Safran Patroller

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Patroller
Vue de l'avion.
Drones Patroller et Sperwer de Safran.

Constructeur Drapeau : France Safran Electronics & Defense
Rôle Drone TUAV
Statut En développement
Premier vol [1]
Mise en service
Coût unitaire 20-30 millions d'Euros
Motorisation
Moteur Rotax 914F
Nombre 1
Type 4-cylindres turbocompressé à refroidissement liquide
Puissance unitaire 86 kW
Dimensions
Envergure 18[1] m
Longueur 8,5[1] m
Performances
Vitesse de croisière 92 km/h
Vitesse maximale 314 km/h
Plafond 7 620 m
Endurance 20 h

Le Patroller est un drone tactique (Tactical Unmanned Air Vehicule) de renseignement conçu par la société Safran Electronics & Defense (anciennement Sagem). Il est fabriqué en France, la cellule étant fournie par le constructeur allemand Stemme.

Historique

Origines

Sagem débute l'étude d'un drone en associant de manière pragmatique une plate-forme existante et éprouvée avec des capteurs et un système de transmission[2]. Cette démarche permet de réduire le temps de développement. Il s'adresse pour cela à Stemme AG, un spécialiste allemand des motoplaneurs, qui dispose du Stemme S15.

Le Stemme S15 est dérivé du modèle S6, dont le premier vol a lieu le 29 novembre 2006[3]. Il s'agit d'un motoplaneur d'entraînement, biplace côte à côte. Le S6 est équipé d'un train tricycle rétractable, d'une hélice tripale et d'un moteur dont la puissance varie selon les types de 100 à 115 ch.

La version S15 est un drone optionnellement pilotable certifié AESA CS22[4][réf. insuffisante], destiné à l'observation et la surveillance. Il est doté d'un moteur de 115 ch et d'un point d'emport sous chaque aile.

Développement

La boule optronique gyrostabilisée Sagem Euroflir 410 (au fond) est l'équipement d'observation du prototype du drone Patroller

Le Patroller effectue son premier vol le 10 juin 2009 à Kemijärvi en Finlande[1].

Sur la base du Stemme S15, cet aéronef piloté à distance est adapté au fur et à mesure pour recevoir différentes charges utiles, un système optronique, l'Euroflir 410, des équipements d'écoute Comint/Sigint ou un radar (fabriqué par Finmeccanica). Les essais en vol de l'Euroflir 410 ont lieu en 2014, de même que l'emport de charges de 100 kg sous voilure[5],[6].

Le drone profite de la certification AESA du S15, qui lui permet de s'insérer dans la circulation civile. Cette capacité est testée fin 2014 dans le cadre du programme européen Odrea, une démonstration opérationnelle d'un système de drone dans un espace aérien[7]. Le Patroller est capable d'éviter automatiquement un autre aéronef et d'effectuer l'approche d'un aéroport civil.

Il démontre par ailleurs une autonomie de plus de 20 h, une vitesse de croisière évoluant entre 100 et 200 km/h et la possibilité d'être transporté dans un container standard. Sa capacité d’emport de 250 kg lui permet l’intégration de plusieurs capteurs et à terme d’armement tels que les roquettes guidées laser et le missile antichar MMP[8],[6].

Pays utilisateurs

Drapeau de la France France 

Un appel à candidature est émis par la direction générale de l'Armement en octobre 2014, pour réaliser le système de drone tactique, en remplacement du système de drone tactique intérimaire[9], c’est-à-dire le Sperwer déjà produit par Sagem.

Quatre firmes se mettent alors sur les rangs, Thales avec le Watchkeeper, Sagem avec le Patroller[10], Airbus Defence and Space en adaptant le Shadow 200 de Textron et IAI, associé à l’équipementier français Latécoère. Le Watchkeeper part initialement favori, l'achat de cet équipement ayant été évoqué lors des accords franco-britanniques de Lancaster House de 2010[11],[8]. Seuls Sagem et Thales remettent leur candidature[12].

