Section administrative spécialisée

Une S.A.S., ancienne ferme fortifiée : un des trois postes de garde au fond ; l'ancien château d'eau avait été transformé en douche pour les enfants de l'école.
Une S.A.S., ancienne ferme fortifiée : l'école, le poste de garde principal et les habitations au loin.

Les sections administratives spécialisées (SAS) étaient chargées d'une part de « pacifier » un secteur et d'autre part de promouvoir l'« Algérie française » durant la guerre d'Algérie en servant d'assistance scolaire, sociale, médicale envers les populations rurales musulmanes afin de les gagner idéologiquement à la cause de la France.

Création

Les SAS ont été créées par un arrêté du 26 septembre 1955 du Gouverneur général de l'Algérie, Jacques Soustelle[1] (journal officiel de l'Algérie du 30 septembre 1955, numéro 78). Les missions générales des chefs de SAS ont fait l'objet d'un décret du Président de la République, Charles de Gaulle (numéro 59-019 du 2 septembre 1959)[2].

Elles ont été dissoutes en 1962 avec l'indépendance de l'Algérie.

Organisation

Mission

Fin 1961, il y avait plus de 700 SAS : elles avaient pour mission essentielle d'établir un contact avec la population rurale en vue de lui permettre d'accéder à la modernité ; en développant l'instruction, l'assistance médicale, le développement rural[2].

Elles avaient également une mission de renseignement militaire considérée comme une priorité dite « absolue » par le Délégué Général du Gouvernement en Algérie[3].

SAU

Leur pendant en zones urbaines étaient les sections administratives urbaines (SAU)[2] .

Pertes

Les pertes des SAS de 1956 à 1962 sont :

  • Officiers : 73
  • Sous-officiers : 33
  • Personnel civil : 42
  • Moghaznis : 612

Bilan

Controverse

Torture

Selon Jacques Fremeaux, si l’ensemble des SAS « n'a pas été épargné par ce cancer », les officiers de SAS ne paraissent que « rarement impliqués dans les pratiques de torture » et « bien plus, on a vu nombre d’entre eux, se faisant les protecteurs de la population, dénoncer ces pratiques, ou d’autres exactions, dont ils étaient bien placés pour mesurer les effets désastreux »[2].

Notes

  1. « Les Affaires algériennes et les SAS. - Miages-Djebels », sur www.miages-djebels.org (consulté le 23 novembre 2016)
  2. a b c et d Jacques Fremeaux, « Les SAS (sections administratives spécialisées) », Guerres mondiales et conflits contemporains, no 208,‎ , p. 55–68 (ISSN 0984-2292, lire en ligne, consulté le 23 novembre 2016)
  3. Général Partiot, Inspecteur Général des Affaires Algériennes, note du 19 mars 1960, Service Historique de la Défense, carton SHD-1H2029

Bibliographie

  • Jacques Fremeaux, « Les SAS (sections administratives spécialisées) », in Guerres mondiales et conflits contemporains 4/2002 (n° 208), p. 55-68.
  • Yves Courrière, La Guerre d'Algérie, Fayard, 1969,
  • Grégor Mathias, Les sections administratives spécialisées en Algérie: entre idéal et réalité (1955-1962), L'Harmattan 1998 - Extraits en ligne.
  • Claude Hary, L'autre guerre d'Algérie - Révélations d'un officier SAS, Pic de la Mirandole, 2005, en vente chez l'auteur: 37 rue Vincent Scotto, 13320 Bouc-Bel-Air.
  • Georges Oudinot, Un béret rouge en... képi bleu ! : Mission en Kabylie 1956-1961, Carnets d'un chef de SAS, Beni-Douala, collection Histoire & Mémoires combattantes, L'esprit du livre Éditions, 2007
  • Jean-Pierre Sénat, "par le coeur et par la raison: Algérie 1959-1962", 2007, L'Harmattan.

Filmographie

Voir aussi

Lien externe