Tarnac

Tarnac
Tarnac
L'église Saint-Georges.
Blason de Tarnac
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Corrèze
Arrondissement Ussel
Canton Plateau de Millevaches
Intercommunalité CC Vézère-Monédières-Millesources
Maire
Mandat
Marie-Rose Bourneil
2014-2020
Code postal 19170
Code commune 19265
Démographie
Population
municipale
315 hab. (2015 en diminution de 2,17 % par rapport à 2010)
Densité 4,7 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 40′ 52″ nord, 1° 56′ 52″ est
Altitude Min. 533 m
Max. 878 m
Superficie 67,46 km2
Localisation

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Tarnac est une commune française située dans le département de la Corrèze, en région Nouvelle Aquitaine.

Géographie

Localisation et accès

Commune du Massif central, Tarnac est située dans le département de la Corrèze. Elle est limitrophe des départements de la Creuse et de la Haute-Vienne.

Elle est située sur le plateau de Millevaches, à 11 km au nord de Bugeat et à 30 km au nord-ouest de Meymac et a 42 km de la sous-préfecture d'Ussel.

Les gares SNCF les plus proches sont Bugeat et Meymac. Les aéroports les plus proches sont Brive, Limoges et Clermont-Ferrand.

Communes limitrophes

Géologie et relief

Le bourg de Tarnac se trouve à une altitude d'environ 715 m.

Morphologie urbaine

Le bourg se situe au centre de la commune, avec une cinquantaine de villages rattachés dont la majorité des maisons sont des résidences secondaires.

Selon le classement établi par l’Insee en 1999[2], Tarnac est une commune rurale non polarisée, qui ne fait donc partie d’aucune aire urbaine ni d’aucun espace urbain.

Toponymie

Histoire

Époque gauloise

Le territoire de l'actuelle commune de Tarnac est habité environ depuis le Ier siècle av. J.-C. En témoignent les quelque 27 tertres funéraires identifiés sur une ligne de crête partant du Puy Besseau au sud et remontant jusqu'aux Grands-Champs au nord. Les datations par le carbone 14 effectuées sur deux de ces tertres ont donné des résultats compris entre 55 av. J.-C. (+ ou - 135) pour le plus ancien et 200 (+ ou - 85) pour le plus récent[3]. La persistance, en pleine époque gallo-romaine, de ce type d'inhumation est passablement surprenante et semble témoigner du maintien tardif de la culture antérieure par au moins une partie de la population. La commune de Tarnac appartenait au territoire des Lemovices.

Pourtant, le lion du Theillet, visible dans l'église et d'époque gallo-romaine[4] indique, lui, que la pénétration du mode de vie romain a été bien réelle, au moins pour l'aristocratie foncière.

Le toponyme de Tarnac est lui-même d'origine gallo-romaine, voire celtique. D'après Marcel Villoutreix[5], Tarnac est issu d'un nom d'homme gaulois ou latin, Tarinus ; d'après Jean-Paul Savignac[6] du théonyme Taranus, plus connu sous la forme de Taranis, dieu gaulois du tonnerre. De toute façon, un troisième auteur, Xavier Delamarre[7] rattache aussi bien Tarinus que Taranus à une racine taro signifiant « qui traverse. » Il est vrai qu'à proximité de Tarnac, la vallée de la Vienne est très encaissée et donne l'impression de traverser la montagne.

Moyen Âge

L'existence de Tarnac est attestée à l'époque carolingienne, d'abord sous la forme in centena Tarninense en 832, puis sous la forme in vicaria cujum est vocabulum Tarnacensem en 871[8]. Ces deux appellations ne correspondent pas toutefois à celle utilisée couramment à l'époque mais à leur transcription en latin, langue administrative d'alors. La seconde est, selon toute vraisemblance, plus proche de la langue vulgaire que la première. Le terme vicaria n'a rien d'ecclésiastique, mais désigne une subdivision d'un comté carolingien (en l'occurrence, le comté de Limoges). Cette désignation tend à prouver que Tarnac a été l'un des plus vieux ancrages de population sur le plateau de Millevaches, alors que celui-ci semble avoir connu un déclin démographique important depuis le milieu du IIIe siècle.

