Suzanne Lenglen

Suzanne Lenglen
image illustrative de l’article Suzanne Lenglen
Carrière professionnelle
1913 – 1927
Pays Drapeau de la France France
Naissance
Drapeau : France Paris
Décès (à 39 ans)
Drapeau : France Paris
Prise de raquette Droitière, revers à une main
Hall of Fame Membre depuis 1978
Palmarès
Meilleurs résultats en Grand Chelem
Aust. R-G. Wim. US.
Simple V (6) V (6)
Double V (6) V (6)
Mixte V (7) V (3)
Médailles olympiques
Simple 1
Double 1
Mixte 1
Suzanne Lenglen en mai 1914 à 15 ans (championne de France du double mixte avec Max Decugis).

Suzanne Rachel Flore Lenglen (prononcé [lɑ̃.ˈɡlɛn], née le à Paris et morte dans cette même ville le , est une joueuse de tennis française. Surnommée « la Divine », elle fut la première star internationale du tennis féminin[1].

Elle possède des records d'un autre temps : 241 titres, une série de 181 victoires, et un pourcentage de 98% de matches gagnés (341-7). Elle s'impose six fois aux Internationaux de France, six fois à Wimbledon, et remporte la médaille d'or olympique du simple dames aux Jeux d'Anvers 1920. Le deuxième court principal du stade Roland Garros porte son nom.

Biographie

Jeunesse et premiers succès

Suzanne Lenglen est née à Paris (16e arrondissement), rue du Ranelagh, le [2] de Charles Servais Adolphe Lenglen, rentier, et Anaïse Dhainault. La famille s'installe en 1906 en Picardie. C'est en 1911, peu avant ses 12 ans, que Suzanne touche pour la première fois une raquette de tennis, offerte par son père pour qu'elle puisse s'amuser sur le court familial en terre battue à Marest-sur-Matz (Oise)[3]. Sportive accomplie, elle s'initie à différents sports tels que le golf, la natation (championne de France en 1919), le tir à l'arc et l'équitation. Son père remarque très vite son aisance sur le court et son goût pour le tennis ; il décide de devenir son entraîneur. Elle progresse rapidement à notamment en précision l'aide de petites cibles placées sur le court, et grâce à de nombreuses heures d'exercice, une préparation physique intense comprenant de la gymnastique et de la danse classique.

Suzanne Lenglen dispute son premier tournoi en 1911 à Chantilly où elle atteint la finale, puis rencontre ses premiers succès entre 1912 et 1913 en s'imposant aux Championnats de Picardie, à Lille, Wimereux et au Touquet. Quelques mois plus tard, elle est sollicitée par le champion du monde Néo-Zélandais Anthony Wilding, pour faire équipe en double mixte à Nice et Cannes au Beau-Site et au Carlton, tournois qu'elle remporte également en simple[4]. Elle poursuit sa progression et atteint la finale du championnat de France en 1914. Trois semaines plus tard, elle se révèle au grand public en étant sacrée championne du monde sur terre battue à Saint-Cloud en simple contre Germaine Golding (6-2, 6-1) et en double dames avec Elizabeth Ryan[5].

La Première Guerre mondiale ne paraît pas troubler le quotidien de la jeune championne qui poursuit son entraînement avec ses amis ou des officiers de retour du front. Les partenaires masculins sont nombreux, ce qui lui permet de s'endurcir physiquement comme techniquement. Elle prend modèle sur leur jeu et s'inspire notamment de celui de Tony Wilding afin d'imiter les gestes des champions. La maison des Lenglen ayant été détruite par les Allemands[6], la famille déménage à Nice, avenue Auber, où elle a l'habitude de passer les hivers. Suzanne y perfectionne son jeu sur les courts de la place Mozart puis du Nice Lawn Tennis Club avec son père et Joseph Negro, professeur niçois réputé.

Championne du monde

À Wimbledon le 29 juin 1925.

C'est à Wimbledon que Lenglen fait son retour en 1919 et affronte Dorothy Lambert Chambers, âgée de 40 ans, qui a déjà remporté sept fois le tournoi. La voyant faiblir au second set, son père lui lance un flacon de cognac dont elle boit une gorgée ; à la surprise générale et au terme d'une partie acharnée (10-8, 4-6, 9-7), la jeune Suzanne remporte finalement le match[7]. À la suite de cet épisode, le cognac deviendra son remontant habituel durant les matchs[8]. Elle enchaînera désormais les victoires jusqu'en 1926.

Elle remporte six fois le tournoi de Wimbledon et quatre fois les championnat de France et deux fois les Internationaux de France en simple. Elle est également victorieuse des Championnats du monde sur terre battue en 1914, 1921, 1922 et 1923.

Durant cette période, elle remporte 241 tournois, dont 81 en simple et trois médailles olympiques (dont deux d'or). Elle signe une série de 171 victoires consécutives. La championne incontestée domine et transforme le tennis féminin tout en attirant les foules. Elle opère de nombreux changements dans le tennis, améliore les techniques et invente une nouvelle façon de s'habiller pour mieux jouer. Elle est notamment la première à porter des jupes courtes dessinées par le grand couturier Jean Patou.

1926 : match du siècle et scandale à Wimbledon

Saint-Granier parodiant Suzanne Lenglen, au Casino de Paris (1926).

