Roger Federer

Roger Federer
Image illustrative de l'article Roger Federer
Roger Federer en 2015.
Carrière professionnelle
1998
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Naissance (36 ans)
Drapeau : Suisse Bâle
Taille / poids 1,85 m (6 1) / 85 kg (187 lb)
Prise de raquette Droitier, revers à une main
Entraîneurs Adolf Kacovsky (1991)
Peter Carter (1991-2000)
Peter Lundgren (2000-2003)
Tony Roche (2006-2007)
José Higueras (2008)
Paul Annacone (2010-2013)
Stefan Edberg (2014-2015)
Ivan Ljubičić (2016-présent)
Severin Lüthi (2007-présent)
Gains en tournois 109 387 410 $
Site Internet http://www.rogerfederer.com/
Palmarès
En simple
Titres 94
Finales perdues 49
Meilleur classement 1er (02/02/2004)
En double
Titres 8
Finales perdues 6
Meilleur classement 24e (09/06/2003)
Meilleurs résultats en Grand Chelem
Aust. R-G. Wim. US.
Simple V (5) V (1) V (8) V (5)
Double 1/8 1/32 1/4 1/8
Médailles olympiques
Simple - 1 -
Double 1 - -
Titres par équipe nationale
Coupe Davis 1 (2014)

Roger Federer, né le à Bâle, est un joueur de tennis suisse. Joueur professionnel depuis 1998, il détient le record de 302 semaines (5 ans et 9 mois et demi) passées à la première place du classement mondial de tennis ATP World Tour, ainsi que le record masculin de 19 victoires dans les tournois du Grand Chelem. Il a terminé l'année calendaire à la première place mondiale à cinq reprises (en 2004, 2005, 2006, 2007 et 2009). Il est médaillé d'or en double messieurs avec Stanislas Wawrinka aux Jeux olympiques de Pékin 2008 puis vice-champion olympique en simple à Londres en 2012. Enfin, en 2014, il remporte la Coupe Davis avec l'équipe de Suisse, en battant en finale l'équipe de France[1].

Roger Federer a gagné à ce jour 94 titres, dont 25 tournois majeurs et 27 Masters 1000. Son doublé Roland-Garros-Wimbledon en 2009 lui a permis de réaliser le Grand Chelem en carrière sur cinq surfaces différentes. Il est le tennisman qui a joué le plus de finales dans un même tournoi du Grand Chelem (onze, à Wimbledon) et le recordman de victoires à Wimbledon avec huit succès entre 2003 et 2017. Parmi ses nombreux records font partie des plus marquants ses dix finales, vingt-trois demi-finales et trente-six quarts de finale consécutifs dans les tournois du Grand Chelem.

Il est le seul joueur de l'histoire du tennis à avoir gagné au moins cinq fois trois tournois du Grand Chelem (l'Open d'Australie, le tournoi de Wimbledon et l'US Open), dont cinq fois de suite deux tournois du Grand Chelem (le tournoi de Wimbledon et l'US Open) et réalisé par ailleurs trois fois le Petit Chelem (en 2004, 2006 et 2007). Il est également le seul homme à être allé en finale de chaque tournoi du Grand Chelem au moins cinq fois, et le seul à avoir remporté 6 fois la Masters Cup en fin d'année.

Après une saison 2016 sans titre et six mois hors des courts pour cause de blessure, il revient, à 35 ans, à l'Open d'Australie 2017 qu'il remporte contre son meilleur rival Rafael Nadal, renouant avec la victoire dans les tournois du Grand Chelem cinq saisons après son dernier triomphe à Wimbledon, et portant à dix-huit son record de succès dans les quatre tournois majeurs. Le 16 juillet 2017, il remporte son huitième Wimbledon après un parcours mené sans perdre un set, pour un dix-neuvième sacre en Grand Chelem. Un tel palmarès amène de nombreux observateurs, joueurs et spécialistes, à le considérer comme le plus grand joueur de tennis de tous les temps[2],[3],[4],[5],[6],[7],[8],[9], voire l'un des plus grands athlètes de l'histoire du sport[10].

Roger Federer

Sommaire

Biographie

Roger Federer au Masters de Cincinnati en 2005.

Roger Federer est né le à Bâle d'une mère sud-africaine d'ascendance française et néerlandaise, Lynette Durand, et d'un père suisse, Robert[11]. Tous deux ont travaillé dans l'entreprise pharmaceutique Ciba et se sont rencontrés en 1970 dans son usine principale à Johannesburg où ils jouent régulièrement au tennis dans le club suisse de la métropole sud-africaine[12]. En 1973, ils se marient et s'installent en Suisse[13]. Avec sa sœur aînée Diana[14] née vingt mois plus tôt[15], Roger grandit à Münchenstein en Suisse alémanique non loin de Bâle et des frontières allemande et française. Outre l'allemand, il parle couramment l'anglais, sa langue maternelle (sa mère puis les médias prononcent d'ailleurs son prénom Rodgeur (/ˈrɒdʒə/) à l'anglaise[16]) et le français, mais a également quelques notions de suédois, d'espagnol et d'italien[17]. Également doué pour le football, Federer hésite un temps pour choisir dans quel sport se spécialiser, mais il décide, à douze ans, de s'orienter vers le tennis[18] (il continue néanmoins à soutenir le FC Bâle). Repéré par le centre national suisse de tennis alors situé à Ecublens, dans le canton de Vaud, entre 1995 et 1997. C'est dans ce nouveau cadre qu'il apprend le français à l'âge de 14 ans[19].

Déclaré inapte au service militaire, il est orienté vers la protection civile en 2003 mais ne peut suivre les cours à cause de son emploi du temps. Il a payé depuis la taxe d’exemption de service qui correspond à 3 % de ses revenus jusqu'à l'année de ses 30 ans comme le prévoit la loi[20],[21],[22].

Il réside aujourd'hui à Wollerau, dans le canton de Schwytz avec sa femme Mirka qu'il a épousée le 11 avril 2009, leurs jumelles, Myla Rose et Charlene Riva (nées le 23 juillet 2009[23]), et leurs jumeaux, Leo et Lenny (nés le 6 mai 2014). En tant que citoyen suisse, il a le droit de cité de la commune de Berneck (canton de Saint-Gall).

Carrière

Article détaillé : Carrière de Roger Federer.

Classements ATP en fin de saison

Classements à l'issue de chaque saison
Année 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Rang en simple 301 en augmentation64 en augmentation 29 en augmentation 13 en augmentation 6 en augmentation 2 en augmentation 1 en stagnation 1 en stagnation 1 en stagnation 1 en diminution 2 en augmentation 1 en diminution 2 en diminution 3 en augmentation 2 en diminution 6 en augmentation 2 en diminution 3 en diminution 16
Rang en double - 165 en augmentation 32 en diminution 65 en augmentation 25 en diminution 34 en diminution 163 en diminution 179 en diminution 373 en augmentation 246 en diminution 581 - 327 en augmentation 135 en diminution 1266 en augmentation 560 en augmentation 100 - -

Source : (en) Classements de Roger Federer sur le site officiel de la Fédération internationale de tennis

1989 - 1997 : Jeunes années

Roger Federer commence à jouer au tennis dès l'âge de huit ans[15] en intégrant le club de tennis TC Old Boys[24] dans sa ville natale de Bâle. Il réussit là-bas à devenir champion national dans toutes les catégories juniors. À douze ans, il décide de poursuivre sa formation afin de passer joueur de tennis professionnel. En 1995, il intègre le Centre national suisse d'Écublens où, jusqu'en 1997, il ne remporte pas moins de sept tournois juniors.

1998 - 2000 : Débuts en tant que professionnel, 4e place lors des JO de Sydney

Le Suisse dispute son premier match professionnel en juillet 1998, lors du tournoi de Gstaad, auquel il accède grâce à une wild card ; il s'incline alors face au 88e joueur mondial, Lucas Arnold Ker (4-6, 4-6 en h 20)[25]. Il remporte ses deux seuls matchs sur le circuit senior à l'Open de Toulouse, où il atteint les quarts de finale[25]. Sur le circuit junior, il termine numéro un mondial en fin de saison en remportant le tournoi de Wimbledon (en simple sans perdre un set, et en double avec Olivier Rochus). Il s'impose également à l'Orange Bowl, l'officieux championnat du monde juniors, en battant en finale Guillermo Coria[25].

La saison 1999 marque ses débuts en Coupe Davis. Au mois de mars, il contribue à la victoire suisse face à l'Italie en remportant l'un de ses deux simples à Neuchâtel. Le Suisse participe également à ses premiers tournois du Grand Chelem ; à Roland-Garros il perd dès le premier tour contre Patrick Rafter, no 3 mondial de l'époque (7-5, 3-6, 0-6, 2-6 en 2 h 13), alors qu'à Wimbledon il s'incline après un match intense en cinq sets face à Jiří Novák (3-6, 6-3, 6-4, 3-6, 4-6 en 2 h 18). Il perd en qualification de l'US Open. Grâce à de bons résultats en fin d'année et à l'apport de nouveaux entraîneurs (Dr. Guerin & Dariel), il termine pour la première fois la saison dans les cent premiers joueurs mondiaux (64e)[26]. Au mois d’octobre, il remporte l'open de Brest, tournoi ATP Challenger. Il s'agit de sa première victoire en simple sur le circuit professionnel[27].

C'est au début de l'année 2000 que le Suisse dispute la première finale ATP de sa carrière à Marseille, mais il est défait par son compatriote Marc Rosset (6-2, 3-6, 65-7 en 1 h 58)[28]. Lors des Jeux olympiques de Sydney, il réalise un très bon parcours en atteignant les demi-finales, où il s'incline face à Tommy Haas, puis est battu pour la médaille de bronze par le Français Arnaud Di Pasquale (65-7, 7-67, 3-6)[28]. Il passe trois tours à Roland-Garros[28], deux à l'Open d'Australie[28] et à l'US Open[28]. Une nouvelle défaite achève cette saison en demi-teinte ; il s'incline en effet en finale de « son » tournoi à Bâle en cinq sets très disputés devant le Suédois Thomas Enqvist (2-6, 6-4, 64-7, 6-1, 1-6 en 2 h 56)[28].

2001 - 2003 : La naissance d'un champion, premier sacre en Grand Chelem à Wimbledon 2003

Roger Federer à l'US Open en 2002.

