Science et recherche en Nouvelle-Calédonie

Les institutions de recherche de Nouvelle-Calédonie sont principalement basées principalement à Nouméa et touchant essentiellement à la biodiversité, l'environnement, la biologie et la géologie, le nickel, l'océanographie, l'histoire, l'anthropologie, la sociologie et la linguistique des langues Kanak.

La recherche en Nouvelle-Calédonie s'articule selon 3 types de structures :

  • Les établissements publics nationaux ;
  • Les établissements publics territoriaux ou locaux ;
  • Les programmes de recherche multidisciplinaires.

Établissements publics nationaux

L'Université de la Nouvelle-Calédonie

Elle dispose en 2010 de cinq laboratoires ou équipes de recherche reconnues comme « équipes d'accueil » (EA) au titre du contrat quadriennal 2008-2011 dont un au sein du département « Droit, économie et gestion » (Laboratoire de recherches juridiques et économiques LARJE, EA 3329), un auprès de celui de « Lettres, langues et sciences humaines » (Centre de nouvelles études sur le Pacifique CNEP, EA 4242) et trois pour celui de « Sciences et Techniques » (Équipe de recherche en informatique et mathématiques ERIM, EA 3791 ; Laboratoire insulaire du vivant et de l'environnement LIVE, EA 4243, en sciences de la vie ; Pôle pluridisciplinaire de la matière et de l'environnement PPME, EA 3325, pour les écosystèmes littoraux tropicaux), ainsi que d'une école doctorale (« école doctorale pluridisciplinaire numérique des Milieux insulaires ultra-marins » EDPn MIUM, EDP 469). Il est à noter que le campus des Sciences de l'université a été le lieu de la première Conférence internationale de mathématiques de Nouvelle-Calédonie, organisée en 2005 par le professeur des universités en mathématiques Henri Bonnel, par ailleurs directeur de l'ERIM et de l'école doctorale.

L'Institut de recherche pour le développement (IRD)

Les champs de recherche de l'institut touchent aussi bien la biodiversité, la biologie marine, l'étude de la faune et de la flore, la climatologie, l'océanographie, la géologie, la géophysique, la pharmacologie, l'agronomie, l'entomologie ou encore l'histoire et l'archéologie avec la participation aux missions La Pérouse à Vanikoro. Il fut créé en 1946 (devenant le premier centre de recherche français du Pacifique) sous le nom d'Institut français d'Océanie (IFO), devenu en 1964 le centre néo-calédonien de l'Office de la recherche scientifique et technique outre-mer (ORSTOM) qui prend son nom actuel en 1999. Il siège à l'Anse Vata à Nouméa et dispose d'un budget de 1,509 milliard de francs pacifique (12,6 millions d'euros), d'un effectif de 199 personnes (dont 48 chercheurs, 134 ingénieurs, techniciens, administrateurs et VAT, et 17 personnels navigant), de 2 600 m2 de laboratoires, 1 300 m2 de bureaux et ateliers, 190 m2 de serres, d'un auditorium de 280 places, d'un pavillon d'accueil de 7 chambres, de 8 studios pour accueil longue durée de chercheurs et d'un bâtiment de 10 chambres pour les stagiaires[1].

L'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer)

Implantée sur le même site que l'IRD, la délégation locale de l'IFREMER possède également des antennes à Boulouparis (station aquacole expérimentale de Saint-Vincent sur la presqu'île de Beaupré) et à Koné (sur la presqu'île de Foué). Cette institution s'occupe essentiellement de recherche concernant l'aquaculture, et donc surtout l'élevage de crevettes, mais aussi les géosciences et la biodiversité marines? Le département « Lagons, écosystèmes et aquaculture durable en Nouvelle-Calédonie » (LEAD-NC), qui regroupe l'essentiel de ses activités, comprend 12 chercheurs, 11 techniciens, 6 ingénieurs, 4 attachés scientifiques et techniques et 5 employés administratifs)[2].

Météo-France

Elle dispose de cinq stations automatisées : celle centrale, également siège de la direction pour la Nouvelle-Calédonie, au Faubourg Blanchot à Nouméa, de trois stations associées à l'aéroport international de Tontouta (Païta) et aux aéroports domestiques de Magenta (Nouméa) et de Wanaham à Lifou et enfin des stations automatiques à Koumac et sur les îles Chesterfield, Walpole et Huon. S'y ajoute plus de 100 points de mesures répartis sur tout le Territoire. Il emploie quelque 80 personnes[3].

Service hydrographique et océanographique de la marine (SHOM)

L'antenne néo-calédonienne du Groupe océanographique du Pacifique du SHOM est installé en baie de Numbo sur la presqu'île de Ducos à Nouméa. Il dispose de deux marégraphes côtiers à Nouméa : un à la pointe Chaleix et un autre, numérique, en baise de Numbo.

Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM)

L'antenne du BRGM a été créée en 2000 et installée à la Vallée du Tir à Nouméa, dans les locaux de la Direction de l'Industrie, des Mines et de l'Énergie (DIMENC) du gouvernement local. Il assure surtout une fonction d'accompagnateur et de conseil du Service de la géologie (SGNC) au sein de cette dernière.

