Salazie

Salazie
Salazie
L'hôtel de ville de Salazie.
Blason de Salazie
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région La Réunion
Département La Réunion
Arrondissement Saint-Benoît
Canton Saint-André-3
Intercommunalité CIREST
Maire
Mandat
Stéphane Fouassin
2014-2020
Code postal 97433
Code commune 97421
Démographie
Gentilé Salaziens
Population
municipale
7 384 hab. (2015 en diminution de 1,68 % par rapport à 2010)
Densité 71 hab./km2
Géographie
Coordonnées 21° 01′ 40″ sud, 55° 32′ 21″ est
Altitude Min. 230 m
Max. 3 071 m
Superficie 103,82 km2
Localisation

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Salazie
Liens
Site web Ville-salazie.fr

Salazie est une commune française, située dans le département en région de La Réunion.

Ses habitants sont appelés les Salaziens.

Géographie

Vue du cirque.

Salazie se situe au centre de l'île, au nord-est du Piton des Neiges, dans le cirque naturel du même nom. L'ensemble du territoire communal se trouve dans les Hauts. Ceci explique la devise de Salazie : « Au cœur de l'île rayonne ».

Les communes limitrophes sont Bras-Panon, Cilaos, La Possession, Saint-André, Saint-Benoît, Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne.

Le cirque est surplombé au nord-ouest par la Roche Écrite.

Toponymie

Salazie dériverait des Salazes, relief aux formes très spéciales et situés sur le Piton de la Fournaise. Un toponyme se doit de reconnaitre le lieu aisément un indiscutablement, il serait issu des « Salazes », ces trois rochers caractéristiques plantés entre les cirques de Cilaos et de Mafate. Salazes viendrait du malgache salazhon qui signifie « trépied pour marmite ». Nous avons, parmi les différentes explications données, penché pour un toponyme d'origine malgache dérivant de Salaza - mât, ou Salazana - mât, mais aussi grande fourchette pour faire le rôti ; cela semblant assez cohérent et bien imagé avec le proche Piton de la Fournaise. Pour d'autres, il viendrait de Saolozy, nom donné par Annette Robinet de la Serve, fille de Nicole Robinet de La Serve et qui signifierait « bon campement ». Ou encore il viendrait du nom d'un esclave qui s'y était réfugié au XIXe siècle qui s'appelait lui aussi Salazie. Le nom de Salazie ne fut reconnu officiellement qu'en 1835.

Histoire

Les premières occupations précaires

Dès le XVIIe siècle, le cirque a servi de refuge, comme les cirques de Cilaos et Mafate, aux Noirs marrons fuyant les propriétés de la côte. La lutte des propriétaires contre ces esclaves marrons, sous la forme d'expéditions punitives, eut pour principale conséquence la découverte du cirque de Salazie. Certaines figures de Noirs marrons laissèrent leur nom à des lieudits : piton d’Anchaing, le Cimandef, plateau Sisahaye, Piton Lélesse, etc. La toponymie dans le cirque est par ailleurs pleine de mots d'origine malgache : Bé-Mahot, Bé-Cabot, Bélouve, Piton Bé-Massoune, piton Bénoune ( signifiant « grand »).

Outre les Noirs marrons, les Blancs apprennent à connaître le cirque, refuge idéal des parias et des assoiffés de liberté. Ainsi, on fait état en 1810, à la suite de l'occupation de l'île par l'Angleterre, d'un pionnier (un certain Louvet) qui s'installa avec deux esclaves sur les bords de la Mare à Poule d'Eau. Cette première implantation fut détruite par le cyclone de 1929.

1830 : genèse de la colonisation du cirque

Le début du XVIIIe siècle est marqué par l'arrivée de nouveau colons à La Réunion (certains fuyant la Révolution et les instabilités politiques de l'époque en métropole) et par une pression démographique importante. Le manque de terres se fit cruellement sentir.

Dépossédés, certains de ces « Petits Blancs » émigrèrent vers les hauts de l'île, à la limite des terres cultivées, vivant de chasse, de pêche, de cueillette, mais aussi de rapines sur les habitations. Ils étaient particulièrement nombreux dans les hauts de Saint-André et de Saint-Benoît où ils menaient une vie semblable à celle des Noirs marrons.

Les pionniers de Salazie

L'habitation de Théodore Cazeau aux premières heures de la colonisation du cirque.

Pour la plupart, les pionniers de Salazie furent de moyens propriétaires de la côte au Vent (dans les environs de Saint-André), affidés de la société des Francs-Créoles (dont la figure emblématique reste sûrement Nicole Robinet de La Serve), gênés par les dégâts causés à leurs cultures par les cyclones de 1825 et de 1829 et inquiétés par l'abolition probable de l'esclavage.

Les premières concessions dites « primitives » furent encouragées par l'arrêté du 1er décembre 1830, date à laquelle des terres de l'île situées au-delà du » sommet des montagnes « furent pour la première fois concédées avec, pour encourager les premiers concessionnaires, une exemption de droit de capitation pour les Noirs affectés à l'exploitation de ces terres. Ces premières concessions furent situées à la Mare à Poule d'Eau.

Le tout premier concessionnaire s'appelait Théodore Cazeau. À Salazie se racontent encore ses débuts difficiles dans le cirque et l’anecdote de ses citrouilles providentielles de la Mare à Poule d'Eau.

Les familles nouvellement installées vivent d'abord en autarcie grâce aux ressources offertes par un sol neuf. Les nouvelles terres défrichées sont au début très fertiles et permettent la mise en culture d'espèces tropicales mais aussi tempérées telles que : café, tabac, vanille, fruits, légumes (grains, brèdes).

C'est le « chouchou » importé du Mexique par Sully Brunet en 1840, qui a fait et fait encore la renommée du cirque de Salazie. Ce légume était alors cultivé pour son fruit, ses feuilles, sa racine ainsi que les tiges dont la paille fut une matière première recherchée de très bon rapport pécuniaire au début du siècle. Cette dernière servait à la confection de « chapeaux en paille d'Italie », que les Européennes de l'époque s'arrachaient. Ces produits étaient exportés vers l'extérieur du cirque malgré les difficultés de transport de l'époque.

Fin du XIXe siècle : le développement

La route de Salazie depuis les hauteurs du Point du Jour avant 1885.

La politique gubernatoriale voulant installer les Blancs dans les Hauts est tellement encouragée que la population augmente beaucoup. En effet, selon les recensements, on passe dans les Hauts de 36 habitants en 1834 à 600 habitants en 1844, puis à 2 500 en 1848.

Les réglementations concernant les concessions sont d'une longue tradition dans l'île et directement issues de la Compagnie française des Indes orientales. À Salazie, les concessionnaires furent un peu laissés à eux-mêmes. Ce fut à force de requêtes au gouverneur, qu'au bout de 5 ans, on décida d'appliquer enfin le décret de 1830 qui définissait plus ou moins les concessions, de mesurer et de délimiter les parties de chacune des propriétés. D’autant plus que les colons du cirque devenaient de plus en plus nombreux, et surtout ceux qui n'avaient aucun droit de propriété et qui s'étaient installés où bon leur avait semblé. Cet état de fait, courant par ailleurs dans l'île, se poursuivra longtemps dans le cirque, menaçant la stabilité des terres par un défrichage indu et intensif des pentes.

L’activité thermale à Hell-Bourg

La découverte des sources thermales en 1831 à Bras-Sec et en 1832 au lieu-dit Bé-Mahot permet la croissance du village d'Hell-Bourg vers un apogée autour de 1875. Cette croissance est fortement liée au thermalisme et au rôle joué par les thermes d'Hell-Bourg. L'Hôtel des Thermes (ancien hôpital militaire) était le rendez-vous « à la mode » des curistes anémiés puis, à la suite de difficultés financières, les sources sont fermées puis détruites par les cyclones successifs. Le cyclone de 1948 engloutit la source et Cilaos, également doté de thermes, est préféré à Salazie.

