Saint-Nicolas-d'Aliermont

Saint-Nicolas-d'Aliermont
Saint-Nicolas-d'Aliermont
Le Musée de l'horlogerie.
Blason de Saint-Nicolas-d'Aliermont
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Seine-Maritime
Arrondissement Dieppe
Canton Dieppe-2
Intercommunalité Falaises du Talou
Maire
Mandat
Blandine Lefebvre
2014-2020
Code postal 76510
Code commune 76624
Démographie
Gentilé Aliermontais
Population
municipale
3 694 hab. (2016 en augmentation de 0,38 % par rapport à 2011)
Densité 238 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 52′ 48″ nord, 1° 13′ 16″ est
Altitude Min. 40 m
Max. 164 m
Superficie 15,53 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.saint-nicolas-aliermont.fr/

Saint-Nicolas-d'Aliermont est une commune française, située dans le département de la Seine-Maritime en Normandie.

Les habitants sont les Nicolaisiens.

Géographie

Localisation

Le territoire de la commune est situé dans le Nord-Est du département de la Seine-Maritime. Il se trouve à l’ouest du plateau de l'Aliermont, entre les vallées de la Béthune et de l’Eaulne.

La commune est traditionnellement placée dans le Petit Caux, nom de la région littorale du pays de Caux située entre Dieppe et Le Tréport. Le pays de Bray normand commence à quelques kilomètres au sud.

Carte de la commune.

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes Sanctus Nicolaus de Alacrimonte et in ecclesia Sancti Nicolai de Alacrimonte en 1337, Paroisse de Saint Nicolas d'Alihermont en 1425 et 1426[1], Saint Nicolas d'Aliermont en 1715[2].

L'abbé Jean-Eugène Decorde[Note 1] propose plusieurs origine du nom Aliermont qu'on retrouve orthographié Haliermont ou Alhiermont dans des textes médiévaux. Il pourrait venir du gaulois Al-ker-mont, habitation de la montagne, ou du latin Alacris Mons, « mont d’Alacre ou d’Alègre ». L’étymologie Halieromonte, mont d’Hélier existe dès la fin du XIe siècle. Hélier est un moine envoyé à Jersey au VIe siècle qui aurait traversé la région à la recherche de saint Maclou.

Histoire

Moyen Âge

Le 18 octobre 1197 à la suite du traité des Andelys signé entre Gautier de Coutances, archevêque de Rouen et Richard Cœur de Lion, duc de Normandie et roi d'Angleterre, le bois d’Aliermont, entre autres possessions, devient la propriété de l'archevêché de Rouen.

Les archevêques lancent alors le défrichement de la forêt et exploitent le territoire. La paroisse de Saint-Nicolas est créée entre 1208 et 1222 [3] et l'église est édifiée à partir de 1249. Le manoir des archevêques est construit entre 1197 et 1248, il nous est essentiellement connu par les témoignages de l’archevêque Eudes Rigaud qui laisse de nombreuses archives sur ces multiples séjours dans la ville[4].

L'agriculture se développe et la forêt d'Arques-la-Bataille fournit le combustible indispensable pour le développement d'activités liées au travail du métal. Les registres paroissiaux mentionnent la présence d'étameurs dès 1550 puis de fondeurs et mouleurs de cuivre et de laiton et au XVIIIe siècle de serruriers, taillandiers et chaudronniers.

Époque moderne

Attiré par ce savoir-faire particulier, le premier horloger, Charles-Antoine Croutte s'installe à Saint-Nicolas en 1725 et forme de nombreux artisans.

En 1789, une vingtaine d'ateliers d'horlogers sont installés dans la ville, ils fabriquent les mécanismes pour les horloges de Saint-Nicolas. Dès 1807, grâce à l'horloger Honoré Pons, la ville s'industrialise et se spécialise dans la fabrication d'ébauches de mécanismes de pendules de cheminée. De nombreuses manufactures sont alors créées parmi lesquelles on peut citer les fabricants de chronomètres de marine Aimé Jacob, Victor Gannery  ou Onésime Dumas, le fabricant de pendulettes Armand Couaillet ou les horlogers Villon, Duverdrey et Bloquel, futurs fondateurs des Réveils Bayard.

XXe siècle

Horloge Saint-Nicolas.
Ancienne pointeuse fabriqué à Saint-Nicolas-d'Aliermont (début XXe).

La Première Guerre mondiale est un tournant majeur dans l'histoire industrielle de la ville. En effet, l’industrie horlogère devient stratégique en temps de guerre car, grâce à son outillage, elle peut facilement se convertir à la mécanique de précision adaptée à l’armement. Des fusées d'obus, munitions et appareils de communication (télégraphes) sont produits en nombre à Saint-Nicolas-d'Aliermont entre 1914 et 1918. La guerre terminée, les usines horlogères continuent leur diversification et les industriels de Saint-Nicolas-d'Aliermont se spécialisent dans la mécanique (téléphone, machine à écrire), la micro-mécanique de précision, le décolletage et le découpage.

Cette activité particulière marque encore l'architecture de la commune : usines, cités-ouvrières (dont une construite par Le Corbusier), maisons patronales etc.

Politique et administration

Tendances politiques et résultats

Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité

(décès)
Jacques de Thévray DVD Conseiller général du canton d'Envermeu (1958 → 1959)
Paul Caron DVD puis CD
puis UDF-CDS
Industriel
Sénateur de la Seine-Maritime (1973 → 1977 puis 1986 → 1995)
Conseiller général du canton d'Envermeu (1960 → 2001)
Henri Ayache PS Enseignant
Jean Leconte    
en cours Blandine Lefebvre UDF puis NC-UDI Cadre territorial
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[6].

En 2016, la commune comptait 3 694 habitants[Note 2], en augmentation de 0,38 % par rapport à 2011 (Seine-Maritime : +0,48 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 4041 3411 5641 6371 7951 8931 9561 9461 961
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 9571 9502 0752 1692 3152 3402 2922 3632 208
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 2742 3762 4752 5052 3232 3732 2752 3662 512
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
2 6353 2163 6143 9644 0553 8623 7363 7173 699
2013 2016 - - - - - - -
3 6163 694-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine

Lieux et monuments

  • Musée de l'horlogerie. Le musée installé depuis 2007 en centre ville dans une ancienne ferme normande est labellisé Musée de France. Il retrace l'histoire horlogère et industrielle de la ville à travers une collection d'horloges, pendules, réveils, chronomètres, archives et photographies.
  • La maison de la cité-ouvrière construite par Le Corbusier. En juin 1917, Le Corbusier signe un contrat avec Robert Duverdrey, dirigeant de la Société des Réveils Bayard, pour la construction d'une cité ouvrière de 25 logements de trois types différents (A, B, et C) rue Raphaël-Hennion à Saint-Nicolas-d'Aliermont[9]. À titre expérimental, une maison jumelle de type C est construite en 1918 mais à la suite de problèmes d'approvisionnement et de désaccord entre les deux parties, le projet est définitivement abandonné en 1919[10]. Le projet de Saint-Nicolas-d’Aliermont est une étape importante dans les recherches menées par Le Corbusier autour des cité-ouvrières et des cité-jardins dont il se servira pour réaliser les groupements de logements sociaux de Lège et de Pessac[11].
  • Église. Construite au XIIIe siècle, elle a été beaucoup modifiée au fil du temps. La nef, de style ogival, a probablement été couverte d'une voûte en pierre mais est dorénavant surmontée d'un berceau en bois (réalisé en 1901). Le clocher et le porche nord sont de style roman. Le calvaire date de 1525. Le chœur a été construit au XIIIe siècle (fenêtres à lancettes) mais la voûte a été refaite au XVIe siècle[12]. Quatorze inscriptions funéraires (obit) sont insérées dans les murs de la nef, elles sont inscrites depuis 1913 au titre des monuments historiques[13].

Personnalités liées à la commune

Héraldique

Blason Saint-Nicolas-d’Aliermont.svg

Les armes de la commune de Saint-Nicolas-d'Aliermont se blasonnent ainsi :
De gueules, à la crosse d’argent, accostée à dextre d’un sablier d’or et à senestre d’une roue dentée du même.

Notes et références

Notes

  1. Curé de Bures, Membre de l'Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Caen, de la Société des Antiquaires de Normandie, de la Société des Antiquaires de Picardie et de la Société d'Émulation d'Abbeville.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références

  1. Archives de Seine-Maritime G 411.
  2. Dictionnaire topographique de la France comprenant les noms de lieux anciens et modernes, page 922.
  3. J.-E. Decorde: Histoire des cinq communes de l'Aliermont, 1877, 354 p.
  4. Marie Casset, Les évêques aux champs. Châteaux et manoirs des évêques normands au Moyen Âge, Presses universitaires de Caen, 2008, 543 p. (ISBN 978-2841333-04-2)
  5. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  9. Georges Benoit-Lévy, « A French Garden Hamlet », The Town Planning Review, vol 7, n°3/4, 1918, p. 251-252
  10. Le projet de la cité-ouvrière est visible au Musée de l'horlogerie. http://www.musee-horlogerie-aliermont.fr/msmedias/Architecture-industrielle/Le-Corbusier-a-Saint-Nicolas-d-Aliermont-maison-ouvriere.pdf
  11. Giloles Ragot et Mathilde Dion, Le Corbusier en France, projets et réalisations, collection architextes, édition du moniteur, 1992
  12. L'Aliermont et ses 5 églises, Imprimerie Bertout, Luneray, 1996
  13. Base Palissy : http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palsri_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Saint-Nicolas-d%27Aliermont&DOM=Tous&REL_SPECIFIC=3
  14. http://www.infos-dieppoises.fr/Archives2009/RetourEmmanuelPetit.htm http://www.linformateur.com/actualite/Emmanuel-Petit,-un-grand-monsieur-du-football--2215.html>
  15. http://www.paris-normandie.fr/index.php/cms/13/article/99679/__Une_osmose_payante__

Voir aussi

Bibliographie

  • La mécanique du geste : Trois siècles de tradition horlogère à Saint-Nicolas-d'Aliermont, Rouen, PTC, , 160 p., 21 x 25 cm (ISBN 978-2-84811-142-1)

Articles connexes

Liens externes

  • Site officiel
  • Musée de l'horlogerie
  • Saint-Nicolas-d'Aliermont sur le site de l'Institut géographique national