Tanger

Tanger
ⵜⵉⵏⴳⵉ, طنجة
Drapeau de Tanger
Drapeau
Tanger
Administration
Pays Drapeau du Maroc Maroc
Région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma
Préfecture Tanger-Assilah
Maire Bachir Abdellaoui (PJD)
Gouverneur Mohamed El Yaacoubi
Démographie
Gentilé Tangérois
Population 947 952 hab.[1](2014)
Densité 7 645 hab./km2
Géographie
Coordonnées 35° 46′ 01″ nord, 5° 48′ 00″ ouest
Superficie 124 km2
Localisation

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Tanger

Tanger (en arabe : طنجة Tanja ; en berbère : ⵜⵉⵏⴳⵉ Tingi ; en gréco-romain : Tingis) est une ville du Nord du Maroc, deuxième ville économique du Maroc, capitale de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Elle est le chef-lieu de la préfecture de Tanger-Assilah. Située à l'extrémité du Nord-Ouest du pays sur le détroit de Gibraltar, la ville se trouve à 14 kilomètres de la côte espagnole. Sa population s'élève à 947 952 habitants au recensement de 2014.

Géographie

Localisation

Tanger est située dans la baie du même nom, ouverte sur l'extrémité occidentale du détroit de Gibraltar, à environ 15 km des côtes espagnoles ; et à la périphérie du massif montagneux du Rif.

Démographie

Sa population s'élève à 947 952 habitants selon le dernier recensement de 2014[2]. Il existe une importante diaspora tangéroise dans le monde, notamment dans le sud de l'Espagne et dans le Benelux. Une grande parti des Tangérois sont originaires du Rif (Jbala et Rifains), du fait de sa proximité. Tanger est actuellement en croissance démographique[réf. souhaitée].

Relief, géologie et hydrographie

D'abord établie sur la colline de la kasbah, la ville de Tanger s'est progressivement étendue sur les massifs la bordant à l'ouest en direction du cap Spartel (plateau du Marshan, Vieille montagne) puis, au long de la plage, en direction du cap Malabata. En dépit de ces reliefs, son site ne présente pas de réseau hydrographique notable.

Climat

Le climat de Tanger est de type méditerranéen, tempéré par l'influence océanique :

  • L'hiver est doux et très humide.
  • En inter-saisons,modérément pluvieux.
  • L'été assez chaud et sec.

En général, les précipitations sont comprises entre 600 et 1 000 mm par an. La ville est cependant souvent sujette à des perturbations météorologiques : en hiver, des vents forts, des orages violents et des pluies diluviennes. En été, un vent chaud provenant du Sahara, nommé le sirocco ou communément appelé « chergui » par la population locale, élève fortement la température. Ces phénomènes météorologiques ne durent généralement pas plus de deux à trois jours.

Les records enregistrés dans la région sont les suivants[3] :

  • Température minimale : −4,2 °C le 28 janvier 2005 ;
  • Température maximale : 43,5 °C le 1er aout 2003 ;
  • Pluviomètrie : 200 mm de pluie enregistrée en une journée, le 23 novembre 2008.


Relevé météorologique de Tanger - altitude : 21 mètres (période 1961-1990)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 8,8 9 10 11,2 13,4 16,2 18,7 19,1 18,3 15,6 12,2 9,7 13,6
Température moyenne (°C) 12,5 13,1 14 15,2 17,7 20,6 23,5 23,9 22,8 19,7 15,9 13,3 17,7
Température maximale moyenne (°C) 16,2 16,8 17,9 19,2 21,9 24,9 28,3 28,6 27,3 23,7 19,6 17 21,8
Précipitations (mm) 103,5 98,7 71,8 62,2 37,3 13,9 2,1 2,5 14,9 65,1 134,6 129,3 735,9
Nombre de jours avec précipitations 11,2 11,4 10,1 9,3 6,1 3,7 0,8 0,8 3,1 8 11,1 12
Source : Le climat à Tanger (en °C et mm, moyennes mensuelles) Hong Kong Observatory
Mois J F M A M J J A S O N D
Record de chaud (ref) 26 26 33 35 36 36 40 43.5 35 34 33 27
Record de froid (réf) -4.2 2 4 6 8 12 13 13 10 6 4 0

