Saturnales

Les Saturnales (en latin Saturnalia) sont, durant l'antiquité romaine, des fêtes se déroulant une semaine avant le solstice d'hiver (du 15 décembre) qui célèbrent le dieu Saturne et sont accompagnées de grandes réjouissances populaires.

D'autres fêtes furent étendues après cette date.

Durant cette période, les barrières sociales disparaissaient, on organisait des repas, on échangeait des cadeaux, on offrait des figurines aux enfants et on plaçait des plantes vertes dans les maisons, notamment du houx, du gui et du lierre.

Origines

Huit colonnes restantes du Temple de Saturne (à droite).

Macrobe rapporte diverses traditions romaines sur l'origine de cette fête : plusieurs font référence au séjour de Saturne dans le Latium avant la fondation de Rome[1]. Saturne détrôné se serait réfugié en Italie, dans le Latium, où il rassemble les hommes féroces éparpillés dans les montagnes et leur donne des lois. Son règne est un âge d'or, ses paisibles sujets étant gouvernés avec douceur et équité. Les Saturnales contribuent à célébrer la mémoire de cet âge heureux de l'exercice du pouvoir.

Pour la recherche moderne, les Saturnales sont une fête typique du « crépuscule de l'année » comme la fête celtique de Samain, période qui voit des pratiques de potlatch, de banquets et magnificence, pendant laquelle la paix règne et la communication avec le monde des morts est établie[2].

Il semble que la date de construction du temple de Saturne à Rome était aussi le 14 avant les calendes de janvier, juste au début de la république romaine. Cela serait donc une construction du roman national de la république romaine sans aucun rapport avec un quelconque solstice. Cette fête est l'occasion la proclamation de nouveaux consuls. Le temple de Saturne avait une place particulière à Rome car on y entreposait le trésor romain ou aerarium saturni (Marc Antoine y vola les 500 millions de sesterces déposés par Jules César) et donc a une connotation plus politique et plus nationale que religieuse.

Célébration

Saturnalia, sculpture de Ernesto Biondi  (1905), Jardín Botánico de Buenos Aires.

Au cours des Saturnales, les esclaves jouissent d'une apparente et provisoire liberté.

Durant cette fête très populaire, l'ordre hiérarchique des hommes et la logique des choses sont inversés de façon parodique et provisoire : l'autorité des maîtres sur les esclaves est suspendue. Ces derniers ont le droit de parler et d'agir sans contrainte, sont libres de critiquer les défauts de leur maître, de jouer contre eux, de se faire servir par eux. Les tribunaux et les écoles sont en vacances et les exécutions interdites, le travail cesse. On fabrique et on offre de petits présents (saturnalia et sigillaricia). Des figurines sont suspendues au seuil des maisons et aux chapelles des carrefours. Un marché spécial (sigillaria) a lieu. De somptueux repas sont offerts.

La population se porte en masse vers le mont Aventin. On enlève à la statue du dieu les chaînes portées par lui, depuis que Jupiter a voulu contenir son appétit dévorant en le soumettant au rythme régulier des astres et des jours.

Calendrier

Selon Macrobe , d'abord fêtées le 14 avant les calendes de janvier (15 décembre, car le mois de décembre durait 29 jours sous la république romaine), puis le 16 avant les calendes (15 décembre , car le mois de décembre durait 31 jours sous le calendrier julien ) et durant trois jours après la réforme du calendrier de Jules César[3]. Une autre fête était célébrée en l'honneur de la déesse Angerona, la déesse tutélaire de Rome, sous Auguste, le 21 décembre.

Selon Macrobe, d'autres fêtes s'intercalèrent dans cette période (quatre jours sous Auguste, puis cinq sous Caligula[4], elles finissent par durer sept jours sous Dioclétien, du 15 au 21 décembre).

Néanmoins, il semble que Macrobe fasse la confusion avec les fêtes de janvier ; l'empereur Auguste avait proclamé plusieurs fêtes en son honneur pour le mois de IANUARIUS.

Plusieurs autres dieux ou déesses sont célébrés pendant cette période, notamment :

  • Épona fêtée le 15 décembre, déesse gauloise de la fertilité, qui a intégré le catalogue des dieux romains ;
  • Ops, qui est la déesse de la terre et femme de Saturne, voilà pourquoi on la fête à la suite des Saturnales.

Postérité

On dit[5] que les Saturnales ont été en partie l'inspiration de fêtes religieuses ou traditionnelles instituées postérieurement :

Autres significations

Par extension, ce terme de Saturnales désigne :

  • une œuvre de l’écrivain Macrobe, sous forme d’un dialogue philosophique se déroulant pendant les Saturnales ;
  • des fêtes débridées pendant lesquelles tous les excès sont permis ;
  • un temps de débordement, de débauche, de licence, de manifestation violente de pouvoir ou de vice.

Liens externes

Bibliographie

  • Charles Guittard, « Recherches sur la nature de Saturne des origines à la réforme de 217 av. J.-C. », R. Bloch (éd.) Recherches sur les religions de l'Italie antique, Genève, Droz ; Paris, Minard ; Champion, 1976, 135 p., p. 65.

Notes et références

  1. Macrobe, Saturnales, livre VII.
  2. Jean Haudry, La Religion cosmique des Indo-Européens, Milan et Paris, Archè / Les Belles lettres, « Études indo-européennes », 1987. (ISBN 2-251-35352-6), p. 58-68.
  3. Macrobe, Saturnales, livre I, 10.
  4. Suétone, Vie de Caius, 17.
  5. http://latogeetleglaive.blogspot.be/2012/12/aux-origines-de-noel-saturnales-et-sol.html.