Service militaire adapté

Service militaire adapté
Image illustrative de l'article Service militaire adapté
logo du SMA

Création 1961
Pays Drapeau de la France France
Fait partie de Ministère des Outre-mer
Devise « Notre victoire : leur réussite »
Commandant Général de brigade Luc du Perron de Revel [1]

Le Service militaire adapté (SMA) est un dispositif militaire d’insertion socioprofessionnelle français, créé en 1961, destiné aux jeunes les plus éloignés de l’emploi au sein de l'Outre-mer français[2],[3].

La mission du SMA est de garantir l’insertion socioprofessionnelle du stagiaire : en emploi durable (CDI ou CDD de plus de six mois ou contrat de professionnalisation), en emploi de transition (CDD de un à six mois) ou en poursuite de formation qualifiante.

En 2015, le Service militaire adapté a accueilli 5 764 jeunes répartis dans les huit centres de formation. Ce sont 76,3% de jeunes volontaires stagiaires qui ont été insérés à l'issue de leur parcours au SMA.

Le SMA comprend 8 unités : 6 régiments (à la Martinique, en Guadeloupe, en Guyane, à la Réunion, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française), un bataillon (à Mayotte) et un détachement (à Périgueux). Le siège du SMA est situé au ministère de l'Outre-Mer à Paris.

Ainsi, 80% des volontaires stagiaires sont insérés dans leur département ou collectivité (NC et PF). 20% ont rejoint la métropole, grâce à l’Agence de l’Outre-mer pour la mobilité (LADOM[4]), pour poursuivre une formation et obtenir un diplôme ou une qualification.

Histoire

Le Service militaire adapté est lancé en 1961 aux Antilles. Au fil des années, il s’étend à l’ensemble des départements et collectivités d’outre-mer. Lors de la suspension du Service militaire « classique » en 1996, le SMA est maintenu, au vu de sa bonne prise en charge de la jeunesse en difficulté. Enfin, en 2009, une décision présidentielle prévoit de doubler le nombre de jeunes accueillis (passer de 3 000 à 6 000) par le SMA à l’horizon 2017.

Création des unités du SMA :

  • 1961 : lancement du Service militaire adapté aux Antilles et en Guyane.
  • 1965 : La Réunion
  • 1986 : Nouvelle-Calédonie
  • 1988 : Mayotte
  • 1989 : Polynésie française
  • 1995 : création d'un détachement à Périgueux pour faciliter la mobilité et la formation en métropole

Ressources financières

Le SMA relève du budget du Ministère des Outre-mer (P138). Pour l’année 2015, le budget consolidé du SMA hors masse salariale (cadres et bénéficiaires) s’élève à 74 millions d’euros.

Les ressources financières proviennent essentiellement du P138/BOP SMA. De nombreux acteurs apportent également leur contribution de manière significative, notamment au niveau local : fonds de concours européens, collectivités territoriales (Conseil général, Conseil régional…), via des subventions régionales spécifiques, et les entreprises (taxe d’apprentissage…). À titre d’exemple, les Fonds de concours européens (FEDER et FSE) contribuent, en 2017, à environ 40% du financement des investissements et du fonctionnement du SMA.

Population visée

Les stagiaires sont recrutés grâce à un réseau de partenaires prescripteurs, composé de Pôle emploi, des Missions locales d’insertion et de différents acteurs spécialisés du monde associatif.

Le SMA accueille un public mixte (26,1% de volontaires féminines en 2015) formé de résidents des départements et collectivités d’Outre-mer âgés de 18 à 25 ans et volontaires pour s'engager au SMA[5].

Les candidats prioritaires sont les jeunes encourant un risque important de désocialisation, les plus démunis, les plus faiblement diplômés (63,1% de non diplômés) et les jeunes en situation d’illettrisme (38,7% de jeunes volontaires illéttrés de niveau 1 ou 2, selon la classification de l'ANLCI[6]).

Le SMA évalue également les candidats sur leur aptitude physique et psychologique à la vie militaire ainsi que sur leur volonté de faire évoluer leur situation sociale et professionnelle. Le volontariat est la condition première vers la réussite.

