SO.9000 Trident

SO.9000 Trident
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Le SO.9000 exposé au Musée de l'air et de l'espace du Bourget.
Le SO.9000 exposé au Musée de l'air et de l'espace du Bourget.

Constructeur Drapeau : France SNCASO
Rôle Intercepteur
Statut Prototype
Premier vol
Motorisation
Moteur SEPR 481 + 2 × Turboméca Marboré II
Nombre 1 + 2
Type moteur fusée + 2 turboréacteurs
Poussée unitaire 4 500 kgp + 2 × 400 kgp
Dimensions
Envergure 7,57 m
Longueur 14,37 m
Hauteur 2,84 m
Surface alaire 16,58 m2
Masses
Maximale 5 055 kg
Performances
Vitesse maximale 2 060 km/h
Plafond 24 000 m

Le SO.9000 Trident était un avion prototype français développé par la SNCASO.

Historique

SO.9000 Trident I

À la demande de l'armée de l'air qui s'intéressait à un intercepteur supersonique, la SNCASO étudia en 1951 le concept d'un avion combinant réacteur classique et moteur fusée et deux prototypes furent commandés. Le statoréacteur était également envisagé mais le financement de l'étude de ce type de motorisation allait aux prototypes Leduc.

Compte tenu des contraintes liées au domaine de vol demandé, l'avion retenu était un monoplace, la forme de voilure retenue étant une aile droite de faible envergure et à profil extrêmement mince.

Les réacteurs furent placés en bout d'aile et le moteur fusée intégré dans la cellule. Le premier vol du prototype no 1, sans moteur fusée, eut lieu le [1].

Le second prototype, réalisé six mois plus tard, s'écrasa lors de son premier vol le sur la base aérienne de Melun-Villaroche. L'appareil avait peiné à décoller en raison de la faible poussée de ses réacteurs et de la température caniculaire qui sévissait ce jour-là. De fait il n'était pas assez haut quand arrivé en fin de piste l'appareil percuta un poteau électrique. La cabine se détacha de l'appareil à 300 km/h et rebondit à plusieurs reprises avant de s'immobiliser, laissant son pilote Jacques Guignard gravement blessé[1].

Après remplacement de ses deux réacteurs par des Dassault MD30-ASV5 (750 kgp) le prototype no 1 atteignit en 1954 la vitesse de Mach 1,63.

SO.9050 Trident II

Suite aux performances du SO.9000 Trident I, les services officiels commandèrent deux nouveaux prototypes en 1954 : le SO.9050 Trident II vola pour la première fois le .

Deux accidents en marquèrent la mise au point. Le , alors que Jacques Guignard effectue son second vol sur le Trident II, il tombe en panne de carburant alors qu'il est en approche finale sur la piste d'Istres. Obligé de se poser dans la Crau, l'appareil est détruit mais le pilote s'en sort sans blessure, la cabine éjectable s'étant détachée[1]. Le second accident eut des conséquences plus funestes. Le , alors que Charles Goujon répète une dernière fois le programme de démonstration du salon du Bourget lors d'un piqué en vue d'un passage à grande vitesse l'appareil se désintègre en vol. Le pilote eut le temps de déclencher l'éjection mais fut retrouvé mort avec la colonne vertébrale brisée et le crâne fracturé[1].

Six appareils Trident II furent commandés en juin 1956. Les trois premiers appareils furent livrés de mai 1957 à janvier 1958. Le prototype O6 prit l'air pour la première fois le 3 janvier 1958. Quelques jours plus tard, le prototype O5 s'octroya le record du monde d'altitude avec 22 800 m. Puis le 19 avril, ce fut le tour du prototype O4 de battre le record du monde de montée à 18 000 m en 3 minutes 17 secondes après le lâché des freins. Le même jour le prototype O5 effectua un tonneau à Mach 1,81. Le un record mondial d'altitude fut atteint par Roger Carpentier sur le O6 avec 24 217 m[1].

Malgré les succès obtenus le programme fut interrompu le pour des raisons budgétaires. Ce dernier jour, pour un baroud d'honneur Jean-Pierre Rozier fit monter l'appareil à une altitude de 28 000 m, record non homologué[1]. Compte tenu du coût de l'appareil et de sa spécialisation en intercepteur, la série n'eut pas de suite.

Voir aussi

Développement lié

Notes et références

  1. a, b, c, d, e et f Jacques Nœtinger, Drames et frayeurs aux essais en vol et autres..., Nouvelles Éditions Latines, (ISBN 978-2-7233-2073-3, OCLC 637117651), p. 23-26

Bibliographie

  • (en) Bill Gunston, Fighters of the fifties, Cambridge Cambridgeshire, P. Stephens, , 248 p. (ISBN 978-0-850-59463-8, OCLC 10950392)
  • (en) Leonard Bridgman, Jane's All the World's Aircraft 1956-57, London, Jane's All the World's Aircraft Publishing Co. Ltd,
  • (en) Michael J.H. Taylor et John W.R. Taylor, Jane's Pocket book of research and experimental aircraft, London, Macdonald and Jane's, coll. « Jane's pocket book » (no 12), (ISBN 978-0-356-08405-3 et 978-0-356-08409-1, OCLC 3750905)

Lien externe