Saint-Bertrand-de-Comminges

Saint-Bertrand-de-Comminges
Saint-Bertrand-de-Comminges
Saint-Bertrand-de-Comminges et sa cathédrale.
Blason de Saint-Bertrand-de-Comminges
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Haute-Garonne
Arrondissement Saint-Gaudens
Canton Bagnères-de-Luchon
Intercommunalité Communauté de communes des Pyrénées Haut-Garonnaises
Maire
Mandat
Marie-Claire Uchan-Delporte
2014-2020
Code postal 31510
Code commune 31472
Démographie
Gentilé Commingeois
Population
municipale
244 hab. (2015 en diminution de 4,69 % par rapport à 2010)
Densité 22 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 01′ 39″ nord, 0° 34′ 15″ est
Altitude Min. 421 m
Max. 1 016 m
Superficie 11,17 km2
Localisation

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Saint-Bertrand-de-Comminges

Saint-Bertrand-de-Comminges est une commune pyrénéenne française située dans le département de la Haute-Garonne en région Occitanie.

Ses habitants sont appelés les Commingeois.

Géographie

Vue générale : la vallée, la cathédrale, la montagne.

Commune située au pied des Pyrénées dans le Comminges à 18 km au sud-ouest de Saint-Gaudens. C'est une commune limitrophe avec le département des Hautes-Pyrénées.

Communes limitrophes

Carte de la commune de Saint-Bertrand-de-Comminges et des communes avoisinantes.

Située à l'extrême sud-ouest de la Haute-Garonne, Saint-Bertrand-de-Comminges est limitrophe de huit autres communes, dont six dans le département des Hautes-Pyrénées. Seuls le nord et le nord-est de la commune sont contigus à deux communes de la Haute-Garonne.

Hydrographie

La commune est longée par la Garonne dans sa partie nord ou elle sert de frontière naturelle avec la commune de Labroquère sur 444 mètre, elle est aussi arrosée par le Ruisseau de Rioumort[1], un de ses affluent.

Géologie et reliefs

La superficie de la commune est de 1 117 hectares ; son altitude varie de 421 à 1 016 mètres[2].

À 515 m d'altitude, sur un éperon rocheux, Saint-Bertrand-de-Comminges est en position de voir le pic de Cagire, le pic du Gar, le mont Sacon, et contemple le bassin de la Garonne. Plus généralement, la ville commande les accès vers l'Espagne, Toulouse et Tarbes. Elle est desservie par un réseau routier issu de voies romaines.

Voies de communication et transports

Accès : prendre l'autoroute A64 sortie no 18 la route nationale 125 puis les routes départementales D 26 et D 26A, et avec le réseau Arc-en-ciel.

Toponymie

Histoire

Antiquité

Article détaillé : Lugdunum Convenarum.

Naissance

Saint-Bertrand-de-Comminges : les ruines antiques (thermes du forum) et la cathédrale médiévale.

Avant la conquête de la région par les Romains, la région est le siège des Convènes (peuple ibéroaquitain, différent des Gaulois).

La ville des Convènes, qui devient par la suite Comminges, est fondée par Pompée à la fin de la guerre sertorienne.

Vers 72 av. J.-C., le site devient romain, sous le nom de Lugdunum Convenarum. Plus tard, Hérode Antipas s'y serait établi en exil[3] accompagné d'Hérodiade et de sa fille Salomé qui ont laissé des traces dans l'imaginaire local.

L’époque romaine

Au début du règne d'Auguste, vers les années 20 av. J.-C., la ville connait une première phase de développement, autour d'un champ de foire installé dans la plaine. Ce développement s'inscrit dans une volonté de réorganisation des Gaules, avec la création de la province d'Aquitaine, qui va de la Loire aux Pyrénées et de l'Atlantique à l'Auvergne. L'Empereur octroie à la ville l'usage du droit latin.

Durant trois siècles, la ville se dote d'un centre urbain et de monuments nombreux : forum, temple, thermes, théâtre, trophée, marché, vastes villas aux mosaïques nombreuses… Du fait de sa position géographique, elle joue également le rôle de poste douanier ce qui lui permet de développer une importante activité commerciale[4].

La ville obtient le titre de « colonie romaine »[Note 1]. C'est un statut privilégié qui témoigne de l'importance de la cité qui, à cette époque, s'étend sur une superficie de 32 hectares et compte environ 10 000 habitants.

Au IVe siècle, elle est intégrée à la province de Novempopulanie qui est une partie de l'Aquitaine, et perd petit à petit de son importance. Lugdunum devient Civitas Convenarum avant d'être simplement nommée Convenae.

En 410, elle est acquise par les Wisigoths qui ont fait de Toulouse leur capitale ; une partie de la ville est abandonnée tandis que des villas sont restaurées[5].

Vers 430, la basilique paléochrétienne est construite.

Au Ve siècle, on construit le rempart de la ville haute, mais la ville basse continue à exister et à s'embellir.