Histoire

Après une présence phénicienne, dont il subsiste deux petites nécropoles, les Carthaginois firent de la ville un comptoir important au IVe siècle av. J.-C. En , à la chute de Carthage, la ville est incluse au royaume de Maurétanie. Tanger (Tingis) prend une telle importance, qu'elle devient, vers le Ier siècle, le chef-lieu de la province romaine de Maurétanie tingitane. C'est l'une des principales métropoles du diocèse d'Hispanie, qui regroupe les provinces espagnoles et la Tingitane après la réforme administrative de l'empereur Dioclétien. C'est sous son règne qu'eurent lieu les martyres de saint Marcel et de saint Cassien. La ville est fortement christianisée dans les siècles suivants. Elle est occupée par les Vandales ariens en 429. Libérée sous le règne de Justinien, au début du VIe siècle, elle est rattachée à l'Empire byzantin et subit les attaques des Wisigoths.

Le général musulman Moussa Ibn Noçaïr, gouverneur du Maghreb au service des Omeyyades de Damas, s'intéresse à Tanger pour sa position stratégique et c'est donc de là qu'en 711, commence la conquête de l'Espagne par les troupes de Tariq ibn Ziyad (un lieutenant d'Ibn Noçaïr), à qui Gibraltar doit son nom (Djebel Tarik, la « montagne de Tarik »). Pendant les cinq siècles qui suivent, des dynasties différentes se disputent la souveraineté de Tanger. Les Idrisides de Fès, les Omeyyades de Cordoue, s'affrontent pour sa domination pendant plus d'un siècle. Au milieu du Xe siècle, les Ifrénides, Maghraouas, Fatimides et Zirides y étendent leur autorité. En 1075, les Almoravides en deviennent maîtres jusqu'en 1149, date à laquelle la ville passe aux Almohades. Elle s'inféode aux Hafsides de Tunis avant de devenir mérinide en 1274[4].

Après trois tentatives, les Portugais s'en emparent en 1471 et la cèdent à l'Angleterre en 1661 comme dot apportée par Catherine de Bragance à son époux Charles II d'Angleterre. À l'époque où Tanger était encore une ville portugaise, elle se trouvait à la tête du domaine colonial portugais du Maroc[5],[6],[4]. Dès 1679 Moulay Ismaïl, sultan de l'Empire chérifien alaouite, entreprend le siège de la colonie anglaise de Tanger qui lui est abandonnée en 1684, sur décision de Charles II, estimant son occupation par les troupes anglaises inutile et beaucoup trop coûteuse. Au XVIIIe siècle la ville devient la « capitale diplomatique » de l'Empire chérifien et le siège des représentations étrangères accréditées auprès du sultan. Les États-Unis y ouvrent, en 1821, ce qui deviendra leur plus ancien consulat permanent dans le monde. La flotte française, commandée par le prince de Joinville, bombarde la ville en 1844 en représailles au soutien du Maroc à l'émir algérien Abd el-Kader et démantèle les fortifications.

Tanger : douanes et fortifications.
Bombardement de Tanger en août 1844 par la flotte française.

Les rivalités européennes pour le contrôle de la ville, porte entrouverte sur le Maroc, débutent en cette fin de XIXe siècle. La France, l'Espagne, le Royaume-Uni et l'Allemagne multiplient les missions diplomatiques, commerciales et militaires pour placer leurs pions, mettant la ville au centre des rivalités internationales. En 1880, la conférence de Madrid tente de définir les relations entre les grandes puissances au sujet du Maroc. Poussé par le chancelier Bülow, qui entend rappeler de claire façon que l'Allemagne ne se laissera pas mettre à l'écart et que la France ne peut modifier l'état politique du Maroc sans l'autorisation d'une nouvelle conférence internationale, Guillaume Il débarque, le , du yacht impérial SMY Hohenzollern I à Tanger pour quelques heures et dénonce, après un entretien avec l'oncle du sultan, les visées françaises et espagnoles sur le Maroc, ce qui provoque une crise diplomatique : c’est la crise de Tanger. En 1906, la conférence d'Algésiras redéfinit les positions de chacun en Afrique reconnaissant l'indépendance du sultan et affirmant l'égalité des signataires dans le domaine économique. En 1923 les négociations aboutissent à en faire une zone internationale affranchie de droits de douanes. Le , le statut définitif de Tanger est signé par le Royaume-Uni, l'Espagne, la Belgique, les Pays-Bas, les États-Unis, le Portugal, l’Union soviétique et la France, auxquels se joindra l’Italie un peu plus tard.

