Rubicon

Rubicon
Illustration
Le Rubicon lors de son passage à Bellaria-Igea Marina
Carte.
Cours du Rubicon.
Caractéristiques
Longueur 28,9 km
Bassin
Débit moyen ?
Cours
Source source
· Localisation Sogliano al Rubicone
· Altitude 366 m
· Coordonnées 44° 00′ 03″ N, 12° 15′ 56″ E
Embouchure Mer Adriatique
· Localisation Savignano a Mare (Savignano sul Rubicone)
· Altitude m
· Coordonnées 44° 10′ 05″ N, 12° 26′ 36″ E
Géographie
Pays traversés Drapeau de l'Italie Italie
Régions traversées Flag of Emilia-Romagna.svg Émilie-Romagne

Le Rubicon (Rubicone en italien, Rubico en latin) est un petit fleuve côtier du Nord de l'Italie, dans la région d'Émilie-Romagne à l'est de la plaine du Pô, qui prend naissance près de la commune de Sogliano al Rubicone[1].

Histoire

Le cours d'eau avait une résonance toute particulière dans le droit romain car aucun général n'avait l'autorisation de le franchir avec une armée. À partir de 59 av. J.-C., il servit de frontière entre l'Italie romaine et la province de Gaule cisalpine ; la loi protégeait ainsi Rome de menaces militaires internes[2].

Il devint célèbre quand Jules César le traversa avec ses légions en armes le 11 janvier 49 av. J.-C. sur les traces de Pompée. Il viola la loi du Sénat romain[2]. Si l'on en croit Suétone, il lança en franchissant la rivière la célèbre formule : Alea jacta est, « Le dé est jeté »[3]

De cet épisode est née l'expression « franchir le Rubicon » qui a survécu jusqu'à nos jours. Elle évoque une personne se lançant irrévocablement dans une entreprise aux conséquences risquées[2].

Comment César franchit le Rubicon

Le pont consulaire romain à Savignano sul Rubicone en févr 2012
Le pont consulaire romain à Savignano sul Rubicone en févr 2012.

Attention le texte du Suétone n'est qu'une interprétation "contemporaine" des évènements.

« Lorsqu'on eut annoncé à César[4] que le droit d'intercession des tribuns[5] avait été supprimé et qu'ils étaient sortis de la Ville[6], aussitôt il envoya en secret des cohortes[7] qui prirent les devants et, pour ne pas éveiller de soupçon, il assista par dissimulation à un spectacle public, examina le plan d'une école de gladiateurs qu'il devait faire construire et se livra, selon sa coutume, au plaisir d'un festin. Puis, après le coucher du soleil, il fit atteler à un chariot des mulets pris au moulin le plus proche, et s'engagea avec une faible escorte dans le chemin le plus détourné. Les flambeaux s'étant éteints, il s'égara et erra longtemps. Au point du jour, il trouva un guide, marcha à pied par des sentiers extrêmement étroits et rejoignit ses cohortes au fleuve de Rubicon, qui était la frontière de sa province[8]. Là il s'arrêta quelques instants, et, supputant la grandeur de son entreprise[9], il se tourna vers ceux qui l'accompagnaient : « Maintenant encore, dit-il, nous pouvons revenir sur nos pas ; mais, si nous passons ce petit pont, le sort des armes décidera de tout. »

Il balançait encore, lorsque eut lieu le prodige suivant. Un homme d'une taille et d'une beauté remarquables[10] apparut soudain, assis tout près et jouant du chalumeau. Outre les bergers, un grand nombre de soldats des postes voisins était accouru pour l'entendre, et, entre autres, des trompettes. Il saisit la trompette de l'un d'eux, s'élança d'un bond vers le fleuve, et sonnant une fanfare avec une force extraordinaire, il se dirigea vers l'autre rive. Alors César : « Allons, dit-il, où nous appellent les prodiges des dieux et l'iniquité de nos ennemis ! il faut jeter le dé. » »

— Texte de Suétone, « les douze Césars : César », XXXI et XXXII[11],[12].

Pourquoi César franchit le Rubicon

Fin décembre -50 et janvier -49 ; il y a des tractations importantes entre César et Pompée, le Sénat est majoritairement du côté de Pompée.

En -50, situation est différente pour César, il écrase les Gaulois, et il conquit toute la Gaule ! Légitimité quintuplée !!

César en position de force, le Sénat décide de voter un senatus consulte qui désigne César et ses partisans comme ennemis publics, ses amis vont le rejoindre, et César franchit le Rubicon le 10 janvier, avec son armée qui lui est entièrement dévouée. Tout le monde comprend qu'ils veulent imposer leur suprématie à Rome ( Pompée et César ), en se cachant derrière le prétexte du bien public. Le 23 janvier, Pompée et une partie du sénat s'enfuient en Grèce, ils laissent le trésor à Rome, qui est trouvé par César et mis à sa disposition.

Fin Mars, César rentre à Rome, il trouve quelques sénateurs, et repart en Espagne, le 7 avril. Pendant ces deux/trois mois, il traverse lentement l'Italie vers Rome, en donnant le mot d'ordre à ses soldats de ne rien piller, car Marius et Sylla on dévasté l'Italie avant lui ! César veut se montrer comme le protecteur des italiens. En Mars, il fait voter une loi qui donne la citoyenneté romaine aux cisalpins, se créant ainsi une citadelle alliée. La cisalpine était aux mains de Pompée, Cesar retourne la situation, il gagne la faveur des cisalpins et part ensuite en Espagne.

Confusion possible

À l'ère romaine, le Rubicon se déversait dans la mer Adriatique entre Ariminum et Caesena (noms romains de Rimini et de Césène). Le cours d'eau auquel on l'identifie actuellement est souvent contesté.

Article détaillé : Rubicon-Pisciatello.

Il se peut que le Rubicon ait été confondu avec le Pisciatello. Ainsi, leurs sources découlent du même mont et les deux fleuves s'écoulent dans deux vallées parallèles se rejoignant, au niveau de la mer à Gattéo-Mare et certaines cartes anciennes donnaient le nom « Urgon » (qui signifie « Rubicon ») à l'actuel Pisciatello ce qui laisse à croire que les deux fleuves aient été confondu à une certaine époque.

Une autre preuve de cette possible confusion est le fait que la cité actuelle de Savignano sul Rubicone s'appelait, jusqu'en 1933, Savignano di Romagna quand Benito Mussilini décréta que l'ex-Fiumicino serait le vrai Rubicon.[13]

Images des musées du Vatican

Ces deux images représentent une petite partie d'une grande carte exposée dans la galerie des cartes au musées du Vatican.

Cette carte est étiquetée « Flaminia », qui était le nom de la Romagne et qui faisait partie de l'État de l'Église avant le Risorgimento et l'unification des provinces Italiennes.

L'image de droite représente le Rubicon et deux autres rivières qui ont la même embouchure dans l'Adriatique, à droite des villes de Cesenatico et de Cervia.

L'image de gauche montre les sources de ces rivières, et l'on observe qu'à cette époque, le supposé Rubicon passe aux abords immédiats de Césène, sur le lit de l'actuel Pisciatello, alors que c'est celle qui lui est parallèle (à droite) que l'on appelle « Rubicon ».

Toponymes

Le Rubicon a donné son nom aux deux communes de Savignano sul Rubicone et Sogliano al Rubicone.

Notes et références

  1. Néanmoins sa localisation exacte fait débat.
  2. a b et c Stéphane Bern, Les Pourquoi de l'Histoire 4, Paris, Albin Michel, (1re éd. 2013), 256 p. (ISBN 978-2-2264-3048-9 et 2-2264-3048-2), chap. 57 (« Pourquoi dit-on « franchir le Rubicon » »).
  3. Souvent traduit par « Le sort est jeté », ou, pire, « Le sort en est jeté », ce qui n'a aucun sens.
  4. Qui se trouvait à Ravenne.
  5. Ses partisans
  6. Rome
  7. César n'avait auprès de lui que 100 cavaliers et 5 000 fantassins.
  8. C'est en qualité de proconsul, chargé du gouvernement de la Gaule cisalpine ou Gaule citérieure que César avait conquis les Gaules barbares (Celtique, Aquitaine, Belgique). Un petit fleuve côtier, le Rubicon, séparait la Gaule cisalpine de l'Italie proprement dite.
  9. Le coup d'État qu'il méditait de faire contre le Sénat et la République.
  10. Par là semblable aux dieux, tels du moins qu'on se les figurait.
  11. Les beaux textes de l’Antiquité, librairie Fernand Nathan, no 49, 1941, pp. 85-86.
  12. Christian Meier, César, éditions du Seuil, 1987, p. 10.
  13. (it) « Fiume Rubicone », Miti di Romagna (consulté le 29 novembre 2017)

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Ressource relative à la géographie : GeoNamesNotices d'autorité : Fichier d’autorité international virtuel