Société civile

La société civile est « le domaine de la vie sociale civile organisée qui est volontaire, largement autosuffisant et autonome de l'État »[1]. Une élection est un des événements principaux où la société civile se trouve mobilisée, notamment à travers l'éducation de l'électorat. C'est le corps social, par opposition à la classe politique.

La société civile regroupe l'ensemble des associations à caractère non gouvernemental et à but non lucratif, si on généralise la définition établie par l'UNESCO pour le domaine de l'éducation[2]. Il s'agit donc de l'auto-organisation de la société, en dehors de tout cadre institutionnel (au sens politique du terme), administratif ou commercial.

L'origine de ce terme vient du grec « koinônia politikè » (« κοινωνία πολιτική », littéralement, la « communauté politique ») ; notion dont les plus anciennes traces se trouvent chez Aristote et terme traduit en latin en « societas civilis » par Cicéron, il servait à définir l’unité politique de la Cité[3],[4].

Distinction entre citoyens et organisations

La société civile est avant tout la totalité des citoyens d'une commune, d'une région, d'un État-nation ou, maintenant, de l'Union européenne. Toutefois, dans la pratique, ceux-ci n'agissent pas individuellement mais dans le cadre associatif. Une telle association peut être considérée représentative à condition qu'elle ait été constituée sur la base de la volonté et des propres intérêts des citoyens se déclarant formellement et juridiquement membres de l'association.

Le Livre Blanc de la gouvernance de l'Union européenne donne cette définition : « La société civile regroupe notamment les organisations syndicales et patronales (les « partenaires sociaux »), les organisations non gouvernementales (ONG), les associations professionnelles, les organisations caritatives, les organisations de base, les organisations qui impliquent les citoyens dans la vie locale et municipale, avec une contribution spécifique des Églises et communautés religieuses »[5].

Il y a dans cette conception le risque d'une certaine confusion entre la société comme ensemble des citoyens et des organisations censées représenter leur volonté, surtout quand certaines d'entre elles prétendent incarner l'ensemble des citoyens et s'attribuent ainsi une légitimité de représentant de « la » société civile en général.

Pour qu'une telle association ou organisation soit en effet une partie active et l'expression de la volonté de citoyens, il s'avère nécessaire que les associations formant la société civile disposent d'une structure et d'une forme d'action intérieure tout à fait démocratiques. Ces nécessités excluent par conséquent des organisations qui ont été constituées par l'État, l'économie ou des églises.

Il n'en reste pas moins qu'une association traduit une perception des questions de société qui lui est spécifique, avec une certaine manière d'appréhender la globalité qui n'est pas nécessairement représentative de la société dans son ensemble.

Aspects particuliers

D'après le projet du Traité constitutionnel de l'UE, (Traité de Rome II de 2004) article I-47 "Principe de la démocratie participative, la société civile européenne - donc la totalité des citoyens européens - joue un rôle principal comme l'acteur de la démocratie participative : "Les institutions de l’Union entretiennent un dialogue ouvert, transparent et régulier avec les associations représentatives et la société civile." La formule est reprise à l'identique dans le Traité de Lisbonne de 2007 à l'article 8 B.

Du point de vue des entreprises, l'exercice de la responsabilité sociétale entraîne l'implication de la société civile. Les organismes et associations correspondants sont des parties prenantes de l'entreprise.

Notes et références

  1. Larry Diamond
  2. Qu'entend-on par " société civile " ? sur unesco.org
  3. Raffaele Laudani, « Aux origines de la société civile », Le Monde diplomatique, (consulté le 29 novembre 2014)
  4. « SOCIÉTÉ CIVILE », Universalis (consulté le 29 novembre 2014)
  5. Livre blanc de la gouvernance de l'union européenne

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

Ouvrage de synthèse

  • Gautier Pirotte, La notion de société civile, Ed. La Découverte, Paris, 2007, (ISBN 978-2-7071-4694-6)

Ouvrages présentant la notion sous une perspective historique

  • Dominique Colas, Le Glaive et le fléau : Généalogie de la société civile et du fanatisme, Ed. Grasse, Paris, 1992, (ISBN 2246453313)
  • Adam Ferguson, Essai Sur l'histoire de la Société Civile: V. 2, University of Michigan Library, 2009, ASIN: B002IVTZTQ
  • Pierre Rosanvallon, Le modèle politique français. La société civile contre le jacobinisme, de 1789 à nos jours, Paris, Seuil, 2004

Liens externes

  • "Vers une société civile européenne" Jean-Claude BOUAL, Paris / Horst GRÜTZKE, Potsdam. Publié à l'Internet par l'association "Bürger in Bewegung - für eine andere Welt e.V." (Citoyens en mouvement - vers une autre monde)
  • Projet Administration et coût des élections
  • RANGEON François, « Société civile : histoire d’un mot », in La société civile, Centre universitaire de recherches sur l'action publique et le politique, PUF, 1986, pp.9-32 (excellente synthèse historique de la notion)
  • Bied-Charreton Marc et Requier-Desjardins Mélanie, 2007. Sciences et société civile dans le cadre de la lutte contre la désertification. Les dossiers thématiques du CSFD. Numéro 6. 40 pp.
  • Bernard Cassen, Le piège de la gouvernance, Le Monde diplomatique, juin 2001