Sculpture française

La sculpture française au Moyen Âge

Adam, vers 1260, provenant de la Cathédrale Notre-Dame de Paris.

La sculpture au Moyen Âge est intimement liée au monde religieux et plus précisément à l'architecture religieuse au sein de laquelle elle s'intègre le plus souvent. Les noms de la majorité des sculpteurs de cette période, en particulier pour les époques les plus anciennes, nous sont inconnus, une grande partie des œuvres ayant été créées de manière anonyme.

La période couverte par le Moyen Âge est très importante, s'étendant sur un millénaire. Les historiens de l'art l'étudient traditionnellement en se fondant sur neuf mouvements ou périodes d'envergure, dont cinq concernent la France et donc, la sculpture française:

  • La sculpture paléochrétienne
  • La sculpture préromane
  • La sculpture romane
  • La sculpture cistercienne
  • La sculpture gothique

La sculpture paléochrétienne en France

Miracles du Christ - Sarcophage aux arbres, (c.375) - Musée de l'Arles et de la Provence antiques, Arles

L'Art paléochrétien couvre la période de 200 (avant laquelle aucune œuvre chrétienne n'a survécu), jusqu'au tardif VIIe siècle ou les prémices du VIIIe, quand les conquêtes arabes et l'iconoclasme byzantin ont mis fin à la production d'art dans l'Est. Pendant cette période, les artistes chrétiens ont adopté les savoirs romains de la peinture, mosaïque, sculpture et travail du métal. En France, il se confond souvent avec l'Art mérovingien

La sculpture à l'époque mérovingienne régresse au point de n'être plus qu'une simple technique d'ornementation des sarcophages, des tables d'autel ou du mobilier ecclésiastique. L'abandon progressif de l'incinération en faveur de l'inhumation (qui dans le courant du IIIe siècle s'impose dans tout l'Empire), qui reste cependant l'apanage des familles fortunée du fait de son cout, entraine un développement particulièrement important de la sculpture funéraire, en particulier de la réalisation de nombreux sarcophages. Les trois types de sarcophages « païens » les plus courants sont utilisés aussi pour réaliser des sarcophages chrétiens : 1) à frise, 2) à colonnes; 3) à strigiles. Le clipeus, portant le portrait du défunt ou une épigraphe, apparaît très rapidement sur les sarcophages chrétiens. Mais ces types évolueront avec le temps. Celui à strigiles perd rapidement sa forme ovale, mais reste pour l'essentiel fidèle à la disposition originelle du décor. Le type à frise s'organisera en registres horizontaux avec un clipeus au centre. Dans le courant du IVe siècle, le type à colonnes se complexifie dans son ornement architectural et est parfois remplacé par des éléments végétaux.

La sculpture préromane en France

Couverture en ivoire des Évangiles de Lorsch.
Statue équestre de Charlemagne, Louvre

L'art préroman est la période couvrant le couronnement de Charlemagne en 800 jusqu'au début de la période romane au XIe siècle. Pendant cette période, les influences de l'art romain classique sont activement absorbées et l'art carolingien devient la souche de laquelle émergeront plus tard les arts roman et gothique. De la sculpture carolingienne, seuls nous sont parvenus quelques rares reliefs architecturaux, des œuvres d’orfèvrerie et des plaques d’ivoire, la plupart des édifices anciens ayant été remplacés aux époques romanes et gothique.

Les sculpteurs carolingiens ont créé en particulier des couvertures de livres en ivoire, comportant des thèmes largement inspirés de peintures de l’Antiquité tardive. Leur nombre particulièrement élevé compense l’absence presque totale de sculpture carolingienne.

Charlemagne a grandement redonné vie à l’art du bronze en France quand il a créé les fonderies à Aix-la-Chapelle où furent réalisées les portes de la chapelle du palais, à l’imitation encore une fois d’un modèle romain. Un des chef-d’œuvres de cette époque est la célèbre statue équestre en bronze doré à incrustation de fils d'or de Charlemagne (ou de son petit-fils Charles le Chauve), faisant référence aux portraits équestres antiques. La fonte de cette statue, le seul bronze qui subsiste du VIIIe siècle, s'est faite en 3 parties : le cheval, la tête et le corps, assemblés par la suite.

La sculpture sur pierre reste une imitation habile des œuvres antiques, les grands centres de sculpture étant Lorsch et Aix-la-Chapelle. Un chef-d’œuvre de pierre encore existant est la clôture de chœur de Saint Pierre-aux-Nonnains, à Metz.

La sculpture romane en France

Tympan sculpté de l'Abbatiale Sainte-Foy de Conques

L'art roman est la période couvrant l'Europe de l’Ouest du XIe siècle jusqu'à la fin du XIIe siècle, s'exprimant principalement en France, Italie et Espagne, puis s'étendant avec l'expansion des grands mouvements monarchistes en Europe du Nord, Angleterre, Irlande. Cette période est la fusion des styles l'ayant précédée, notamment carolingienne, et dont les influences orientales, notamment sassanides, ont été fusionnées et appropriées dans des motifs christianisés.

La sculpture décore d'abord les chapiteaux dans les cryptes, les cloîtres et les églises avant de prendre place sur la façade des églises à la fin du XIe siècle, devenant alors « monumentale ». Elle a une vertu pédagogique, celle d'enseigner la vie des apôtres et des saints et d'illustrer des passages de l'Ancien Testament. Elle s'inspire des bas-reliefs et des chapiteaux romains, mais surtout des images placées dans les manuscrits enluminés et sur les objets d'orfèvrerie.

Parmi les sculpteurs français ou œuvrant en France dont on connait les noms pour cette période, se trouvent le Maître de Cabestany, Bernard Gilduin, Gislebert, Unbertus, Gofridus et Gilabertus de Toulouse.

