Sonia Lagarde

Sonia Lagarde
Illustration.
Fonctions
Maire de Nouméa
En fonction depuis le
(4 ans, 5 mois et 6 jours)
Prédécesseur Jean Lèques
Députée française

(5 ans)
Élection 17 juin 2012
Circonscription 1re de Nouvelle-Calédonie
Législature XIVe
Groupe politique UDI
Prédécesseur Gaël Yanno
Successeur Philippe Dunoyer
3e vice-présidente de l'Assemblée de la Province Sud

(2 ans, 5 mois et 25 jours)
Président Pierre Frogier
Prédécesseur Christiane Gambey
Successeur Cynthia Ligeard
1re vice-présidente de l'Assemblée de la Province Sud

(4 ans, 11 mois et 26 jours)
Président Philippe Gomès
Prédécesseur Pierre Bretegnier
Successeur Éric Gay
Biographie
Nom de naissance Sonia Boyer
Date de naissance (70 ans)
Lieu de naissance Nouméa (Nouvelle-Calédonie)
Nationalité Française
Parti politique Calédonie ensemble (jusqu'en 2018)
UDI (jusqu'en 2018)
REM (depuis 2018)
Profession Speakerine, mannequin, commerçante
Maires de Nouméa

Sonia Lagarde, née Boyer le à Nouméa, est une femme politique française néo-calédonienne. Elle est membre de La République en marche (LREM).

Non-indépendantiste, elle a été une figure de plusieurs partis divers droite d'opposition au Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR, devenu à partir de 2004 le Rassemblement-UMP) : Une Nouvelle-Calédonie pour tous (UNCT) de 1995 à 1999, l'Alliance de 1999 à 2004, l'Avenir ensemble de 2004 à 2008 et Calédonie ensemble de 2008 à 2015.

Membre du Congrès de la Nouvelle-Calédonie de 1995 à 2012 et vice-présidente de l'Assemblée de la Province Sud de 2004 à 2011, elle est élue députée dans la 1re circonscription (Nouméa, Île des Pins, Îles Loyauté) le  ; à l'Assemblée nationale, elle siège au sein du groupe de l'Union des démocrates et indépendants (UDI). Après avoir été chef de l'opposition municipale à la majorité du maire Jean Lèques à Nouméa, elle devient maire de la ville à la suite de sa victoire à l'élection municipale de 2014.

Origines familiales et enfance

Sonia Lagarde est la fille unique d'Yves Boyer (né le ) et de Marguerite Boucher (née le )[1],[2],[3].

Du côté paternel, elle est la petite-fille de François Marie Boyer (peut-être 1876-1931), gardien de prison d'origine bretonne, natif de Saint-Jean-Brévelay dans le Morbihan, et de son épouse, Blanche Eugénie Martin (1891-1963)[4], pour sa part native de Nouméa et fille d'un Franc-comtois et d'une Bretonne. Yves Boyer, le père de Sonia Lagarde, est leur troisième fils et septième enfant sur neuf[5]. Il s'engage comme volontaire dans le Bataillon du Pacifique (« le plus jeune », d'après Sonia Lagarde[2]) en , pour la Syrie[6]. Il est ensuite fonctionnaire, installé avec sa famille dans le quartier des Volontaires à la Vallée du Tir, où sa fille unique Sonia va grandir[7].

Du côté maternel, elle est la petite-fille de Henri Thomas Boucher (1863-1945), originaire de Parsac dans la Creuse, ancien militaire dans la cavalerie condamné et envoyé au bagne de Nouvelle-Calédonie où il arrive par le Navarin du (53e convoi). Il est libéré en 1893 et s'installe alors comme scieur de long à Farino. Il y épouse en 1909 Ida Vincent (née en 1893), fille d'un autre libéré, Augustin Vincent (1847-1922), originaire de Réparsac en Charente, pour sa part concessionnaire installé sur la section de Thia à La Foa. Ils ont ensemble neuf enfants, dont Marguerite Boucher, la mère de Sonia Lagarde, est le huitième et avant-dernier[8]. Devenue Marguerite Boyer, elle gère un « milk-bar » donnant sur la place des Cocotiers, au centre-ville de Nouméa.