Moyen Âge

Après la mort de Chilpéric Ier, en 585, la ville est assiégée lors du conflit de succession au trône des Mérovingiens : Gondovald, prince franc de Constantinople, tente d'usurper la succession de Gontran, petit-fils de Clovis, réfugié dans Lugdunum, il en chasse l'évêque Rufinus avant que les habitants ne le livrent et la ville haute est incendiée et détruite, selon Grégoire de Tours[6]. Cependant, la basilique paléochrétienne fonctionne toujours après cette date et le quartier du Plan est toujours habité. De plus, des évêques de Lugdunum sont présents lors de différents conciles : Suavis à Agde en 506, Praesidius à Orléans en 533, Amelius à Orléans en 549 ou Rufinus à Mâcon en 585.

Entre le VIIe siècle et le Xe siècle, on ne connaît pas grand-chose de la ville ; seule certitude, les inhumations autour de la basilique paléochrétienne continuent.

En 1083[7], Bertrand de l'Isle, petit-fils du comte Guillaume III Taillefer de Toulouse, est élu évêque du Comminges, à la suite de la requête des habitants de Lugdunum à Toulouse. Formé dans l'esprit de la réforme grégorienne, il améliore les conditions de vie de la population en développant l'agriculture, l'élevage et le commerce. Il entreprend la construction de la cathédrale et du cloître. C'est aussi sous son autorité que débute la construction de la basilique Saint-Just de Valcabrère. Dès sa mort, le 16 octobre 1123, il est considéré comme un saint dans la région pyrénéenne. Il est canonisé en 1218, Lugdunum Convenarum prend alors le nom de Saint-Bertrand-de-Comminges, à partir de 1222.

Vers 1207, la ville possède une charte des coutumes communales[8],[9], octroyée par l’évêque Adhémar de Castillon, et son rayonnement s'amplifie grâce à la canonisation de son ancien évêque[10].

En 1295, le pape Boniface VIII nomme Bertrand de Got, évêque de Comminges. Celui-ci devient, en 1305, premier pape à Avignon, sous le nom de Clément V. En 1304, il lance la construction d'une nouvelle église gothique et en 1309, il y transporte lui-même les reliques de saint Bertrand. Il favorise le culte du saint, faisant de son tombeau le centre d'un grand pèlerinage.

Saint-Bertrand-de-Comminges devient une étape du chemin du piémont pyrénéen pour le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle.

En 1350, l'église gothique est achevée sous l'autorité de Hugues de Castillon. En 1456, le comté de Comminges est rattaché au domaine royal.

XVIe et XVIIe siècles

En 1535, la cathédrale s'enrichit d'un chœur renaissance et d'un buffet d'orgue.

En avril 1598, les huguenots pillent plusieurs fois la cathédrale, prenant la châsse mais sans les reliques. Catherine de Médicis intervient pour que soit rendu le bâton de pèlerin de saint Bertrand appelé la Licorne.

Au cours du XVIIe siècle l'attachement au sanctuaire de Saint-Bertrand s'amplifie sous l'impulsion de Barthélemy de Donadieu de Griet, évêque du Comminges de 1625 à 1637.

Du XVIIe au XIXe siècle

Cloître de Saint-Bertrand-de-Comminges, Eugène Trutat, conservée au Muséum de Toulouse
Cloître de Saint-Bertrand-de-Comminges, Eugène Trutat, conservée au muséum de Toulouse.

Au début du XVIIIe siècle, un séminaire est ouvert dans la ville.

Les révolutionnaires épargnent la cathédrale, mais en 1790, l'évêché est démantelé et partagé en trois diocèses : Toulouse et Bayonne en France et La Seu d'Urgell en Espagne, pour le Val d'Aran, appartenant anciennement au diocèse de St-Bertrand-de-Comminges. Les reliques ont été cachées par les Commingeois.

En 1793 la Convention change le nom de Saint-Bertrand en « Hauteville ».

Le pèlerinage au tombeau de saint Bertrand reprend dès 1805, et les jubilés de 1816 et 1822 ont un succès inattendu vu que la ville décline et perd son statut de chef-lieu de canton à la fin du XIXe siècle.

Témoignage du Magasin pittoresque 1852

« Le canton de St-Bertrand de Comminges est maintenant le chef lieu. On voit près de la ville, sur la Garonne un atelier de marbrerie et une scie hydraulique de marbre à 36 lames. C'est surtout de la Broquère qu'on a la vue du bassin de Saint Bertrand. Il est très boisé et serré de buttes, dont la principale, couronnée de quelques maisons et de la cathédrale comme d'une forteresse, commande à ce qui l'environne, et présente un tableau des plus glorieux. Cette ville agréable, tirée de ses ruines par son évêque, devint un pèlerinage fameux, glorifié par de nombreux miracles. Les montagnards français et espagnols affluaient dans la ville et le faubourg inférieur, à ce point que, jusqu'aux champs et aux vergers, tout fourmillait de ces rustiques adorateurs. Ces souvenirs vivent encore : la belle cathédrale, les gloires du moine de Capadour et les honneurs rendus à ses reliques y rappellent au peuple les splendeurs du Moyen Âge. Les antiquaires seuls remontent plus haut et se souviennent des Romains. »

Du XXe siècle à aujourd’hui

La commune, qui ne compte plus qu'environ 250 habitants, vit essentiellement du tourisme, surtout sur la ville haute autour de la cathédrale, la ville basse vivant surtout de l'agriculture. Chaque année près de 80 000 touristes visitent les sites de Lugdunum et de Saint-Bertrand-de-Comminges.