L'église de Tarnac est d'ailleurs l'une des plus anciennes du plateau de Millevaches et remonte au XIIe siècle.

Également d'époque médiévale, les fortifications du Puy Murat, dont subsistent quelques vestiges, et la grange templière du hameau de Champeau. Marius Vazeilles signale également les traces d'un donjon entre les hameaux de la Chapelle et de la Berbeyrolle.

XVIIe siècle et XVIIIe siècle

La paroisse de Tarnac jouait un rôle économique et social central sous l'Ancien Régime pour les villages alentour. De par ses dimensions (2,5 fois celle de Bugeat), le nombre de villages et sa situation d'une part. À savoir la proximité des bourgs appartenant aujourd'hui à la Creuse (Faux-la-Montagne) ou la Haute-Vienne (Rempnat, Nedde), sans compter la corrézienne Peyrelevade. On doit pouvoir ajouter le poids essentiel de plusieurs familles de notables ou nobles très influents (Mercier, Chauzeix, Pichard, notamment), bien au-delà du secteur géographique (la géographie des mariages est parlante). Le petit groupe de religieux (curé et vicaires) gérait également la paroisse du Toy (écrit soit Touet, soit Toit, ce qui indique bien l'origine étymologique). Cette dernière possédait son église et son propre cimetière. Ses différents actes et sacrements figurent sur les registres paroissiaux de Tarnac, où on peut les retrouver assez facilement.

D'après les relevés opérés par les curés dans ces mêmes registres, et les taux de natalité-mortalité admis pour l'époque, on peut résumer la démographie par ces quelques chiffres : une soixantaine de naissances - ou baptêmes annuels et 50 décès, une dizaine de mariages. Hors périodes de crises, fréquentes aux environs de 1700 (règne de Louis XIV). Avec une grande variabilité annuelle : de 25 à 70 B, de 4 à 25 M, de 30 à 85 S. ce qui permet une estimation de 1500 habitants vers 1700 (dont 600 pour le bourg), à comparer aux 500 de Bugeat à même date. Un déclin assez net au XVIIIe siècle (1200 vers 1800) et un maximum de 2180 en 1886. Une paroisse-commune très importante donc à l'échelle du plateau de Millevaches.

L'importance – prestige social, intérêt économique - déjà soulignée peut aussi se repérer au poids proportionnel des paroisses voisines dans les mariages hors-paroisse (1/3, alors que le « réservoir » local de conjoints était pourtant élevé) Tarnac représentait avant la Révolution 35 % du canton actuel, aujourd'hui seulement 20 %.

XXe siècle et XXIe siècle

Le 6 avril 1944, pendant la Seconde Guerre mondiale, une compagnie d'une division allemande chargée de ratisser le plateau de Millevaches (division SS "B" / Brehmer, formée essentiellement de Caucasiens), venant du Sud-Ouest, commit de multiples exactions. À Tarnac, elle fusilla quatre Juifs dans la ville[9]. Voir aussi L'Eglise-aux-Bois, Rempnat, Eymoutiers.

À partir du 11 novembre 2008, le village devient le centre d'une enquête sur des sabotages visant Réseau ferré de France, enquête connue sous le nom de « l'affaire de Tarnac »[10].

Héraldique

Armes de Tarnac (La Grange de Tarnac)

Les armes de Tarnac, adoptées en 1986, peuvent se blasonner ainsi :

de gueules au franc-quartier d'hermine accompagné de trois merlettes d'argent.

Politique et administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1967 1992 Louis Philippe Brondel PCF Agriculteur
1992 mars 2008[11] Jean Plazanet[11] PCF[11] Agriculteur
mars 2008 mars 2014 Bernard Leduc[12] UMP Retraité
mars 2014 en cours Marie-Rose Bourneil[13] FG[14] Employée

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population

effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[15]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[16].