Sonia Lagarde a épousé Louis « Nounoune » Lagarde, médecin généraliste de Nouméa et militant fondateur de l'éphémère Fédération radicale de Nouvelle-Calédonie dans les années 1970, avec qui elle a eu un fils, Louis Lagarde[2], né le , archéologue travaillant sur la préhistoire néo-calédonienne et tout particulièrement sur l'industrie lithique et le matériel de coquillage, attaché de conservation à l'Institut d'archéologie de la Nouvelle-Calédonie et du Pacifique (IANCP) depuis 2006 et enseignant vacataire puis maître de conférences en « Arts et archéologie des mondes anciens » à l'Université de la Nouvelle-Calédonie depuis 2011[9].

Carrière professionnelle

Après un séjour en Australie qui lui a permis de perfectionner son anglais[7], Sonia Lagarde, sous son nom de jeune-fille (Boyer), a été l'une des premières speakerine de la radio-télévision publique locale en Nouvelle-Calédonie (ORTF Radio et Télé Nouméa puis FR3-Nouvelle-Calédonie)[10]. Elle devient ensuite mannequin, avant de lancer un commerce de vente de prêt-à-porter féminin dans le centre-ville de Nouméa.

Carrière politique

Engagement provincial et territorial

Les débuts aux côtés de Didier Leroux

Membre de plusieurs associations, notamment du syndicat des commerçants, durant les années 1980 et 1990, elle est d'abord militante (mais non élue) du parti historique de l'opposition à l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, le Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR) du député Jacques Lafleur, fondé en 1977 et qui constitue la première force du territoire à partir de 1989. Elle entre véritablement en politique en 1995 lorsque, avec Didier Leroux et d'autres dissidents du RPCR, elle participe à la constitution du mouvement « Une Nouvelle-Calédonie pour tous » (UNCT). Cette nouvelle formation sert alors surtout à réunir certaines figures du RPCR déçues par la décision de Jacques Lafleur de soutenir la candidature d'Édouard Balladur à l'élection présidentielle de 1995 et qui décident quant-à-eux d'appeler à voter pour Jacques Chirac. Et Sonia Lagarde apparaît depuis comme une fidèle chiraquienne, soutenant à nouveau ce dernier en 2002 alors que Didier Leroux soutenait lors de ce scrutin François Bayrou.

Lors des élections provinciales du , elle est élue une première fois membre du Congrès du Territoire et de l'Assemblée de la Province Sud, en troisième position sur la liste UNCT emmenée par Didier Leroux qui a obtenu 17,53 % des suffrages et 7 des 32 sièges à pourvoir. Elle est réélue le 9 mai 1999, sous l'étiquette de l'Alliance, nom du nouveau parti fondé en 1999 par Didier Leroux par la fusion de l'UNCT avec d'autres petits mouvements anti-indépendantistes et anti-Lafleur (la Fédération pour une nouvelle société calédonienne du maire de Bourail Jean-Pierre Aïfa, Calédonie Demain du maire de Dumbéa Bernard Marant et Développer ensemble pour construire l'avenir du maire de Koumac Robert Frouin). Elle est une nouvelle fois la troisième sur la liste menée par Didier Leroux en Province Sud, qui réalise toutefois un score moins important que quatre ans auparavant, retombant à 9,74 % des suffrages exprimés et 4 élus sur 40 à l'Assemblée de la Province Sud, dont 3 sur les 32 également envoyés au Congrès.

