Saint-Louis (Moselle)

Saint-Louis
Saint-Louis (Moselle)
Le plan incliné de Saint-Louis-Arzviller.
Blason de Saint-Louis
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Moselle
Arrondissement Sarrebourg-Château-Salins
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Phalsbourg
Maire
Mandat
Gilbert Fixaris
2020-2026
Code postal 57820
Code commune 57618
Démographie
Gentilé Ludoviciens
Population
municipale
665 hab. (2017 en diminution de 0,89 % par rapport à 2012)
Densité 72 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 43′ 01″ nord, 7° 11′ 20″ est
Altitude Min. 215 m
Max. 393 m
Superficie 9,28 km2
Élections
Départementales Canton de Phalsbourg
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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Saint-Louis

Saint-Louis est une commune française située dans le département de la Moselle en région Grand Est.

Cette commune se trouve dans la région historique de Lorraine, elle fait partie du pays de Sarrebourg et de la communauté de communes du Pays de Phalsbourg. Ses habitants, au nombre de 665 en 2017, sont les Ludoviciens.

Géographie

Le village de Saint-Louis se situe au nord-ouest du massif des Vosges, à 8 km à l'ouest de Phalsbourg et à 12 km à l'est de Sarrebourg. Il est positionné sur un plateau entre les deux vallées de la Zorn au nord (où on a fait passer le canal de la Marne au Rhin) et du ruisseau Heyerst au sud.

Fondé sur le plateau, et non dans les petites vallées pré-vosgiennes où se situent les villages environnants plus anciens, le village ludovicien reste très rural, entouré de nombreuses terres cultivées et forêts. Le village est également particulier du point de vue de sa morphologie urbaine : il est créé pendant la Guerre de Trente Ans — qui le détruira — sur le modèle du type village-rue, où l'église est située à la croisée des deux axes principaux et parfaitement rectilignes du village, et où la largeur de la rue principale est porté à près de 30 mètres.

Il est issu du même modèle que Henridorff, village voisin : même villages de fondation posés sur le plateau, même époque (vers 1614 pour Henridorff, 1629 pour St-Louis), même orientation de la rue principale et des maisons sud-ouest / nord-est, même rue secondaire croisée avec la première, mêmes largeur de rue principale de près de 30 m avec larges usoirs devant les maisons.

Carrière

Saint-Louis possédait au moins une carrière « estimée » de pierre de taille : pierre de grès rose des Vosges utilisée pour la construction des ouvrages du canal et du chemin de fer, puis pour faire du commerce par voie fluviale et naturellement pour la construction des diverses églises et maisons. Cette carrière est désormais abandonnée.

Communes limitrophes

Écarts et lieux-dits

  • Henning
  • Hofmuhl
  • Nudelhoff

Voies de communication et transports

Trafic fluvial

Depuis la seconde moitié du XXe siècle, cette commune tire sa réputation du plan incliné de Saint-Louis-Arzviller, un ascenseur à bateaux de 1969 permettant la traversée des Vosges par voie d'eau en remplacement de 17 écluses du canal de la Marne au Rhin. Sa disposition transversale le rend unique en Europe. Il permet aux péniches et bateaux de tourisme de franchir une dénivellation de 45 m en une seule fois, leur faisant gagner une journée de trajet. C'est aussi un ouvrage écologique permettant de faire l'économie d'une grande quantité d'eau.

Voies ferrées

La gare d'Arzviller, située sur la l'ancienne ligne de chemin de fer Paris - Strasbourg, se trouve sur la commune de Saint-Louis. Elle est aujourd'hui fermée à tout trafic ; les gares ouvertes les plus proches sont les gares de Sarrebourg, Réding et Lutzelbourg.

Toponymie

Le village tire son nom de Louis de Guise, prince de Lixheim, qui fonde le village en 1629.

Au cours de la Révolution française, la commune porte les noms de Commune-de-Montagne[1], Keyersberg[1] et de Münsthal[1]. À cette époque, toute mention civile doit être laïque, les communes ayant des toponymes en Saint- sont donc renommées, en l'occurrence Saint-Louis.

Par la suite, la commune est mentionnée sous les noms de Heyersberck en 1793[1], Hiersberg (Saint-Louis) en 1801[1], Heyersberg en 1831[2], Saint-Louis ou Heyersberg en 1845[3]. Le Heyerst étant le ruisseau situé au sud du village.

En francique lorrain, la commune est appelée Sînt-Lui.

Sobriquet

  • Sobriquet des habitants : Schlenzer[4].

Histoire

  • 1629 : un village-rue du nom de Sainct-Louis est créé dans la principauté de Lixheim par le prince Louis de Guise près de l'emplacement des villages ruinés de Rotherbach (ou Roterbach) et Heigerst.
  • 1634 : destruction de Saint-Louis par la Guerre de Trente Ans.
  • 1705 : repeuplement de Saint-Louis, notamment en faisant appel à des habitants de régions et de pays voisins par des incitations fiscales (dispense d'impôt par exemple). Saint-Louis étant germanophone, les efforts de repeuplement portaient sur des populations germanophones, tels que des Suisses, Bavarois, Tyroliens… etc. Ce repeuplement est encore lisible à Saint-Louis dans la particularité des patronymes. On sait par exemple que le patronyme Fixaris vient d'Irlande, que Buechly/Büchly ou Froeliger/Froelicher ont pour origine la Suisse (région d'Argovie pour les premiers, de Soleure pour les seconds).
  • 1871-1918 : Saint-Louis est rattachée à l'Empire allemand au sein de l'Alsace-Lorraine et prend pour nom Sankt Ludwig bei Pfalzburg.
  • 1940 : le village fut à nouveau en grande partie détruit le par les bombardiers allemands, en raison de l’intérêt stratégique dû à la présence de la double voie d'eau (canal) et ferrée qui reliait Paris à Strasbourg. La rue la plus touchée porte désormais le nom de « rue du  ».
  • 1940-1944 Saint-Louis est rattachée de fait à l'Allemagne nazie au sein du Gau Westmark et prend pour nom Heiersberg.

Isolé géographiquement et culturellement pendant de longs siècles, Saint-Louis a fini par s'ouvrir au monde. Sa particularité réside dans son histoire et dans sa culture. Au début du XXIe siècle, on y parle encore souvent le « platt », un dialecte proche de l'allemand qui reste très répandu dans le village. En 2007, presque toutes les générations le parlent ou le comprennent.

Héraldique

Blason de Saint-Louis Blason
D'or à la bande de gueules chargée de trois alérions d'argent, à la barre ondée de gueules brochant sur la bande, au lambel de gueules en chef et une couronne d'épines de sable en abîme.
Détails
Les alérions (petits aigles) de Lorraine et le lambel (meuble rouge formé d'un filet horizontal assorti de pendants trapézoïdaux placé en chef) sont les armes de Louis de Guise, prince de Lixheim qui, en créant Saint-Louis en 1629, refonde l'ancien hameau de Rothenbach détruit par la Guerre de Trente ans. La barre ondée rouge rappelle l'ancien nom de Rothenbach et la couronne d'épines évoque le nom de saint Louis patron de la localité.
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration

La mairie.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1965 1983 Camille Zott (1928)   Comptable d'entreprise
1983 1986 Joseph Pfrunner (1924–1988)   Ingénieur SNCF
1986 1995 Eugène Jung    
1995 En cours Gilbert Fixaris (1952)   Ouvrier de production
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[6].

En 2017, la commune comptait 665 habitants[Note 1], en diminution de 0,89 % par rapport à 2012 (Moselle : -0,28 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
505495799754847836852943865
1856 1861 1871 1875 1880 1885 1890 1895 1900
801844835785826846881901932
1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
952915846808793739615625682
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016 2017
709691683696701712676660665
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2006[7]. |recens-p.)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine

Lieux et monuments

Plan incliné de Saint-Louis et Azrviller.
Église Saint-Louis.
  • Vestiges gallo-romains : fragments de stèles-maisons.
  • Plan incliné entre Saint-Louis et Arzviller sur le canal de la Marne au Rhin, mis en service en , en remplacement de 17 écluses sur 4 km ; unique en Europe. Le plan incliné peut accueillir un trafic de 39 péniches par jour, avec une montée réalisée en 4 minutes et un temps de parcours total de 20 minutes entre l’entrée et la sortie du bateau (contre une journée avec l’ancien tracé).
  • Musée de la Batellerie, sur une péniche rénovée : logement du batelier, exposition des outils et machines de la navigation de jadis, locomotive de traction ; maquette du plan incliné en mécano.
  • Église Saint-Louis de 1767, bâtie sur le modèle d'« église-grange » traditionnellement employé en Lorraine dans les églises rurales depuis le 18e siècle, avec une tour-clocher ouvrant sur une nef à vaisseau unique.