En début d'année 2001[29], Roger Federer s'offre le titre de la Hopman Cup aux côtés de Martina Hingis en gagnant trois de ses quatre matchs en simple. En février, il remporte son premier tournoi en simple (à Milan) et en double (à Rotterdam avec Jonas Björkman). Il brille pour la première fois en Grand Chelem en atteignant les quarts de finale de Roland-Garros et de Wimbledon. Lors du tournoi londonien, le Suisse bat Pete Sampras en cinq sets accrochés en huitième de finale[30], mettant fin au règne de l'Américain sur le gazon britannique. Ce match reste comme l'unique confrontation entre les deux hommes[31]. C'est le Britannique Tim Henman qui met un terme à son parcours en le battant en quatre sets[32]. Deux mois plus tard, durant l'US Open, Federer s'incline en huitième de finale face au no 2 mondial Andre Agassi[33]. La saison 2001 se termine comme la précédente par une défaite en finale du tournoi de Bâle[34].

L'année 2002[35] commence fort : à une victoire au tournoi de Sydney s'enchaîne une première finale en Masters Series en mars au tournoi de Miami à Key Biscayne. Il est alors défait en quatre sets par Agassi. Deux mois plus tard, le Suisse obtient une deuxième chance en parvenant en finale du Masters de Hambourg sur terre battue, chance qu'il saisit pleinement en dominant le Russe Marat Safin. Cependant, Federer s'incline ensuite dès le premier tour à Roland-Garros et à Wimbledon. Au début d'août, il apprend la mort accidentelle de Peter Carter, le capitaine de l'équipe suisse de Coupe Davis et entraîneur de sa jeunesse, un homme qui comptait beaucoup pour lui. Très touché par cette tragédie, il ne peut stopper la série de défaites durant la tournée américaine. Néanmoins, une superbe fin de saison comprenant un titre à Vienne lui permet de se qualifier in extremis pour le Masters de tennis masculin disputé à Houston. Invaincu dans les matchs de poules, il perd en demi-finale contre l'Australien Lleyton Hewitt en trois sets.

Il commence la saison 2003[36] sur les mêmes bases que la fin d'année précédente. Il remporte les tournois de Marseille et de Dubaï en février, ainsi que le tournoi de Munich sur terre battue deux mois plus tard. Il atteint également la finale du Masters de Rome et contribue fortement à la qualification de la Suisse pour les demi-finales de la Coupe Davis, qualification acquise en battant les Pays-Bas et la France. La Suisse est alors battue par le futur vainqueur de l'édition 2003, l'Australie (3-2). Cependant, Federer s'incline une nouvelle fois au premier tour de Roland-Garros devant le Péruvien Luis Horna, avant de se reprendre en remportant l'Open de Halle, qui lui sert de préparation à Wimbledon. Le , en battant Mark Philippoussis en finale du tournoi londonien, il devient le premier Suisse à décrocher un titre du Grand Chelem[31], et ce en ne concédant qu'un seul set durant le tournoi. Le 8 août, jour de son vingt-deuxième anniversaire, Federer a l'occasion de devenir le numéro un mondial de tennis pour la première fois de sa carrière mais sa défaite en demi-finale du tournoi de Montréal l'en empêche. La fin de saison est plus difficile et Federer réalise des résultats moyens. Il parvient cependant à gagner la Masters Cup en battant tous ses adversaires pour s'adjuger son septième titre de la saison. Il finit l'année à la deuxième place mondiale derrière Andy Roddick.

2004 - 2007 : Au sommet du tennis mondial, 3 Petits Chelems et 11 victoires en Grand Chelem en 4 saisons

Roger Federer aux Jeux olympiques d'Athènes en 2004.
Roger Federer à Wimbledon en 2005.

L'année 2004 marque le début du règne de Federer sur le tennis mondial. Grâce à ses victoires à l'Open d'Australie, à Wimbledon et à l'US Open, obtenues en battant respectivement Marat Safin, Andy Roddick et Lleyton Hewitt en finale, le Suisse devient le premier joueur à réaliser le petit Chelem depuis Mats Wilander en 1988[15]. Il réussit également à s'adjuger la première place mondiale le et à la conserver tout au long de l'année[15]. Lors du Masters de Miami où il arrive favori après sa victoire à Indian Wells, il est éliminé à la surprise générale par un jeune espagnol de 17 ans, Rafael Nadal. C'est le premier épisode d'une longue rivalité entre les deux joueurs. Sa défaite au deuxième tour du Masters de Rome et celle au troisième tour de Roland-Garros face à Gustavo Kuerten, triple vainqueur de l'épreuve, constitueront ses deux seules autres contre-performances. Une victoire au Masters face à Lleyton Hewitt ponctue une saison exceptionnelle, où Federer aura obtenu onze titres dont trois Masters Series et autant de titres du Grand Chelem[15].

L'année suivante, le Suisse continue d'asseoir sa domination sur le circuit ATP. S'il subit deux défaites en demi-finale de Grand Chelem à l'Open d'Australie face à Marat Safin[15] et à Roland-Garros face à Rafael Nadal[15], il réussit à s'imposer à Wimbledon pour la troisième fois consécutive en battant une fois encore Andy Roddick[15], et à l'US Open en venant à bout d'Andre Agassi[15]. À la Masters Cup, il est défait par David Nalbandian, échec qui met fin à une série de vingt-quatre victoires consécutives en finale[15]. Federer remporte au total onze tournois, comme en 2004, dont quatre Masters Series et deux tournois du Grand Chelem[15]. Il reste une nouvelle fois numéro un mondial toute l'année, en ne subissant en tout que quatre défaites (soit 95,3 % de victoires).

Roger Federer à l'Open de Dubaï en 2006.
Roger Federer au Masters de Cincinnati en 2007.

L'apogée de cette suprématie arrive en 2006, saison qui est à ce jour la meilleure de la carrière de Federer. Comme en 2004, il réalise le petit Chelem en s'imposant à l'Open d'Australie face à Márcos Baghdatís, à l'US Open face à Andy Roddick et à Wimbledon face à Rafael Nadal[15]. Il passe à une victoire près du Grand Chelem calendaire en échouant en finale de Roland-Garros, battu par l'Espagnol. Le Suisse réussit en tout une année presque parfaite avec douze titres (dont trois Grand Chelem, la Masters Cup et quatre Masters Series) et quatre finales en dix-sept tournois disputés[15]. Il n'a perdu que cinq rencontres, dont quatre face à Nadal, qui est le seul à contester sa suprématie. Une nouvelle victoire à la Masters Cup face à James Blake ponctue une saison où de nombreux records sont tombés[15] (notamment le total de gains en tournois sur une saison, le nombre de semaines consécutives à la première place mondiale, le nombre de points ATP, l'avance sur le second au classement, premier joueur à réaliser deux petits Chelems dans l'ère Open, premier joueur à remporter plus de dix tournois trois années consécutives) et où Federer s'est imposé aux côtés des plus grands de l'histoire du tennis[15].

La saison 2007, bien que marquée par quelques « passages à vide », est conforme en beaucoup de points à celle de 2006. En effet, Federer y réalise une fois encore le petit Chelem, en décrochant l'Open d'Australie (sans perdre un set du tournoi, et en dominant en finale Fernando González)[15], l'US Open (face à Novak Djokovic)[15] et Wimbledon (face à Rafael Nadal) pour la cinquième fois consécutive au terme d'un match d'une intensité incroyable, égalant ainsi le record de Björn Borg. En outre, il s'incline à nouveau en finale de Roland-Garros face à son rival espagnol. Sur les seize tournois auxquels il participe, le Suisse n'en remporte que huit (c'est la première fois qu'il en gagne « aussi peu » depuis 2003) dont deux Masters Series. Comme en 2006, il termine son année sur une victoire à la Masters Cup, cette fois-ci face à David Ferrer. Federer achève ainsi une saison qui l'a vu subir neuf défaites en tout (soit autant que celles de 2005 et 2006 réunies) mais où il a su se concentrer sur les événements importants pour porter à douze son palmarès en Grands Chelems, se rapprochant à grands pas du record de quatorze tournois du Grand Chelem remportés détenu par Pete Sampras[15].

2008 : Perte de la place de numéro 1 mondial, finaliste à Roland-Garros et Wimbledon, 5e US Open consécutif

La saison 2008 marque avant tout la fin du règne sans partage de Roger Federer sur le tennis mondial. Après 237 semaines consécutives à la première place mondiale (record absolu), Federer cède son trône à Rafael Nadal à l'issue des Jeux olympiques de Pékin. Une mononucléose, contractée fin décembre par le Suisse, explique sans doute cette soudaine baisse de régime[37].

Durant cette année, Federer n'a pas réussi à conserver l'essentiel de ses points de l'année précédente, échouant notamment en demi-finale de l'Open d'Australie contre le no 3 mondial, Novak Djokovic (5-7, 3-6, 65-7) alors futur vainqueur du tournoi, après avoir battu Tomáš Berdych et James Blake en trois manches tous deux membres du top 15[38],[39].

Sur la tournée américaine, d'abord au Masters d'Indian Wells, il passe facilement ses tours en deux sets et profite du forfait de Tommy Haas en quart, avant de tomber sèchement (3-6, 2-6) face au local Mardy Fish 98e mondial[40]. Puis au Masters de Miami, il perd contre un autre local, le 6e mondial Andy Roddick, (64-7, 6-4, 3-6) en quart de finale[41].

La semaine suivante, il commence la saison sur terre battue au modeste tournoi d'Estoril qu'il remporte avec quelques difficultés, marquant son premier titre de l'année[42]. Il enchaîne avec une finale au Masters de Monte-Carlo après avoir battu le 7e mondial David Nalbandian (5-7, 6-2, 6-2)[43] et le 3e mondial Novak Djokovic en demi-finale sur abandon. Cependant, il s'incline contre le roi de la terre battue, le no 2 mondial, Rafael Nadal (5-7, 5-7)[44]. Puis au Masters de Rome, il perd de façon surprenante contre le Tchèque Radek Štěpánek en quart de finale en deux tie-breaks[45]. Il atteint à nouveau une finale au Masters de Hambourg[46] où il perd à nouveau contre Nadal (5-7, 7-63, 3-6) mais dans un match bien plus serré[47].