Une figure de l'Avenir ensemble

En 2004, elle participe avec le reste de l'Alliance à la liste Avenir ensemble, formée avec des dissidents plus récents du RPCR (Marie-Noëlle Thémereau qui en est la tête de liste, Harold Martin, Philippe Gomès) en Province Sud. Cette formation finit par obtenir la victoire aux élections provinciales du en Province Sud (33,89 % des suffrages, 19 sièges sur 40 dont 15 des 32 envoyés au Congrès) : Sonia Lagarde, cinquième candidate de la liste, est donc réélue dans ces deux assemblées mais devient également l'une des figures de la nouvelle majorité. Elle accède le 14 mai suivant le scrutin à la fonction de 1re vice-présidente de l'Assemblée provinciale du Sud, aux côtés de Philippe Gomès qui en est le nouveau président à la place de Jacques Lafleur. Lorsque l'Avenir ensemble se transforme officiellement en nouveau parti politique le , Sonia Lagarde en est l'un des dix « membres fondateurs » qui en constituent le premier bureau exécutif (avec Marie-Noëlle Thémereau, Harold Martin qui devient le 1er octobre suivant le premier président de ce mouvement, Didier Leroux, Philippe Gomès, Philippe Michel, Éric Babin, Isabelle Ohlen, Alain Descombels et Bernard Nénou)[11]. Au Congrès, elle est notamment le rapporteur du projet de loi du pays portant création des allocations familiales de solidarité servies par le régime des prestations familiales de solidarité et diverses dispositions d'ordre social, adopté le .

Soutien de Philippe Gomès et Calédonie ensemble

À partir de 2007, comme une majorité des élus du parti à la Province Sud, elle soutient Philippe Gomès dans la rivalité interne à l'Avenir ensemble qui l'oppose à Harold Martin et Didier Leroux, essentiellement au sujet de la stratégie à adopter après les échecs électoraux subis lors des élections législatives (les second prônant un rapprochement ou tout du moins une confrontation moins poussée avec le Rassemblement-UMP, nouveau nom du RPCR, tandis que le président de la Province Sud et ses partisans prônent au contraire de rester strictement fidèle au programme et à l'esprit de la campagne de 2004)[12]. Le , la division est définitivement consommée puisque les pro-Philippe Gomès, dont Sonia Lagarde, annoncent alors leur démission collective de l'Avenir ensemble, pour fonder le 11 octobre suivant un nouveau parti baptisé Calédonie ensemble[13]. Membre de son comité exécutif provisoire, Sonia Lagarde en anime le la troisième « rencontre citoyenne » sur le programme pour les élections provinciales de 2009, consacrée à l'environnement[14], puis fait partie des 17 personnalités élues le par le Comité directeur du mouvement pour former une direction collégiale[15].

Aux élections provinciales du , Sonia Lagarde est 2e sur la liste Calédonie ensemble en Province Sud, venant juste après Philippe Gomès[16]. Elle obtient le deuxième meilleur score, derrière celle du Rassemblement-UMP de Pierre Frogier mais assez loin devant l'alliance entre l'Avenir ensemble et le Mouvement de la diversité (LMD, parti du sénateur Simon Loueckhote, dissident du Rassemblement-UMP en 2006 puis du Rassemblement pour la Calédonie de Jacques Lafleur en 2008), avec 23,6 % des suffrages exprimés et 11 sièges sur 40 (dont 9 sur les 32 envoyés également au Congrès)[17]. Aucun parti ne disposant de majorité nette ni à l'Assemblée de la Province Sud, ni au Congrès, les trois listes non-indépendantistes arrivées en tête (le Rassemblement-UMP, Calédonie ensemble et l'Avenir ensemble-LMD) décident de passer un accord de majorité (dit de l'« Entente républicaine ») et de partage des responsabilités : Pierre Frogier devient président de l'Assemblée de la Province Sud, Harold Martin celui du Congrès et Philippe Gomès celui du gouvernement. Ce partage se poursuit dans le choix le des vice-présidences de l'Assemblée provinciale : Calédonie ensemble en obtient deux, la 2e et la 3e, respectivement pour Philippe Gomès et Sonia Lagarde, qui reste donc membre de l'exécutif du Sud, tandis que la 1re revient au Rassemblement-UMP Éric Gay[18]. Elle est alors réélue vice-présidente par 34 voix contre 4 à la candidate FLNKS Odette Moindou et 2 bulletins blancs (ceux du RPC de Jacques Lafleur)[19]. Elle obtient du nouveau président provincial délégation permanente de signatures pour l'action sociale, la culture, les actions relevant du bureau de l'image et de l'aide au tournage et la condition féminine[20]. Elle est également portée à la présidence du GIE « Nouvelle-Calédonie Tourisme Point Sud » (NCTPS), chargé de la promotion touristique de la destination Province Sud mais aussi de l'ensemble de la Nouvelle-Calédonie sur les marchés extérieurs, en partenariat avec les professionnels du secteur[21]. Dans ces responsabilités, elle s'oppose, en vain, aux coupes des dépenses décidées dans les secteurs culturels et touristiques, militant plutôt pour un équilibre budgétaire par une augmentation des recettes de la Province Sud, notamment par une modification de la clé de répartition[22],[23].