La ville possède désormais son autonomie financière. On la dote d'une administration internationale, en particulier d'une assemblée législative, composée de dix-sept fonctionnaires internationaux (quatre Français, quatre Espagnols, trois Britanniques, deux Italiens, un Américain, un Belge, un Néerlandais, un Portugais) désignés par leurs consuls respectifs et de neuf Marocains (six musulmans, trois israélites). Le sultan nomme un mendoub chargé de promulguer les textes législatifs et qui remplit les fonctions de pacha. L'époque du « statut international » est celle du plus grand rayonnement international de Tanger, tant dans le domaine culturel que dans celui des affaires, favorisé par les facilités offertes à l'espionnage et à toutes sortes de trafics.

En juin 1940, après la défaite française face aux offensives de la Wehrmacht, les troupes espagnoles franquistes occupent Tanger et imposent, en mars 1941, l'installation du consul du Troisième Reich à la Mendoubia (résidence du mendoub, représentant du sultan auprès de l'administration internationale tangéroise), où flotte désormais le drapeau nazi. En mars 1944, l'Espagne fait évacuer les Allemands de la Mendoubia, sous la pression des Alliés, avant de retirer, le , ses troupes de la ville, qui récupère ainsi son statut international. Entre 1939 et 1950, Tanger a vu sa population tripler et atteindre plus de 150 000 habitants.

Le , le sultan Mohammed V, accompagné du prince héritier Moulay Hassan (futur Hassan II), prononce à Tanger le premier discours qui fait référence à un Maroc unifié et indépendant rattaché à la nation arabe. En 1956, avec l'indépendance du Maroc, la conférence de Fédala (8 au 29 octobre) rend Tanger au Maroc. Une charte royale maintient la liberté de change et de commerce jusqu’en 1960, année où le gouvernement marocain abolit les avantages fiscaux et où Tanger se retrouve avec un statut identique à celui des autres villes du Royaume. Afin d'éviter une fuite importante des capitaux, le port de Tanger est doté d'une zone franche.

La ville connaît depuis les années 2000 un développement spectaculaire.

Chronologie

Cimetière juif.
Commerce dans la place 9 avril 1947.
Vieux mur.
Port de Tanger.


