Saulty

Saulty
Image illustrative de l'article Saulty
L'église Saint-Léger.
Blason de Saulty
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Pas-de-Calais
Arrondissement Arras
Canton Avesnes-le-Comte
Intercommunalité Communauté de communes des campagnes de l'Artois
Maire
Mandat
Jean-Paul Lefebvre
2014-2020
Code postal 62158
Code commune 62784
Démographie
Gentilé Saltusiens
Population
municipale
763 hab. (2015 en augmentation de 6,12 % par rapport à 2010)
Densité 60 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 12′ 48″ nord, 2° 31′ 53″ est
Altitude Min. 140 m
Max. 178 m
Superficie 12,75 km2
Localisation

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Saulty est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais, en région Hauts-de-France.

Géographie

Saulty est située aux confins de l'Artois, aux portes des vallons du Doullennais. Le paysage est constitué de légères ondulations typiques des plaines au sud d'Arras. Le village est constitué de deux parties qui rappellent le rattachement au cours du XXe siècle du lieu-dit de Gombremetz au village même : une partie haute, autour de l'église, du château et de la place publique, et une partie descendante, le long de la rue Principale, Gombremetz. Le bâti est assez étendu, suivant majoritairement un axe longitidinal qui aboutit à la place et autour duquel s'articulent plusieurs ruelles et axes mineurs vers les villages voisins. Le bâti et le tracé des rues est plus dense au nord du village, autour de la place publique notamment.

Le paysage, à l'égal des communes voisines, est marquée fortement par l'agriculture. Toutefois, il ne présente pas aussi catégoriquement les caractéristiques de l'openfield, comme aux alentours de la métropole arrageoise. Les bosquets et les bois sont assez nombreux, et le village, dans sa forme longitudinale, prend la forme d'un arc le long du flanc ouest du bois du château, un espace boisé de plusieurs dizaines d'hectares, aménagé en partie en vergers.

La proximité de la route nationale 25 (qui passe à l'est du village et marque son entrée sud), axe majeur de transport entre Arras et Amiens, très empruntée par les transporteurs, est en partie la raison du dynamisme de la commune depuis au moins 2007, date à laquelle une zone artisanale est créée à l'entrée sud du village, offrant une centaine d'emplois ainsi que des opportunités commerciales pour les productions locales, notamment les fruits des vergers. Le gain d'attractivité se reflète dans la croissance démographique de la commune: Saulty est le village le plus peuplé à dix kilomètres alentours, derrière Pas-en-Artois et Avesnes-le-Comte.

Communes limitrophes

Toponymie

La forme « Saulty » ne se fige pas avant 1789 dans les publications. Le nom « saulty » viendrait du latin saltus qui désigne une zone boisée. Le territoire n'était pas cultivé et en partie consacré à l'utilisation directe par les paysans (cueillette, chasse des petits gibiers). Il se retrouve dans le gentilé de la commune : les Saltusiens.

Histoire

La paroisse de Saulty apparaîtrait aux XIe-XIIe siècle sur des domaines forestiers destinés à la chasse et appartenant à l'Abbaye Saint-Vaast d'Arras.

Dès le XIVe siècle, la châtellenie de Saulty est aux mains de la famille des comtes puis princes d'Epinoy. Ils possèdent le château fort, situé au nord de la paroisse. Le chœur de l'église Saint-Léger est reconstruit et consacré au XVIe siècle en style gothique.

Jean de Saulty combat et trouve la mort lors de la bataille d'Azincourt en 1415[1].

Au XIXe siècle, la famille Cavrois fait reconstruire le château de Saternault, au sud du village, tandis que les Crespel font construire sur le site de l'ancien château médiéval l'actuel château de Saulty.

Pendant la Première Guerre mondiale, les châteaux sont transformés en hôpitaux militaires de campagne. L'armée britannique tient la position de Saulty, stratégique à cause du passage de la ligne d'Arras à Doullens à proximité. Une série d'opérations de supports sont également menées dans les alentours de la commune en préparation de la bataille d'Arras du 9 avril 1917.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, les troupes britanniques venues en renfort des Français engagés dans la bataille d'Arras de mai 1940 opèrent une diversion en attaquant les Allemands le long de la route nationale 25 à hauteur de Saulty.

La gare de L'Arbret-Saulty ferme dans les années 1970 et le déclin à l'échelle nationale du poids de l'activité agricole dans l'économie entraîne une déprise de la commune, située jusque dans les années 1990 hors de l'aire urbaine d'Arras.