En 2011, Calédonie ensemble passe totalement dans l'opposition au Rassemblement-UMP allié à l'Avenir ensemble. Par conséquent, le , Pierre Frogier démissionne de la présidence de l'Assemblée de la Province Sud, afin de provoquer un renouvellement du bureau le 9 novembre suivant : Sonia Lagarde comme Philippe Michel perdent alors leurs postes de vice-présidents, tout en ayant été ce jour-là candidats à la présidence face à Pierre Frogier pour la première et à la 1re vice-présidence face à Alain Lazare pour le second (tous deux ont réuni 13 voix, soit les 11 de leur parti et les 2 de l'UDC, contre 21 à leurs adversaires)[24].

Chef de l'opposition municipale à Nouméa

Elle s'est engagée dans la vie politique nouméenne. Ainsi, en 2001, elle présente une liste baptisée « Nouméa, c'est capital"e" » unissant des personnalités de son parti Alliance, mais aussi d'autres du Mouvement pour la France (MPF) local et des personnalités de la société civile. La liste RPCR du maire sortant Jean Lèques est réélu dès le 1er tour, avec 53,39 % et 39 élus sur 49, mais « Nouméa, c'est capital"e" » réalise alors un assez bon score pour une première tentative dans ce bastion RPCR avec 22,54 % des suffrages et 5 élus (dont 3 de l'Alliance qui rejoindront plus tard l'Avenir ensemble et 2 MPF) et Sonia Lagarde devient alors la principale chef de l'opposition au conseil municipal. Toutefois, en 2006, les 2 élus MPF ont fait sécession du groupe « Nouméa c'est capital"e" » pour critiquer la position de l'Avenir ensemble au sujet du corps électoral[25] (le MPF s'opposant à toute restriction du corps électoral et donc à fortiori au principe de corps gelé, tandis que l'Avenir ensemble, tout en marquant son attachement au principe « un citoyen français, une voix », soutenait à demi-mot le gel du corps électoral en mettant en avant l'engagement qui aurait pris par l'État et le RPCR au Comité des signataires de 2003).

Pour les élections municipales de 2008, elle est désignée le 12 décembre 2007 candidate de l'Avenir ensemble par acclamation lors de primaires qui l'opposaient à deux autres personnalités du parti (Alain Descombels et Frédéric de Greslan) qui sont intégrées à sa liste[26]. Celle-ci reprend pratiquement le même nom qu'en 2001, à savoir « Changer, c'est capital ». L'un des projets phares de son programme est alors la création d'un tramway reliant les banlieues nord du Grand Nouméa, et notamment Dumbéa, au centre-ville nouméen afin de désengorger les flux de circulations automobiles[27]. Elle met aussi l'accent sur l'environnement (avec la proposition de créer un label « écoquartier », l'idée de développer le tri sélectif ou encore la mise en place d'une « brigade verte » pour sensibiliser les populations)[28], sur la sécurité (avec le développement d'une police municipale « de proximité » ou encore de punir les délinquants par des travaux d'intérêt général)[29].

Au 1er tour le elle arrive à la seconde position avec 24,74 % des suffrages, donc assez loin derrière celle Rassemblement-UMP du maire sortant Jean Lèques (43,49 %), mais pour la première fois ce dernier n'est pas réélu dès le premier tour, du fait du nombre important de listes présentées (sept en tout, dont quatre ouvertement anti-indépendantistes, deux seulement indépendantistes et une « accordiste »). Entre les deux tours, un rapprochement est un temps envisagé avec la liste « Nouméa, la diversité en mouvement » du sénateur et encore président à l'époque du RPC Simon Loueckhote, arrivé en troisième position avec 12,53 % des voix et lui aussi qualifié pour le second tour, mais ce dernier a finalement refusé la fusion afin de « marquer le paysage politique et être encore là demain »[30]. Le deuxième tour le prend donc la forme d'une triangulaire dont Jean Lèques et sa liste sortent vainqueurs en manquant de peu la majorité absolue en voix (de 149 votes, avec 49,41 % des suffrages) mais en l'obtenant en siège (40 élus sur 53), tandis que « Changer, c'est capital » obtient un assez bon score avec 33,11 % des suffrages et 9 conseillers municipaux, suivi de Simon Loueckhote (17,47 %, 3 élus)[31]. Le maire sortant est donc réélu pour un nouveau mandat le et Sonia Lagarde reprend alors la tête de l'opposition la plus importante au sein du conseil municipal du chef-lieu de la Nouvelle-Calédonie.

Députée

Le Conseil politique de Calédonie ensemble, réuni à l'Hôtel Royal Tera de Nouméa le , choisit Sonia Lagarde pour être la candidate du parti aux élections législatives de dans la 1re circonscription (Nouméa, l'île des Pins et les Îles Loyauté), face au député sortant du Rassemblement-UMP Gaël Yanno. Elle a pour suppléante Hélène Iekawé, comme porte-parole de campagne Philippe Dunoyer et pour présidents du comité de soutien Frédéric de Greslan et Évelyne Lèques. Au premier tour, elle arrive en deuxième position avec 9 404 voix et 26,76 % des suffrages exprimés, soit 1 475 votes et 4,2 points de moins que Gaël Yanno. Au second tour, elle bat ce dernier et devient donc la première femme élue député en Nouvelle-Calédonie, avec 17 337 électeurs (53,93 %) ainsi que 2 526 votes et 7,86 points d'avance.

Le , elle annonce sa démission du Congrès et de l'Assemblée de la Province Sud, pour ne conserver que son mandat municipal à Nouméa. Elle est remplacée le jour même par Monique Millet au Congrès et Sandrine Sappey à l'Assemblée de la Province Sud.

Elle rejoint, le , comme Philippe Gomès, le groupe parlementaire de l'Union des démocrates et indépendants (UDI), créé la semaine précédente par des personnalités du centre-droit autour de Jean-Louis Borloo. Elle signe d'ailleurs, le , le pacte fondateur de l'Union des démocrates et indépendants, le parti créé sur la base du groupe parlementaire éponyme par Jean-Louis Borloo pour rassembler le centre et le centre droit[32]. Le 28 juin, elle devient l'une des quatre secrétaires de la Commission des affaires culturelles et de l'éducation. Elle est également membre de la délégation de l’Assemblée nationale aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes, vice-présidente de la délégation aux Outre-mer et vice-présidente du groupe d'amitié France-Japon.