Date Événement historique
IXe siècle av. J.-C. Arrivée des Phéniciens sur le site de Tanger.
IVe siècle av. J.-C. Passage de la ville sous contrôle carthaginois
IIe siècle av. J.-C. Ville importante du royaume de Maurétanie
42 Arrivée des Romains. Capitale de la province romaine de Maurétanie Tingitane. Ils quittent la région à la fin du IIIe siècle.
429 Les Vandales franchissent le détroit de Gibraltar mais évitent l'ancienne Maurétanie Tingitane : ils débarquent dans l'actuelle Algérie.
534 Conquête de Tanger par les Byzantins.
706 Moussa Ibn Noçaïr s'installe avec ses troupes omeyyades à Tanger.
711 Tariq ibn Ziyad, à partir de Tanger, se lance à la conquête de l'Espagne.
741 Les Omeyyades sont expulsés. Leurs élites massacrées. Damas perd la région mais garde la péninsule Ibérique et le reste de l'Afrique du Nord.
1437 Première tentative portugaise pour s'emparer de la ville.
1458 Deuxième tentative portugaise pour s'emparer de la ville.
1464 Troisième tentative portugaise pour s'emparer de la ville.
1471 Les Portugais s'emparent de Tanger.
1492 Un grand nombre d'arabo-andalous et de judéo-andalous sont chassés d'Espagne et du Portugal. Ils transitent par Tanger et beaucoup d'entre eux y restent ou s'installent dans les régions voisines.
1580 Tanger passe, avec le Portugal, sous domination espagnole.
1640 Tanger redevient portugaise, lors de l'indépendance du Portugal.
1661 Catherine de Bragance apporte, dans sa dot, Tanger à Charles II d'Angleterre. La ville passe sous contrôle anglais.
1673 Les Anglais fortifient la ville pour résister aux attaques du seigneur de guerre Khadir Ghaïlan.
1678 Le sultan Moulay Ismaïl entreprend le siège de la Ville.
1684 Les Anglais détruisent les fortifications et abandonnent la ville à Moulay Ismaïl. La ville est fortifiée pour devenir un rempart face au monde extérieur.
1757-1790 Règne du sultan Sidi Mohammed ben Abdellah qui, pour protéger ses sujets, entreprend le cantonnement des diplomates occidentaux à Tanger.
1794 Création de l'École de la Mission catholique espagnole.
1794 Le Consul de France quitte Rabat pour s'installer à Tanger.
1832 Eugène Delacroix séjourne à Tanger qui l'émerveille.
Bombardement de la ville par le Prince de Joinville sous prétexte de l'asile accordé par le sultan à l'émir algérien Abd el-Kader.
1857 Création de la poste britannique.
1864 Création de l'école de l'Alliance israélite.
1864 Inauguration du phare du cap Spartel.
1865 Installation par la France d'une poste nationale d'État.
1880 L'Eastern Telegraph Company relie Tanger à Gibraltar par un câble sous-marin.
1883 Les Espagnols créent le réseau de téléphone interurbain.
1885 Création d'une école française (l'Institution Robinet).
3 octobre 1904 Signature d'un accord secret, entre l'Espagne et la France, pour délimiter les zones d'influence. Tanger aura un statut particulier.
31 mars 1905 Guillaume II arrive à Tanger pour s'opposer aux ambitions secrètes de la France et de l'Espagne sur le Maroc.
7 avril 1906 La conférence d'Algésiras, détermine les zones d'influence française et espagnole. Tanger aura un statut spécial.
1909 Construction d'un collège français pour jeunes filles (futur lycée Saint-Aulaire).
1912-1913 Construction du palais du Sultan Moulay Abd al-Hafid.
30 mars 1912 Signature à Fès du traité de protectorat Français, par le sultan Moulay Hafid et M. Regnault, ministre plénipotentiaire de France à Tanger.
1913 Construction du collège français (futur lycée Regnault). Inauguration par l'Espagne du Gran Teatro Cervantes .
18 décembre 1923 Convention de Paris : Tanger sera une zone internationale sous souveraineté du Sultan du Maroc.
14 mai 1924 Ratification de la convention de Paris.
1er juin 1925 Entrée en vigueur du statut international de la zone de Tanger.
1930 Visite d'un important représentant du mouvement panarabe, l'émir Chakib Arsalane
1935 Création d'une école marocaine par Abdellah Guennoun.
14 juin 1940 Occupation de Tanger par les troupes espagnoles.
20 novembre 1940 Rattachement de la ville à la zone espagnole et expulsion du Mendoub (représentant du Sultan).
17 mars 1941 Installation du consulat Allemand dans la Mendoubia.
2 mai 1944 Les Espagnols, poussés par les Américains, font partir les Allemands de la Mendoubia.
9 octobre 1945 Les troupes espagnoles quittent Tanger.
11 octobre 1945 Un croiseur français ramène le Mendoub à Tanger.
9 avril 1947 Arrivée du sultan Mohamed Ben Youssef (Mohamed V).
10 avril 1947 Le sultan Mohamed V prononce le discours de Tanger par lequel, il réclame l'indépendance du Maroc.
7 avril 1956 Retour du Rif au royaume du Maroc.
29 octobre 1956 Rattachement de Tanger au royaume du Maroc.
1957 Tanger devient la « capitale d'été » du Royaume.
26 août 1957 Une charte royale stipule le maintien de liberté de changes et de commerce pour la ville de Tanger.
1960 Tanger perd son statut particulier et est dotée d'une zone franche.
Entre 2004 et 2007 Construction du grand port Tanger Med
Entre 2014 et 2018 Plan « Tanger-Métropole » lancé par le roi Mohammed VI.


Économie

Deuxième pôle économique marocain après Casablanca, l'activité industrielle de Tanger est diversifiée : industries textiles, chimiques, mécaniques, métallurgiques et navales. La ville dispose actuellement de quatre zones industrielles dont deux ont un statut de zone franche (la zone franche de Tanger et la zone franche portuaire). L’infrastructure de la ville du détroit est importante : un port gérant les flux de marchandises et de voyageurs (plus d’un million de voyageurs par an) intégrant un port de plaisance et un port de pêche.

