Satanisme LaVeyen

Le Satanisme selon Anton Szandor LaVey est une philosophie qui se distingue du culte de Satan ou l'un de ses avatars (voir Luciférisme ou Satanisme théiste), car il ne s'agit pas du culte d'une entité divine ou démoniaque mais d'une « croyance » dans l'égo et l'individualisme, c'est-à-dire que le but premier de cette philosophie satanique est de croire en soi-même.

Cette philosophie a été développée par Anton Szandor LaVey, qui prône la totale liberté des hommes de ne pas suivre les dogmes religieux ni de vénérer aucune divinité et d'être leur propre dieu.

Origine

La Bible Satanique d'Anton Szandor LaVey, publiée en 1969, est l'acte de naissance de la philosophie sataniste Laveyenne. LaVey avait fondé trois ans auparavant l’Église de Satan à San Francisco, dans un acte symbolique pour rassembler des individus liés par le mythe du Prince des Ténèbres. Car il s’agit bien de la symbolique du mythe de Satan sur lequel le Satanisme moderne fonde sa philosophie : il n'y a ici nulle croyance en une déité nommée Satan. Bien que le terme de religion soit employé, il faut en préciser le sens. Le Satanisme moderne place le sentiment de divinité en soi-même, cultive l’ego, Satan étant l’incarnation des instincts charnels de l’Homme et l‘affirmation de sa volonté. LaVey puise son inspiration de Darwin, Jung, Reich et de la philosophie objectiviste d’Ayn Rand ainsi que chez Nietzsche.

Philosophie

« Le satanisme est la seule religion qui pousse à encourager et à mettre en valeur ses préférences individuelles, aussi longtemps que ces besoins sont communément admis. Ainsi, cette religion personnelle et indélébile (l'image) s'intègre dans un parfait cadre. C'est une célébration de l'individualité sans hypocrisie, de la solidarité sans pitié, de la subjectivité objective[1]. »

— Anton Szandor LaVey

LaVey a une idée précise, née de son observation des comportements humains, de la philosophie de vie qu’il veut édicter. Il récupère notamment dans un livre oublié Might is Right de Ragnar Redbeard des éléments pour Le Livre de Satan.

« il est préférable d’être un maître en enfer, qu’un esclave au paradis ![2] »

— John Milton, Paradise Lost, Livre I, vers 263

Le satanisme moderne se veut une tranchante césure rationnelle avec les tâtonnements occultistes passés, une philosophie de vie où l’humain reprendrait son trône au divin.

Notes et références

  1. « Satanism is the only religion which serves to encourage and enhance one’s individual preferences, so long as there is admission of those needs. Thus, one’s personal and indelible religion (the picture) is integrated into a perfect frame. It’s a celebration of individuality without hypocrisy, of solidarity without mindlessness, of objective subjectivity. »
  2. « Better to reign in Hell than serve in Heaven! »

Annexes

Bibliographie

  • La Bible satanique, Anton Szandor LaVey
  • Les Rituels sataniques, Anton Szandor LaVey
  • La Sorcière satanique, Anton Szandor LaVey
  • La Sorcière complète, Anton Szandor LaVey
  • Le Carnet du diable, Anton Szandor LaVey
  • Satan parle, Anton Szandor LaVey
  • La Vie secrète d’un sataniste, Blanche Barton
  • L'Église de Satan, Blanche Barton
  • Enquête sur le satanisme, Massimo Introvigne
  • Entre metanoïa et paranoïa : Approches sociologique et médiatique du satanisme en France, Alexis Mombelet, Social Compass vol. 56 no 4
  • L'essor de Lucifer, Gavin Baddeley, Camion Noir, 2006
  • Le satanisme: quel danger pour la société?, Olivier Bobineau (dir.), Pygmalion, 2008
  • Satan profane: portrait d'une jeunesse enténébrée, Nicolas Walzer, Desclée de Brouwer, 2009

Articles connexes