Sergueï Lavrov

Sergueï Lavrov
Image illustrative de l'article Sergueï Lavrov
Fonctions
Ministre russe des Affaires étrangères
En fonction depuis le
(13 ans, 8 mois et 2 jours)
Président Vladimir Poutine
Dmitri Medvedev
Vladimir Poutine
Président du gouvernement Mikhaïl Fradkov
Viktor Zoubkov
Vladimir Poutine
Dmitri Medvedev
Prédécesseur Igor Ivanov
Biographie
Date de naissance (67 ans)
Lieu de naissance Moscou (URSS)
Nationalité Russe
Parti politique Russie unie
Conjoint Maria Lavrova
Diplômé de Institut d'État des relations internationales

Signature de Sergueï Lavrov

Sergueï Lavrov

Sergueï Viktorovitch Lavrov (en russe : Сергей Викторович Лавров), né le à Moscou (URSS), est un diplomate et homme politique russe, membre du parti Russie unie. Il est ministre des Affaires étrangères depuis 2004.

Biographie

Origines et études

Il naît à Moscou d'une famille arménienne originaire de Tbilissi[1]. Sa mère est fonctionnaire au ministère du commerce intérieur d'URSS. Il étudie à l'école secondaire no 2 de Noguinsk, puis reçoit une médaille d'argent de l'école no 607 de Noguinsk avec enseignement renforcé en anglais, à la fin de ses études secondaires.

En 1972, il sort diplômé à Moscou de l'Institut d'État des relations internationales du ministère des Affaires étrangères de l'URSS.

Il parle couramment le cinghalais (langue officielle du Sri Lanka), le divehi (langue officielle des Maldives), l'anglais, et a un niveau correct en français[2]. Il est marié et père d'une fille, Ekaterina.

Carrière de diplomate

En 1972, il est attaché auprès de l'ambassadeur de l'URSS au Sri Lanka. De 1976 à 1981, il travaille au département des organisations internationales du ministère des Affaires étrangères de l'URSS. De 1981 à 1988, il est premier secrétaire, conseiller puis conseiller en chef de la représentation permanente de l'URSS auprès de l'ONU. De 1988 à 1990, il est le chef adjoint du département des relations économiques internationales du ministère des Affaires étrangères de la Russie. De 1990 à 1992, il est le directeur du département des organisations internationales et des problèmes globaux du ministère des Affaires étrangères.

De 1992 à 1994, il est vice-ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, sous la présidence de Boris Eltsine. De 1994 à 2004, il est le représentant permanent de la Fédération de Russie auprès de l'ONU. Il acquiert durant cette période une bonne connaissance du fonctionnement du Conseil de sécurité de l'ONU[1].

Ministre des Affaires étrangères

Il remplace Igor Ivanov au poste de ministre des Affaires étrangères de la Russie le 9 mars 2004. Il possède le rang d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de Russie. Il est membre permanent du conseil de sécurité de Russie.

Il entretient de mauvais rapports avec la secrétaire d'État américaine Condoleeza Rice[3]. Le Daily Telegraph révéla le 12 septembre 2008 que le ministre employa dans une conversation téléphonique avec son jeune homologue britannique David Miliband, dans le contexte du conflit russo-géorgien en Ossétie du Sud d'août 2008 : « Who are you to fucking lecture me[4]? », ce qui fit la une des tabloïds anglais[5]. Entre 2008 et 2012, sous la présidence de Dmitri Medvedev, plus libéral que son prédécesseur et successeur Vladimir Poutine, Sergueï Lavrov se fait plus mesuré, s'abstenant de critiquer l'intervention militaire franco-britannique en Libye et s'opposant à des lois anti-américaines votées par la Douma[6].

À partir de 2013, il est particulièrement actif dans la défense d'un statu quo à propos de la guerre civile syrienne en refusant une intervention militaire non encadrée par l'ONU[7] et en signant avec son homologue américain John Kerry à Genève une résolution mettant sous contrôle international les armements chimiques de l’État syrien, ce à quoi s'oppose la rébellion islamiste. La médiation de Lavrov et l'intervention russe en Syrie seront analysées comme un véritable « succès international » pour la Russie[3]. Il n'a par ailleurs pas donné suite à la politique de reset entre les États-Unis et la Russie voulue par Barack Obama[6].

En 2014, il est en première ligne face au secrétaire d'État américain John Kerry qu'il rencontre plusieurs fois dans le cadre de la crise de Crimée et des suites de la révolution de Maïdan.

Doctrine politique

Conférence de presse commune avec William Hague, en 2011.
Lavrov avec John Kerry, en 2016 à Genève.

Sergueï Lavrov se donne pour modèle Alexandre Gortchakov, ministre des Affaires étrangères d'Alexandre II, qui après la défaite de la guerre de Crimée avait restauré la position de la Russie face aux puissances européennes[3]. Il a été marqué par la gestion américaine de la guerre du Kosovo confirmant le déclassement international de la Russie[3]. La proclamation unilatérale de l’indépendance du Kosovo (2008) formera un précédent que Lavrov rappellera lors du rattachement de la Crimée à la Russie en 2014[8],[9].

Il est l'un des hommes clefs du gouvernement de Vladimir Poutine et l'un des rares dirigeants à occuper un tel poste depuis le début de ses présidences[3]. Il bloque par veto cinq résolutions devant ouvrir la voie à une intervention militaire atlantiste en Syrie sous couvert de l'ONU, ce qui lui vaut dans les chancelleries occidentales le surnom de « Minister Niet »[10]. Suivant le président russe dans son entreprise de retrouver l'influence de son pays du temps de l'URSS, il est un défenseur résolu de la non-ingérence et de l'inviolabilité des frontières (en particulier lors des crises libyennes et syriennes), ce qui l'a parfois placé dans une situation délicate, notamment après la crise ukrainienne de 2014[1].

Condamnant l'extension de l'OTAN vers l'Est, « toujours plus près de la frontière russe », il affirme que celle-ci est « la source de tous les problèmes systémiques qui ont surgi dans les relations que la Russie entretient avec les États-Unis et l'Union européenne »[3].

Pour Evguenia Obitchkina, professeur au MGIMO, « à la différence des diplomates soviétiques contaminés par l'idéologie, Sergueï Lavrov perpétue la tradition étatiste de la puissance russe et maintient parfaitement le cap fixé par le président »[6].

Décorations

Annexe

Notes et références

  1. a, b et c Isabelle Lasserre, « Sergeï Lavrov, le Tayllerand de la diplomatie russe », in Le Figaro, jeudi 17 avril 2014, page 8.
  2. La fabrique des diplomates de Poutine sur le site www.lexpress.fr, 11 mars 2016
  3. a, b, c, d, e et f « Sergueï Lavrov, pilier géopolitique de Poutine », Frédéric Pons, Conflits, no10, juillet-août-septembre 2016<, p.16-19
  4. Ce qui pourrait se traduire par : « Qui êtes-vous pour me faire cette putain de leçon ? ».
  5. 'Who the f*** are you to lecture me?': Russian minister's extraordinary rant at David Miliband, dailymail.co.uk, 13 septembre 2008
  6. a, b et c Pierre Avril, « Sergueï Lavrov, diplomate charmeur et intransigeant », Le Figaro Magazine, semaine du 16 décembre 2016, page 24.
  7. Pierre Avril, « Lavrov, le nouveau "M. Niet" russe », in Le Figaro, vendredi 13 septembre 2013, page 6.
  8. Lavrov reminds of Kosovo recognition in connection with Crimea's reunification with Russia, tass.ru, 4 février 2015
  9. Interview by the Russian Foreign Minister, Sergey Lavrov, in a special edition of the programme “Voskresny vecher s Vladimirom Solovyovim” on the “Russia 1” TV channel, Moscow, 11 April 2014
  10. http://www.huffpostmaghreb.com/rene-naba/lavrov-minister-niet_b_13278714.html

Article connexe

Liens externes

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