Le chemin de fer relie la ville à Rabat, Casablanca avec une ligne TGV et Marrakech au sud ainsi qu'à Meknès, Fès et Oujda à l'est.

L'autoroute, opérationnelle depuis 2005, relie Tanger à Rabat et aux autres grandes villes marocaines. L’aéroport de Tanger-Ibn Battouta est situé à Boukhalef, à 15 kilomètres au sud-ouest du centre de la ville, sa capacité vient d'être portée à 1,5 million de passagers par an. Des lignes de ferrys régulières relient Tanger à Algésiras, Tarifa, Barcelone en Espagne, Sète, Port-Vendres en France, et Gênes en Italie.

Station balnéaire importante, Tanger dispose d’infrastructures hôtelières et touristiques variées, d'une vaste plage sur plus de 7 km, et d’une médina (ville ancienne) où se développe un commerce artisanal (maroquinerie, articles en bois et en argent, vêtements traditionnels et chaussures…).

La ville est également en passe de devenir une plaque tournante du trafic maritime commercial avec l'ouverture du port Tanger Med qui a pour vocation de faciliter le commerce maritime. Ainsi, depuis mai 2010, l'essentiel du trafic est orienté vers le nouveau port de Tanger Méditerranée (Tanger Med) situé à une quarantaine de kilomètres à l'est de la ville[7].

Les années 2007 et 2008 furent particulières pour la ville du détroit à cause de l’achèvement des grands projets en construction, en l’occurrence le deuxième port Tanger Méditerranée et ses zones industrielles, un Stade Ibn Batouta de 45 000 places, un centre d’affaires, des installations touristiques, l’aménagement du centre ville ainsi que la construction de nouvelles lignes autoroutières et ferroviaires. Une Ligne LGV Tanger-Casablanca est en construction pour écourter la durée du trajet avec Casablanca la capitale économique .

La LGV Tanger-Casablanca reliera, fin Novembre 2018, les deux villes (350 kilomètres) en passant par Rabat en h 30 au lieu de h 30 actuellement.

L'agriculture de la région de Tanger est tertiaire et principalement céréalière.

Grands travaux

Un nouveau terminal du port en eau profonde accueille les ferries depuis le second trimestre 2009. Saipem SA et Bouygues Construction, au travers de ses filiales (Bymaro - Bouygues Maroc), réalisent deux digues de 1 230 mètres de long chacune, huit postes d'appontement pour les ferries ainsi qu'une plate-forme logistique de 42 hectares[8].

Tanger est depuis longtemps une terre d'accueil pour de nombreux artistes et intellectuels. Henri Matisse et avant lui Eugène Delacroix y réalisent des œuvres célèbres. Le second évoque son passage dans cette ville, lors de son Voyage en Afrique du Nord, dans son carnet de voyage illustré Album du Maroc. L'écrivain américain Paul Bowles l'a nommée « Dream City ».

  • Musée la Kasbah
  • Cinémathèque de Tanger
  • Grottes d'Hercule
  • Grand Socco 
  • Tanger Marina Bay[9] mise en service à l’été 2016 est devenu la nouvelle destination incontournable du tourisme de plaisance et de croisière dans le bassin méditerranéen. Il comprend notamment un club nautique, différentes écoles de sports nautiques, une zone de réparation navale, une zone de café et de commerces.

Tanger est l'une des villes dans lesquelles ont été tournés des séquences des films La Vengeance dans la peau, de Paul Greengrass, Inception de Christopher Nolan[10], Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch[11].

Le Festival national du film s'y est déroulé lors de sa quatrième édition, en 1995, et y a systématiquement lieu depuis sa huitième édition, en 2005.