Au XXIe siècle, le passage de Saulty dans une position de périurbanisation relance le dynamisme démographique de la commune, tandis que sa position de commune la plus peuplée dans le sud-est d'Arras entre Avesnes-le-Comte et Pas-en-Artois lui permet de surmonter la crise rurale, qui s'est illustrée par la fermeture des commerces de proximité entre 1970 et aujourd'hui, en intégrant à échelle locale les circuits du commerce mondialisé, notamment autour d'une production maraîchère destinée à l'exportation européenne.

Politique et administration

Saulty dans son canton et dans l'arrondissement d'Arras.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1969 1995 Pierre Dalle    
mars 1995 2001 Marc Turbant    
mars 2001 2007 Jean-Michel Sevin    
mars 2007 2008 Francis Bailly    
mars 2008[2] en cours
(au 28 février 2015)
Jean-Paul Lefebvre   Réélu pour le mandat 2014-2020[3],[4]

Démographie

Évolution démographique

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[6].

En 2015, la commune comptait 763 habitants[Note 1], en augmentation de 6,12 % par rapport à 2010 (Pas-de-Calais : +0,77 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
729 448 727 791 707 768 806 793 832
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
831 793 755 723 750 768 809 790 748
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
721 707 702 682 701 730 717 701 722
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
775 731 684 648 666 625 664 704 763
2015 - - - - - - - -
763 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (19,2 %) est en effet inférieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (19,8 %). Contrairement aux répartitions nationale et départementale, la population masculine de la commune est supérieure à la population féminine (51 % contre 48,4 % au niveau national et 48,2 % au niveau départemental).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 51 % d'hommes (0 à 14 ans = 25,3 %, 15 à 29 ans = 19,2 %, 30 à 44 ans = 22,8 %, 45 à 59 ans = 16,2 %, plus de 60 ans = 16,5 %) ;
  • 49 % de femmes (0 à 14 ans = 23,5 %, 15 à 29 ans = 18 %, 30 à 44 ans = 22,3 %, 45 à 59 ans = 14,2 %, plus de 60 ans = 22,1 %).
Pyramide des âges à Saulty en 2007 en pourcentage[9]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,6 
90 ans ou +
0,9 
7,5 
75 à 89 ans
12,8 
8,4 
60 à 74 ans
8,4 
16,2 
45 à 59 ans
14,2 
22,8 
30 à 44 ans
22,3 
19,2 
15 à 29 ans
18,0 
25,3 
0 à 14 ans
23,5 
Pyramide des âges du département du Pas-de-Calais en 2007 en pourcentage[10]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90 ans ou +
0,8 
5,1 
75 à 89 ans
9,1 
11,1 
60 à 74 ans
12,9 
21,0 
45 à 59 ans
20,1 
20,9 
30 à 44 ans
19,6 
20,4 
15 à 29 ans
18,5 
21,3 
0 à 14 ans
18,9 

Culture locale et patrimoine

Héraldique

Blason Saulty.svg

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

écartelé : au 1) et au 4) d'or à la croix ancrée de gueules, au 2) et 3) d'azur à sept besants d'or ordonnés 3, 3, 1.

Lieux et monuments

Le château de Saulty

Le château de Saulty date du XIIe siècle, mais la bâtisse actuelle est due à l'acquisition des ruines du château fort par l'industriel Louis Crespel au XIXe siècle, il fut l'un des précurseurs de l'industrie sucrière en France. En lieu et place du château fort dont il ne reste aucun vestige s'élève un édifice d'architecture néoclassique en pierre blanche à deux niveaux, composé d'un corps de bâtiment flanqué de deux petites ailes à travée unique, séparées du corps central par des chaînages à bossage et des charpentes indépendantes de la toiture principale. La façade sur le village est assez austère, tandis que la façade sur jardin présente un avant-corps central composé de trois travées, délimitées par des demi-colonnes corinthiennes d'ordre colossal soutenant un fronton orné et présentant une horloge en son centre. Au premier niveau de cet avant-corps, les baies sont en plein-cintre, tandis que les autres baies de la façade sont droites. Chacune des baies du premier niveau est surmontée d'un claveau saillant, tandis que les baies droites du second niveau sont surmontées d'une corniche reposant sur deux consoles, renforçant le caractère décoratif de la façade : de plus, les baies de l'avant-corps et des ailes au second niveau sont précédées de balcons à balustrade.

Il est encore habité et accueille de temps en temps des expositions. Crespel acheta les 47 hectares de terres autour du château. Ces derniers forment les vergers de Saulty, qui aujourd'hui sont consacrés à l'agriculture raisonnée de pommes et de poires, destinées à la vente directe et à l'exportation. Le château assure également l'essentiel de l'accueil touristique de la commune en proposant des chambres d'hôtes. Il est depuis 1947 la propriété de la famille Dalle.