Elle est par la suite la porte-parole de son groupe, avec Gilles Bourdouleix et Édouard Fritch, dans les travaux et débats législatifs préparatoires sur le projet de loi sur le harcèlement sexuel préparé par Christiane Taubira et Najat Vallaud-Belkacem, défendant notamment des amendements visant à étendre les dispositions de ce texte aux territoires à régime de spécialité législative, tels la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française ou Wallis-et-Futuna[33],[34]. Elle est rapporteur pour avis de la Commission des affaires culturelles et de l'éducation sur le programme 334 « Livre et industries culturelles » de la mission « Médias, livre et industries culturelles » sur le projet de loi de finances pour 2013, délivrant son rapport le [35] et le présentant en séance plénière le 31 octobre suivant. Elle y affirme son soutien aux libraires, notamment indépendant, et appelle à une rationalisation des aides aux librairies (passant par une meilleure coordination entre l'État et les collectivités et une clarification des rôles, en particulier à travers la désignation d'un guichet unique), montre notamment son intérêt pour la proposition de Bruno Parent de taxer les achats effectués sur le réseau Dilicom, et remet en question l'utilisation de la remise de 5 % sur le prix unique du livre qu'elle affirme « détournée par des opérateurs de vente en ligne qui incluent les frais de livraison dans la réduction autorisée »[36],[37].

Lors des deux lectures du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe (dit du « mariage pour tous »), le 12 février puis le , elle est l'une des rares députées UDI à voter en faveur du texte ; son collègue Philippe Gomès se prononce également pour[38].

Le , elle est nommée en tant que « ministre » de la Mer et de l'Outre-mer au sein du contre-gouvernement de l'UDI, faisant ainsi partie des quinze membres de l'équipe resserrée de ce « Shadow Cabinet » sous la direction de Jean-Louis Borloo et la coordination d'Yves Jégo. Elle est ainsi chargée de contrer au nom du parti le ministre des Outre-mer Victorin Lurel et celui délégué à la Mer Frédéric Cuvillier[39].

Maire de Nouméa

Elle annonce sa candidature à l'élection municipale de 2014 à Nouméa le , avec cette fois l'investiture de Calédonie ensemble. Intitulant sa liste « Avec nous, ça va changer » et étant entourée de Philippe Dunoyer (membre du gouvernement local) et de Paul Qaeze (premier médecin libéral d'origine kanak et président du club de football duGaïtcha FCN implanté à Nouméa), elle critique la majorité sortante qui selon elle « n'a pas su anticiper les problèmes d'une ville de 100 000 habitants », et affirme vouloir construire « une ville qui bouge, chaleureuse et accueillante ». Elle place en tête de ses préoccupations la sécurité, la justice, la solidarité, la mise en place d'une démocratie participative pour répondre aux aspirations de la jeunesse et des retraités, le rééquilibrage en faveur des quartiers nord (elle parle de « plan Marshall ») et le développement des animations[40]. Elle affirme, avant le premier tour, qu'elle démissionnera de son mandat de députée au cas où elle serait élue maire.

Sa liste arrive en tête au premier tour, le , avec 12 431 voix et 36,28 % des suffrages exprimés, talonnée par celle du premier adjoint sortant, Gaël Yanno (34,66 %). Au second tour, le , elle remporte l'élection avec 17 696 voix (51,62 %) et 1 108 votes (3,24 points) d'avance sur Gaël Yanno, qui avait fusionné avec la liste d'un autre adjoint sortant, Jean-Claude Briault, arrivé troisième au premier tour. Sa liste obtient 40 des 53 sièges à pourvoir. À l'issue de son élection par le conseil municipal, le , elle devient la première femme maire de Nouméa, succédant à Jean Lèques, qui se retire après 28 ans de mandats.

