Société protectrice des animaux

Société protectrice des animaux
Logo de l’association
Cadre
But Bien-être animal
Droits des animaux
Zone d’influence Drapeau de la France France
Fondation
Fondation
Fondateur Étienne Pariset
Identité
Siège 39, boulevard Berthier Paris 17e
Personnages clés Jacques de Grammont
Roland Nungesser
Présidente Natacha Harry
Méthode Lobbying
Enquête et action juridique
Refuge animalier
Volontaires 3 000
Employés 600
Slogan On a tant à partager !
Site web la-spa.fr

La société protectrice des animaux (SPA) est, historiquement en France, la première des sociétés de protection des animaux, qui œuvre dans le domaine de la protection animale.

Créée en 1845 et reconnue d'utilité publique en 1860, elle agit pour assurer la protection et la défense des animaux. Elle gère des refuges, des fourrières, ainsi que des dispensaires de soins aux animaux, à Paris et dans de nombreuses villes de France. Elle intervient aussi contre les mauvais traitements aux animaux à l'aide d'un réseau de délégués-enquêteurs bénévoles et d'inspecteurs qui travaillent en lien avec la direction de l'association, afin de poursuivre en justice les personnes suspectées de mauvais traitement envers les animaux.

Historique

L'association est créée le par le préfet de police de Paris Gabriel Delessert, le vicomte Valmer et le docteur Dumont[1],[Note 1]. Le docteur Étienne Pariset en est le premier président[réf. nécessaire]. Faisant suite à la création en Angleterre, en 1824, de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux, elle est fondée comme elle, au départ, afin de protéger les chevaux d'attelage contre les abus[3]. Elle est reconnue d'utilité publique, par décret du [4].

Depuis 1905, l'association lutte contre les expérimentations animales sur les chiens[5]. Camille du Gast préside l'association avant la Seconde Guerre mondiale. En 1976, l'association dépose la « charte de l’animal » à l’Assemblée nationale, soutenue par Roland Nungesser, qui deviendra par la suite un des présidents de l’association. En 1982, elle démarre la publication de la revue Animaux Magazine qui lui permet de mener des campagnes, à plus grande échelle[5]. En 1987, un groupe parlementaire d’étude est mis en place pour la protection animale à l'Assemblée nationale grâce à Roland Nungesser, son président de l’époque[6]. En 1992, elle crée la cellule anti-trafic pour démanteler les élevages clandestins. En 1993, elle travaille avec ses homologues européens et crée officiellement un service européen qui permet de faire évoluer les textes de lois au niveau de la Commission Européenne et du Parlement.

En , de nouveaux membres sont élus au conseil d'administration, mettant fin à la période d’administration judiciaire provisoire ; à l'issue de la première réunion de ce nouveau conseil, ses neuf membres élisent à leur présidence, la journaliste et vétérinaire Natacha Harry[7]. En 2015, l'association fête ses 170 ans, ouvre ses premières « maisons SPA » et change son identité visuelle[8].

En , à la suite de la vidéo dévoilée par l’association L214 sur le traitement des animaux dans l’abattoir bio du Vigan, l'association annonce se constituer partie civile aux côtés de L214[9].

En , Natacha Harry est réélue à la présidence de l'association avec 69 % des voix[10].

Évolution du logo

Activités

Fin 2014, l'association compte 150 000 donateurs, 23 000 adhérents, 3 000 bénévoles, 580 salariés et 1 000 délégués-enquêteurs. 62 refuges et « maisons SPA » accueillant et hébergeant des animaux sont répartis dans toute la France, ainsi que 12 dispensaires pour soigner les animaux des propriétaires démunis, une cellule anti-trafic pour démanteler les élevages clandestins, et 19 clubs jeunes pour sensibiliser les adolescents à la protection animale[11].

En 2015, 46 015 animaux ont été accueillis dans les refuges, 38 311 animaux ont été adoptés grâce à l'association, 130 000 animaux ont bénéficié de soins, 3 271 animaux perdus ont retrouvé leur propriétaire, 650 animaux ont été sauvés d’élevages clandestins, 2 324 enquêtes ont été menées pour prévenir la maltraitance animale, 439 plaintes ont été déposées pour faire condamner les auteurs de maltraitance, 1 267 dossiers d’aides financières ont été traités[11].

Combats éthiques

En , l'association lance une large campagne d’affichage dans une quinzaine de grandes villes de France pour « que cessent les cruautés infligées aux animaux en France ». Avec pour slogan « La torture c’est légal », la campagne se compose de trois affiches : l’une avec un agneau pour dénoncer les conditions d’abattage des animaux, une autre avec un lapin pour l’expérimentation et une dernière avec un taureau pour stigmatiser la corrida[12]. La campagne vise à « interpeller les politiques pour les sortir enfin de l'immobilisme » et se décline sur le web avec le hashtag #JeVousFaisUneLettre et un site dédié, permettant aux internautes d’interpeller les élus sur Twitter[13]. Une pétition contre la corrida est également mise en ligne[14].

