Sociolinguistique

La sociolinguistique est une discipline qui appréhende l'ensemble de l'activité langagière corrélée aux sociétés.

Histoire

William Labov est souvent considéré, du moins dans la tradition anglo-saxonne, comme le fondateur de la sociolinguistique moderne. C'est lui qui, en 1966, publia The Social Stratification of English in New York City (La Stratification sociale de l'anglais à New York).

Variables sociolinguistiques

Les travaux qui continuent de se réclamer strictement de l'héritage de Labov relèvent de la sociolinguistique dite variationniste (d'autres courants ont émergé depuis). Les premières recherches se sont faites par l'interview d'un échantillon, dit représentatif, de sujets parlant concernés. L'accent est mis sur certaines variables qui se doivent, selon Labov :

  • d'avoir une fréquence d'utilisation élevée,
  • d'avoir une certaine immunité vis-à-vis d'un contrôle conscient,
  • de faire partie d'une structure plus grande, et
  • d'être aisément quantifiées sur une échelle linéaire.

En général, ce sont les variables phonétiques qui satisfont ces conditions le plus facilement. Les variables grammaticales sont également utilisées et, plus rarement, des variables lexicales.

Quelques variables à signification sociolinguistique

  • Lexicales :
    • L'emploi de formes lexicales locales dans le français suisse (galetas pour grenier, etc.)
    • L'emphatisation et l'assimilation dans les dialectes arabes.

Concepts fondamentaux de la sociolinguistique

Bien que la sociolinguistique soit une discipline très vaste, il existe quelques concepts fondamentaux sur lesquels sont basées la plupart des études.

  • La sociolinguistique étudie le langage en prenant en compte des facteurs externes à la langue, et non en considérant uniquement les structures linguistiques internes.
  • La sociolinguistique envisage l'évolution de la langue dans un contexte social.
  • Facteurs internes : sémantique et syntaxe.
  • Facteurs externes : facteurs économiques, démographiques, sociaux, etc.

Les deux approches ont souvent été menées séparément et considérées comme contradictoires ; toutefois, la sociolinguistique les considère comme complémentaires.

Réseaux sociaux

Les recherches en sociolinguistique impliquent la compréhension des réseaux sociaux dans lesquels s'inscrit le langage. Cela peut s'appliquer au niveau macroscopique à un pays ou à une ville, mais aussi au niveau interpersonnel au sein d'un voisinage ou d'une famille.

Variables sociales

L'étude sociolinguistique d'une variété peut prendre en considération un large éventail de composants sociaux, suivant la problématique traitée. Les plus courants sont l'âge, le sexe, la classe sociale ou encore l'ethnie. Les variables sociolinguistiques sont ensuite comparées avec celles sociales.

Cela dit, on peut constater l'existence de nombreux sociolectes (variétés au niveau social) d'une même langue :

  • Le langage enfantin
  • Le langage des jeunes
  • Le langage des séniors
  • Le langage des femmes
  • Le langage des hommes
  • Le langage des étudiants
  • Le langage des apprentis
  • Le langage des diplômés
  • Le langage des ouvriers
  • Le langage des professionnels d'un certain métier
  • Le langage politique
  • Etc...

Sources

  • Une présentation actualisée de la sociolinguistique (Grande Leçon labellisée Université Ouverte des Humanités rédigée par Thierry Bulot et Philippe Blanchet) : Dynamiques de la langue française au 21e siècle (une introduction à la sociolinguistique)
  • La seule bibliographie sociolinguistique des travaux francophones (plusieurs milliers de références). Comités de rédaction et scientifique à dimension internationale : Bibliographie Sociolinguistique Francophone

Auteurs rattachés

Sources, notes et références

Sources

  • BACHMAN, C., LINDELFELD, J., SIMONIN , J. 1981, Langage et communications sociales, Paris, Didier.
  • BACHMANN C., SIMONIN J., 1993, « Le social comme on le parle », dans Médiations et Action Sociale, Actions et Recherches sociales 2, ENSP, Rennes, 65-79. 
  • BAUTIER E., 1995, Pratiques langagières, pratiques sociales, L’Harmattan, Paris, 228 pages.
  • BLANCHET P., 2000, Linguistique de terrain, méthode et théorie (une approche ethno-sociolinguistique), Presses Universitaires de Rennes.
  • BOURDIEU P., 1982, Ce que parler veut dire, l'économie des échanges linguistiques, Paris, Fayard.
  • BOYER H., (Dir.), 1996, Sociolinguistique, territoire et objets, Lausanne, Delachaux et Niestlé.
  • BULOT T., BLANCHET P., 2013, Une introduction à la sociolinguistique (pour l’étude des dynamiques de la langue française dans le monde), Éditions des archives contemporaines, Paris, 166 pages.
  • BULOT T. (Dir.), 2009, Formes & normes sociolinguistiques (Ségrégations et discriminations urbaines), L'Harmattan (Collection Espaces Discursifs), Paris, 248 pages.
  • BULOT T. (Dir.), 2011, Sociolinguistique urbaine et Linguistic landscape Studies (Marquages et plurilinguisme / Language Marking and Multilinguism), Cahiers de Linguistique 37/1, EME, Cortil-Wodon, 157 pages.
  • CALVET L.J., 1994 Les voix de la ville, Payot, Paris, 309 pages.
  • CALVET L-J., 2005 [1993], Sociolinguistique, Paris, PUF, « Que sais-je ? » no 2731.
  • GUMPERZ, J., 1989, Engager la conversation, introduction à la sociolinguistique interactionnelle, Paris, Minuit.
  • MARCELLESI J.-B. et BULOT T., BLANCHET P. (colls), 2003, Sociolinguistique (épistémologie, langues régionales, polynomie), Paris, L'Harmattan, 308 pages.
  • MOREAU M.-L., 1997, Sociolinguistique, Mardaga, Sprimont, 307 pages.

Revues et collections

Revues

Collections

Espaces Discursifs Sociolinguistique

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

  • Semen, revue transdisciplinaire de sciences du langage
  • [PDF] Linguistique et psychanalyse : pour une approche logiciste
  • Introduction à la sociolinguistique sur La Clé des Langues