En 2015, la commune comptait 315 habitants[Note 1], en diminution de 2,17 % par rapport à 2010 (Corrèze : -0,69 %, France hors Mayotte : +2,44 %).
Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 0051 1911 1981 4211 5821 7321 8461 9601 935
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 9901 8801 8631 8861 9732 0892 1802 0061 996
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 9901 8121 5641 3241 2171 2431 2661 020808
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
681546506472403356331327315
2015 - - - - - - - -
315--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[17] puis Insee à partir de 2006[18].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie

Lieux et monuments

Fontaine Saint-Georges

Plusieurs édifices figurent à l'inventaire des monuments historiques :

  • l'église Saint-Georges de style roman construite aux XIIe et XIIIe siècles, classée en 1919[19],
  • un château du XVIIe siècle dont le propriétaire est Yves de Kerdrel, la façade et la toiture sont inscrites depuis 1989[20],
  • le village de Puy-Murat, vestiges d'un ensemble médiéval inscrit en 1993[21],
  • la fontaine Saint-Georges qui alimente un lavoir du XVIIIe siècle[22].

Deux chênes monumentaux sont plantés sur la place de l'Église.

Personnalités liées à la commune

Notes et références

  1. Carte IGN sous Géoportail
  2. Page INSEE [1]
    Cheminement : sur la petite carte de France, onglet Départements, puis choisir le département, puis menu déroulant Couches d'aide à la sélection
  3. G. Lintz, « Fouilles de tertres de pierres à Tarnac (Corrèze) », Revue archéologique du centre de la France, vol. 18, no 3,‎ , p. 101-108 (lire en ligne)
  4. Site de l'Association de recherche historique et archéologique de Tarnac présentant le lion.
  5. Marcel Villoutreix Les Noms de lieux du Limousin, témoins de l'Histoire d'une région, Association des Antiquités historiques du Limousin, Limoges 2002
  6. Jean-Paul Savignac, Merde à César, La Différence, Paris, 2000, p. 57
  7. Xavier Delamarre Dictionnaire de la langue gauloise, éditions Errance, Paris, 2003
  8. Guy Lintz, Carte archéologique de la Gaule - La Corrèze, Académie des inscriptions et belles lettres, Paris, 1992
  9. Jeudi Saint de Jean-Marie Borzeix
  10. « TGV sabotés : les secrets de l'enquête », leparisien.fr,‎ (lire en ligne)
  11. a, b et c Rémi Noyon, « Tarnac : "Pourquoi donc ont-ils tous des capuches ?" », Rue89, 19 mars 2014.
  12. Site de la préfecture, consulté le 20 août 2008
  13. CP Marie-Rose Bourneil Maire De Tarnac
  14. https://humanite.fr/affaire-coupat-la-maire-de-tarnac-denonce-lacharnement-judiciaire-573569
  15. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  16. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  17. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  18. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  19. « Église Saint-Georges », notice no PA00099901, base Mérimée, ministère français de la Culture
  20. « Château de Tarnac », notice no PA00099965, base Mérimée, ministère français de la Culture
  21. « Village de Puy-Murat », notice no PA00125510, base Mérimée, ministère français de la Culture
  22. « Fontaine Saint-Georges », notice no IA00029831, base Mérimée, ministère français de la Culture
  23. http://www.lamontagne.fr/tarnac/loisirs/art-litterature/2016/01/12/le-photographe-correzien-philippe-auliac-a-lance-sa-carriere-en-suivant-son-ami-david-bowie_11733606.html
  24. David Dufresne, Tarnac, magasin général, Calmann-Lévy, 2012, p. 16 sqq [lire en ligne]
  25. Ariane Chemin, « Tarnac, au bazar des libertés publiques », Le Monde, 1er mars 2012
  26. « Julien Coupat, étudiant brillant et chef présumé des saboteurs », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  27. Brigitte Salino, « Armand Gatti, miroir éclaté des utopies », Le Monde, 6 avril 2017

Notes

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

  • Tarnac sur le site de l'Institut géographique national