaration est interprétée comme ayant contribué à la propagation du virus.

Une pétition recueillant plus de 1 000 000 signatures sur Change.org demande sa démission de son poste de directeur général de l'OMS[21],[22]. Aux États-Unis, celle-ci est notamment réclamée par plusieurs sénateurs républicains, dont Ted Cruz et Marco Rubio, ainsi que par l'ancien conseiller à la sécurité nationale John Bolton. La sénatrice Martha McSally lui reproche également d'avoir salué la "transparence de la Chine lors de ses efforts de réponse aux coronavirus"[23]. Pour la chercheuse Valérie Niquet, l'OMS a suivi pas à pas toutes les déclarations chinoises, les répétant comme un perroquet. L'OMS n'a pas joué son rôle mais c'est exactement ce que voulait Pékin. De la même manière, elle a refusé de redonner un siège d'observateur à Taïwan, ce qui était une exigence de la direction chinoise[15]. Élu directeur de l'OMS grâce au soutien de la Chine, il a repris ses éléments de langage, félicité Pékin pour sa transparence alors qu'au même moment la Chine cachait des informations et faisait pression pour ne pas déclarer d'urgence internationale, et critiqué les États-Unis qui avaient fermé leurs frontières aux voyageurs venant de Chine. Plus généralement, Tedros Adhanom Ghebreyesus est accusé d'être un instrument de la stratégie chinoise d'infiltration des organisations onusiennes, via le soft power de la diplomatie humanitaire[15].

Notes et références

  1. Tedros est le prénom et Adhanom Ghebreyesus le nom de famille https://www.who.int/dg/election/cv-tedros-fr.pdf?ua=1
  2. « L’Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus élu directeur général de l’OMS – JeuneAfrique.com », JeuneAfrique.com,‎ (lire en ligne, consulté le 12 décembre 2017)
  3. « Qui est Tedros Adhanom, nouveau directeur de l'OMS ? », Franceinfo,‎ (lire en ligne, consulté le 13 décembre 2017)
  4. « Qui est Tedros Adhanom, le nouveau patron de l’OMS ? », lefigaro.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 13 décembre 2017)
  5. « Tedros Adhanom Ghebreyesus, premier Africain élu directeur général de l'OMS - RFI », RFI Afrique,‎ (lire en ligne, consulté le 13 décembre 2017)
  6. CURRICULUM VITAE Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus Candidat au poste de Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé Candidature approuvée par l’Union africaine
  7. « OMS: un nouveau directeur général élu », sur Le Figaro.fr, (consulté le 17 mars 2020)
  8. Genève : l'élection du directeur de l'OMS en ligne de mire de la 70e assemblée mondiale de la santé, unmultimedia.org, 22 mai 2017.
  9. a et b (en) « African candidate wins top WHO job », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le 13 décembre 2017)
  10. (en-US) « WHO Tedros Adhanom facing calls to resign as Ethiopians question if it makes sense », sur Borkena Ethiopian News, (consulté le 11 avril 2020)
  11. (en-US) Posted by EN staff, « Open letter to the WHO Purge Dr. Tedros Adhanom out or Face the Shame! | Ethiopia Nege » (consulté le 11 avril 2020)
  12. (en-US) +ECADF, « Dr. Tedros Adhanom One of WHO Director General Finalist is an Individual Suspected of a Crime Against Humanity », sur ECADF Ethiopian News, (consulté le 11 avril 2020)
  13. (en) « Attacks On WHO Candidate Are Defamatory, 'Colonial', Ambassador Says », sur Intellectual Property Watch, (consulté le 28 mars 2020)
  14. (en) Donald G. McNeil Jr., « Candidate to Lead the W.H.O. Accused of Covering Up Epidemics », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 28 mars 2020)
  15. a b et c Isabelle Lasserre, « L'Organisation mondiale de la santé sous influence chinoise », Le Figaro, 10 avril 2020, p. 22-23.
  16. « WHO | Presidential segment of WHO Global Conference on Noncommunicable Diseases », sur WHO (consulté le 28 mars 2020)
  17. a et b (en) Donald G. McNeil Jr., « The Campaign to Lead the World Health Organization », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 28 mars 2020)
  18. (en) Richard Horton, « WHO DG stands for Director-General, not Dictator-General. Tedros, my friend, retract your decision, consult with colleagues, and rethink. », sur @richardhorton1, (consulté le 28 mars 2020)
  19. (en) « Director-General rescinds Goodwill Ambassador appointment », sur www.who.int (consulté le 28 mars 2020)
  20. (en) « WHO chief says widespread travel bans not needed to beat China virus », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le 28 mars 2020)
  21. « Signez la pétition », sur Change.org (consulté le 28 mars 2020)
  22. Paul Benkimoun, Frédéric Lemaître et Marie Bourreau, « Coronavirus : la gestion de la pandémie par l’OMS sous le feu des critiques », sur Le Monde, (consulté le 14 avril 2020)
  23. (en-US) Tyler Olson, « WHO director faces calls for resignation over handling of coronavirus, China », sur Fox News, (consulté le 7 avril 2020)

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes