Sonia Rykiel

Sonia Rykiel
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Sonia Rykiel en 2009.

Alias
La Reine du tricot
Naissance
Paris
Décès (à 86 ans)
Paris
Nationalité Française
Pays de résidence France
Profession
Descendants
Chapeaux melon féminins par Sonia Rykiel en 2008.
Robe sans manches (à gauche) et robe avec manches (à droite) en tricot par Sonia Rykiel en 2008.

Sonia Rykiel, née Sonia Flis le à Paris et morte le dans sa ville natale, est une grande couturière et designer française. Fondatrice de la maison de couture Sonia Rykiel, surnommée « la reine du tricot », inventrice de la « démode », elle a fait l'apologie du noir et des rayures, inventé les coutures à l'envers, l'absence d'ourlets et de doublures, les premiers joggings sophistiqués en velours, les messages inscrits et surtout la maille qui épouse le corps des femmes[1].

Biographie

Origines

Issue d'un milieu bourgeois et intellectuel d'origine juive, Sonia est née le 25 mai 1930 à Paris d'un père russe et roumain et d'une mère polonaise tous deux juifs [2]. Sonia est l'aînée de 5 enfants[3].

Débuts et famille

En 1948, elle est étalagiste à la Grande Maison de Blanc. En 1954, elle se marie avec Sam Rykiel, propriétaire de Laura, une boutique de confection vestimentaire du 14e arrondissement de Paris[4]. C'est dans cette boutique sise au 104 de l’avenue du Général Leclerc qu'elle crée ses premiers pull-overs. Elle aura avec lui deux enfants (Nathalie en 1955 et Jean-Philippe en 1961)[5],[1] .

Consécration et parcours

Le pull

Le pull-over est le vêtement emblématique de cette créatrice de mode.

En 1960, un de ses pulls fait la une du magazine Elle. Audrey Hepburn, de passage à la boutique Laura, s'offre à cette époque 14 pulls signés Sonia Rykiel (le poor boy sweater) de toutes les couleurs[6],[7].

En 1962, lorsque Sonia Rykiel demande à l'un des fournisseurs de son mari (qui est alors propriétaire d'une boutique) de lui confectionner un pull court, ajusté et d'un gris discret et après de nombreux échanges entre Venise et Paris, le vêtement sera enfin tel que l'avait imaginé Sonia Rykiel. C’est cette création, prévue pour elle seule à l'origine, qui provoquera sa vocation[8].

Société et « démode »

En 1965, Sam Rykiel l'aide à créer la société Sonia Rykiel C.D.M.

Consacrée en 1967 par le magazine américain Women's Wear Daily « Reine du tricot dans le monde », elle invente rapidement les coutures à l’envers, le « pas d’ourlet », le « pas doublé » au nom d’une nouvelle philosophie de la mode : « la démode »[1]. Elle crée un style aux éléments indentifiables et dont les mots clés sont le noir, les rayures, la dentelle, le strass, la maille et les messages écrits sur les pulls.

En dépit de son divorce d'avec Sam Rykiel, elle fonde avec celui-ci, en mai 1968, la griffe Sonia Rykiel et ouvre sa première boutique à Paris, au 6 rue de Grenelle sur la Rive gauche[1].

Ses créations sont associées à l’image d’une Parisienne « féminine, libre, sensuelle et indépendante »[9],[10].

On lui doit par ailleurs la décoration intérieure de l'hôtel de Crillon en 1972 et du Lutetia en 1985[11].

En 1973, elle est élue vice-présidente de la chambre syndicale de la couture de la Fédération française de la couture, du prêt-à-porter des couturiers et des créateurs de mode.

En 1977, elle dessine une panoplie de trois modèles pour la grande diffusion avec le catalogue des 3 Suisses. Elle sera la première des créateurs de mode à initier ce type de collaboration[12].

En 1978, un premier parfum féminin, est créé : 7e sens.

En 1983, c’est la naissance de la collection Sonia Rykiel Enfant sous l'impulsion de sa fille Nathalie Rykiel[1].

En 1989, apparition de la ligne Inscription Rykiel, une autre ligne de prêt-à-porter à des prix plus doux rebaptisée en 1999 Sonia By Sonia Rykiel. L’année suivante ce sera la sortie de la ligne hommes, accessoires et prêt-à-porter[6].

En 1992, création de Sonia Rykiel chaussure et des accessoires[1].

En 2000, elle travaille en collaboration avec le metteur en scène Elie Chouraqui sur son spectacle Les Dix Commandements où elle créa tous les costumes.

En 2008, une grande soirée célèbre la réouverture de la boutique du 175 boulevard Saint-Germain, inaugurée par le maire de Paris, Bertrand Delanoë.

Un défilé anniversaire célébrant les 40 ans de la Maison rend hommage à Sonia Rykiel. Les trente plus influents créateurs de mode internationaux offriront leur vision de la femme Rykiel et leurs créations clôtureront le défilé spectacle organisé par Nathalie Rykiel au parc de Saint Cloud. À cette occasion, la griffe et les créations de Sonia Rykiel sont mises à l’honneur au Musée des Arts Décoratifs de Paris, du 20 novembre 2008 au 20 avril 2009 dans l’exposition « Sonia Rykiel, Exhibition ».

Maladie et décès

Elle se sait atteinte de la maladie de Parkinson depuis la fin des années 1990. Elle aborde publiquement ce sujet pour la première fois en 2012 dans un livre N'oubliez pas que je joue[13], écrit en collaboration avec la journaliste Judith Perrignon[14].

Elle meurt le à l'âge de 86 ans, des suites de cette maladie[15].

Elle est enterrée au cimetière du Montparnasse à Paris.

Les parfums

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  • 1978 : 7e sens
  • 1991 : Création de la société Sonia Rykiel Parfum[1].
  • 1993 : Sonia Rykiel Le Parfum
  • 1997 : Sonia Rykiel
  • 1998 : L'Eau de Sonia Rykiel
  • 1999 : Rykiel Homme
  • 2000 : Rykiel Rose
  • 2003 : Rykiel Grey, Rykiel Woman Not for Men!
  • 2005 : Rykiel Woman Not for Men!, eau de toilette.

L'entreprise

Sonia Rykiel Cdm, 175 Boulevard Saint Germain à Paris, a réalisé un chiffre d'affaires de 83 millions d'euros en 2012 (les bilans ultérieurs n'ont pas été publiés) et emploie 365 personnes dans 27 établissements[16]. Sonia Ryckiel Cdm est dirigée par Jean Marc Loubier également aux commandes de la maroquinerie Delvaux.

Le 26 octobre 2016, Sonia Ryckiel Cdm, dont l'actionnaire unique est le fonds d'investissement Chinois First Heritage Brands, dévoile un plan de licenciements concernant le 1/4 de son effectif[17],[18],[19]

Le site, par contre, est géré par The Other Store 11 rue de Poissy Paris - Chiffre d'affaires 2015 19 million d'euros. Elle emploie 41 personnes[20],[21].

La relève

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Mannequin pour Sonia Rykiel dès 1976, sa fille Nathalie Rykiel se consacre ensuite à la mise en scène des défilés de la marque. Mère de trois filles, elle crée Rykiel Enfant en 1983.

En 1993, elle collabore avec Robert Altman pour son film Prêt-à-Porter.

En 1995, elle est nommée directrice générale et directrice artistique, puis en 2007, présidente de "Sonia Rykiel".

En 2002, elle crée Rykiel Woman, un concept inédit où les sex-toys côtoient les vêtements au cœur de Saint-Germain-des-Prés.

En 2012, elle décide d'adosser la maison familiale au groupe hongkongais First Heritage Brands et quitte ses fonctions exécutives pour devenir vice-présidente du nouveau conseil d'administration.

En janvier 2016, elle démissionne de ses fonctions, mais reste consultante de Sonia Rykiel.

Nathalie Rykiel est l'auteure de Tu seras une femme ma fille (Calmann-Lévy, 2010), de L'Elégance (Autrement, 2013) et de 4 décembre (Plon, 2015).

