Séisme du 11 janvier 1839 en Martinique

Séisme du 11 janvier 1839 en Martinique

Séisme du 11 janvier 1839 en Martinique
Date
Magnitude ~ 7.0 - 7.5
Régions affectées Martinique, Îles du Vent
Victimes env. 261 morts
Les Îles du Vent, du nord au sud, vont des actuelles Îles Vierges britanniques à Trinité-et-Tobago.

Le séisme du survenu en mer à l'est de la Martinique est le second événement sismique le plus puissant enregistré dans les Îles du Vent, avec une intensité estimée de 9 sur l'échelle macrosismique MSK[1]. Il précède de peu le séisme du 8 février 1843 en Guadeloupe qui s'avérera être le plus puissant. Deux jours après l'événement, 261 morts et 251 blessés sont recensés[2].

Le la Martinique compte près de 117 000 habitants (41 000 hommes libres et 76 000 esclaves)[3]. L'économie de l'île est essentiellement consacrée à la culture du canne à sucre, qui emploie le plus de main d’œuvre (32 000 esclaves employés sur ces cultures sur un total de 48 000) et occupe la surface la plus grande (21 000 hectares sur un total de 38 000 hectares cultivés)[3]. Quelques plantations de café, de coton et de cultures diverses existent également[3]. La balance commerciale de l'île reste largement déficitaire avec près de 21 millions de francs d'importations pour 16 millions d'exportation[3].

Contexte géologique

Limites de la plaque caribéenne. La Martinique est située dans une zone de subduction.
Schéma de la situation tectonique tel qu'il pourrait l'être en Martinique, vue du nord. La plaque sud-américaine (à l'ouest) s'enfonce sous la plaque antillaise (à l'est), ce qui provoque la création d'un volcan.

La Martinique, comme l'ensemble des îles des Petites Antilles, est située sur une zone de subduction, l'espace dans lequel la plaque sud-américaine s'enfonce sous la plaque caraïbe. Ce secteur (en bleu à l'est de la carte ci-contre) ne constitue pas une ligne unique mais un ensemble dynamique de failles soumises à des contraintes, circulant sur ou sous les îles, et dans leur environnement proche[2]. Les zones pouvant être des hypocentres de séismes peuvent donc se situer à des distances variables des îles : sur l'île elle-même ou au large, près de la surface ou en profondeur. C'est cependant la profondeur du phénomène qui détermine le plus l'intensité de la secousse[2].

Réactions

Lithographie du concert donné au Théâtre de Strasbourg.

Le un concert de soutien est organisé à Strasbourg. Le produit net du concert s'élève à 3 500 francs[4].

Alexandre Moreau de Jonnès, haut-fonctionnaire qui a fait une partie de sa carrière aux Antilles, correspondant à l'Académie des Sciences, y rapporte que le tremblement de terre est le résultat de conditions climatiques particulières[5] (notamment un vent de nord-ouest et de vapeurs dans l'atmosphère)[6], qui peuvent aussi produire des ouragans, le tout causé par de l'électricité terrestre[6]. Cependant il est considéré comme probable que les tremblements de terre soient associés à l'activité volcanique des îles antillaises, causés par des failles dans l'écorce terrestre[6]. Ce n'est qu'au début du XXe siècle qu'Alfred Wegener émettra l'hypothèse de la tectonique des plaques.

Références

  1. BRGM, Sismicité de la France, Antille, Guyane, Mer des Caraïbes, « Liste d'observation du séisme n°9720432 », sur sisfrance.net (consulté le 10 avril 2015)
  2. a, b et c [PDF]Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie - Direction générale de la Prévention des risques, « Séisme du 11 janvier 1839 à la Martinique », sur sisfrance.net, (consulté le 10 avril 2015)
  3. a, b, c et d Ministère de la marine et des colonies, Etats de population, de cultures et de commerce des colonies françaises, pour 1837, et des établissements français dans l'Inde pour 1836, Paris, Imprimerie royale, , 136 p. (lire en ligne)
  4. Staehling, Charles (1816-1903), Histoire contemporaine de Strasbourg et de l'Alsace (1830-1852). Partie 1, Nice, Impr. de V.-E. Gauthier et Cie, 1884-1887, 429 p. (lire en ligne), p. 118
  5. Académie des Sciences, La France littéraire, t. 35, 1832-1843, 498 p. (ISSN 2017-2036, lire en ligne), p.147
  6. a, b et c Académie des Sciences, La France littéraire, t. 34, 1832-1843, 610 p. (ISSN 2017-2036, lire en ligne), p.432 et suiv.