Urbanisme

Grandes avenues et boulevards

Les grandes avenues sont :

Quartiers

  • Callens
  • M'sallah
  • Aazib Haj Kadour
  • Ain Ktiouet
  • Al Aouama
  • Al Hafa
  • Ancienne Medina
  • Ancienne Route de l'Aéroport
  • Ben Dibane
  • Branesse
  • Castilla
  • Centre Ville
  • Collegio Internado
  • Complexe Hassani
  • Dar Baroud
  • Dradeb
  • Esidence Zemouri
  • Gare de Tanger
  • Gzenaya
  • Haoumat Bni Yder
  • Hay Jadid
  • Houmat Espagnol
  • Jamaa Moukraa
  • Jbel Lekbir
  • Jnan Kabtane
  • Khoussafat
  • Lalla Chafia
  • Lot Boussouf
  • Lot Massira
  • Lot Saada
  • Mahaj Mohammed VI
  • Marvil
  • Merchane
  • Mesnana
  • Mester Khouch
  • Moujahidine
  • Msallah
  • Siaghine
  • Sidi Bouabid
  • Souani
  • Souk Dakhel
  • Tanja Balia
  • Val Fleuri
  • Bni Makada
  • Las Collinas
  • Laachiri
  • Hay Zaoudia

Monuments et sites d'intérêt

Borjs et fortifications

  • Borj Ben Amar
  • Borj en-Na'am
  • Irish Tower ou tour des Irlandais
  • York Castle
  • Borj de Dar Baroud
  • Borj es-Salam
  • Borj ech-Charrat
  • Borj el Hajoui
  • Borj Bou'Ameir
  • Borj Mérinide de Malabata dit aussi Borj de Ghaïlane.

Portes historiques

  • Bab Fahs
  • Bab Fendak Zraa
  • Bab Kasbah
  • Bab Marsa
  • Bab Dar Dbagh
  • Bab er-Raha ou Bab el-Bhar
  • Bab Haha (Qasbah)
  • Bab el-Asa (Qasbah)
  • Bab el-Plaza (Place du 9 avril)
  • Bab et-Tourkia ou Bab Am et-Tourkia
  • Bab ed-Drouj (donnant sur les escaliers américains et Bar ed-Dbagh)

Jumelages

Personnalités liées à la commune

La Beat Generation

Paul Bowles est l'auteur américano-tangérois par excellence. Arrivé après la Seconde Guerre mondiale, il était un point de ralliement entre les auteurs et personnalités marocaines (Mohamed Choukri, Ahmed Yacoubi [12]), américaines (Gertrude Stein, Tennessee Williams ou Francis Bacon[13]), tout en gardant ses distances avec la Beat Generation qu'il ne fréquentait que peu, voire pas du tout avant 1956[14].

Attirant dans son sillage, en 1953, William S. Burroughs, Allen Ginsberg et Jack Kerouac deviennent des habitués de la ville du Détroit faisant la réputation sulfureuse de cette ville de romanciers expatriés[15]. Ceux qui deviendront les noms emblématiques de la Beat Generation, trouvent dans la ville de quoi nourrir leur dégoût du consumérisme et du puritanisme américaine ainsi qu'une dose de liberté incomparable[16].

C'est à la villa Muniria, un petit hôtel du centre ville que Burroughs écrit Le Festin nu[17], son ouvrage le plus connu. Jack Kerouac qui dormait à l'étage supérieur l'a également aidé à publier son livre grâce à Maurice Girodias, éditeur français qu'ils ont rencontré à Tanger grâce aux contacts de Bowles[18].

