Sgraffite

Sgraffite. Motifs grotesques (vers 1570), palazzo Pepi  (Florence).

Provenant du mot italien graffiare, signifiant « griffer », le sgraffite est un art visuel, destiné à la décoration architecturale. Cette technique fut très utilisée pendant la Renaissance et durant la période Art nouveau.

Réalisation

Revêtements de façades

Détail du dessin gravé dans le mortier, Maison dorée (Charleroi).

La technique consiste à orner un revêtement de mortier d'un dessin gravé. L'artiste grave son trait dans une couche de chaux, appliquée en fine épaisseur sur un enduit noir. Comme pour la technique de la fresque, tant que la couche est fraîche, on peut y appliquer des couleurs diverses. Le tracé en creux donne au dessin une plus grande fermeté que le tracé au pinceau de la fresque. L'exécution doit être rapide. La technique convient aux décors extérieurs observés à distance[1].

Le mortier peut être coloré dans la masse et même posé en couches successives de couleurs différentes. Dans ce cas, après le tracé des contours du dessin, on fait apparaître chaque couleur à sa place par grattage des couches inutiles. Cette technique s'apparente aussi à celle du camée.

Céramique

Sgraffite sur une bouteille buncheong à motif de pivoines (bouteille à alcool), période Joseon, Corée, XVIe siècle (Brooklyn Museum)

Ce procédé a été employé, indépendamment de la tradition occidentale des revêtements de façades, à d'autres matériaux. En Corée, surtout dans les deux premiers siècles de la période Joseon (1392-1910), aux XVe et XVIe siècles, un procédé analogue au sgraffite consiste, sur un vase en argile d'un gris moyen, à enduire celui-ci d'un engobe clair, puis à inciser celui-ci d'un motif et à le faire se dégager sur le fond gris en décapant le fond gris de l'argile par un grattage délicat. La pièce est, ensuite cuite pour obtenir un grès. Le résultat est ensuite recouvert d'une glaçure et passe à nouveau au four.

Revêtement architectural : lieux et artistes

On peut observer des sgraffites dans de nombreuses villes surtout dans le centre de l'Europe, notamment à Prague, Bruxelles, Anvers, Charleroi, Namur, Liège, Huy, Tournai, mais aussi Pise, Barcelone

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Notes et références

  1. Chantal Mengeot et Anne-Catherine Bioul, Le patrimoine de Charleroi : Les fleurs de l'industrie : Art nouveau, Art déco et Modernisme, Namur, Institut du patrimoine wallon, coll. « Carnets du Patrimoine » (no 128), , 64 p. (ISBN 978-2-87522-148-3), p. 21

Annexes

Bibliographie

  • Patricia D'Oreye, photos Lantent Brandajs, préface Maurice Culot, Façades Art nouveau. Les plus beaux sgraffites de Bruxelles, Bruxelles, Aparté, [détail de l’édition].
  • GERPM-SC, « Bulletin trimestriel », Sgraffito, no 1 à …,‎ depuis 1995 (ISSN 1377-0640) [détail des éditions]

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