Témoin numéro 1

Témoin numéro 1
Programme adapté Drapeau de l'Allemagne Aktenzeichen XY … ungelöst'
Genre reality show
Périodicité Tous les mois environ
Présentation Jacques Pradel et Patrick Meney
Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Nombre de saisons 3
Production
Durée 120 minutes environ
Format d’image 4/3
Société de production TF1
Diffusion
Diffusion TF1
Lieu de première diffusion Drapeau de la France France
Date de première diffusion
Date de dernière diffusion
Statut Arrêtée

Témoin numéro 1 (Aktenzeichen XY … ungelöst) est une émission de télévision française d'appels à témoins dans des affaires criminelles (de type reality show), diffusée chaque mois en Prime time sur TF1 du [1] au [2], produite et animée par Jacques Pradel et Patrick Meney.

Historique

Témoin numéro 1, est l'adaptation du format allemand Aktenzeichen XY … ungelöst (« dossier XY non résolu »)[3] diffusé depuis le sur la ZDF. Le concept fut repris dans différents pays, dont les États-Unis, le Canada, la Nouvelle-Zélande et Israël. Ce genre d'émission rencontre des succès d'audience : Crime Watch sur la BBC en Angleterre, Dossiers XY en Allemagne, Chi l'a visto? en Italie, Cops et America's Most Wanted aux États-Unis. En Allemagne, l'émission Aktenzeichen XY a notamment permis en 2013 d'arrêter un pédophile présumé[4]. Il s'agit, grâce à la dénonciation, d'utiliser la télévision pour aider la police à résoudre des affaires criminelles.

En 2006, TF1 a lancé En quête de vérité avec Pascal Bataille et Laurent Fontaine, mais cette émission ne reposait pas sur le principe des appels à témoins en direct, en liaison avec la Justice.

Concept de l'émission

Son objectif était d'aider les services d'enquêtes (police et gendarmerie) à retrouver les auteurs de meurtres non élucidés, en lançant des appels à témoins en direct, sur réquisition des juges d'instruction, avec l'accord des familles des victimes et des enquêteurs. Chaque dossier traité à l'antenne (7 affaires par émission de deux heures), donnait lieu à une reconstitution des faits en images (sur les lieux du crime), aux témoignages des enquêteurs, des juges, des experts et des familles des victimes, mais également à une enquête des journalistes affectés à l'émission. Après cet exposé des faits, les deux animateurs invitaient les éventuels témoins de cette affaire qui ne se seraient pas manifestés auprès des enquêteurs, pour diverses raisons, à témoigner pour faire avancer les enquêtes dans l'impasse, faute d'indices, de nouveaux faits ou de témoignages déterminants. Ces éventuels témoins appelaient le standard téléphonique de l'émission (mais ne passaient pas à l'antenne) qui prenait leurs coordonnées puis les transmettait au juge chargé de l'enquête. Le numéro de téléphone des services d'enquête était également présenté à l'antenne. Le juge chargé du dossier entendait ensuite ces témoins dans le cadre habituel de la procédure. L'émission, répondant à des "réquisitions" de juges, était soumise au strict "respect du secret de l'instruction" et de la "présomption d'innocence". En cas de résolution de l'affaire ou de faits nouveaux, les animateurs en informaient les téléspectateurs. De plus, une rubrique "Identification" présentait chaque mois les visages de personnes victimes de meurtres mais non identifiées. Leur identification facilitait le travail des enquêteurs et permettait aux familles de retrouver leur proche disparu. D'après les producteurs, pratiquement tous les inconnus présentés dans cette rubrique étaient identifiés le soir-même. Quant à l'ensemble des affaires criminelles évoquées dans Témoins no 1, d'après Jacques Pradel, 25 % d'entre elles ont été résolues au cours des 34 émissions de Témoin numéro 1. Ce concept était inspiré de "Crimewatch", diffusée depuis plus de 30 ans sur la BBC et toujours à l'antenne en 2014. Des émissions similaires sont diffusées dans la plupart des pays européens, généralement sur les Chaînes publiques (Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, Espagne...)

Polémiques soulevées par l'émission

Lors de sa création, cette émission fit l'objet de vives réactions de la part de certains médias et de certains magistrats, hostiles au principe des appels à témoins. Selon eux, il n'est pas dans la tradition française de « dénoncer des personnes », formule toujours récusée par les producteurs-animateurs de Témoin no 1. Les faits divers sont en général traités à la télévision française quand l'affaire est terminée (exemple : Faites entrer l'accusé). Les producteurs-animateurs et les magistrats ayant collaboré à Témoin no 1 estimaient qu'il s'agissait au contraire d'une émission « civique », permettant à la fois de résoudre des affaires judiciaires, en mettant des criminels (notamment des assassins d'enfants) hors d'état de nuire, et d'innocenter des personnes accusées à tort. Ce type de polémique n'a pas été signalé dans les autres pays européens où des émissions similaires sont diffusées. TF1 a mis fin à l'émission à l'automne 1996, six mois après l'arrêt de Perdu de vue, également présentée par Jacques Pradel, en invoquant un « changement de ligne éditorial de la chaîne ». Témoin no 1 rassemblait en moyenne 8 millions de téléspectateurs, selon Médiamétrie. Depuis, le Ministère de la Justice a banalisé[réf. nécessaire] le principe des appels à témoins dans des affaires judiciaires, avec les messages "Alerte enlèvement" diffusés "à chaud" et en boucle sur tous les médias (radio, télévision, internet, Chaines d'informations en continu, réseaux sociaux, panneaux publics dans les gares, aéroports, sur les autoroutes...) en cas de disparitions inquiétantes d'enfants.

Clin d'œil

La série télévisée Columbo comporte un épisode, Attention ! le meurtre peut nuire à votre santé (Caution: Murder can be hazardous to your health, 1991), dans lequel le criminel est le présentateur d'"Alerte au crime", une émission de reality show qui montre des faits divers filmés en direct et qui bat des records d'audience.

En complément de leur émission, Jacques Pradel et Patrick Meney avaient lancé un magazine papier mensuel, Tous témoins, consacré aux faits divers et à la Justice, mais qui ne survécut pas à l'émission.

En juin 2015, Jean-Marc Morandini lance dans l'émission Crimes sur NRJ12, qui reprend le même concept que ses émissions précédentes, mais à la différence qu'un appel à témoins est lancé, et des proches des victimes sont invitées sur le plateau. Les messages, témoignages reçus, sont transmis au parquet.

Voir aussi

Articles connexes

Lien externe

Références

  1. Raymond Marcillac, Chronique de la Télévision, Éditions Chronique, (ISBN 2-905969-76-8) p. 303
  2. « Fiche Ina.fr », sur ina.fr, consultée le 31 octobre 2013
  3. (de) Spiegel Online, 19 octobre 2007.
  4. Allemagne: Un pédophile présumé arrêté grâce à une émission de télévision!