La place et la mémoire des guerres mondiales

La place publique est un espace circulaire au nord du village, arboré, où se déroulent les événements majeurs de la commune. Sont disposés autour de la place publique le monument aux morts, la salle polyvalente, les bureaux de la mairie, la mairie et l'église Saint-Léger. Le monument aux morts, sur la place, élevé en mémoire des soldats morts pour la France, est en marbre de Carrare. Il a été inauguré le en présence de l'évêque d'Arras monseigneur Julien. Il présente la particularité de représenter la Victoire sous les traits d'une Marianne, couronnant le soldat mourant, remarquable exaltation patriotique de la mère patrie dans le contexte d'après-guerre. La mairie abrite d'ailleurs dans une salle adjacente, visibles à tous, les restes d'un Spitfire abattu au-dessus de la commune le 1er décembre 1943[12] et qui ont été retrouvés enfouis dans un champ. Le pilote canadien s'est vu également dédier une stèle dans la rue principale.

L'église Saint-Léger

L'église du village, dédiée à saint Léger évêque d'Autun mort près de Lucheux en 678, date du XVIe siècle. Le vaisseau et le clocher-porche sont reconstruits au XVIIIe siècle après un incendie qui épargne uniquement le chœur de style gothique. L'état de détérioration avancé du monument est préoccupant sans toutefois présenter de risque notoire pour les usagers. Toutefois, la tribune surplombant la nef est interdite d'accès. La façade du clocher-porche massif de l'église, a été transformée en urgence en un mur de béton afin de sauver la tour d'un éventuel effondrement. Les éboulements dans les souterrains du sous-sol ont fragilisé la voûte d'époque du choeur. L'ancien presbytère a été rénové en 2006 et accueille des logements sociaux. En 2017, un legs de 175.000 euros perçu par la commune grâce à la générosité d'un ancien saltusien ouvre des perspectives pour la restauration du monument.

La chapelle Notre-Dame-de-Lourdes, bâtie au XIXe siècle, exactement entre 1840 et 1841 dans un style néogothique sous l'impulsion du maire de Bavincourt : la chapelle, à l'entrée du bois du château de Saulty, appartient en effet au territoire de Bavincourt-l'Arbret. Elle a été réalisée par l'architecte diocésain Alexandre Grigny. Une association locale défend la préservation et la mise en valeur de ce patrimoine unique dans le secteur, en organisant notamment aux 15 août une procession vers la chapelle. Elle est classée monument historique par arrêté ministériel depuis 1990.


Les Muches

Un réseau de muches a été découvert sous l'église Saint-Léger, mais à cause de plusieurs éboulements, elles sont interdites d'accès. Ces muches comportaient par ailleurs des accès sous quelques anciennes maisons du village. Ces souterrains, bâtis au XVIe siècle dans le contexte de troubles militaires au XVIe siècle entre François Ier et Charles Quint en Artois (Charles Quint finit par prendre possession de l'Artois qui reste aux mains des Habsbourg jusqu'au milieu du XVIIe siècle, comme cela peut se voir à Arras, avec les pignons des maisons de la place des Héros en style baroque hollandais) sont monnaie courante dans la région. Le parallèle peut être fait avec les muches sous les églises de Gouy-en-Artois et d'Avesnes-le-Comte par exemple.

Personnalités liées à la commune

Pour approfondir

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

Notes

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références

  1. « Azincourt 1415 : d'où venaient les chevaliers français morts à la bataille ? »
  2. « Canton d’Avesnes-le-Comte: huit maires rendront leur écharpe fin mars », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne) :

    « Saulty : Jean-Paul Lefebvre a été élu en 2008. Avant de se prononcer, il voulait consulter son conseil municipal. Chose faite fin décembre : avec l’appui de plusieurs conseillers, le maire retentera donc sa chance en mars. »

    .
  3. « Saulty : Jean-Paul Lefebvre plébiscité à la tête de la commune », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne).
  4. « Liste des communes et des maires » [xls], Préfecture du Pas-de-Calais, (consulté le 21 février 2015).
  5. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  9. « Évolution et structure de la population à Saulty en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 28 août 2010)
  10. « Résultats du recensement de la population du Pas-de-Calais en 2007 » [archive du ], sur le site de l'Insee (consulté le 28 août 2010)
  11. « Souvenir Français Arras », sur souvenirfrancaisarras.com (consulté le 20 juillet 2017)