Vient ensuite Roland-Garros où il atteint la finale en ne perdant que deux sets, battant Fernando González 25e mondial (2-6, 6-2, 6-3, 6-4) et la surprise Française, Gaël Monfils (6-2, 5-7, 6-3, 7-5) 59e mondial dans le dernier carré[48]. Il échoue cependant pour la 3e année consécutive en finale face au même adversaire, Rafael Nadal (1-6, 3-6, 0-6) au cours d'une terrible défaite de 1 h 48, la pire en finale de Grand Chelem pour le Suisse[49],[50].

Pour commencer la saison sur gazon, Federer remporte le tournoi de Halle en battant facilement Philipp Kohlschreiber (6-3, 6-4) en finale et sans perdre de set durant la semaine[51].

Puis arrive la troisième levée du Grand Chelem à Wimbledon, où il passe ses premiers tours facilement. Il bat l'ancien vainqueur de l'épreuve Lleyton Hewitt (7-67, 6-4, 6-2) en huitième[52]. Puis Mario Ančić et Marat Safin (6-3, 7-63, 6-4) sans perdre le moindre set pour arriver en finale sereinement[53],[54]. Cependant, il est vaincu dans son jardin pour la première fois depuis 2002 par le no 2 mondial Rafael Nadal, (4-6, 4-6, 7-65, 7-68, 7-9) dans un match titanesque à suspense, de forte intensité et d'une excellente qualité tennistique de 4 h 47 de jeu. Il s'agit de la plus longue finale de l'histoire de Wimbledon[55],[56]. Ce match est considéré comme l'un des plus grands matchs de tennis de tous les temps, Federer qualifiera ce match de plus lourde défaite de sa carrière[57].

Après cela il perd d'entrée de tournoi à Toronto contre Gilles Simon[58] et en huitième à Cincinnati contre le géant Ivo Karlović (66-7, 6-4, 65-7)[59].

Puis il perd en quart de finale en simple aux Jeux olympiques de Pékin contre l'Américain James Blake en deux manches (4-6, 62-7)[60]. Mais en double, il remporte la médaille d'or avec son compatriote Stanislas Wawrinka, en battant la paire numéro une mondiale, Bob Bryan et Mike Bryan (7-66, 6-4) en demi-finale, et la paire suédoise Simon Aspelin et Thomas Johansson (6-3, 6-4, 67-7, 6-3) en finale[61]. Rafael Nadal remporte le tournoi olympique en simple et devient le nouveau no 1 mondial le 18 août, mettant ainsi fin à 237 semaines consécutives du Suisse[62].

Cependant en tant que tête de série numéro 2, Federer remporte notamment pour la 5e fois consécutive l'US Open (un record) en battant Andy Murray 6e mondial, (6-2, 7-5, 6-2) en finale[63],[64]. Après avoir battu le Russe Igor Andreev (65-7, 7-65, 6-3, 3-6, 6-3) au terme d'un match très accroché en huitième, ne passant pas loin de l'élimination[65]. Puis de la révélation du tournoi le Luxembourgeois Gilles Müller en quart alors 130e mondial, qu'il vainc sur le score de (7-65, 6-4, 7-65)[66] ; et surtout le no 3 mondial, Novak Djokovic en demi-finale (6-3, 5-7, 7-5, 6-2)[67], se qualifiant pour le coup à sa 17e finale de Grand Chelem, la cinquième consécutive à Flushing Meadows. Cette victoire lui permet de remporter son 13e titre du Grand Chelem et de se placer à une levée du record de Pete Sampras (14).

À l'occasion du début des tournois indoor au Masters de Madrid, Federer bat le record de gains en carrière de l'Américain Pete Sampras et devient ainsi le joueur le mieux payé de l'histoire du tennis[68], malgré sa défaite en demi-finale (6-3, 3-6, 5-7) contre le futur vainqueur, Andy Murray[69]. Il remporte enfin pour la troisième fois le tournoi de Bâle en battant David Nalbandian en finale (6-3, 6-4), le seul top 10[70].

À la Masters Cup en fin de saison[71] placé dans le groupe rouge, il est éliminé en poules alors qu'il avait enchaîné 5 finales consécutives les années précédentes, en perdant contre Gilles Simon (6-4, 4-6, 3-6)[72] et Andy Murray (6-4, 63-7, 5-7) dans deux matchs serrés en trois manches[73], et gagnant son unique match de poule contre Radek Štěpánek alors 27e mondial (en ayant profité des divers forfaits et abandons).

Il totalise en fin de saison seulement quatre titres dont trois en International Series, son plus faible total depuis 2002, et quatre finales toutes perdues face à Rafael Nadal.

2009 : Victoire à Roland-Garros, à Wimbledon, finaliste à l'Open d'Australie et à l'US Open, Grand Chelem en carrière et record de titres en Grand Chelem

Roger Federer à l'Open d'Australie en 2009.

Pour son premier tournoi officiel de l'année 2009, Roger Federer perd en demi-finale de l'Open de Doha contre Andy Murray (7-66, 2-6, 2-6 en 2 h 05)[75], après trois premiers tours tranquille.

Le Suisse tente ensuite d'obtenir son quatrième titre de l'Open d'Australie. Pour cela en tant que tête de série numéro 2, il avance tranquillement en huitième sans perdre une manche. Il éprouve beaucoup de mal contre le Tchèque Tomáš Berdych alors 21e mondial, tentant complètement sa chance en menant deux manche à rien mais Federer remonte et conclut le match (4-6, 64-7, 6-4, 6-4, 6-2) en profitant des erreurs de son adversaire[76]. Il pulvérise en quart de finale, le 6e mondial Juan Martín del Potro, (6-3, 6-0, 6-0) en se rassurant sur son jeu et la suite du tournoi[77]. Le même tarif en trois manches pour le 9e mondial, l'Américain Andy Roddick (6-2, 7-5, 7-5) en 2 h 07 et ainsi se qualifier pour sa 4e finale à Melbourne[78]. Mais il est défait en finale par le no 1 mondial Rafael Nadal et son plus grand rival, au terme d'un match de cinq sets (5-7, 6-3, 63-7, 6-3, 2-6 en 4 h 23) d'un combat âpre et tendu[79]. Une défaite qui lui fera très mal, au point d'en pleurer[80],[81].

Il renonce ensuite à disputer l'Open de Dubaï et le premier tour de Coupe Davis en raison de problèmes récurrents de dos[82].

Au Masters d'Indian Wells, il passe les têtes de séries Ivo Karlović (7-64, 6-3), Fernando González (6-3, 5-7, 6-2) et Fernando Verdasco (6-3, 7-65) pour arriver dans le dernier carré[83]. Il échoue en demi-finale contre Murray (3-6, 6-4, 1-6 en 1 h 48)[84], ce qui représente sa quatrième défaite consécutive face à l'Écossais[85]. La semaine suivante, il perd de nouveau en demi-finale du Masters de Miami contre le Serbe Novak Djokovic (6-3, 2-6, 3-6 en 1 h 46)[86],[87], après avoir battu au tour précédent l'Américain Andy Roddick (6-3, 4-6, 6-4)[88].

Plus tard, avec le début de la terre battue, Federer s'incline en huitième de finale du Masters de Monte-Carlo devant son compatriote Stanislas Wawrinka en deux sets (4-6, 5-7 en 1 h 50)[89]. Avant ce tournoi, Federer se marie avec Mirka dans la plus stricte intimité où tout le monde a été surpris, même son compatriote de double et vainqueur des JO 2008 Stanislas Wawrinka qui n’était même pas au courant, et à la surprise demande une wild card à la plus grande satisfaction des organisateurs[90]. Il est défait une fois de plus par Djokovic en demi-finale du Masters de Rome (6-4, 3-6, 3-6 en 2 h 11)[91]. Il décide la semaine suivante de ne pas participer à l'Open d'Estoril dont il est pourtant le tenant du titre. Il remporte par la suite le Masters de Madrid en battant Nadal en finale (6-4, 6-4 en 1 h 26), fatigué de son combat de quatre heures la veille[92],[93], mettant fin à une série de cinq défaites consécutives face à l'Espagnol[92] et une série noire sans titre en Masters 1000 depuis le Masters de Cincinnati 2007. Et en ayant écarté sur son chemin : Robin Söderling (6-1, 7-5), les Américains James Blake (6-2, 6-4) et en quart de finale, le 6e mondial Andy Roddick, (7-5, 65-7, 6-1) dans un match accroché[94], et enfin du 5e mondial Juan Martín del Potro, (6-3, 6-4)[95].

Roger Federer à Roland-Garros en 2009.

Le 7 juin, il triomphe enfin à Roland-Garros, seul tournoi du Grand Chelem qui manquait à son palmarès. En atteignant la finale (la quatrième consécutive à Paris), il égale le record d'Ivan Lendl puisqu'il atteint sa dix-neuvième finale de Grand Chelem[96]. Durant celle-ci, il bat Robin Söderling 25e mondial, tombeur de Nadal en huitième de finale, en trois manches (6-1, 7-61, 6-4 en 1 h 55)[97],[98], et ce malgré l'agitation causée par Jimmy Jump[99] ainsi que quelques matchs difficiles. Il a ainsi concédé six sets au cours du tournoi, un contre l'Argentin José Acasuso au second tour, Paul-Henri Mathieu au troisième, puis l'Allemand Tommy Haas 63e mondial, alors mené deux manches à rien et même 64-7, 5-7, 3-4, il réussi un come-back sur ce match (64-7, 5-7, 6-4, 6-0, 6-2)[100]. Puis passant plus facilement pour atteindre le dernier carré, contre le Français Gaël Monfils 10e mondial, (7-66, 6-2, 6-4)[101]. Et enfin deux autres, les derniers, en demi-finale face à l'Argentin Juan Martín del Potro, 5e mondial (3-6, 7-62, 2-6, 6-1, 6-4 en 3 h 29)[102].

Il égale donc deux records : le nombre de victoires en Grand Chelem (quatorze, détenu jusqu'alors exclusivement par Pete Sampras), et le fait d'avoir accompli le Grand Chelem en carrière sur quatre surfaces différentes (que seul Andre Agassi avait réalisé dans l'ère Open)[103],[104].

Il est à noter qu'il a diminué cette saison sa préparation sur terre battue : il n'a ainsi pas participé à l'Open d'Estoril dont il était tenant du titre, et ne devait à l'origine pas non plus prendre part aux Masters de Monte-Carlo[105].