Politique et administration

Administration municipale

Le nombre d'habitants au recensement de 2011 étant compris entre 100 et 499, le nombre de membres du conseil municipal pour l'élection de 2014 est de onze[11],[12].

Rattachements administratifs et électoraux

Commune faisant partie de la huitième circonscription de la Haute-Garonne, de la communauté de communes des Pyrénées Haut-Garonnaises et du canton de Bagnères-de-Luchon (avant le redécoupage départemental de 2014, Saint-Bertrand-de-Comminges faisait partie de l'ex-canton de Barbazan).

Tendances politiques et résultats

Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
juin 1995 mars 2014 Michelle Molle    
mars 2014 en cours Marie-Claire Uchan PS  
Les données manquantes sont à compléter.


Population et société

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[14].

En 2015, la commune comptait 244 habitants[Note 2], en diminution de 4,69 % par rapport à 2010 (Haute-Garonne : +7,35 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
714746841788847865909896861
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
744745716711641718655626584
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
581588555512509459392391357
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
324317251228217237240259243
2015 - - - - - - - -
244--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2006[16].)
Histogramme de l'évolution démographique
Évolution du rang de la commune
selon la population municipale des années : 1968[17] 1975[17] 1982[17] 1990[17] 1999[17] 2006[18] 2009[19] 2013[20]
Rang de la commune dans le département 203 271 289 331 330 332 338 350
Nombre de communes du département 592 582 586 588 588 588 589 589

Économie

L'économie de la commune est basée sur l'agriculture et le tourisme.

Enseignement

Saint-Bertrand-de-Comminges fait partie de l'académie de Toulouse.

Culture et festivités

Le village a fait partie de l'association « Les Plus Beaux Villages de France », mais n'est plus labellisé à ce jour.

Événements

Activités sportives

Randonnée pédestre (GR 86 sentier de grande randonnée, Chemins de Compostelle), Chasse, pétanque, lieu de passage de la 12e étape du Tour de France 2017 12e étape du Tour de France 2015 11e étape du Tour de France 2008,

Écologie et recyclage

Culture locale et patrimoine

Lieux et monuments

En 1998, la cathédrale et la basilique sont inscrites au patrimoine mondial de l'humanité au titre des « chemins de Compostelle en France », avec de nombreux autres monuments français[23].

Personnalités liées à la commune

Héraldique

Saint-Bertrand-de-Comminges

Son blasonnement est : De gueules au lion à la queue fourchée en sautoir d'argent.

Voir aussi


Articles connexes

Liens externes

  • Mairie de Saint-Bertrand-de-Comminges
  • Site de la cathédrale
  • Saint-Bertrand-de-Comminges sur le site de l'office de tourisme du Saint-Gaudinois
  • Lugdunum Convenarum sur le site de l'Académie de Toulouse
  • Saint-Bertrand-de-Comminges sur le site de la Communauté de Communes du Haut-Comminges
  • Saint-Bertrand-de-Comminges sur le site de l'Institut géographique national (archive)

Notes et références

Notes

  1. d'après Ptolémée
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références

  1. http://services.sandre.eaufrance.fr/Courdo/Fiche/client/fiche_courdo.php?CdSandre=O0090510
  2. Répertoire géographique des communes, publié par l'Institut national de l'information géographique et forestière, [lire en ligne].
  3. D'après Flavius Josèphe.
  4. Jérôme France, « La station du quarantième des Gaules à Lugdunum des Convènes (Saint-Bertrand-de-Comminges) », Aquitania, vol. 25,‎ , p. 95 – 106 (lire en ligne)
  5. [1]
  6. Grégoire de Tours, Histoire des Francs.
  7. Jean Contrasty, Histoire des évêques de Comminges, 1940.
  8. https://archive.org/stream/inventairesosupe00garouoft/inventairesosupe00garouoft_djvu.txt
  9. Copie conservée à la Bibliothèque municipale de Tarbes, dans le recueil Glanures de Larcher.
  10. [2]
  11. art L. 2121-2 du code général des collectivités territoriales.
  12. http://www.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Municipales/elecresult__MN2014/(path)/MN2014/031/031416.html.
  13. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  17. a b c d et e INSEE, « Population selon le sexe et l'âge quinquennal de 1968 à 2012 (1990 à 2012 pour les DOM) », sur insee.fr, (consulté le 10 janvier 2016)
  18. INSEE, « Populations légales 2006 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016)
  19. INSEE, « Populations légales 2009 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016)
  20. INSEE, « Populations légales 2013 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016)
  21. Festival du Comminges.
  22. Journée de la littérature jeunesse et de l'écrit de Saint-Bertrand-de-Comminges.
  23. Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France sur le site du Patrimoine mondial. Consulté le 4 juillet 2010.
  24. Les guides bleus Pyrénées Gascogne, édition 1972.