Elle revient en novembre 2014 sur sa décision de démissionner de son mandat de députée[41], et reste députée pendant son mandat de maire. Ce choix entraîne des tensions avec l'un de ses adjoints, Philippe Dunoyer. Ainsi, la majorité municipale se scinde en deux en 2015 en raison notamment de ce refus de démissionner de son mandat de député, d'un rythme parfois jugé trop lent dans la mise en place des réformes promises (l'accusant notamment d'avoir oublier sa promesse d'un « plan Marshall pour les quartiers Nord »à, d'une prise de distance de plus en plus affichée de la première magistrate vis-à-vis de la direction de Calédonie ensemble et d'accusations venant de certains membres de la municipalité au sujet d'un manque de concertation au sein de la majorité[42],[43]. Le , avec cinq des quatorze autres adjoints et 15 des 25 autres conseillers municipaux issus de « Avec nous, ça va changer », Philippe Dunoyer crée son propre groupe politique au conseil, baptisé simplement « Calédonie ensemble », et en prend la direction[44]. Tout en déclarant et agissant toujours comme faisant partie de la majorité, il justifie cette scission par l'expression d'une sensibilité différente concernant l'intensité et le rythme à donner à l'application du programme de campagne : « C’est un groupe qui est là pour co-construire et proposer une optimisation du fonctionnement municipal. L’affirmation d’une sensibilité qui pense pouvoir faire des propositions, un peu mieux, un peu mieux entendues peut-être. [...] Ça va dépendre de comment ça va se passer. On va faire des propositions, on va voir si elles seront acceptées… »[45]. Ce groupe Calédonie ensemble est rejoint en par un autre adjoint, Daniel Leroux, chargé jusque-là de l'urbanisme mais qui s'est vu retirer cette délégation pour avoir exposer publiquement ses désaccords avec le maire sur plusieurs projets d'aménagement[46].

Mise en difficulté véritablement que lors de l'adoption du budget pour l'année 2018, Sonia Lagarde se défend en dénonçant l'autoritarisme des dirigeants de Calédonie ensemble ainsi que le manque d'implication de ces élus frondeurs dans la gestion municipale, tout en niant tout renoncement de son programme. Elle déclare ainsi : « Quand on me dit que l’ADN de Calédonie ensemble, c’est les quartiers nord, ça veut dire que les autres quartiers on les laisse tomber ? Et les quartiers sud, les quartiers est, les quartiers ouest ? Il en faut pour tout le monde quand on gère une ville. Je n’ai aucun état d’âme là-dessus, et en plus c’est faux. On a fait beaucoup de travaux sur les quartiers nord. Vingt-cinq milliards d’investissement, dont quinze dans les quartiers nord. » Pour elle, en , « 90 % des engagements [...] ont été réalisés ». Pour le bilan de sa première partie de mandat, elle met notamment en avant les mesures consacrées aux questions de sécurité (réforme de la police municipale, armement de celle-ci avec des lanceurs de balle de défense, augmentation de la vidéosurveillance et de l'éclairage public, projet de brigade canine, soutien au choix de deux quartiers de la presqu'île de Ducos, Tindu et Kaméré, par l'État pour expérimenter la nouvelle police de sécurité du quotidien dès ), la reprise en main de certains projets lancés par la précédente mandature (abandon du projet d'aménagement du port, relance ou réorientation des aménagements de la rue de l'Alma ou du Carré Rolland, refonte des conseils de quartiers) ainsi que l'élargissement des trottoirs et des zones piétonnières, le développement de jardins collectifs dans les quartiers visant à « favoriser le vivre-ensemble » entre les différentes communautés[47], ou encore l'augmentation des animations et manifestations festives (comme une « fête de la Lumière » annuelle[48], des « dimanche en modes doux[49] », par exemple). Pour la fin de la mandature, elle annonce l'entrée de la commune dans « une phase de grands chantiers »[50], dont surtout la construction à partir de 2016 pour une livraison prévue à la fin de l'année 2018 d'un centre aquatique dans le quartier de Magenta (comprenant, sur 5 000 m2, un bassin de compétition de 25 mètres et six couloirs, un bassin d’apprentissage avec un toboggan, une vague statique, une lagune de jeux, des pentaglisses), présenté par les médias locaux comme « l'un des plus gros chantiers menés par la ville »[51] et par ses opposants comme un projet « pharaonique »[52].