Il commence le tournoi de Wimbledon, après avoir fait l'impasse sur le tournoi de Halle, pour récupérer mentalement et physiquement de sa victoire à Roland-Garros. Il est à noter qu'il n'avait pas participé non plus à l'édition 2007 du tournoi de Halle, et qu'il avait gagné par la suite Wimbledon. Après trois premiers tours gagnés aisément[106]. Il s'impose en trois sets successivement face à Söderling 12e mondial, (6-4, 7-65, 7-65 en 1 h 59)[107], puis en quart de finale d'Ivo Karlović 36e mondial, (6-3, 7-5, 7-63 en 1 h 43)[108], et enfin Tommy Haas 34e mondial, (7-63, 7-5, 6-3 en 2 h 03)[109], disputant sa 20e finale de Grand Chelem. Le Suisse bat en finale l'Américain Andy Roddick 6e mondial, au terme d'un cinquième set parmi les plus longs de l'histoire du tennis (16-14) (5-7, 7-66, 7-65, 3-6, 16-14 en 4 h 16)[110], après par exemple celui de John Isner contre Nicolas Mahut (70-68) ou encore Roddick contre le Marocain Younès El Aynaoui (21-19). Roger Federer devance ainsi Sampras en tête du classement du nombre de tournois du Grand Chelem remportés et retrouve par la même occasion sa place de no 1 mondial[111],[112].

À la suite d'une pause de un mois durant laquelle il a vu la naissance de ses jumelles[113], Federer revient à la compétition le 11 août à l'occasion du Masters du Canada, à Montréal. Il s'incline en quart de finale face au Français Jo-Wilfried Tsonga, après avoir pourtant mené 5-1 dans le troisième set (65-7, 6-1, 63-7 en 2 h 19)[114]. Plus tard, il remporte le Masters de Cincinnati en dominant Novak Djokovic en deux sets en finale (6-1, 7-5 en 2 h 07)[115], après avoir battu Murray en demi-finale (6-2, 7-68 en 1 h 30)[116], mettant fin à une série de quatre défaites consécutives contre ce dernier. Et ayant battu également David Ferrer en trois set et Lleyton Hewitt (6-3, 6-4) en quart[117], en 1 h 10 et enregistrant sa 200e victoire de sa carrière en tournoi Masters.

Roger Federer au tournoi de Wimbledon en 2009.

Il commence par la suite le dernier Grand Chelem de l'année, l'US Open. Il gagne aisément ses deux premiers tours contre le jeune Américain Devin Britton (6-1, 6-3, 7-5 en 1 h 28)[118] et l'Allemand Simon Greul (6-3, 7-5, 7-5 en 1 h 58)[119]. Il se défait ensuite de Lleyton Hewitt en quatre sets (4-6, 6-3, 7-5, 6-4 en 2 h 33)[120] et obtient une place en quart de finale en battant Tommy Robredo (7-5, 6-2, 6-2 en 1 h 48)[121]. Lors du match suivant, il domine le Suédois Robin Söderling (6-0, 6-3, 66-7, 7-66 en 2 h 33). Sa victoire sur ce dernier lui permet d'atteindre sa vingt-deuxième demi-finale en Grand Chelem[122]. Peu après, il s'impose face au no 4 mondial Novak Djokovic en trois manches (7-63, 7-5, 7-5 en 2 h 34)[123],[124]. En finale, à la suite d'un long match de cinq sets, Federer s'incline devant del Potro 6e mondial, (6-3, 65-7, 6-4, 64-7, 2-6 en 4 h 06)[125]. Cette défaite met fin à une série de cinq titres remportés d'affilée à l'US Open pour le Suisse[125],[126].

Durant les barrages de la Coupe Davis, l'équipe de Suisse affronte celle de l'Italie : les victoires en simple de Roger Federer sur Simone Bolelli (6-3, 6-4, 6-1) et Potito Starace (6-3, 6-0, 6-4) permettent à la Suisse de rester dans le groupe mondial. Celui-ci annonce ensuite qu'il ne participera pas aux tournois du Japon et de Shanghai afin de récupérer physiquement[127].

Il atteint plus tard la finale de « son » tournoi à Bâle où il est défait par Djokovic (4-6, 6-4, 2-6 en 2 h 11)[128], après avoir sorti son compatriote et ami d'enfance Marco Chiudinelli lors des demi-finales (7-67, 6-3 en 1 h 25)[129]. Au deuxième tour du Masters de Paris-Bercy, le no 1 mondial se fait éliminer dès son entrée en lice par le 49e joueur mondial, Julien Benneteau (6-3, 64-7, 4-6 en 1 h 55)[130].

Pendant le Masters disputés à Londres placé dans le groupe A, il remporte une victoire face à Fernando Verdasco au terme d'un match durant lequel il aurait perdu s'il ne s'était pas imposé in extremis dans le deuxième set (4-6, 7-5, 6-1 en 2 h)[131]. Pour son second match, le Suisse vient à bout du no 4 mondial Andy Murray (3-6, 6-3, 6-1 en 1 h 58)[132]. Il s'assure par la même occasion de terminer cette saison en tant que leader du classement technique ATP en simple[132], et devient de fait le deuxième homme de l'Histoire à reprendre, après l'avoir effectivement perdue, sa place de no 1 mondial en fin d'année depuis Lendl (en 1987 et 1989). Peu après, Federer ne parvient pas à battre del Potro lors de son troisième match de poule (2-6, 7-65, 3-6 en 2 h 07), mais il dispute tout de même sa septième demi-finale au Masters[133]. Il est néanmoins stoppé aux portes de la finale, s'inclinant pour la première fois en treize confrontations face au Russe Nikolay Davydenko 7e mondial, (2-6, 6-4, 5-7 en 1 h 56)[134].

En décembre, il obtient le titre de meilleur joueur de tennis de la décennie[135].

2010 : 16e titre en Grand Chelem à l'Open d'Australie et 5e Masters Cup

Roger Federer à l'Open d'Australie en 2010.

De même qu'en 2009, il entame sa saison par le tournoi d'exhibition d'Abou Dabi, mais il échoue de nouveau puisqu'il est éliminé d'entrée par Robin Söderling (7-66, 61-7, 2-6) alors qu'il l'avait battu lors de leurs douze premières confrontations. Le Suédois s'incline en finale devant Rafael Nadal (7-6, 7-5)[136] en deux sets tandis que Federer remporte le match pour la troisième place face à David Ferrer (6-1, 7-5).

Le Suisse enchaîne par un tournoi, cette fois officiel, l'Open de Doha. Après des débuts encourageants qui voient des victoires sur Christophe Rochus (6-1, 6-2 en 57 min)[137], Evgeny Korolev (6-2, 6-4 en 1 h 04)[137] et Ernests Gulbis (6-2, 4-6, 6-4 en 1 h 47)[137], le Suisse perd en demi-finale contre Nikolay Davydenko (6-4, 6-4 en 1 h 21)[138]. Il signe là sa deuxième défaite consécutive face au Russe, qui l'avait également dominé au Masters de Londres 2009[134].

Lors de l'Open d'Australie, Federer s'impose en finale contre le Britannique Andy Murray 4e mondial, en trois sets (6-3, 6-4, 7-611 en 2 h 41)[139],[140]. En ayant eu sur son parcours en tant que tête de série no 1, le Russe Igor Andreev dans un match compliqué qu'il se sort en quatre manche (4-6, 6-2, 7-62, 6-0)[141], puis gérant plus facilement ses trois matchs suivant en trois set sec contre Victor Hănescu, Albert Montañés et la tête de série numéro 22, Lleyton Hewitt et se qualifier pour les quarts de finales[142]. Il affronte un autre Russe, le 6e mondial Nikolay Davydenko, qu'il vainc (2-6, 6-3, 6-0, 7-5) après un set de rodage[143]. Il affronte en demi-finale le Français Jo-Wilfried Tsonga 10e mondial, tombeur de Djokovic au tour précédent, et le bat en trois manches (6-2, 6-3, 6-2 en 1 h 28)[144]. Il bat Murray en finale sur le score de 6-3, 6-4, 7-611, portant ainsi à seize son record de titres en Grand Chelem[145].

Contraint ensuite de renoncer à sa participation pour l'Open de Dubaï en raison d'une infection pulmonaire[146], il fait son retour en mars lors du Masters d'Indian Wells. Le no 1 mondial est éliminé au troisième tour par le Chypriote Márcos Baghdatís en trois manches accrochées, après s'être toutefois procuré trois balles de match, deux dans le deuxième set et une dans le troisième. Ayant gagné ses six face-à-face précédents contre Baghdatís, cette défaite du Suisse est donc la première face à cet adversaire (7-5, 5-7, 64-7 en 2 h 22)[147]. Une semaine et demie plus tard, Federer s'impose lors de ses deux premiers matchs de l'édition 2010 du Masters de Miami, respectivement face à Nicolás Lapentti (6-3, 6-3 en 1 h 07) puis Florent Serra (7-62, 7-63 en 1 h 32)[137]. Le Suisse s'incline cependant également au troisième tour face à Tomáš Berdych en trois sets serrés, après avoir pourtant obtenu une balle de match à 6-5 (4-6, 7-63, 66-7 en 2 h 52)[148].

Roger Federer avec Manuel Santana au Masters de Madrid en 2010.

Contrairement aux autres années, il ne participe pas au Masters de Monte-Carlo, tournoi non obligatoire pour les membres du Top 10, afin de se préparer pour défendre son titre à Roland-Garros[149]. Au Masters de Rome, il perd dès son entrée en lice contre le Letton Gulbis après un match en trois sets (6-2, 1-6, 5-7 en 2 h 03)[137],[150]. Toujours présent en double, associé à son compatriote Yves Allegro, il est finalement éliminé par les Américains John Isner et Sam Querrey en quart de finale (4-6, 4-6)[151]. La semaine suivante, à l'Open d'Estoril, il s'incline en demi-finale du tournoi contre le tenant du titre, l'Espagnol Albert Montañés (2-6, 65-7 en 1 h 22)[152]. Au Masters de Madrid, il s'impose contre l'Allemand Benjamin Becker (6-2, 7-64 en 1 h 22)[137] puis contre son ami Stanislas Wawrinka (6-3, 6-1 en 1 h 09)[137]. Il enchaîne par deux victoires contre Ernests Gulbis (3-6, 6-1, 6-4 en 1 h 53)[137] et David Ferrer qui lui permettent de rejoindre Rafael Nadal en finale (7-5, 3-6, 6-3 en 2 h 06)[153]. Les deux joueurs ne s'étaient pas rencontrés depuis la finale de ce même tournoi en 2009. Il perd cette finale sur le score de 4-6, 65-7, manquant la balle de match à la suite d'un faux rebond (4-6, 65-7 en 2 h 11)[154].