La sculpture cistercienne en France

Vierge à l'enfant du Cloître de l'abbaye de Sénanque (Vaucluse)

L'art cistercien se développe en réaction aux excès de l'art roman développés par Cluny et se caractérise par un esthétisme épuré à l'extrême. En 1134, le Chapitre général prescrit d'ailleurs une série de mesures concernant l'art sacré, les lieux saints ne devant recevoir aucun décor sculpté ou orné. Le succès financier de l'ordre entraîne cependant une multiplication des chantiers et les bâtiments conventuels commencent à recevoir des ornements de plus en plus nombreux. Ainsi, dès les années 1170, les principaux couvents reçoivent des parures.

La sculpture dans l'art cistercien reste cependant rare, se limitant essentiellement à des ornementations stylisées et épurées ou quelques rares statues très simples. Par ailleurs, si les églises comme les statues étaient généralement peintes au Moyen Âge, ce n'est pas le cas dans l'art cistercien, la couleur y étant réservée aux enluminures[1].

La sculpture gothique en France

Portail de l'église de la Chartreuse avec les groupes de Claus Sluter sur les cotés et la Vierge à l'enfant de Jean de Marville sur le trumeau.

L'art gothique est un terme fragmentaire dépendant du métier, du lieu et de la période ayant pour origine l'architecture gothique. La sculpture gothique est née en France en 1150 et s'est répandue dans toute l'Europe. Au XIIIe siècle, elle est devenue un style international, remplaçant le roman. Le gothique international décrit l'art gothique de 1360 à 1430.

Jusqu'à la fin du XIIIe siècle en France, les statues, qu'elles soient de terre, d'argile, de plâtre, de bois ou de pierre, sont généralement peintes de couleurs vives.

Parmi les sculpteurs français ou œuvrant en France importants de cette période, on peut retenir le Maître de Naumburg, Evrard d'Orleans, Jean de Marville, Claus Sluter ou Antoine Le Moiturier.

La sculpture française au XVIe siècle

Christ de la Résurrection (vers 1572, Louvre) par Germain Pilon

La Renaissance marque un retour de la sculpture à des formes et thèmes de l'Antiquité, en particulier grecque.

La renaissance en sculpture est plus précoce que dans les autres arts. En effet, les hommes de la renaissance disposent encore de sculptures antiques alors que les peintures ont plus largement disparu. C'est pourquoi les prémices de la renaissance en matière de sculpture peuvent être datés, en particulier en Italie mais aussi dans une moindre mesure dans le reste de l'Europe, dont la France, au XIIIe siècle.

De nombreux artistes se sont déplacés en Europe, parfois jeunes et sans retourner dans leur pays d'origine (ainsi l'italien Domenico del Barbieri, dit aussi Dominique Florentin, qui œuvra essentiellement en France où il se maria et fût d'ailleurs enterré). Il est donc impossible de concevoir des « écoles » nationales tant les échanges ont été intenses. Un exemple est celui de Pierre de Francqueville, sculpteur français ayant œuvré en Italie, où il s'initie au maniérisme qu'il introduit en France à son retour. D'autre part il était très commun qu'un artiste soit polyvalent, tout à la fois peintre, architecte, graveur et sculpteur: c'est le cas entre autres de Pierre Biard l'Aîné, sculpteur et architecte.

Les premiers grands sculpteurs de la Renaissance, chronologiquement parlant, sont italiens. En France, au XVIe siècle, un peu plus tard, naîtra une seconde génération de grands sculpteurs, très influencés par l'art italien. On peut citer parmi ses maîtres français plus particulièrement Jean Goujon ou encore Germain Pilon mais il faut aussi évoquer d'autres sculpteurs comme Jacques Dubrœuq, Ponce Jacquiot, Pierre Bontemps, Ligier Richier ou, vers la fin du siècle, Barthélemy Prieur et Guillaume Dupré.

La sculpture française au XVIIe siècle

La sculpture française au XVIIIe siècle

La sculpture française au XIXe siècle

Ugolin et ses fils de Jean-Baptiste Carpeaux

La sculpture française du dix-neuvième siècle est marquée par une production très importante induite par les commandes officielles liées aux transformations urbaines et à la sécularisation de la vie publique : villes et gouvernements, en particulier avec Napoléon III et la Troisième République, rivalisent dans ce domaine. L'ascension d'une bourgeoisie fortunée participe aussi à la vogue de la statuaire avec les monuments funéraires privés et le goût pour les petites pièces de bronze dont les nombreux sculpteurs animaliers se font une spécialité.

Les multiples commandes publiques auxquelles s'ajoute le poids de l'Académie et de l'École des beaux-arts renforcent plus l'académisme dominant et le néoclassicisme que l'expression personnelle des artistes. Les personnalités marquantes sont donc en nombre plutôt limité : on peut retenir François Rude pour la première période, Albert-Ernest Carrier de Belleuse, Jean-Baptiste Carpeaux et Antoine-Louis Barye pour le milieu du siècle et plus tard Auguste Bartholdi et Jules Dalou avant Auguste Rodin qui surclasse la sculpture européenne à partir des années 1880.

L'importante statuaire du XIXe siècle reste riche et multiple avec une bonne part d'académisme mais aussi avec des créateurs remarquables. Les musées (LouvreMusée d'OrsayPetit PalaisMusée Rodin) reflètent ces richesses mais il ne faut pas négliger les aménagements urbains qui foisonnent d'œuvres diverses, en particulier les places, les jardins et les ponts de Paris et bien sûr les cimetières. Sans oublier que les villes de province possèdent bien souvent également un riche patrimoine dans ce domaine.

La sculpture française au XXe siècle

La sculpture française au XXIe siècle

Articles à créer : Patrick Peltier[2],[3]

Notes et références

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