Les autres personnalités

  • Marcel le Centurion ou Marcel de Tanger, martyr à Tanger en 298.
  • Ali Yata, né en 1920 à Tanger et mort en 1997 à Casablanca, est un homme politique et dirigeant communiste marocain.
  • Abderrahman El Youssoufi ou Abderrahman Youssoufi (arabe : عبد الرحمن اليوسفي), né le 8 mars 1924 à Tanger, est un homme d'État marocain. Il fut le Premier ministre du 26e gouvernement du Maroc, appelé gouvernement d’alternance, du 14 mars 1998 au 6 novembre 2002.
  • Mohamed Choukri (1935-2003) est l'écrivain tangérois le plus connu de son époque. Dans son roman le plus connu, Le Pain nu, il y raconte son quotidien difficile d'enfant des rues dans une langue crue, et sans concessions.
  • George Apperley (1884-1960), peintre britannique qui a vécu à Tanger où il s'est fait construire une maison dénommée villa Apperley.
  • Giuseppe Garibaldi, en exil à la suite des tentatives indépendantistes de 1848 et de la Repubblica Romana, y est accueilli d'octobre 1849 à juin 1850, lorsqu'il part pour New York via Londres. Il habita rue Hassan Ibn Al-Fahrat 35 (nom actuel), longtemps appelée rue Garibaldi.
  • Paul Bowles, écrivain américain, né à New York en 1910, mort à Tanger le . Il y écrivit notamment Journal tangérois 1987-1989, Réveillon à Tanger et surtout Un thé au Sahara, son ouvrage le plus connu qui inspira le film du même nom à Bernardo Bertolucci.
  • Henri Matisse (résida à Tanger au printemps 1912, à l'automne 1912 et en février 1913). Il logeait au « Grand Hôtel villa de France ». Il y peignit quelques-unes de ses plus belles toiles : Fenêtre à Tanger, Porte de la Casbah, Vue sur la baie de Tanger.
  • William S. Burroughs, (1914-1997), y a passé quelques années de débauches à partir 1953[19].
  • Marthe de Chambrun-Ruspoli (princesse), écrivaine, égyptologue. Elle a publié L'Épervier divin (Genève, Éd. Mont-Blanc, 1969) et Le Retour du Phénix (Paris, Les Belles Lettres, 1982). Elle était l'épouse du Prince Edmondo Ruspoli et la mère de Mario Ruspoli, réalisateur à la télévision française.
  • Bernard-Henri Lévy, écrivain et philosophe, dont le récit autobiographique, Comédie[20], publié en 1997 aux éditions Grasset, se situe tout entier à Tanger.
  • TiiwTiiw, chanteur de raï belgo-marocain originaire de Tanger.
  • Jamal Eddine Abrak, metteur en scène et dramaturge Marocain dans le théâtre, Né à Tanger en 1958.
  • Jean-Luc Mélenchon, homme politique français, est né à Tanger en 1951.
  • Omar Nasiri, écrivain belge d'origine marocaine, né à Tanger.
  • Anissa Temsamani, femme politique belge d'origine marocaine, née à Tanger.
  • Mohammed Jabour, homme politique belge d'origine marocaine, né à Tanger.
  • Zoubeir Benbouchta, écrivain et dramaturge Marocain, Né à Tanger.
  • Mohammadi Chahid, homme politique belge d'origine marocaine, né à Tanger.
  • Mostafa Ouezekhti, ancien homme politique belge d'origine marocaine, né à Tanger.
  • Sidi Larbi Cherkaoui, chorégraphe belge originaire de Tanger, né à Anvers.
  • Othmane Sellami, est un jeune metteur en scène, chorégraphe et dramaturge Marocain dans le théâtre, danse contemporain et les Arts Vivants, né à Tanger en 1990.
  • Younes Daghmoumi, est un jeune metteur en scène et dramaturge Marocain dans le théâtre et les Arts Vivants, né à Tanger en 1990.
  • Marouane Fellaini, footballeur international belge né à Bruxelles, évoluant à Manchester United, originaire de la ville de Tanger.
  • Zakaria Bakkali, footballeur international belge né à Liège, évoluant au FC Valence, de la ville de Tanger.
  • Rachid Amhjour, metteur en scène, dramaturge et directeur artistique dans le théâtre et les Arts Vivants dans le théâtre et chercheur dans les Arts Vivants, habite à Tanger.
  • Ilyass Bouchri, metteur en scène, acteur, danseur dans le théâtre et les Arts Vivants, né à Tanger en 1988.
  • Nacer Chadli, footballeur international belge né à Liège, évoluant au Tottenham Hotspur, originaire de la ville de Tanger.
  • Mohamed Azzouzi, homme politique belge né à Tanger, membre du Parti socialiste (PS).
  • Jaouad Achab, taekwondoïste belge né à Tanger, champion d'Europe et champion du monde des −63 kg.
  • Hamza Al ouakouli, metteur en scène, acteur et directeur artistique dans le théâtre et les Arts Vivants, né à Tanger en 1988.
  • John Hopkins, écrivain américain, né en 1938 dans le New Jersey. Après des études de sciences politiques à l'université de Princeton, il entreprend une série de voyages à travers le monde, puis s'attarde au Maroc pendant 17 ans.
  • Jean Genet, écrivain, poète et auteur dramatique Français. Grand connaisseur du Maroc il est passé de nombreuses fois à Tanger.
  • Truman Capote, écrivain américain a vécu à Tanger. Une nouvelle tirée de son livre Les Chiens aboient  décrit le quotidien d'Américains dans le Maroc des années 1950.
  • Tennessee Williams, écrivain américain a vécu à de multiples reprises à Tanger entre le début des années 1950 et 1964. Il était très proche de Mohamed Choukri, Paul Bowles et Jean Genet.
  • Helena Maleno, défenseure des droits de l'homme, journaliste, chercheuse, documentaliste et écrivaine espagnole.