Le 20 janvier 2016, le Patroller est sélectionné pour équiper l’armée de terre française. Le contrat porte sur quatorze appareils[13],[14]. Il embarquera le radar et le Comint de Thales ainsi que le système optronique de nouvelle génération Euroflir 410 de Safran Electronics & Defense[15]. Les livraisons auront lieu en 2019-2020 pour une mise en service en 2020[16] au sein du 61e régiment d'artillerie. La loi de programmation militaire française prévoit la livraison de 5 drones en 2019, 14 autres en 2020, et 2 systèmes supplémentaires en 2024[17].

Drapeau de l'Égypte Égypte 

Safran Electronics & Defense et la firme aéronautique égyptienne AOI-Aircraft Factory signent en septembre 2015 un accord d'assemblage des Patroller en Égypte, pour répondre aux besoins des forces armées égyptiennes[18],[19]. AOI-Aircraft Factory créera en Égypte une infrastructure pour former les opérateurs et les équipes de maintenance des drones.

Notes et références

  1. a, b, c et d (en) « Patroller MALE Unmanned Aerial Vehicle (UAV), France », airforce-technology.com (consulté le 24 février 2016)
  2. Jean-Dominique Merchet, « Drone : le Patroller, une solution pragmatique », sur secretdefense.blogs.liberation.fr, 22 avril 2010 (mise à jour : 28 janvier 2015)
  3. Michael Colaone, « Drone Patroller : Sagem choisit un marché très concurrentiel », sur aeroplans.fr,
  4. EASA Certification Specifications (CSs). CS-22 Sailplanes and Powered Sailplanes
  5. François Julian, « Eurosatory 2014 : Sagem maintient la pression avec le Patroller », sur air-cosmos.com,
  6. a et b Michel Cabirol, « Pourquoi le Patroller de Safran a gagné face au Watchkeeper de Thales », sur latribune.fr,
  7. Michel Cabirol, « Face au Watchkeeper, le drone Patroller de Safran joue crânement sa chance », sur latribune.fr,
  8. a et b Guillaume Belan, « Patroller : Les raisons d'un choix », Air et Cosmos, no 2486,‎ , p. 22-23
  9. Guillaume Belan, « France: La compétition pour le futur drone tactique est lancée », sur air-cosmos.com,
  10. Gabrielle Carpel, « Eurosatory 2014 : Thales prépare son Watchkeeper pour la France », sur air-cosmos.com,
  11. Gabrielle Carpel, « Drone tactique français : un appel d'offres attendu pour l'été », sur air-cosmos.com,
  12. George de Bonadona, « SDT : Thales et Sagem s'activent », sur air-cosmos.com,
  13. Guillaume Belan, « Le futur drone tactique de l'armée de terre est le Patroller de Sagem », sur air-cosmos.com,
  14. Dominique Gallois, « Sagem préféré à Thales pour les drones tactiques », sur lemonde.fr,
  15. « Safran dévoile son nouveau système optronique Euroflir 410 », Mer et Marine,‎ (lire en ligne)
  16. Jean-Dominique Merchet, « Le drone Patroller ne pourra pas, pour l’instant, voler librement en France (actualisé) », sur lopinion.fr,
  17. Laëtitia Le Roy, « Drone SDT Patroller ː L'instruction des télé-pilotes a commencé », Terre information magazine, no 295,‎ , p. 38-39.
  18. « L'Égypte assemblera ses drones Patroller (Sagem) », sur aerobuzz.fr,
  19. Beth Stevenson, « Sagem signs teaming agreement to offer Patroller UAV to Egypt », sur flightglobal.com,

Liens externes

  • Première campagne d'essais en vol pour le drone Patroller, 2 août 2009, www.meretmarine.com
  • Clansman, Stemme S6, 17 septembre 2014, ©AviationsMilitaires
  • Gabrielle Carpel Le drone Patroller intègre une nouvelle chaîne image multi-capteurs, 16 juin 2014, www.air-cosmos.com
  • SAFRAN. Sagem. Système Patroller, www.sagem.com
  • Vidéo - Le drone Patroller choisi par l’Armée de Terre française, 25 janvier 2016 (Mise à jour le 13 février 2016), aeronewstv.com
  • Helen Chachaty, Officialisation du contrat Patroller, 29 mars 2016, www.journal-aviation.com