Siège de Dantzig (1734)

Siège de Dantzig (1734)
Description de l'image Siege of Danzig 1734.PNG.
Informations générales
Date 22 février -
Lieu Dantzig (actuelle Gdańsk)
Issue Victoire russe
Belligérants
Drapeau du royaume de France Royaume de France Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Commandants
Brigadier de La Motte
Louis de Plélo
Burckhardt de Munnich

Guerre de Succession de Pologne

Batailles

Kehl · Pizzighettone · Dantzig · Bitonto · Trarbach · San Pietro · Philippsbourg · Gaéte · Capoue  · Guastalla · Clausen

Coordonnées 54° 22′ nord, 18° 38′ est

Géolocalisation sur la carte : Pologne

(Voir situation sur carte : Pologne)
Siège de  Dantzig (1734)

Le siège de Dantzig, du 22 février au , est un des premiers épisode de la guerre de Succession de Pologne.

Contexte

À la mort d’Auguste II en 1733, son fils, Auguste III, et Stanislas Leszczyński, beau-père de Louis XV, se disputent le trône. Stanislas Leszczyński est élu sous le nom de Stanislas Ier. Tandis qu'un sosie prend ostensiblement la mer à Brest, Stanislas traverse, incognito, l'Allemagne et arrive à Varsovie.

La Russie et l'Autriche, partisans d'Auguste III envahissent la Pologne.

Le royaume de Grande-Bretagne, les Provinces-Unies, la Suède, le Danemark, la République de Venise reconnaissent que l'agression de l'Autriche et de la Russie contre la Pologne est un motif de guerre et s'engagent à rester neutres. L'Espagne qui convoite le royaume de Naples et la Sardaigne qui convoite le Milanais, s'unissent à la France.

Le siège

Stanislas se réfugie dans la forteresse de Dantzig pour attendre le puissant renfort que lui a promis Louis XV. La ville est aussitôt investie par 20 000 soldats russes commandés par Peter de Lacy qui la soumettent à un incessant pilonnage d'artillerie.

Pour éviter de s’aliéner les puissances neutres, le cardinal de Fleury se garde bien d’envoyer des renforts à Stanislas : pour sauver les apparences, il se borne à dépêcher 3 navires de ligne et deux frégates amenant 2 400 hommes[1] commandés par maréchal de La Motte. Ceux-ci débarquent à Westerplatte et attaquent le camp russe une semaine plus tard.

La ville est si bien entourée par les Russes, que le contingent français s’empresse de rembarquer pour Copenhague. Le comte de Plélo[2], ambassadeur de France auprès du roi du Danemark, considérant ce retrait comme un déshonneur pour la France, de sa propre initiative, prend la tête d’un détachement et débarque à son tour. Le 23 mai, à la tête de ses hommes, il attaque le camp russe, enlève trois de leur quartiers. Sur le point de rentrer dans la place, Plélo reçoit cinq coups de feu et quatre coups de baïonnette et trouve la mort. La Motte rassemble alors les survivants, et se retire.

Un second renfort français, de force équivalente au premier, arrive au port sous une grêle de boulets, mais la partie est inégale, et les Français battent en retraite ; d’autant qu'une flotte russe commandée par l'amiral Thomas Gordon amène des troupes fraîches, sous les ordres du maréchal Munnich. Dans la Baltique, l'escadre française qui regagne Copenhague, s'empare d'une frégate russe, la Mittau.

Munnich qui a pris le commandement des opérations de siège, promet une récompense pour la tête de Stanislas et le supplice pour ceux qui lui prêteraient main-forte. Le 27 juin, Stanislas s’enfuit sous un déguisement, et trouve refuge, en Prusse, où Frédéric-Guillaume Ier l’accueille, le 3 juillet, au château de Königsberg.

Après le départ du roi, la ville demande à capituler. Munnich exige au préalable la reddition des Français. Le 9 juillet, la ville ouvre ses portes. La Motte et ses hommes sont emmenés à Saint-Pétersbourg, où ils sont traités avec égards.

Article connexe : Histoire de la marine française dans les années 1720-1730.

Conséquences

La ville de Dantzig qui a subi de gros dégâts doit en outre verser 800 000 écus pour frais de guerre[3].

Notes et références

  1. 1 500 hommes selon Edmond Jean François Barbier, dans la Chronique de la régence et du règne de Louis XV (1718-1763)
  2. Louis Robert Hyppolite de Bréhan, comte de Plélo (1699-1734), auparavant colonel d’un régiment de son nom
  3. Mercure de France, 1734, p. 1851

Sources et bibliographie

  • Hervé Clérel de Tocqueville, Histoire philosophique du règne de Louis XV, 1847, p. 374
  • Edmond Jean François Barbier, Chronique de la régence et du règne de Louis XV (1718-1763), 1858, p. 466