Roger Federer à Roland-Garros en 2010.

À Roland-Garros, après avoir pourtant battu sans concéder de set Peter Luczak (6-4, 6-1, 6-2 en 1 h 48)[155], Alejandro Falla (7-64, 6-2, 6-4 en 2 h)[156], Julian Reister (6-4, 6-0, 6-4 en 1 h 33)[157] puis son compatriote Stanislas Wawrinka (6-3, 7-65, 6-2 en 1 h 56)[158], le 1er juin, il s'incline pour la première fois de sa carrière devant la 7e mondial, Robin Söderling en quart de finale ; ce dernier met fin à sa série de vingt-trois demi-finales consécutives en Grand Chelem (6-3, 3-6, 5-7, 4-6 en 2 h 30)[159]. Rafael Nadal ayant à nouveau remporté Roland-Garros, le Suisse cède sa place de no 1 mondial à l'Espagnol[160]. Par ailleurs, c'est la première fois depuis 2004 que Federer se fait éliminer d'un tournoi du Grand Chelem par un joueur autre que le futur vainqueur.

Le nouveau no 2 mondial enchaîne ensuite par l'un des premiers tournois sur gazon de cette saison, l'Open de Halle. À la suite de ses victoires successives face à Jarkko Nieminen (6-4, 6-4 en 1 h 04)[161], Alejandro Falla (6-1, 6-2 en 52 min)[162], Philipp Kohlschreiber (7-5, 6-3 en 1 h 08)[163] (finaliste de ce même tournoi en 2008[164]) et Philipp Petzschner (7-63, 6-4 en 1 h 32)[165], il parvient à se hisser jusqu'en finale où il est opposé à Lleyton Hewitt. L'Australien remporte le titre après un match de trois sets durant lequel Federer a mis plusieurs aces mais a aussi commis de nombreuses fautes directes (6-3, 64-7, 4-6 en 2 h 22)[166]. Le Suisse ne s'impose donc pas une sixième fois à Halle (Westf.).

Pendant le tournoi de Wimbledon, il s'impose en manquant de se faire éliminer dès le premier tour par Alejandro Falla (5-7, 4-6, 6-4, 7-61, 6-0 en 3 h 18)[167]. Au deuxième tour, il remporte difficilement son match face à Ilija Bozoljac (6-3, 64-7, 6-4, 7-65 en 2 h 46)[168]. Ayant haussé son niveau de jeu, il gagne aisément contre Arnaud Clément (6-2, 6-4, 6-2 en 1 h 35)[169] puis Jürgen Melzer (6-3, 6-2, 6-3 en 1 h 24)[170]. Finalement, il s'incline dès le stade des quarts de finale face à au 13e mondial, Tomáš Berdych (4-6, 6-3, 1-6, 4-6 en 2 h 35), futur finaliste. Federer n'est donc pas présent en finale pour la première fois depuis 2002[171],[172]. Cette défaite prématurée, couplée à la qualification pour les demi-finales du Serbe Novak Djokovic, lui fait perdre sa place de no 2 mondial le lundi suivant[173]. C'est aussi la première fois depuis novembre 2003, soit près de sept ans, que le Suisse n'occupe pas l'une des deux premières places mondiales au classement ATP.

Roger Federer au Masters du Canada en 2010.

Épaulé d'un nouvel entraîneur, Paul Annacone[174], il atteint la finale du Masters du Canada en vainquant difficilement le 7e mondial, Tomáš Berdych (6-3, 5-7, 7-65 en 2 h 41)[175] et Novak Djokovic 2e mondial, (6-1, 3-6, 7-5 en 2 h 22). Grâce à cette performance, il redevient no 2 mondial à l'issue du tournoi[176]. Cependant le Suisse échoue toutefois à remporter son premier Masters 1000 de la saison en s'inclinant en finale contre Andy Murray 4e mondial (5-7, 5-7 en 2 h 05)[177], qui signe ainsi sa septième victoire contre le Suisse en douze confrontations.

Il enchaîne alors par le Masters de Cincinnati dont il est le tenant du titre. Après deux premiers tours où il bénéficie de l'abandon de Denis Istomin (5-2 ab. en 36 min) et du forfait de Philipp Kohlschreiber[178], il bat coup sur coup la 6e mondial, Nikolay Davydenko (6-4, 7-5 en 1 h 39)[179] et Márcos Baghdatís (6-4, 6-3 en 1 h 11)[180] pour ensuite s'imposer en finale face à l'Américain Mardy Fish (65-7, 7-61, 6-4 en 2 h 40). Il remporte ainsi son deuxième titre de la saison, portant son nombre de Masters 1000 gagnés à dix-sept. Il rejoint aussi Björn Borg dans le nombre de titres obtenus sur le circuit (63 victoires)[181].

Roger Federer à l'US Open en 2010.

À l'US Open, Federer arrive jusqu'en demi-finale sans difficulté. Il bat notamment Robin Söderling 5e mondial, en quart de finale (6-4, 6-4, 7-5) en presque deux heures, alors que ce dernier avait remporté leur dernière confrontation à Roland-Garros[182]. Il retrouve par la suite Novak Djokovic 3e mondial, qui le bat en cinq sets (7-5, 1-6, 7-5, 2-6, 5-7) en 3 h 44. Lors de ce match, Federer manque deux balles de match alors qu'il menait 5-4 dans le cinquième set. Notons qu'il ne s'était jamais incliné face au Serbe lors du Grand Chelem américain[183]. Pour la première fois depuis 2003, il n'est donc pas présent en finale à New York. Par ailleurs, à cause de cette défaite, le Suisse se retrouve de nouveau à la troisième place mondiale[184] derrière Rafael Nadal et Novak Djokovic, et ne peut plus redevenir no 1 avant au moins 2011[185].

Après un mois de repos, il participe au Masters de Shanghai mais perd en finale contre le no 4 mondial Andy Murray (3-6, 2-6)[186],[187]. Il signe là sa huitième défaite en treize confrontations contre le Britannique mais a réussi un bon parcours en battant notamment le 5e mondial Robin Söderling (6-1, 6-1) et le 2e mondial Novak Djokovic en deux sets (7-5, 6-4), reprenant à ce dernier la place de numéro 2 mondial[188],[189].

La semaine suivante, il dispute le tournoi de Stockholm, qu'il remporte en s'imposant en finale face à l'Allemand Florian Mayer. C'est le 64e titre de sa carrière : il égale ainsi Pete Sampras. En outre, durant ce tournoi, il joue le 900e match de sa carrière lors de sa rencontre contre Taylor Dent en huitièmes de finale[190].

Début novembre, il remporte l'Open de Bâle en s'imposant contre Novak Djokovic 3e mondial, tenant du titre, en finale (6-4, 3-6, 6-1) en 1 h 51 et d'avoir battu au tour précédent la 9e mondial, Andy Roddick[191]. Cette victoire lui assure de rester numéro 2 mondial jusqu'à la fin de la saison 2010[192].

Il participe la semaine suivante au Masters de Paris-Bercy[193], où il s'incline en demi-finale contre le Français Gaël Monfils (67-7, 7-61, 64-7) après avoir manqué 5 balles de match[194]. Il avait l'occasion en cas de victoire de devenir le premier joueur de l'histoire à atteindre la finale de tous les Masters 1000[195].

Roger Federer face à Rafael Nadal lors du Masters de 2010.

Malgré sa chute à la seconde place mondiale, il reste populaire puisqu'il reçoit le 23 novembre 2010 lors de la Masters Cup le prix Favori des Fans pour la huitième année consécutive en surclassant d'une courte tête Rafael Nadal par 47 % des voix contre 42 %[196],[197]. Il perd néanmoins pour la première fois en six ans le prix Stefan Edberg Sportsmanship Award du joueur le plus intègre, fair-play et professionnel, ainsi que le prix du Joueur de l'année, tous deux au profit de l'Espagnol. Contrairement au prix Favori des Fans qui prend en compte les votes des internautes du site officiel de l'ATP, le prix Stefan Edberg Sportsmanship Award prend en compte les votes des autres joueurs du circuit, le prix du Joueur de l'année étant attribué automatiquement au no 1 mondial.

Sur le plan purement sportif, il réussit son entrée à la Masters Cup en remportant ses trois matchs de poule (groupe B) contre David Ferrer (6-1, 6-4) en 1 h 27, Andy Murray (6-4, 6-2) en 1 h 16 et Robin Söderling (7-65, 6-3) en 1 h 28 dominant complètement sa poule[198]. Puis pour sa demi-finale contre Novak Djokovic 3e mondial, gagnée (6-1, 6-4) en seulement 1 h 20 de jeu[199]. Il se qualifie ainsi pour la finale, qu'il gagne face au no 1 mondial, Rafael Nadal (6-3, 3-6, 6-1) en 1 h 37 ne perdant qu'un set au cours de cette Masters Cup[200],[201]. Il a, lors de ce tournoi, proposé un jeu très basé sur l'offensive, n'hésitant pas à prendre le jeu à son compte, comme face à Novak Djokovic et Rafael Nadal. Il rejoint au palmarès Ivan Lendl et Pete Sampras avec cette cinquième victoire.

Il finit l'année au deuxième rang mondial avec 5 titres (Open d'Australie, Cincinnati, Stockholm, Bâle, Masters Cup), soit son meilleur total depuis la saison 2007. Il compte cependant plus de 3 000 points de retard sur le no 1 mondial, Rafael Nadal. Une statistique alarmante pour Federer en cette année 2010 démontre que sa domination n'est plus ce qu'elle était : pour la première fois depuis bien longtemps, il s'incline en Grand Chelem et à deux reprises - vaincu par Söderling à Roland-Garros, face à Berdych à Wimbledon - face à un joueur qui n'est pas le futur vainqueur du tournoi. Cela ne lui était plus arrivé depuis Roland-Garros 2004 : le Suisse a été vaincu à l'époque par Kuerten, qui s'est incliné en quarts de finale. Il se montre également moins tranchant lorsqu'il domine un match avec quatre défaites sur les 10 enregistrées dans l'année dans des matchs où il a pourtant au moins une balle de match.