Publications

  • 1979 : Et je la voudrais nue, éditions Grasset.
  • 1988 : Célébration 20 ans de mode, éditions des femmes.
  • 1989 : La collection, éditions Grasset.
  • 1993 : Tatiana, acacia, livre de contes pour enfants, illustré par Charles Matton, éditions Flammarion 4.
  • 1994 : Collection terminée, Collection interminable, Éditions Flammarion.
  • 1996 : Les lèvres Rouges, roman, éditions Grasset (éditions Kodansha, Japon, 2000).
  • 1999 : Paris sur les pas de Sonia Rykiel, éditions Garde Temps (éditions Shueisha, Japon, 2000).
  • 2005 : L'envers à l'endroit, éditions Fayard.
  • 2005 : Casanova était une femme, correspondance entre Sonia Rykiel et Régine Deforges, illustré par Claire Bretécher, éditions Calmann-Lévy.
  • 2007 : Préface du livre de la Brasserie Lipp
  • 2009 : Sonia Rykiel exhibition, sous la direction d'Olivier Saillard, Paris, Les Arts Décoratifs, 2008, à l'occasion de l'exposition du musée de la Mode et du Textile, 19 novembre 2008-19 avril 2009. (ISBN 978-2-916914-09-1)
  • Dictionnaire déglingué, éditions Flammarion (ISBN 978-2-0812-7178-4)
  • 2012 : N'oubliez pas que je joue, coécrit avec Judith Perrignon, éditions de l'Iconoclaste.

Filmographie

Honneurs et distinctions

  • 1967 : Sonia Rykiel est sacrée « Reine du tricot » dans le monde par le magazine américain Women’s Wear Daily.
  • 1986 : le Fashion Group International de New York lui remet un Oscar et lui rend hommage pour avoir contribué, par son extraordinaire créativité et professionnalisme, à l’épanouissement de la mode à travers le monde.
  • 1993 : le ministre de la Culture, Jack Lang, lui remet les insignes d’Officier de l’ordre des Arts et des Lettres.
  • 1994 : elle reçoit l’Award for Design Excellence du Chicago Historical Society’s Costume Committee.
  • 1996 : le ministre de la Culture, Philippe Douste-Blazy lui remet les insignes d’Officier de l’ordre national de la Légion d’Honneur.
  • 1997 : elle reçoit le Trophée Whirlpool des Femmes en or, catégorie Mode.

La société The Star Group organise un sommet réunissant les plus grandes femmes d’affaires à travers le monde, « Leading Women Entrepreneurs of the World ». Sonia Rykiel est l’une des deux françaises parmi les 50 femmes honorées lors de cette soirée organisée à l’Ambassade des États-Unis à Paris.

  • 1998 : le magazine Madame Figaro publie une série intitulée « Les dix femmes qui font bouger le monde ». Un chapitre est consacré à Sonia Rykiel.
  • 2001 : le 24 octobre à New York, lors de la 18e Night of Stars du Fashion Group International, Sonia Rykiel et Nathalie Rykiel reçoivent des mains de Robert Altman le Fashion Award qui récompense les « dynasties familiales » reconnues dans le monde entier.

Elle est décorée, en décembre, par Laurent Fabius, ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, au grade de Commandeur de l’ordre national du Mérite.

  • 2002 : le 28 juin, lors du Trophée des Ambassadeurs, cérémonie honorant plusieurs personnalités françaises dont la passion pour les grands vins est reconnue, elle est intronisée Premier ambassadeur de Bordeaux par Alain Juppé, maire de la ville.

Le 10 mai, l’Association des Amis du Musée de Tel-Aviv lui décerne le titre de « Femme de l’année » lors d’un gala organisé à l’hôtel Four Seasons de Milan.

  • 2003 : Sonia Rykiel participe en tant que présidente du jury consacré à la mode aux journées du HCI (Haut Conseil à l’Intégration) qui distinguent dans plusieurs disciplines de jeunes talents issus de l’immigration.