Les catastrophes naturelles

Le cirque de Salazie étant exposé aux fortes précipitations notamment lors des passages des cyclones, de nombreux éboulements et glissement de terrains ont eu lieu. Le plus meurtrier fut celui qui ensevelit le village paisible du « Grand Sable » au pied du Gros Morne en 1875. On fait auparavant état d'un grand incendie en 1868. L’instabilité des contreforts de la Mare à Poule d’Eau sollicita périodiquement les cantonniers car la route était emportée à chaque avalaison importante. Le plus important éboulement qu’on connaît est consécutif au cyclone Hyacinthe de 1980. Aujourd'hui, le relief tourmenté n'est plus qu'une contrainte. Il est aussi une occasion unique de pratiquer le canyoning. Le 17 septembre 2010 vers une heure du matin, un pan de falaise (10 000 m3 de roches) surplombant la Rivière du Mât s'effondre en face de Cap Picard, sans faire de victimes.

Politique et administration

L'église de Salazie."Chez nous, soyez reine".

Liste des maires successifs :

Présidents de l'Agence Municipale

  • 1836-1838 : Féréol de Lepervanche
  • 1838-1839 : Elysée Jallot
  • 1839-1840 : Adrien Dubuisson
  • 1840-1856 : Marie Edouard Périchon de Sainte Marie
  • 1857-1863 : Jean-Baptiste François Arthur Haudressy
  • 1863-1865 : Thimoléon Wickers
  • 1865-1868 : Edouard Marie Joseph Bertin d'Avesnes
  • 1868-1871 : Jules Diomat
  • 1871-1879 : Pierre Cazeau
  • 1879-1883 : Armand Alidor
  • 1883-1889 : Charles Le Bihan
  • juin-juillet 1889 : Joseph Pignolet de Fresnes
  • 1889-1898 : Jean Cadet

Maires

  • 1899-1900 : Théodore Simonette (1er maire)
  • 1900-1906 : Appolidor Técher
  • 1906-1920 : Louis Latge
  • 1920-1925 : Fabien Gabou
  • 1925-1935 : Xavier Fontaine
  • 1935-1942 : Raymond Vergès
  • 1942-1953 : Maurice Payet
  • 1953-1972 : André Fontaine
  • 1972-1983 : Jean-Claude Welmant
  • 1983-1987 : Roland Elisabeth
  • 1987-1998 : Hilaire Maillot
  • Depuis 1998 : Stéphane Fouassin (Nouveau Centre)

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1961, premier recensement postérieur à la départementalisation de 1946. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[1]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[2].

En 2015, la commune comptait 7 384 habitants[Note 1], en diminution de 1,68 % par rapport à 2010 (France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1961 1967 1974 1982 1990 1999 2009 2014 2015
6 5907 1056 4626 4677 0047 4027 4067 1327 384
De 1961 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Insee de 1968 à 2006[3] puis à partir de 2006[4])
Histogramme de l'évolution démographique

Infrastructures

On trouve sur le territoire communal un collège public, le collège August- Lacaussade. Il n'y a pas de lycée.

Économie

Plantation de chouchous à Îlet à Vidot.

L'économie du Cirque est essentiellement axée vers la culture vivrière. Une culture omniprésente est celle de la chayote, appelée chouchou à La Réunion et dans le cirque. Elle est cultivée en treilles mais pousse quasiment à l'état sauvage, étant donné le climat ambiant très humide. On trouve des élevages porcins en grand nombre concentrés au lieudit de Grand-Îlet et quelques élevages de volailles.

La canne est présente dans les basses altitudes du cirque et autour du lieudit Mare-à-Vieille-Place et de la Mare-à-Citron.

Le Tourisme s'est développé surtout à Hell-Bourg où l'on trouve des cases d'une grande valeur patrimoniale, ainsi qu'un élevage de truites. Un projet de bambouseraie est à l'étude depuis quelques années et devrait voir le jour autour de la Mare-à-Poule-d'Eau. D'autre part, Salazie est le passage obligé des randonneurs qui se rendent dans le Cirque de Mafate par le col de Bœufs.

Personnalités liées à la commune

Lieux et monuments

Annexes

Articles connexes

Liens externes

  • Site de la mairie
  • Site de l'office de tourisme intercommunal de l'Est

Notes et références

Notes

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références