# Année Tournoi, lieu Tour Surface Joueur Score Tableau Balles
1 2010 Masters d'Indian Wells, Indian Wells 1/16 Dur Drapeau : Chypre Márcos Baghdatís 7-5, 5-7, 64-7 Tableau 3
2 2010 Masters de Miami, Key Biscayne 1/8 Dur Drapeau : République tchèque Tomáš Berdych 4-6, 7-63, 66-7 Tableau 1
3 2010 US Open, New York Demi Dur Drapeau : Serbie Novak Djokovic 7-5, 1-6, 7-5, 2-6, 5-7 Tableau 2
4 2010 Masters de Paris-Bercy, Paris Demi Dur indoor Drapeau : France Gaël Monfils 67-7, 7-61, 64-7 Tableau 5

2011 : Finale à Roland-Garros, 6e Masters Cup, bilan de la saison mitigé

Comme en 2010, Roger Federer entame sa saison par le tournoi d'exhibition d'Abu Dhabi, tournoi à l'issue duquel il s'incline en finale face à Rafael Nadal en deux sets très disputés (7-64, 7-63), après avoir pourtant résisté à Robin Söderling en demi-finale (63-7, 6-3, 6-3).

Pour son premier match officiel de l'année, il se qualifie pour les huitièmes de finale de l'Open de Doha en éliminant difficilement Thomas Schoorel (7-63, 6-3), un joueur alors classé 170e mondial et n'ayant pas remporté le moindre match sur le circuit principal. Néanmoins, il parvient par la suite à se hisser en finale et à remporter le soixante-septième titre de sa carrière contre Nikolay Davydenko (6-3, 6-4).

Tenant du titre à Melbourne, il démarre son Open d'Australie par une belle victoire au premier tour, face à Lukáš Lacko en trois manches sèches (6-1, 6-1, 6-3). Au deuxième tour, il a plus de mal pour battre Gilles Simon en cinq sets (6-2, 6-3, 4-6, 4-6, 6-3) malgré cinq balles de match. Il dispose du Français pour la première fois en trois confrontations. Au troisième tour, il affronte le Belge Xavier Malisse, qu'il défait en trois sets (6-3, 6-3, 6-1). Grâce à cette victoire, il bat un nouveau record en devenant le joueur ayant gagné le plus de matchs à l'Open d'Australie avec 57 victoires, dépassant les 56 victoires de Stefan Edberg. Il valide son billet pour les quarts en battant Tommy Robredo en quatre sets (6-3, 3-6, 6-3, 6-2) et égale ainsi le record de vingt-sept quarts de finales consécutifs en Grand Chelem détenu par Jimmy Connors[202]. Il rallie sa huitième demi-finale consécutive en Australie, à la suite d'un match rempli de maîtrise l'opposant à son ami Stanislas Wawrinka, qui n'avait perdu aucun set jusqu'ici (6-1, 6-3, 6-3). Sa route se termine en demi-finale contre Novak Djokovic (7-63, 7-5, 6-4), futur champion de cette édition. C'est la première fois depuis 2003 que le Suisse ne détient plus aucun titre du Grand Chelem.

Il participe ensuite à l'Open de Dubaï, où après des succès logiques sur Somdev Devvarman (6-3, 6-3), Marcel Granollers (6-3, 6-4), Serhiy Stakhovsky (6-3, 6-4) et Richard Gasquet (6-2, 7-5), il s'incline en finale contre le double tenant du titre, Novak Djokovic, en deux sets secs (6-3, 6-3). C'est sa deuxième défaite consécutive contre le Serbe après l'Open d'Australie.

Au Masters d'Indian Wells, Roger Federer atteint les demi-finales sans perdre le moindre set à la suite de victoires sur Igor Andreev (7-5, 7-64), Juan Ignacio Chela (6-0, 6-2), Ryan Harrison (7-64, 6-3) et Stanislas Wawrinka (6-3, 6-4). Mais il échoue de nouveau face à Novak Djokovic (6-3, 3-6, 6-2), pour la troisième fois consécutive. Cette défaite entraîne la perte de sa deuxième place mondiale au profit du joueur serbe.

Ensuite, Federer joue le Masters de Miami et commence par une victoire probante sur Radek Štěpánek (6-3, 6-3). Ce succès marque la 762e victoire de sa carrière, Federer égale ainsi Pete Sampras au classement des joueurs ayant gagné le plus de matchs en carrière[203]. Il se qualifie avec brio pour les demi-finales en battant coup sur coup Juan Mónaco (7-64, 6-4), Olivier Rochus (6-3, 6-1) et Gilles Simon sur abandon (3-0, ab.), mais il échoue ensuite nettement face à Rafael Nadal (6-3, 6-2). C'est sa quinzième défaite face à lui en 23 confrontations.

Ayant inscrit quelques semaines à l'avance le Masters de Monte-Carlo à son calendrier, il lance sa saison sur terre battue sur le rocher monégasque, sur lequel il avait atteint la finale à trois reprises (2006, 2007 et 2008). Federer démarre bien en prenant le meilleur sur Philipp Kohlschreiber (6-2, 6-1) et Marin Čilić (6-4, 6-3), mais s'incline en quart de finale face à Jürgen Melzer (6-4, 6-4) pour la première fois en quatre confrontations.

Après deux semaines de repos, Federer participe au Masters de Madrid où il commence par un match très accroché face à Feliciano López contre lequel il doit sauver une balle de match. Il s'impose (7-613, 61-7, 7-67). En huitièmes de finale, il se défait plus simplement de Xavier Malisse (6-4, 6-3). En quart de finale, il retrouve Robin Söderling et remporte le match (7-62, 6-4). En demi-finale, il perd une nouvelle fois face à Rafael Nadal (5-7, 6-1, 6-3).

Roger Federer à Roland-Garros en 2011.

Au Masters de Rome, il démarre en l'emportant nettement face à Jo-Wilfried Tsonga (6-4, 6-2) mais s'incline en huitièmes de finale contre Richard Gasquet (4-6, 7-62, 7-64) dans un match qui sera élu comme le cinquième plus beau match du circuit ATP de l'année 2011[204].

Pour la première fois depuis dix ans, il se prépare pour les Internationaux de France de tennis sans avoir atteint la moindre finale en Grand Chelem et en Masters 1000.

À Roland-Garros, lors de son entrée en lice, Roger Federer vient à bout de Feliciano López (6-3, 6-4, 7-63) et de Maxime Teixera (6-3, 6-0, 6-2). Il rallie ensuite les huitièmes de finale en battant d'abord facilement Janko Tipsarević (6-1, 6-4, 6-3), puis son compatriote Stanislas Wawrinka pour une place en quarts de finale (6-3, 6-2, 7-5). Il bat ensuite assez aisément Gaël Monfils en trois sets (6-4, 6-3, 7-63), obtenant ainsi sa qualification en demi-finale, contre Novak Djokovic. Lors d'un match de très haut niveau, il réalise une grosse performance en venant à bout du Serbe qui était invaincu depuis le début de la saison. Il remporte le match en quatre manches (7-65, 6-3, 3-6, 7-65), sauvant au passage deux balles de premier set. Le lendemain, la majorité des journaux sportifs parlent de cette demi-finale comme l'un des plus beaux matchs jamais joué dans l'histoire de Roland-Garros, considérant que Federer avait prouvé, à près de 30 ans, qu'il restait l'un des plus grands joueurs de l'histoire du tennis, et sans doute l'un des ultimes joueurs à pouvoir élever son jeu à un tel niveau d'excellence[205]. Ce match, qualifié d'anthologique, est l'un des plus beaux matchs de l'année[205].

Federer se qualifie donc pour la 23e finale en Grand Chelem de sa carrière (un record), la huitième contre Rafael Nadal (autre record). Pour la première fois depuis le début de leurs duels sur terre battue, la victoire du Suisse semble possible, tant son match précédent a marqué les esprits. Mais après avoir mené 5-2 et manqué une balle de premier set, Federer commet de plus en plus de fautes directes (56 sur le match contre 27 pour l'Espagnol) et s'incline en quatre sets, longs au total de 3 h 40 (7-5, 7-63, 5-7, 6-1), pour la quatrième fois contre son rival historique en finale de Roland-Garros. C'est sa 17e défaite en vingt-cinq confrontations contre Rafael Nadal et la onzième en treize confrontations sur terre battue.

À la suite de cette défaite, le Suisse déclare forfait pour l'Open de Halle, son traditionnel tournoi de préparation à Wimbledon, pour cause de douleurs à l'aine[206]. Il n'honore pas son contrat à vie signé avec les organisateurs un an plus tôt.

Pour son entrée en lice à Wimbledon, il offre un match tout en maîtrise face à Mikhail Kukushkin sur le Court Central (7-62, 6-4, 6-2). Au deuxième tour, il se défait facilement de Adrian Mannarino en trois sets (6-2, 6-3, 6-2). Il rallie les huitièmes de finale en dominant largement une vieille connaissance, David Nalbandian (6-4, 6-2, 6-4). Il se qualifie ensuite pour les quarts de finale en battant Mikhail Youzhny après la perte de la première manche (65-7, 6-3, 6-3, 6-3), mais s'incline finalement face à Jo-Wilfried Tsonga en cinq sets (3-6, 63-7, 6-4, 6-4, 6-4). C'est la deuxième fois en deux ans qu'il n'atteint pas le dernier carré du célèbre tournoi londonien et la première fois en 178 matchs de Grand Chelem qu'il perd un match en cinq sets en ayant remporté les deux premiers[207]. Il n'égale donc pas encore cette année le record de sept titres remportés par Pete Sampras à Wimbledon.

Lors du Masters du Canada, étape de sa préparation à l'US Open, il passe le premier tour sans difficulté contre Vasek Pospisil (7-5, 6-3) mais il est battu au deuxième tour par Jo-Wilfried Tsonga (7-6, 4-6, 6-1). Une fois encore, le Suisse s'incline devant le Français. Au Masters de Cincinnati, il bat Juan Martín del Potro (6-3, 7-5) pour affronter au deuxième tour James Blake, qu'il bat en deux sets (6-4, 6-1) et il rejoint Tomáš Berdych en quart, où il est à son tour battu (6-2, 7-6).

À l'aube du Grand Chelem new-yorkais, si la saison de Federer n'est pas à la hauteur de ses espérances, il peut néanmoins se targuer d'être le seul (avec Andy Murray, mais celui-ci sur abandon) à avoir fait chuter Novak Djokovic et, qui plus est, dans un tournoi du Grand Chelem.

Numéro trois mondial, Roger Federer commence son US Open par deux succès probants face à Santiago Giraldo (6-4, 6-3, 6-2) et Dudi Sela (6-3, 6-2, 6-2). Au troisième tour, il se défait plus difficilement de Marin Čilić, en concédant le deuxième set (6-3, 4-6, 6-4, 6-2). Il atteint facilement son 30e quart de finale consécutif (record) en battant Juan Mónaco en trois sets (6-1, 6-2, 6-0), pour rencontrer encore une fois Jo-Wilfried Tsonga, qu'il bat cette fois facilement, en trois sets (6-4, 6-3, 6-3). Il est alors opposé à Novak Djokovic en demi-finale. Le Serbe l'emporte (6-7, 4-6, 6-3, 6-2, 7-5), alors que Federer a pourtant mené deux sets à rien et s'est procuré deux balles de match dans la dernière manche. C'est un scénario quasi-identique à 2010, dans le même tournoi, également en demi-finale. C'est aussi la deuxième fois consécutive que Federer perd un match de Grand Chelem en menant deux sets à zéro après sa défaite face à Jo-Wilfried Tsonga en quart de finale de Wimbledon. Le Suisse n'a pas caché sa déception à l'issue du match. C'est en effet la première fois depuis 2002 qu'il termine une saison sans aucun titre du Grand Chelem.

Le 17 octobre, à la suite de la victoire d'Andy Murray au Masters de Shanghai, Federer perd sa place de no 3 au profit de l'Écossais et glisse au quatrième rang mondial. C'est la première fois depuis juillet 2003 qu'il quitte le podium mondial.

Il participe ensuite à l'Open de Bâle, où il est tenant du titre. Il parvient assez facilement en finale, où il bat Kei Nishikori, tombeur de Novak Djokovic en demi-finale, (6-1, 6-3). Il s'agit de la cinquième victoire de Federer à Bâle. C'est également le 68e titre de sa carrière.

Il enchaîne avec le Masters de Paris-Bercy. Il bat successivement Adrian Mannarino, Richard Gasquet puis l'Argentin Juan Mónaco, enregistrant contre ce dernier sa 800e victoire sur le circuit ATP. En demi-finale, il se défait de Tomáš Berdych et se qualifie pour sa première finale à Bercy. Il devient ainsi le premier joueur de l'histoire à avoir atteint la finale de chaque tournoi majeur du circuit (Grand Chelem, Masters et Masters 1000). Il s'impose en finale face à Jo-Wilfried Tsonga (6-1, 7-6), remportant son 69e titre, et devient le deuxième joueur après Andre Agassi à avoir remporté les deux tournois parisiens (Bercy et Roland-Garros).

Tenant du titre à la Masters Cup regroupant à Londres les huit meilleurs joueurs de l'année, Federer peut battre le record de victoires dans ce tournoi, qu'il codétient avec Lendl et Sampras (5 titres chacun). Le Suisse, tête de série numéro quatre, est placé dans le groupe B avec Rafael Nadal (2), Jo-Wilfried Tsonga (6) et Mardy Fish (8). Une semaine seulement après sa victoire contre Tsonga en finale du Masters de Paris-Bercy, Federer retrouve le Français lors du premier match de poule de la compétition et le bat une nouvelle fois (6-2, 2-6, 6-4). Il rencontre ensuite Rafael Nadal, qu'il bat aisément (6-3, 6-0) : c'est la plus large victoire du Suisse sur l'Espagnol et le troisième 6-0 de sa carrière contre ce joueur. Federer assure ainsi sa qualification en demi-finale du Masters. Il remporte ensuite son dernier match de poule contre Mardy Fish (6-1, 3-6, 6-3). En demi-finale, il bat l'Espagnol David Ferrer (7-5, 6-3). En se qualifiant pour sa septième finale de Masters en dix participations, il est assuré de reprendre la place de numéro trois mondial à Andy Murray. Il s'agit de sa 100e finale sur le circuit. Il est le 5e joueur à réaliser pareille performance après Jimmy Connors (158 au total), Ivan Lendl (146), John McEnroe (108) et Guillermo Vilas (104). En finale, il rencontre Jo-Wilfried Tsonga pour la troisième fois en deux semaines. Il le bat en 3 sets (6-3, 6-7, 6-3), et ajoute un nouveau chapitre à sa légende en devenant à 30 ans passés le vainqueur le plus âgé de l'histoire de la Masters Cup et l'unique détenteur du record des titres, avec six victoires dans ce rendez-vous des maîtres. C'est en outre le 70e trophée de sa carrière. Roger Federer se rapproche ainsi de John McEnroe dans le classement des tournois remportés en simple sur le circuit ATP, ce dernier occupant la troisième position, avec 77 tournois remportés sur le circuit ATP au cours de sa carrière.

Ainsi, avec un troisième titre consécutif après Bâle et Bercy, soit 17 matchs gagnés d'affilée depuis septembre, Federer termine sur une bonne note une saison qui avait été jusque là moins bonne que les précédentes.

2012 : 7e Wimbledon, médaille d'argent aux Jeux olympiques et record de semaines à la place de no 1 mondial

Comme chaque année depuis 2009, Federer commence sa saison en jouant le tournoi d'exhibition d'Abu Dhabi, où il s'incline en demi-finale contre Novak Djokovic.

Federer enchaîne avec l'Open de Doha. Il bat successivement Nikolay Davydenko, finaliste de l'année précédente (6-2, 6-2), le Slovène Grega Žemlja, 116e mondial (6-2, 6-3) et Andreas Seppi, 38e mondial (6-3, 5-7, 6-4) avant de déclarer forfait pour les demi-finales en raison de douleurs au dos. C'est seulement son deuxième forfait en carrière[208].

À l'Open d'Australie, il se défait du qualifié Russe Alexander Kudryavtsev (7-5, 6-2, 6-2) puis profite du forfait d'Andreas Beck pour se qualifier sans jouer pour le troisième tour où il élimine le Croate Ivo Karlović (7-66, 7-5, 6-3). Il écarte ensuite l'Australien Bernard Tomic (6-4, 6-2, 6-2) facilement et se qualifie pour son 31e quart de finale d'affilée en Grand Chelem[209]. Pour son 1000e match sur le circuit ATP, il se défait de Juan Martín del Potro 11e mondial, (6-4, 6-3, 6-2) et rallie la 30e demi-finale de Grand Chelem de sa carrière[210]. Alors invaincu depuis 24 matchs, il s'incline contre son plus grand rival, le no 2 mondial Rafael Nadal (7-65, 2-6, 65-7, 4-6)[211],[212].

Il participe au premier tour de la Coupe Davis où la Suisse perd 0-5 contre les États-Unis. Federer perd en simple contre John Isner (6-4, 3-6, 64-7, 2-6)[213] et en double avec son équipier Stanislas Wawrinka face à la paire Mike Bryan-Mardy Fish (6-4, 3-6, 3-6, 3-6)[213].

Deux semaines plus tard, au Tournoi de Rotterdam, il remporte le 71e titre de sa carrière en battant successivement Nicolas Mahut (6-4, 6-4), Jarkko Nieminen (7-5, 7-62), Nikolay Davydenko (4-6, 6-3, 6-4) puis en finale le 10e mondial Juan Martín del Potro en deux sets (6-1, 6-4)[214],[215].

Lors de l'Open de Dubaï, il se qualifie une nouvelle fois en finale après avoir notamment écarté del Potro (7-65, 7-66) en demi-finale, en deux heures[216]. Pour sa 7e finale à Dubaï, il domine Andy Murray en 2 sets (7-5, 6-4) et y remporte son 5e titre en 1 h 36. Il s'agit du 72e titre de Federer depuis le début de sa carrière[217].

Au Masters d'Indian Wells, il bat successivement Denis Kudla (6-4, 6-1), Milos Raonic (64-7, 6-2, 6-4), Thomaz Bellucci (3-6, 6-3, 6-4), puis le 9e mondial Juan Martín del Potro (6-3, 6-2) en 1 h 10[218], et parvient à se hisser en finale grâce à une victoire sur Rafael Nadal 2e mondial, en demi-finale (6-3, 6-4)[219]. Il rencontre l'Américain John Isner, tombeur du tenant du titre Novak Djokovic, et le bat (7-67, 6-3). Il gagne ainsi son 19e titre en Masters 1000, égalant Rafael Nadal au nombre de Masters 1000 gagnés en carrière. C'est son 73e titre sur le circuit ATP[220].

Au Masters de Miami, il bat au 2e tour Ryan Harrison (6-2, 7-63) avant de perdre dès le 3e tour face à Andy Roddick (64-7, 6-1, 4-6), mettant ainsi fin à sa série de 16 victoires consécutives, et signant la dernière confrontation entre les deux[221].

Après une période de six semaines sans tournois, Federer reprend la compétition au Masters de Madrid, et commence ainsi sa saison sur terre battue. Directement qualifié pour le deuxième tour, il bat le Canadien Milos Raonic (4-6, 7-5, 7-64) difficilement, 23e mondial au classement ATP, au terme d'un match disputé[222]. Il dispose par la suite de Richard Gasquet en 1/8 de finale (6-3, 6-2), puis David Ferrer en quart de finale (6-4, 6-4)[223]. En demi-finale, étape qu'il atteint pour la huitième fois consécutive à Madrid, il rencontre Janko Tipsarević 8e mondial, tombeur de Novak Djokovic au tour précédent. Il l'emporte (6-2, 6-3), et se qualifie pour sa 5e finale à Madrid[224]. Il bat difficilement Tomáš Berdych (3-6, 7-5, 7-5) en 2 h 40, remportant son 20e Masters 1000 et redevenant par la même occasion numéro deux mondial au détriment de Rafael Nadal[225].

Une semaine plus tard, il s'incline en demi-finale du Masters de Rome face à Novak Djokovic sur le score de (2-6, 64-7). Le Serbe perd finalement en finale contre Rafael Nadal, qui reprend à Federer la seconde place mondiale et bat son record de victoires en Masters 1000 (21 contre 20)[226].

