Supermarine Seagull (1948)

Supermarine 381 Seagull
Vue de l'avion.
prototype n°1 du Seagull (1948)

Constructeur Drapeau : Royaume-Uni Supermarine
Rôle Hydravion de sauvetage et de reconnaissance
Statut projet abandonné
Premier vol 14 juillet 1948,
Motorisation
Moteur Rolls-Royce Griffon 29
Nombre 1
Type Moteur en ligne
Puissance unitaire 1 815 ch
Dimensions
Envergure 15,40 m
Longueur 13,50 m
Masses
À vide 4 770 kg
Maximale 6 600 kg
Performances
Vitesse de croisière 250 km/h
Vitesse maximale 420 km/h (à 1 450 m)
Plafond 7 300 m
Rayon d'action 1 400 km
Armement
Externe kg de bombes et de charges de profondeur

Le Supermarine type 381 Seagull (Mouette) était un hydravion à coque monomoteur monoplan, conçu pendant la Seconde Guerre mondiale par Supermarine pour équiper la Royal Navy et la Royal Air Force. Deux prototypes furent terminés mais le projet ne déboucha pas sur une production en série.

Origine du projet

Le sauvetage des aviateurs tombés en mer revêtait une grande importance pour la Royal Air Force durant la Seconde Guerre mondiale, permettant de préserver un précieux capital humain pour le renvoyer au combat, ou au contraire en priver l’adversaire, en repêchant avant lui les équipages ennemis abattus et les faisant prisonniers. La RAF se dota de moyens importants pour cette mission, des vedettes rapides et lourdement armées ou des hydravions lorsque l’état de la mer permettait un amerrissage. Environ 7500 aviateurs alliés furent ainsi sauvés en Europe. Les hydravions utilisés étaient de performances modestes : Supermarine Walrus et Supermarine Sea Otter de conception similaire mais un peu plus puissant, qui était censé le remplacer. Tous deux avaient commencé à voler avant-guerre, respectivement en 1933 et 1938.

L’Air Ministry émit donc en 1940 la fiche-programme 12/40 pour un appareil ASR (Air Sea Rescue : sauvetage aérien en mer) destiné à la Fleet Air Arm (FAA). L’appareil devait être très polyvalent : amphibie, capable d’être embarqué sur porte-avions ou navires de ligne, et armé pour d’éventuelles missions de reconnaissance.

Conception

La capacité amphibie exigeait un train d'atterrissage escamotable, et la capacité embarquée nécessitait des ailes repliables. Pour ajouter à la complexité, Supermarine fit le choix d’une voilure à incidence variable, associée à un dispositif hypersustentateur très élaboré : la variation de l’incidence de l’aile (entre 2,5 et 12,5 degrés) entraînait automatiquement l’abaissement des ailerons, qui faisaient aussi office de volets de courbure, et l’ouverture des becs de bord d’attaque. L’appareil décollait donc sur de très courtes distances : sur terre en moins de 250 m, sur l’eau après seulement 16 secondes d’hydroplanage, et sur 100 m depuis un porte-avions croisant à 27 nœuds (50 km/h).

La coque comprenait, de l’avant vers l’arrière :

  • à la proue, un poste de mouillage avec deux bittes d’amarrage escamotables ;
  • le poste de pilotage. Normalement l’avion volait avec un seul pilote, mais il était possible d’installer un second siège et des doubles commandes pour l’entraînement.
  • le poste du navigateur ;
  • une cale accessible par deux larges trappes latérales pour le recueil des naufragés ;
  • une soute, avec un mât de chargement escamotable dans l’étambot du pylone soutenant la voilure ;
  • les empennages. L’empennage horizontal était double et avec un fort dièdre positif. Les dérives, de forme ovale, lui étaient perpendiculaires.

L’appareil était monoplan, à aile parasol. Le robuste pylône de voilure supportait à l’avant le bâti moteur en porte-à-faux, et plus en arrière les pivots d’articulation de la voilure. À l’origine, il devait aussi comporter une tourelle armée de quatre mitrailleuses, mais celle-ci fut abandonnée avec la fin des hostilités.

La stabilité à flot était assurée par deux flotteurs fixes en bout de voilure.

En avril 1943[1], l’Air Ministry commanda trois prototypes, mais comme la priorité était donnée à la production en cours des Sea Otter, le programme avança lentement. Le , les spécifications furent modifiées par l’avenant S.14/44 :

Engagements

Le prototype no 1 vola le , et le no 2 le . Ce dernier subit quelques modifications, comme l’ajout d’une troisième dérive centrale. Le , Les Colquhoun pilotant un Seagull remporta la coupe de la course de l'Air League et battit le record mondial de vitesse pour hydravion amphibie sur 100 km, avec 390 km/h.

Cependant le projet fut abandonné en 1952, car entre-temps des hélicoptères fiables avaient pris la relève des hydravions dans les missions de sauvetage en mer. Supermarine, dont la spécialité était la fabrication d’hydravions avant le Spitfire, ne réalisa plus d’autre appareil de ce type. La compagnie disparut quelques années après : filiale de Vickers-Armstrong depuis 1928, elle fut absorbée par British Aircraft Corporation en 1960 avec ce groupe.

Notes et références

  1. ou mars selon certaines sources

Bibliographie

  • (en) C.F. Andrews et E.B. Morgan, Supermarine Aircraft Since 1914, Londres, Putnam Books Ltd., , 2e éd. (ISBN 0-851-77800-3)
  • (en) William Green, War Planes of the Second World War, vol. 5 : Flying Boats, Londres, Macdonald & Co.(Publishers) Ltd., (ISBN 0-356-01449-5)
  • (en) Peter London, British Flying Boats, Sutton Publishers Ltd., (ISBN 0-7509-2695-3)
  • Roland de Narbonne, « Supermarine 381 Seagull, la mouette variable », Le Fana de l'Aviation, no 470,‎ , p. 46-49.

Voir aussi

Développement lié

Aéronefs comparables

Articles connexes