Établissements publics territoriaux ou locaux

L'Institut Pasteur

Elle est présente en Nouvelle-Calédonie depuis 1913 à travers un Institut de microbiologie fondé cette année-là sous son parrainage, devenu en 1918 l'Institut Gaston Bourret puis officiellement l'Institut Pasteur de Nouméa en 1955 et enfin de Nouvelle-Calédonie en 1990. Il dispose d'un budget d'environ 1 milliard de francs CFP (8,4 millions d'euros) et d'une équipe de 70 personnes (une douzaine de biologistes, chercheurs et cadres, et une quarantaine de techniciens). Il est voisin du CHT Gaston-Bourret à Nouméa et sera, avec lui, déménagé sur le site du futur Médipôle de Koutio à Dumbéa d'ici 2016[4].

L'Institut agronomique néo-calédonien (IAC)

Situé dans la station expérimentale de Port-Laguerre à Païta et établissement public territorial, a pour missions de favoriser le développement rural notamment par des réalisations expérimentales dans les domaines agricoles, forestiers, agroalimentaires et de l’élevage.

L'Institut de la statistique et des études économiques (ISEE) de Nouvelle-Calédonie

Il est également un établissement public territorial, créé en 1985 en tant qu'« Institut territorial de la statistique et des études économiques », héritier de la « Direction de la statistique et des études économiques » (DSEE) qui était l'équivalent local de l'Insee métropolitain. Son siège est dans le Centre-ville de Nouméa.

Le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie

Il dispose au sein de ses différents départements, outre les fonctions d'études et de statistiques nécessaires à la mise en place des politiques publics, de deux services de laboratoires : celui des laboratoires officiels vétérinaires, agroalimentaires et phytosanitaires de la Nouvelle-Calédonie (LNC) de la Direction des Affaires vétérinaires, alimentaires et rurales (DAVAR) basé à Port-Laguerre à Païta, et celui d'analyses minérales de la DIMENC. Les autres services dotés de fonctions de recherche sont notamment le Service des phares et balises et le Service topographique de la Direction des Infrastructures, de la Topographie et des Transports terrestres (DITTT), le département de l'archéologie du service musée et patrimoine, qui publie chaque année depuis 1992 une revue spécialisée, Les Cahiers de l'Archéologie[5], et le service des archives de la Direction de la Culture, de la Condition Féminine et de la Citoyenneté (DCCFC).

L'Aquarium des lagons

Situé à l'Anse Vata à Nouméa, a été fondé en 1956 par le biologiste René Catala et sa femme Ida Stucki, et a été agrandi et rénové de 2003 à 2007. Ses activités scientifiques ont permis par le passé de faire connaître la fluorescence de certains coraux, et comprennent aujourd'hui le programme de suivi des tortues grosses têtes, notamment par satellite, ainsi que l'étude des premiers stades de vie des poissons récifaux[6].

Programmes de recherche multidisciplinaires

Le programme « Zone économique de Nouvelle-Calédonie » (ZoNéCo)

Lancé en 1991, c'est le premier programme de ce type de l'outre-mer français, destiné à de mieux connaître la topographie des fonds marins de sa zone économique exclusive, et pour l’évaluation des ressources qu’elle recèle, compétences étendues à l'étude du lagon. Elle est gérée et coordonnée par l'Agence de développement économique de la Nouvelle-Calédonie (ADECAL), tandis que ses objectifs et ses moyens sont inclus dans les contrats quinquennaux de développement inter-collectivités signés entre l'État et le Territoire. Y participent plusieurs directions du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie (DTSI, DIMENC, DITTT, DBAF et SMMPM), des instituts de recherche nationaux (Ifremer, IRD, Météo-France, SHOM) ainsi que l'université et l'Aquarium des lagons.

Le Centre national de recherche technique (CNRT) « Nickel et son environnement »

C'est un GIP créé en 2007 pour une durée de 5 ans, sur la base d'une idée remontant aux années 1990 de créer un pôle de recherche sur le nickel, son exploitation, les techniques métallurgiques et son impact sur l'environnement. Il regroupe collectivités publiques (État, Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, Provinces), des professionnels et entreprises du secteur (Syndicat des industriels de la mine, SLN, Vale Inco NC, SMSP et Koniambo Nickel) et des organismes de recherche (BRGM, IRD, UNC, IAC et Ifremer). Chacun de ces groupes fournit un tiers de sa dotation, qui s'élève pour les 5 ans à 600 millions de francs CFP (5 millions d'euros)[7].

Premières assises de la recherche française du Pacifique (ARFP)

La Nouvelle-Calédonie, et plus particulièrement le centre culturel Tjibaou à Nouméa, a été le siège des premières Assises de la recherche française du Pacifique (ARFP) organisées du 24 au en partenariat avec l'État, la Polynésie française et Wallis-et-Futuna ainsi que les différents acteurs de la région Pacifique, et avec le soutien de l'Europe[8]. Les secondes assises se sont tenues en 2009 à Tahiti[9].

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

Notes et références