Studio 54 (discothèque)

Studio 54
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Logo du Studio 54.

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Studio 54 (discothèque)

Le Studio 54 est une ancienne discothèque de New York, située au 254 ouest de la 54e rue, dans une ancienne salle d'opéra construite en 1927, puis studio de télévision de CBS.

Histoire

Créé par Steve Rubell 33 ans à l'époque et avocat de formation, avec Ian Schrager 30 ans[1], assistés par Carmen D'Alessio, le Studio 54 fut ouvert entre et . La discothèque voyait passer toutes les grandes stars du moment et était un haut lieu de la scène underground new-yorkaise. Elle avait rapidement acquis un statut international et la réputation de plus grande boîte de nuit de tous les temps. La musique diffusée était principalement du disco.

Lors de la soirée d'inauguration le 26 avril[1], Carmen d'Alessio, connue pour son carnet d'adresse, envoya 5 000 invitations à travers le monde aux plus grandes stars du moment, avec un cadeau personnalisé pour chacune d'elles. L'événement fut annoncé dans la presse par un simple « il va se passer quelque chose d'énorme ».

Steve Rubell a eu l'idée de réunir sur une même piste de danse les plus grandes stars et les plus « in » des messieurs et mesdemoiselles « tout le monde »[1]. De véritables marées humaines envahissaient l'entrée chaque soirée, dans l'espoir d'avoir l'immense chance d'être choisi(es) par le portier pour rejoindre la piste.

Steve Rubell, qui a donné sa véritable âme à la discothèque, était réputé pour être impitoyable à l'entrée, refusant ou acceptant les célébrités ou les inconnus[1]. Il lui arrivait parfois de laisser sa boîte presque vide avec plus de 5 000 personnes à l'entrée, pour la simple raison qu'à ses yeux, il était préférable d'avoir une soirée presque vide plutôt que de laisser entrer une seule personne mal habillée. Nile Rodgers du groupe Chic en a fait l'expérience : le 31 décembre 1977, il se fait rejeter lui et Bernard Edwards ; ce fait leur inspirera le refrain « Freak Out! le Freak, c'est chic! »[2],[n 1] Ceci dit, la discothèque était les trois quarts du temps pleine à craquer.

La quasi-impossibilité d'y entrer était à ce point connue que lorsqu'ils créèrent les blue jeans Studio 54, le slogan était « Now everybody can get into Studio 54 » : « Maintenant, tout le monde peut entrer dans le Studio 54 » (dans le jeans !)

Temple de la drogue sans complexe, du sexe désinhibé et de tous les excès, c'était le seul endroit à l'époque où il était décent de se laisser aller complètement. Le dernier balcon (vestige de l'ancien théâtre) était réservé aux rencontres sexuelles, et le premier carré VIP du monde (la cave du studio), était encore plus imbibée d'acides, de cocaïne et de LSD que le reste de la boîte. Par exemple, il était courant de faire tomber des ballons du plafond, avec un peu de cocaïne dedans. La cocaïne tombait alors littéralement du ciel et il suffisait de faire exploser les ballons.

David Lachapelle, actuel grand photographe de mode, travaille en tant que serveur dans ce bar mythique, lorsqu'il est étudiant. La liste des VIP fréquentant le lieu reste interminable, avec Dali en manteau de vison, Bianca Jagger parfois presque nue, Karl Lagerfeld costumé, Michael Jakson et Diana Ross mettant l'ambiance ou Marisa Berenson[3].

Lors d'une sévère perquisition la nuit du , révélant une fraude fiscale chiffrée à 2,5 millions de dollars de l'époque et la distribution de toutes sortes de drogues au personnel et aux clients, Rubell et Schrager furent arrêtés et contraints à la fermeture. Cela mettait fin aux 33 mois les plus déments de l'Histoire des discothèques. Les deux protagonistes écopent de treize mois de prison[4]. de Plus tard sont retrouvés un million de $ en liquide et une importante quantité de cocaïne à l'intérieur des murs du Studio[4]. Ils furent néanmoins autorisés à organiser une dernière soirée d'adieu appelée « The End of Modern-day Gomorrah » le .

Le studio fut racheté pour 4,5 millions de dollars par le propriétaire de restaurants et dancings Mark Fleischman et fut rouvert le . Steve Rubell y fut embauché comme directeur artistique. Cependant, les temps avait changé, la folie du disco était passée. L'âme du Studio 54 s'était évaporée, le succès n'était plus au rendez-vous du fait d'une forte concurrence entre discothèques. Il ferma définitivement ses portes en 1986[4]. Il rouvrit brièvement en 1994 après une rénovation qui coûta plusieurs millions de dollars.

Cette discothèque est devenue un véritable modèle pour toutes les grandes discothèques du monde qui ont suivi. Le mélange des stars et des anonymes, le cruel filtrage à l'entrée, les carrés VIP, les baignoires de champagne, l'attitude no limit… sont nés au Studio 54. Ils avaient même déjà compris que refuser certaines stars à l'entrée était bon pour la notoriété du Studio. Rubell avait même été jusqu'à refouler des habitués de la boîte, telle que Cher, parce que ce soir-là, ils avaient commis l'une ou l'autre faute de goût. Bob Colacello écrit que « plus qu'une boite de nuit, ce fut un véritable phénomène sociologique au carrefour de l'ère protestataire de la fin des années 1970 et du règne de l'argent des années 1980 »[1]. « Ce fut le Taj Mahal de la boite de nuit, le Graal discomaniaque, du glam et du strass, les jardins suspendus de la sueur et de la coke…[1] »

Aujourd'hui

Le Studio 54 a été recréé dans l'hôtel-casino MGM Grand de Las Vegas, qui fut un temps le plus grand hôtel du monde.

Hommage

Le film Studio 54, réalisé par Mark Christopher et sorti en 1998, met en vedette Mike Myers, Ryan Phillippe, Salma Hayek et Neve Campbell. Il rend un hommage à ce club légendaire, dont il retrace les grandes étapes. Mal accueilli à sa sortie, tant dans les salles que par les critiques, le film est reconnu plus tard[réf. nécessaire] lorsqu'il est distribué en VHS et en DVD.

Notes

  1. Bernard Edwards et Nile Rodgers du groupe Chic étaient invités à la soirée du nouvel an (1978) par Grace Jones. Arrivés à l'entrée de la discothèque, le videur ne les laisse pas rentrer, sous prétexte qu'il s'agit d'une soirée privée. Les deux membres rétorquent qu'ils ont été invités par Donna Summer, mais le videur ne plie pas. Les deux, infortunés, rentrent alors chez eux énervés et commencent à composer une chanson intitulée Fuck off. Ils trouvent la chanson bonne et décident de la renommer Freak out. Le titre fera du chemin jusqu'à devenir la fameuse chanson Le Freak. Cette dernière sera l'un des plus gros tubes du groupe, symbole de la musique disco.

Références

  1. a, b, c, d, e et f Vignado 2017, p. 124.
  2. « Nile Rodgers, Daft Punk », Obsession, no 10,‎ , p. 59 (ISSN 0029-4713).
  3. Vignado 2017, p. 124 à 125.
  4. a, b et c Vignado 2017, p. 125.

Source

  • Dorane Vignando, « Let's dance ! », L'Obs, no 2770,‎ du 7 au 13 décembre 2017, p. 124 à 125 (ISSN 0029-4713)

Voir aussi

Bibliographie

  • Ian Schragen, Studio 54, 2017, Rizzoli

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