Contenu du parcours[7]

Formation professionnelle

La formation professionnelle occupe environ 70 % du temps de formation. Elle est dispensée par des formateurs militaires et civils[8].

Plus de 50 métiers sont enseignés, dans 8 pôles de spécialisation différents : bâtiment, travaux publics, transport routier, tourisme, métiers de la terre et de la mer, mécanique et maintenance industrielle, sécurité, restauration, et métiers du tertiaire (aide à la personne, agents administratifs, etc.).

Plusieurs niveaux de formations sont dispensés : le niveau pré-professionnel et d’insertion (attestation de formation professionnelle du ministère du Travail), le niveau pré-certifiant (UV, UC, CCP, SSIAP, FIMO, FCOS, CACES, etc.), et niveau certifiant de niveau V (CAP, CAPA ou titre professionnel).

Formation citoyenne et comportementale

Le SMA fixe cinq règles d’or : être à l’heure, être en tenue, respecter la sécurité, travailler en équipe et respecter son chef.[9]

L’éducation civique correspond à l’apprentissage des droits et devoirs du citoyen : civisme sur la route, tri sélectif, base du droit, etc.

Remise à niveau scolaire

Une remise à niveau scolaire est assurée par des professeurs de l’Éducation nationale et comprend l’enseignement des savoirs de base et compétences clés en situation professionnelle. Elle est sanctionnée par le CFG (certificat de formation générale). En 2015, 88,8 % des stagiaires ont obtenu le CFG.

Aide à l’insertion

Le parcours comprend un apprentissage « terrain », une aide à la définition du projet professionnel, des ateliers de recherche d’emploi et enfin un appui à l'installation en métropole pour les volontaires concernés.

Le conseil de perfectionnement

Le conseil de perfectionnement, force de proposition et facteur d’évolution de la formation délivrée par le SMA, débat sur proposition des commandants des formations du SMA puis valide les grandes orientations concernant la formation professionnelle.

La rentabilité des filières et leur adéquation aux besoins locaux et métropolitains constituent l’enjeu des échanges et des décisions.

Le CP est placé sous la présidence du Préfet de Région ou du Haut-commissaire de la République, en qualité de responsable du bon déroulement de la formation professionnelle de sa zone. Cette action est reprise, par délégation, par la DIECCTE.

Y siègent les représentants des :

  • services de l’Etat des domaines du travail, de l’emploi (Pôle emploi), du social, de l’éducation académique, de la formation professionnelle, de l’agriculture, de la forêt et de l’environnement, des affaires maritimes,
  • directions départementales,
  • conseils régionaux et généraux ou gouvernement et assemblées de Provinces (NC et PF), comité économique et social,
  • chambres consulaires,
  • associations des maires,
  • associations de formation professionnelle pour adultes (OPCA…), acteurs liés à la mobilité en métropole (LADOM,…).

Les présidents de catégorie professionnelle (MEDEF, MPI, TPE) ou socio professionnelle (BTP, agriculture, commerce, transport…) peuvent y être invités.

Liste des régiments

Insigne d'épaule des personnels servant au titre du Service Militaire Adapté

Références

  1. l Le général de Brigade de Revel commandant du SMA depuis le 1er aout 2015
  2. l Site du ministère des Outre-mer : Le Service militaire adapté
  3. l Legifrance : arrêté du 30 septembre 1991 portant mission et organisation du service militaire adapté
  4. « l’Agence De l’Outre-mer pour la Mobilité (LADOM) »
  5. l Site du Ministère des Outre-mer : Public bénéficiaire du SMA
  6. « Agence Nationale de Lutte contre l'Illettrisme »
  7. l Le parcours SMA
  8. « Site du ministère des Outre-mer : le projet éducatif du SMA », sur outre-mer.gouv.fr
  9. « Dispositif militaire d'insertion socioprofessionnelle au profit de la jeunesse des Outre-mer », sur le-sma.com

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes