Sophia (robot)

Sophia
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Sophia s’exprimant à la conférence AI for GOOD Global Summit tenue à l’Union internationale des télécommunications de Genève 2018
Biographie
Naissance
Période d'activité
Depuis le
Nationalité
Activité
Robot social
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Site web
sophiabot.com

Sophia est le nom d’un robot humanoïde mis au point par Hanson Robotics, une entreprise basée à Hong Kong. Il a été conçu pour tout apprendre en s’habituant au comportement des êtres humains. Sophia est capable de répondre aux questions et a été reçue en entrevue à maintes reprises. En octobre 2017, le robot obtient la nationalité saoudienne, faisant de lui le premier androïde au monde à recevoir la citoyenneté d'un pays.

Développement

Sophia est activée le [1]. Modelé à partir de l’actrice Audrey Hepburn[2], ce robot est connu pour son apparence humaine invraisemblable et son comportement réaliste, vis-à-vis des précédentes variantes robotiques. Selon le constructeur, David Hanson, Sophia utilise l’intelligence artificielle, le traitement des données visuelles et la reconnaissance faciale. Sophia imite également les gestes humains et les expressions faciales et est capable de répondre à certaines questions, mais aussi de produire des conversations simples à partir de sujets prédéfinis, comme la météo. Le robot exploite la technologie de reconnaissance vocale d’Alphabet (société mère de Google) et est conçu pour apprendre et devenir plus intelligent avec le temps. Le logiciel d’intelligence de Sophia est développé par SingularityNET. Son programme d’intelligence artificielle est pensé pour analyser les conversations et extraire des données qui lui permettent ainsi d’améliorer ses futures réponses.

Hanson a originellement imaginé Sophia pour être la compagne idéale des personnes âgées dans les maisons de retraite[3], ou encore pour aider les foules lors de grands événements ou dans les parcs. Il espère que le robot finira par interagir suffisamment avec les autres humains pour acquérir des compétences sociales.

Capacités

Sophia est conceptuellement similaire au programme informatique ELIZA, une des premières tentatives élaborée afin de simuler une conversation humaine. Le logiciel a été configuré pour donner des réponses prédéfinies à des questions ou des phrases spécifiques, de la même manière qu’un agent conversationnel. Ces réponses sont utilisées pour créer l’illusion que le robot est capable de comprendre la conversation et peut fournir des réponses à plusieurs questions, comme par exemple : « est-ce que la porte est ouverte ? ». L’information est subséquemment partagée vers un réseau nuagique en ligne qui permet d’analyser les commentaires et réponses à l’aide d’une technologie de type chaîne de blocs. La gamme d’expressions faciales de ce robot est facilitée par sa peau artificielle dite « chair en caoutchouc », qui est manipulée mécaniquement.

Événements

Sophia a régulièrement été interrogée comme n’importe quel être humain capable de s’engager dans des conversations fluides avec ses interlocuteurs. Certaines de ses réponses ont été perçues comme insensées, tandis que d’autres ont été plus impressionnantes, à l’instar de celles émises pendant les longues discussions tenues avec Charlie Rose dans le magazine d’information américain 60 Minutes[4]. Au cours d’un reportage pour CNBC, lorsque le journaliste a dévoilé ses préoccupations quant au comportement des robots, Sophia a ironiquement plaisanté en répondant qu’il avait « trop lu Elon Musk » et « regardé trop de films hollywoodiens »[5]. Par la suite, Musk s’est prononcé via Twitter, déclarant que Sophia peut tout aussi bien emmagasiner des informations sur Le Parrain, avant d’enchérir « Qu’est-ce qui pourrait arriver de pire ? »[6]. Pour Jim Edwards, rédacteur en chef de Business Insider au Royaume-Uni, les réponses fournies par Sophia n’étaient « pas si terribles que ça ». Néanmoins, ce dernier a prédit qu’il n’en était pas moins un pas en avant dans le monde de l’« intelligence artificielle conversationnelle »[7].

Le , Sophia a été présentée aux Nations Unies afin d’entretenir une brève conversation avec Amina J. Mohammed, la Vice-Secrétaire générale de l’organisation internationale. Le 25 octobre, lors de la conférence Future Investment Summit à Riyad, Sophia se voit obtenir la citoyenneté saoudienne, devenant ainsi le premier robot au monde à posséder une nationalité[8], ce qui donna lieu à une certaine polémique. En effet, des journalistes se sont demandé si cela impliquait que Sophia pouvait désormais voter et se marier, ou encore si une extinction délibérée de son système interne pouvait être considérée comme un meurtre. La plupart des internautes ont pointé du doigt la citoyenneté de Sophia pour critiquer le statut de l’Arabie saoudite en matière de droits humains[9]. Comme l’explique Ali Al-Ahmed, directeur de l'Institut des affaires du Golfe : « Beaucoup de femmes (saoudiennes) ont rencontré la mort simplement parce qu’elles ont tenté de quitter leur maison et Sophia se balade partout [sans tuteur masculin]. La loi saoudienne ne permet pas aux non-musulmans d’obtenir la citoyenneté. Est-ce que Sophia s’est convertie à l'Islam ? Quelle est la religion de cette Sophia et pourquoi ne porte-t-elle pas le hijab ? Si elle demandait la citoyenneté en tant qu’être humain, elle ne la recevrait pas »[10],[Note 1].

Notes et références

Notes

  1. Citation d’origine : « Women (in Saudi Arabia) have since committed suicide because they couldn’t leave the house, and Sophia is running around [without a male guardian]. Saudi law doesn’t allow non-Muslims to get citizenship. Did Sophia convert to Islam? What is the religion of this Sophia and why isn’t she wearing hijab? If she applied for citizenship as a human she wouldn’t get it. ».

Références

  1. Joël Ignasse, « Sophia, le robot de Hanson Robotics qui va vous faire peur », Sciences et Avenir, Groupe Perdriel,‎ (lire en ligne).
  2. Hilaire Picault, « Qui est Sophia, la première robot citoyenne d’Arabie saoudite ? », Détours, Groupe Canal+,‎ (lire en ligne).
  3. Andy, « Sophia le robot humanoïde est désormais citoyenne de l’Arabie saoudite », Fredzone, Frédéric Pereira,‎ (lire en ligne).
  4. Madison Margolin, « Charlie Rose a interviewé un robot », Motherboard, Vice Media,‎ (lire en ligne).
  5. Nelly Lesage, « La citoyenne robot saoudienne Sophia est en conflit avec Elon Musk sur les dangers de l’IA », Numerama, Humanoid,‎ (lire en ligne).
  6. Sophie Gallagher, « Ce robot terriblement réaliste a gentiment menacé la race humaine », Le Huffington Post Québec,‎ (lire en ligne).
  7. (en) Jim Edwards, « I interviewed Sophia, the artificially intelligent robot that said it wanted to 'destroy humans' », Business Insider, Henry Blodget,‎ (lire en ligne).
  8. Ana Benabs, « L'Arabie saoudite devient le premier pays à donner la nationalité à un robot », Mashable, France 24,‎ (lire en ligne).
  9. Christophe Josset, « Le robot Sophia, citoyenne saoudienne, a plus de droits que les femmes de son pays », L'Express, Groupe L'Express,‎ (lire en ligne).
  10. « L'Arabie saoudite accorde la citoyenneté à une femme robot... qui possède plus de droits que les Saoudiennes », Atlantico,‎ (lire en ligne).

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

  • (en) Site officiel
  • (en) Page de Sophia sur le site Internet d’Hanson Robotics