Personnalités liées à la commune

  • Louis de Guise, baron d'Ancerville (1588-1631), fondateur du village en 1629.
  • Pierre Küchly (1836-1908), prêtre et député au Reichstag à Berlin de 1890 à 1903 (Alsace-Moselle annexée). Il siège comme député lorrain protestataire, représentant les électeurs des circonscriptions de Sarrebourg et Château-Salins. Son arrière-petit-neveu Eugène Kuchly (1930–1986) fut maire de Saint-Louis (1953–1956)
  • Antoine Froelicher (12-12-1894 / 04-06-1996) : né à Saint-Louis, où il demeurait. Parmi les derniers combattants de la Grande guerre, mort à 101 ans, incorporé dans l'infanterie allemande (front russe, puis français), il sera fait prisonnier par les Australiens.

Loisirs

  • Visite du plan incliné (voir description du site au chapitre patrimoine). Sur le mur de soutènement de la route du plan incliné, une grande fresque murale (accès réservé aux visiteurs) est titrée : « La vie du canal au fil du temps – Les principaux sites du pays de Sarrebourg ». Réalisée par Lorenzo Lorenzini sur une maquette d’Armand Reimel, elle mesure 12 m sur 5. Pour le côté « vie du canal » elle oppose une ancienne écluse classique aux portes commandées par des treuils à manivelles avec le plan incliné, modèle de technologie moderne. Opposition également dans les moyens de traction, animale d’abord par des chevaux, puis par de petites locomotives sur des rails suivant les chemins de halage avant que les péniches ne soient autotractées par moteurs. Côté « sites du pays de Sarrebourg », figurent la Porte d’Allemagne à Phalsbourg et le château de Lutzelbourg (droite), le musée Chagall et le rocher de Dabo (gauche).
  • Lige alpine du plan incliné : 500 m de descente en luge sur rail avec des passages à 10 m du sol.
Vallée des Éclusiers à Henridorff.
  • Vallée des Éclusiers : L’échelle d’écluses d’Arzviller / Henridorff, construite en 1853 afin de permettre au canal de la Marne au Rhin de franchir le seuil des Vosges, est constituée de 17 écluses réparties sur 4 km pour franchir un dénivelé de 45 mètres. Elle est témoin de l'intense activité fluviale et industrielle du 19e siècle. Fermée à la navigation en 1969, date de la mise en service du Plan Incliné, la Vallée des Éclusiers est un lieu de promenade qui accueille cyclotouristes, pêcheurs, grimpeurs et amateurs de nature et de patrimoine. Aménagée en voie verte, elle peut se parcourir en train touristique au départ du Plan Incliné.
  • Au lieu-dit Hofmuhl, le site d'une ancienne miroiterie en bas du plan incliné accueille :
    • Un magasin de brocante,
    • Un magasin de poteries,
    • Une brasserie artisanale des Éclusiers : visite et dégustation de 370 sortes de bières,
    • La Cristallerie Lehrer du plan incliné : découverte les gestes des verriers d'autrefois avec des démonstrations de soufflage de pièces en cristal par maître-verrier, magasin de vente.
  • Outre le tourisme, Saint-Louis est un lieu de randonnée offrant ses paysages dégagés et son panorama sur la vallée de la Zorn qui accueille le canal de la Marne au Rhin.

Sports

  • USSL : Union sportive de Saint-Louis Lutzelbourg : Club de football amateur, 3 équipes, dont U15, et seniors

Économie

  • Saint-Louis est le siège et le lieu de production d'Oliger France, fabricant de cheminées et de poêles à bois et à granulés (disposant de modèles en faïence), créé en 1970 par Marcel Lantz et son épouse Annette Oliger.

Commerce

  • Alimentation générale, près de l'église.

Pour approfondir

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

Notes

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références

  1. a b c d e et f Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  2. P.-M. Barbichon, Dictionnaire complet de tous les lieux de la France, volume 2, 1831
  3. Administration générale des postes, Dictionnaire des postes aux lettres, contenant les noms des villes, communes et principaux lieux habités de la France, Paris, Imprimerie Royale, 1845.
  4. paysdephalsbourg.fr - Saint-Louis
  5. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.