Polémiques judiciaires

En 2002 et 2009, deux rapports de la Cour des comptes relèvent une « gestion approximative » de l’association et remettent en cause le statut d'utilité publique de l'association et ses avantages fiscaux. En , un administrateur judiciaire provisoire est nommé afin de procéder à une évaluation complète de la comptabilité et d’organiser une réforme des statuts. Les nouveaux statuts sont approuvés par les adhérents le , et un an plus tard par le ministre de l’Intérieur. En , Le Canard enchaîné publie un article mettant en cause la gestion de la mise sous tutelle de la SPA. Il y est principalement question des honoraires et des conflits d'intérêts touchant l'administratrice judiciaire, Michèle Lebosséde[15].

Début 2016, l'« association des Vrais Amis de la SPA » (VASPA) a saisi les juges pour chercher à élucider les conditions dans lesquelles 20 millions d'euros se seraient évaporés entre 2004 et 2008. Au cœur de cette affaire : la revente par de mystérieuses sociétés civiles immobilières de biens immobiliers légués à l'association[16].

Le , la presse et notamment le quotidien Le Parisien font état de plusieurs plaintes déposées en mars pour « usurpation de titre, escroquerie et abus de confiance, corruption active et passive, et prise illégale d'intérêt » provoquant l'ouverture d'une enquête préliminaire[17],[18].

Le , la Cour des comptes rend son troisième rapport sur la Société protectrice des animaux, « avec deux réserves : la défaillance du contrôle interne, qui n’a pas progressé depuis le précédent contrôle, à l’exception de l’amélioration de la gestion des legs ; l’insuffisance et le retard de la rénovation des sites, déjà critiqués par la Cour en 2002, alors que les réserves financières thésaurisées se sont accumulées, les fonds propres atteignant 68 M€ à la fin de 2015. »[19].

Annexes

Bibliographie

  • Georges Fleury, La belle histoire de la S.P.A. : de 1845 à nos jours, Grasset, 1995. (ISBN 2-246-49631-4).
  • La Société protectrice des animaux, rapport officiel, Cour des comptes (édition des Journaux officiels, Paris, 2002). (ISBN 978-2-11075-446-2).

Articles connexes

Liens externes

  • Site officiel

Notes et références

  • Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Société protectrice des animaux (France) » (voir la liste des auteurs).

Notes

  1. On attribue souvent, à tort, la paternité de la création de cette association au général Jacques de Grammont, qui s'est signalé par un projet de loi en 1849. La loi fut votée en 1850[2].

Références

  1. « La souffrance des animaux dans les discours des protecteurs français au XIXe siècle - Persée », sur persee.fr, janvier-décembre 1998 (consulté le 17 juin 2016).
  2. source : Éric Pierre, L'hippophagie au secours des classes laborieuses, Communications du CNRS, année 2003, Volume 74, p. 177-200.
  3. Georges Fleury, La belle histoire de la S.P.A. De 1845 à nos jours, Grasset, , p. 27
  4. Rapport de la Cour des comptes, , p. 1'[lire en ligne].
  5. a et b « Un peu d'histoire... », sur le site de l'association (consulté le 28 septembre 2016).
  6. « Protection Animale », sur Assemblee-nationale.fr
  7. « La vétérinaire Natacha Harry, nouvelle présidente de la SPA », sur le site du quotidien Libération, (consulté le 4 juillet 2016)
  8. « Nouvelle identité visuelle pour la SPA. Un vent de modernisme au service de la protection animale ! », sur le site de l'association, (consulté le 28 septembre 2016)
  9. « ABATTOIR BIO DU VIGAN : LA SPA SE CONSTITUE PARTIE CIVILE AUX CÔTÉS DE L214 », sur le site de l'association, (consulté le 26 mai 2016).
  10. Benjamin Bonneau, « Natacha Harry réélue à la présidence de la SPA », sur le site d'Europe 1, (consulté le 4 juillet 2016).
  11. a et b « Nos missions », sur le site de l'association.
  12. « Abattoirs, expérimentation animale, corrida : la Spa interpelle Hollande avec une campagne d'affichage », sur le site du quotidien Le Parisien, (consulté le 28 septembre 2016)
  13. « La SPA combat toute forme de souffrance animale ! », sur le site de l'association, page non datée (consulté le 28 septembre 2016)
  14. « La souffrance animale n'est pas un spectacle : abolissons la corrida ! », sur le site de l'association, page non datée (consulté le 28 septembre 2016)
  15. « A la SPA, on se goinfre sur la bête » Le Canard enchaîné, 11 décembre 2013.
  16. « Temps de chien pour la SPA », sur le site du quotidien Le Parisien, (consulté le 4 juillet 2016).
  17. Odile Plichon, « Tourmente judiciaire en vue à la SPA », sur le site du quotidien Le Parisien, (consulté le 4 juillet 2016).
  18. « La SPA visée par une enquête préliminaire pour des problèmes de gestion », sur le site du quotidien Le Figaro, (consulté le 4 juillet 2016).
  19. « La Société protectrice des animaux », sur le site de la Cour des comptes, (consulté le 1er août 2017).