Références

  1. « Note sur les premiers résultats du Recensement Général de la Population et de l’Habitat 2014 » [docx], sur Haut-Commissariat au plan, (consulté le 15 avril 2018)
  2. http://www.mherrera.org/temp.htm.
  3. a et b (en) Martin Malcolm Elbl, « Tangier's Qasba Before the Trace Italian Citadel of 1558-1566: The 'Virtual' Archaeology of a Vanished Islamic and Portuguese Fortress », Portuguese Studies Review, vol. 17, no 2,‎ , p. 29-43 (lire en ligne).
  4. (en) Enid M. G. Routh, Tangier: England's Lost Atlantic Outpost, Londres, John Murray,
  5. (en) Martin Malcolm Elbl, « (Re)claiming Walls: The Fortified Médina of Tangier under Portuguese Rule (1471–1661) and as a Modern Heritage Artefact », Portuguese Studies Review, vol. 15, nos 1–2,‎ , p. 103–192
  6. « Rencontre avec Rachid Houari, ambitieux directeur de Tanger Med 1 », The Good Life,‎ (lire en ligne, consulté le 8 février 2018).
  7. Le Moniteur, no 5462, 1er août 2008, p. 8.
  8. « Tanja Marina Bay », Site officiel.
  9. Le cinéma et Tanger - Versionoriginale.ouvaton.org, 27 novembre 2011 (voir archive).
  10. (en) Laura Blum, « Designing Jim Jarmusch's Only Lovers Left Alive », thalo.com, .
  11. « Tanger 54. Burroughs or not Burroughs? : Tanger Experience – découverte de Tanger – le magazine de tanger », sur www.tanger-experience.com (consulté le 29 février 2016).
  12. « A Tanger, sur la route de la beat generation | L'Hebdo », sur www.hebdo.ch (consulté le 29 février 2016).
  13. « Burroughs and Bowles | University of Delaware Special Collections », sur sites.udel.edu (consulté le 29 février 2016).
  14. « La Beat Generation ou la fureur de vivre… : Tanger Experience – découverte de Tanger – le magazine de tanger », sur www.tanger-experience.com (consulté le 29 février 2016).
  15. « William Burroughs, Jack Kerouac, Allen Ginsberg : Quand Tanger accueillait la Beat Generation (PHOTOS) », sur Al Huffington Post (consulté le 29 février 2016).
  16. « William Burroughs, Jack Kerouac, Allen Ginsberg : Quand Tanger accueillait la Beat Generation (photos) », sur Al Huffington Post (consulté le 29 février 2016).
  17. (en-US) « Allen Ginsberg and the Creative Rewards of Generosity - VolteFace », sur VolteFace (consulté le 29 février 2016).
  18. « Burroughs à Tanger de Paul Bowles - William S. Burroughs », sur theo.underwires.net (consulté le 27 avril 2015).
  19. « Comédie », sur www.grasset.fr, .

Annexes

Articles connexes

Bibliographie

  • Dominique Pons, Les riches heures de Tanger, Paris, Éditions de la Table Ronde, , 372 p. (ISBN 978-2-7103-0425-8).
  • Rachid Tafersiti, Tanger, Réalités d'un mythe, Tanger, éditions Zarouila, (ISBN 978-9981-18940-9).
  • Mohamed Métalsi, Tanger, Paris, Casablanca, Éditions Actes Sud et Malika, (ISBN 978-2-7427-6358-0).
  • Philip Abensur, Tanger, entre Orient et Occident : photos, cartes postales anciennes et documents d'archives, Éditions Alan Sutton, coll. « Mémoire en images », (ISBN 978-2-8491-0885-7).
  • (en) Martin Malcolm Elbl, Portuguese Tangier (1471-1662) : Colonial Urban Fabric as Cross-Cultural Skeleton, Toronto et Peterborough, Baywolf Press, (ISBN 978-0-9214-3750-5).
  • David Bendayan, Une jeunesse à Tanger, Montréal, Éditions Latitudes, (ISBN 2-9806744-0-0).