Elle dispute l'un de ses matchs les plus réputé le 17 février 1926 sur le central du Carlton de Cannes. Elle affronte la jeune championne américaine Helen Wills, alors âgée de 20 ans, triple vainqueur des Championnats des États-Unis. Appelée « match du siècle », la rencontre, organisée par Charles Aeschlimann et Francis Fisher, attire une foule considérable et un grand nombre de journalistes de plusieurs pays. Parmi les quelques 3000 spectateurs présents figurent entre autres Georges de Grèce, Manuel de Portugal, le duc de Westminster et de Connaught, ainsi que le roi Gustave V, grand habitué des tournois sur la Côte d'Azur[9]. Face au prix élevé des places, de nombreuses personnes grimpent dans des arbres ou montent sur les toits et les balcons des maisons aux alentours afin d'apercevoir les joueuses.

Suzanne Lenglen fait preuve de nervosité et parvient à remporter le premier set 6-3 après un échange de break. Le second set s'avère plus indécis, Lenglen obtenant une balle de match jugée faute par l'arbitre George Simond à 6-5, permettant à l'américaine d'égaliser. Elle parvient finalement à s'imposer avec plus de difficultés qu'à l'accoutumée sur le score de 6-3, 8-6 en 59 minutes de jeu

Un incident à Wimbledon précipitera la fin de sa carrière amateur. En effet, à la suite d'un changement de programmation, elle refuse de jouer son simple et son double consécutivement et les organisateurs la menacent de disqualification. Elle se braque et refuse de se présenter sur le court, faisant un affront à la reine présente en tribune, fervente admiratrice de la joueuse. Les choses semblent s'arranger par la suite, et elle dispute finalement ses matchs quelques jours plus tard. Mais la reine n'est pas là, et le public anglais, vexé par le caprice de la française, est glacial lors de son match en simple. Blessée par cette attitude, la Divine renonce au tournoi et quitte définitivement le tennis amateur.

Professionnalisme et fin de carrière

Lassée par l'amateurisme, Suzanne Lenglen souhaite devenir professionnelle afin notamment d'assurer financièrement sa carrière.

Entre 1926 et 1927, représentée par son agent C. C. Pyle, elle prend part à une tournée professionnelle aux États-Unis et gagne les 38 matchs qu'elle dispute face à Mary Kendall Browne, ancienne championne américaine, âgée de 35 ans. La tournée n'est qu'un demi-succès en raison de la grande différence de niveau entre les deux joueuses qui ne passionne peu les spectateurs au fur et à mesure des matchs.

En février 1927, elle rentre à Paris où elle ouvre une école de tennis, qui sera reconnue comme un centre fédéral d'entraînement par la Fédération française de tennis en 1936.

La presse annonce en juin 1938 que Suzanne Lenglen est atteinte d'une leucémie. La maladie est foudroyante, Suzanne devient aveugle et meurt quelques jours plus tard, le 4 juillet 1938. Elle est inhumée au cimetière parisien de Saint-Ouen.

Palmarès (partiel)

En simple dames

En double dames

En double mixte

Parcours en Grand Chelem (partiel)

Si l’expression « Grand Chelem » désigne classiquement les quatre tournois les plus importants de l’histoire du tennis, elle n'est utilisée pour la première fois qu'en 1933, et n'acquiert la plénitude de son sens que peu à peu à partir des années 1950.

Parcours aux Jeux olympiques

Ouvrages

Récompenses, distinctions et hommages

Récompenses et distinctions

Hommages

Bâtiments
Éducation
  • Promotion Suzanne-Lenglen : nom donné depuis 2001 à la promotion annuelle des éducateurs sportifs diplômés d'État par le ministre chargé des sports sur proposition de la Confédération nationale des éducateurs sportifs et salariés du sport (CNES).
Odonymie
Transports
Divers

Un doodle de Google lui est consacré le 24 mai 2016 à l'occasion des 117 ans de sa naissance.

Notes et références

  1. Qui est Suzanne Lenglen, l'impératrice du tennis ?, sur Le Point, 24 mai 2016
  2. Acte de naissance daté du 26 mai 1899 (Archives de Paris, registre V4E 10050, lire en ligne). Elle n'est donc pas née à Compiègne comme cela est souvent indiqué.
  3. Suzanne Lenglen évoque son enfance à Marest-sur-Matz dans un entretien au journal Femina publié dans le numéro du 1er juillet 1914 : Dans l'Intimité de la Championne
  4. Une nouvelle étoile du lawn tennis, sur Le Matin, 26 janvier 1914
  5. Chronique de la jeunesse, sur Le Journal de la jeunesse, juillet 1914
  6. Notre championne de tennis, sur Le Cri de Paris, 14 septembre 1919
  7. Comment j'ai gagné le championnat de monde, sur Lectures pour tous, 1er octobre 1919
  8. Yannick Cochennec, « Suzanne Lenglen, les années folles du tennis », sur slate.fr (consulté le 21 juillet 2015).
  9. Régis Delanoë, « Il y a 90 ans, le match du siècle entre Lenglen et Wills », sur We Are Tennis, (consulté le 17 mai 2018).
  10. Le principe du challenge round est abandonné : la tenante du titre n'est plus automatiquement qualifiée pour la finale, elle joue dès le début de la compétition de la même façon que ses concurrentes.

Voir aussi

Bibliographie

  • Gianni Clerici, Suzanne Lenglen, la diva du tennis, Rochevignes, , 247 p. (ISBN 2867370108 et 978-2867370106).
  • Thomas Bauer, « Suzanne Lenglen, une sportive Art déco », dans Myriam Boucharenc & Claude Leroy, L'Année 1925 : L’esprit d’une époque, Nanterre, (ISBN 9782821851047, lire en ligne), p. 277-292
  • Philippe Tétart, « Champion androgyne, combattante et danseuse. Portrait flou de Suzanne Lenglen (1913-1923) », International Review on Sport & Violence, vol. 8,‎ , p. 63-82 (ISSN 2105-0953, lire en ligne).

Iconographie

Liens externes

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