Elle milite pour la cause des handicapés aux côtés d’autres personnalités telle Julia Kristeva en participant au Conseil National du Handicap. Sonia Rykiel soutient l’APAJH, l’association pour adultes et jeunes handicapées, et dessine la fleur symbole vendue au profit de l’association.

  • 2008 : le 14 juillet, Sonia Rykiel est promue Commandeur de l’ordre national de la Légion d’Honneur[22].
  • 2012 : le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand lui décerne les insignes de Commandeur de l'Ordre des Arts et des Lettres. Elle reçoit également la grande médaille de vermeil de la Ville de Paris[23].
  • 2013 : le 15 mai, elle est élevée à la dignité de grand officier de l'ordre national du Mérite[24].
  • 2014 : le 6 mars, Sonia Rykiel reçoit le Prix d'honneur du Festival de Nohant (lectures musicales Chopin et George Sand)

Notes et références

  1. a, b, c, d, e, f et g Philippe Dayan, « Dans les coulisses de Sonia Rykiel », Les Échos, no 30,‎ , p. 58
  2. « Sonia Rykiel - Biography — JewAge », sur www.jewage.org (consulté le 25 août 2016)
  3. « Sonia Rykiel: Mode et Design », ina.fr, 30 décembre 1989.
  4. Olivier Wicker, « De fille en aiguille », sur liberation.fr,‎
  5. « Biographie Sonia Rykiel Créatrice de mode, Présidente de société », sur whoswho.fr (consulté le 25 août 2016)
  6. a et b « Joyeux anniversaire Sonia Rykiel ! », sur Vogue,‎
  7. À noter que 1960 est aussi l'année de la chanson de Léo Ferré, Jolie Môme (« T'es toute nue sous ton pull... »
  8. (en) Susannah Frankel, Visionaries : interviews with fashion designers, V&A, , p. 26
  9. « Mort de Sonia Rykiel, la couturière qui a libéré le pull », sur radiovl.fr,‎ (consulté le 25 août 2016)
  10. lesoir.be, « Nathalie Rykiel: «L’élégance, un mythe à casser» », sur lesoir.be (consulté le 25 août 2016)
  11. « "La reine du tricot" Sonia Rykiel est morte à l'âge de 86 ans », sur francetvinfo.fr,‎ (consulté le 25 août 2016)
  12. « Sonia Rykiel : l'histoire mode de la marque, ses derniers défilés - Elle », sur elle.fr (consulté le 25 août 2016)
  13. « Livres : "N'oubliez pas que je joue" de Sonia Rykiel », RTL,‎ (lire en ligne)
  14. Élodie Lepage, « Bas le masque », Le Nouvel Observateur, no 2477,‎ , p. 136 (ISSN 0029-4713, lire en ligne)
  15. LeHuffPost avec l'AFP, « Sonia Rykiel est morte: la grande couturière est décédée à l'âge de 86 ans » sur Le Huffington Post, 25 août 2016
  16. « SONIA RYKIEL CDM (PARIS 6) Chiffre d'affaires, résultat, bilans sur SOCIETE.COM - 652040817 », sur www.societe.com (consulté le 26 octobre 2016)
  17. lefigaro.fr, « Sonia Rykiel prévoit de supprimer un quart de ses effectifs », Le Figaro, (lire en ligne)
  18. « Des suppressions de postes chez Sonia Rykiel ? », , (lire en ligne)
  19. « Sonia Rykiel envisage de supprimer 79 postes », 20minutes.fr,‎ (lire en ligne)
  20. « THE OTHER STORE (PARIS 5) Chiffre d'affaires, résultat, bilans sur SOCIETE.COM - 508514494 », sur www.societe.com (consulté le 26 octobre 2016)
  21. « SONIA RYKIEL | Site et E-shop Officiel », sur www.soniarykiel.com (consulté le 26 octobre 2016)
  22. Décret du 11 juillet 2008 publié au JO du 13.
  23. (fr) « Sonia Rykiel médaillée pour l'ensemble de son parcours », sur journaldesfemmes.com (consulté le 30 juin 2016)
  24. « Décret du 14 mai 2013 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier », sur legifrance.gouv.fr (consulté le 25 août 2016)

Liens externes

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