Elle parraine Nathalie Kosciusko-Morizet pour la primaire présidentielle des Républicains de 2016[53] mais apporte ensuite son soutien, durant cette campagne, à Alain Juppé, comme 17 autres députés UDI (dont Philippe Gomès)[54]. Le maire de Bordeaux rejetant finalement l'idée de se présenter, elle finit par apporter publiquement son soutien, deux jours avant le premier tour, à Emmanuel Macron[55]. Après la présidentielle, remportée par ce dernier, elle adhère à La République en marche (LREM)[56]. En , elle précise ainsi son appartenance politique : « Je suis en relation avec En Marche à Paris et avec le représentant en Nouvelle-Calédonie de manière régulière. Sans doute serais-je amenée à jouer un rôle plus important. Ici, je ne suis plus Calédonie ensemble, je n’ai pas de parti, et pour l’instant, c’est bien comme ça. En Marche, ça me suffit[50]. »

Références

  1. Le nom de jeune fille de Sonia Lagarde est cité sur la page retraçant les élections provinciales de 1999 dans les archives du site du Congrès
  2. a, b et c [PDF] « Un avenir en confiance aux couleurs de la France avec Sonia Lagarde », tract de campagne pour les élections législatives de juin 2012, site officiel de Calédonie ensemble, p. 2
  3. J. DELATHIÈRE, Ils ont créé La Foa, éd. Mairie de La Foa, 2000, p. 237
  4. Fiche de François, Marie Boyer sur l'arbre de Jocelyne Mabon, geneanet.org
  5. Famille Boyer, arbre généalogique de Jacques de Geoffroy, geneanet.org
  6. [xls] La liste des volontaires des FFL, site charles-de-gaulle.org
  7. a et b Biographie de Sonia Lagarde sur le site de la mairie de Nouméa, consulté le 30 novembre 2016
  8. J. DELATHIÈRE, Ils ont créé La Foa, op. cit., p. 236-237]
  9. Profile de Louis Lagarde, site officiel de la Maison René-Ginouvès Archéologie et Ethnologie de l'université Paris 10, mis à jour le 4 janvier 2013, consulté le 12 février 2014
  10. « Le jour où... La télévision est arrivée », Les Nouvelles Calédoniennes, 4 janvier 2007.88
  11. « L’Avenir ensemble affiche ses ambitions », Les Nouvelles Calédoniennes, 31/08/2004
  12. « Philippe Gomès veut déjouer le congrès de l'Avenir ensemble », Les Nouvelles Calédoniennes, 11/07/2008
  13. H. Lepot, « Philippe Gomès lance "Calédonie ensemble" », Les Nouvelles Calédoniennes, 13/10/2008
  14. « Calédonie ensemble se met au vert et bleu », Les Nouvelles Calédoniennes, 11/12/2008
  15. La direction collégiale de Calédonie ensemble sur son site officiel
  16. [PDF] Trombinoscope de la liste Calédonie ensemble pour les élections provinciales du 10 mai 2009 dans le Sud, site officiel de Calédonie ensemble
  17. [PDF] Résultats des élections provinciales du 10 mai 2009 sur le site du Haut-Commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie, 11/05/2009
  18. « « Provinces, les nouveaux rouages du pouvoir », Les Nouvelles Calédoniennes, 19/05/2009 »(Archive • Wikiwix • Archive.isGoogle • Que faire ?)
  19. F. THERIAUX, « Le combat des chefs. Acte 1 - Les Provinces », Calédosphère, 15/05/2009
  20. [PDF] Arrêté n° 10499-2009/DJA du 18 mai 2009 portant délégation de signature au deuxième vice-président de l'assemblée de la province Sud, JONC n°8325, 18/05/2009, p. 4236
  21. Propos recueillis par S. AMIOTTE, « Sonia Lagarde : "Reconstruire notre image" », Les Nouvelles Calédoniennes, 20/05/2010
  22. D. MARTIN, « Calédonie ensemble donne les clés au Congrès », Les Nouvelles Calédoniennes, 18/01/2011
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Articles connexes

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