Aux Internationaux de France de Roland-Garros, Federer bat successivement lors des premiers tours Tobias Kamke (6-2, 7-5, 6-3), Adrian Ungur (6-3, 6-2, 66-7, 6-3), Nicolas Mahut (6-3, 4-6, 6-2, 7-5) puis le jeune Belge David Goffin (5-7, 7-5, 6-2, 6-4) en huitième de finale, accédant ainsi aux quarts de finale d'un tournoi du Grand Chelem pour la trente-deuxième fois consécutive[227]. En quart de finale, il bat Juan Martín del Potro en cinq sets (3-6, 64-7, 6-2, 6-0, 6-3), remontant un handicap de deux sets à zéro pour la septième fois de sa carrière après 3 h 14 de jeu[228]. En demi-finale, Federer retrouve Novak Djokovic, difficile vainqueur en 5 manches du Français Jo-Wilfried Tsonga, pour une revanche de leur rencontre au même stade de la compétition lors de l'édition précédente, mais il perd contre le Serbe en seulement 3 manches sur le score de (4-6, 5-7, 3-6) et deux heures[229].

En guise de préparation à Wimbledon, il participe à l'Open de Halle. Il perd en finale face à l'Allemand Tommy Haas, 87e mondial, sur le score de (65-7, 4-6)[230].

Le Suisse lors de la remise des trophées du tournoi messieurs de Wimbledon 2012.

La semaine suivante, il fait son entrée en lice à Wimbledon. Il bat au premier tour Albert Ramos (6-1, 6-1, 6-1), et au second Fabio Fognini (6-1, 6-3, 6-2). Au troisième tour, il remonte un handicap de 2 sets face à Julien Benneteau pour s'imposer (4-6, 63-7, 6-2, 7-66, 6-1) après 3 h 34 de jeu[231]. En huitième de finale, il affronte le Belge Xavier Malisse et, malgré un mal de dos, finit par s'imposer (7-61, 6-1, 4-6, 6-3) en 2 h 10, atteignant son 33e quart de finale consécutif en Grand Chelem[232]. Il se qualifie ensuite très facilement en demi-finale (sa 32e en Grand Chelem, un record) en s'imposant (6-1, 6-2, 6-2) après une heure et demie face au Russe Mikhail Youzhny. Il y affronte Novak Djokovic no 1 mondial, pour leur premier affrontement sur gazon en vingt-sept confrontations, et le bat (6-3, 3-6, 6-4, 6-3) en 2 h 19, ralliant ainsi sa huitième finale à Wimbledon (nouveau record). Federer triomphe ainsi sur un numéro un mondial pour la première fois depuis sa victoire sur Nadal, en finale du Masters 2010, et vainc un tenant du titre de Grand Chelem pour la première fois depuis son triomphe sur Pete Sampras, à Wimbledon, en 2001[233],[234],[235]. Il remporte sa finale contre le Britannique Andy Murray (4-6, 7-5, 6-3, 6-4) après 3 h 28 de jeu (durant la rencontre le toit a été déplié pour cause de pluie), remportant ainsi son 7e Wimbledon (égalant le record de Pete Sampras) et son 17e tournoi du Grand Chelem[236],[237]. Il retrouve de plus la place de numéro 1 mondial, perdue en 2010, et égale le record du nombre de semaines passées à la 1re place mondiale, détenu jusqu'alors par Pete Sampras (avec 286 semaines), un record qui est battu sept jours plus tard, la semaine du 16 juillet[238],[239].

Aux Jeux olympiques, organisés au All England Lawn Tennis and Croquet Club de Wimbledon, il bat Alejandro Falla au premier tour sur le score de 6-3, 5-7, 6-3. Au 2e tour, il s'impose face au Français Julien Benneteau en deux sets (6-2, 6-2). Il continue en éliminant Denis Istomin en huitième de finale (7-5, 6-3) et le 11e mondial, John Isner en quart de finale (6-4, 7-65) pour s'adjuger une place en demi-finale[240]. Il rencontre Juan Martín del Potro 9e mondial, qu'il bat lors d'un match historique puisqu'il se défait de l'Argentin sur le score final de (3-6, 7-65, 19-17) en h 26 de jeu, ce qui en fait le match au meilleur des trois sets le plus long de l'histoire de l'ère open[241]. Grâce à cette victoire, Federer se qualifie pour la finale et s'assure l'obtention d'une médaille olympique en simple[242],[243]. En finale, il perd sèchement face à Andy Murray (2-6, 1-6, 4-6) 4e mondial remportant son premier gros titre, et le Suisse fatigué de son précédent match contre l'Argentin n'a pas pu suivre. Il obtient donc la médaille d'argent à l'issue de ces Jeux Olympiques[244],[245].

Roger Federer aux Jeux olympiques de 2012.

Après avoir fait l'impasse à Toronto, du fait de sa fatigue et de la proximité du tournoi avec les JO de Londres, il commence sa saison américaine au Masters de Cincinnati. Exempté de 1er tour, il commence le tournoi en battant Alex Bogomolov au 2e tour sur le score de 6-3, 6-2. Il passe sans encombre les huitièmes de finale (6-2, 6-4) en prenant le dessus sur Bernard Tomic. En quart de finale il bat Mardy Fish sur le score de (6-3, 7-64) alors 20e mondial, et en demi-finale, il s'impose face à son compatriote Stanislas Wawrinka en deux sets (7-64, 6-3)[246]. Il remporte le tournoi pour la cinquième fois (sans avoir perdu ni son service ni le moindre set), un record, en battant en finale le no 2 mondial, Novak Djokovic sur le score de 6-0, 7-67[247]. Le premier set 6-0 a été arraché en 20 minutes, fait qui ne s'était jamais produit en 27 confrontations. Il conforte donc sa première place mondiale avant de disputer l'US Open. Il est donc assuré de rester numéro 1 après l'US Open (294 semaines) et il égale à cette occasion le record de Rafael Nadal de titres de Masters 1000, avec 21 tournois remportés[248].

La semaine suivante, il enchaîne avec le dernier Grand Chelem de l'année : l'US Open. Il s'impose au premier tour face à Donald Young sur le score de 6-3, 6-2, 6-4. Au deuxième tour, il se défait facilement de l'Allemand Björn Phau sur le score de 6-2, 6-3, 6-2. En seizième de finale, c'est au tour de Fernando Verdasco d'être battu sur le score de 6-3, 6-4, 6-4. En huitième de finale, il bénéficie du forfait de l'Américain Mardy Fish pour atteindre son 34e quart de finale consécutif en Grand Chelem, mais il perd face au Tchèque Tomáš Berdych 7e mondial, sur le score de 61-7, 4-6, 6-3, 3-6. Il n'avait plus perdu à ce stade du tournoi depuis son premier trophée en 2004[249],[250].

Roger Federer participe ensuite aux matchs de barrages de la coupe Davis pour la Suisse, aux Pays-Bas. Il apporte le premier point à la Suisse en battant le Néerlandais Thiemo de Bakker sur le score de 6-3, 6-4, 6-4. Il joue le match de double avec Stanislas Wawrinka, qu'ils perdent face aux Néerlandais Robin Haase et Jean-Julien Rojer en 4-6, 2-6, 7-5, 3-6. Il prend ensuite le dessus sur Robin Haase (6-1, 6-4, 6-4), et permet à la Suisse de garder sa place au sein du Groupe Mondial.

Après un peu de repos, Federer entre en lice du Masters 1000 de Shanghai. Il a été victime de menace de mort de la part d'un internaute chinois, qui s'est ensuite excusé[251]. Exempté de premier tour étant tête de série no 1, il démarre le tournoi au second tour face à Lu Yen-hsun, qu'il bat sur le score de 6-3, 7-5. Il se défait ensuite de son compatriote Suisse Stanislas Wawrinka en 3 sets (4-6, 7-64, 6-0). À ce stade du tournoi, il est assuré d'être encore numéro 1 pour la 300e semaine, un record absolu[252] ! En quart de finale, il bat Marin Čilić (6-3, 6-4), mais perd sa demi-finale face à Andy Murray sur le score de 4-6, 4-6[253].

Roger Federer entre en lice au tournoi de Bâle dont il est le tenant du titre pour le début de la tournée indoor. Il se qualifie pour les huitièmes de finales en éliminant l'Allemand Benjamin Becker en 2 sets (7-5, 6-3), puis se défait du Brésilien Thomaz Bellucci en trois sets accrochés sur le score de 6-3, 66-7, 7-5. En demi-finales il éteint Paul-Henri Mathieu en deux sets (7-5, 6-4)[254]. Il retrouve en finale Juan Martín del Potro, qui le bat sur le score de 4-6, 7-65, 63-7. Roger Federer conserve sa place de no 1 mondial pour être allé jusqu'en finale du tournoi[255].

À l'issue de sa défaite en finale du tournoi de Bâle, il déclare forfait pour le Masters 1000 de Paris-Bercy, se déroulant la semaine suivante, afin de se reposer pour le Masters. Il déclare que même s'il avait gagné à Bâle, il aurait quand même déclaré forfait pour Paris, étant fatigué et ayant quelques petits soucis. Ce forfait assure à Novak Djokovic de récupérer la place de no 1 mondial en fin de saison[256].

La saison ATP s'achève par le Masters, dont Federer est double tenant du titre. C'est sa 11e participation consécutive, il vise un 7e titre. Federer se retrouve dans la poule B en compagnie de David Ferrer, Juan Martín del Potro et Janko Tipsarević. del Potro peut être le seul à l'inquiéter au vu de leur dernière rencontre au tournoi de Bâle. Il commence le tournoi face à Tipsarević, qui ne l'a jamais battu en cinq rencontres. Federer remporte ce premier match aisément sur le score de 6-3, 6-1. Avec ce succès, il bat le record du nombre de matchs gagnés en carrière dans le Masters avec 40 victoires (contre 39 victoires au précédent recordman Ivan Lendl)[257]. Lors de la deuxième rencontre du groupe, il est opposé à l'Espagnol David Ferrer et l'emporte sur le score de (6-4, 7-65) en 1 h 48, ce qui constitue sa quatorzième victoire sur Ferrer en autant de confrontations. Pour le dernier match de la poule B, il perd contre Juan Martín del Potro en 3 sets sur le score de 63-7, 6-4, 3-6 mais se qualifie pour les demi-finales. En demi-finales il bat Andy Murray (7-65, 6-2), et se qualifie pour la finale[258],[259]. En finale il s'incline face à Novak Djokovic lors d'un match serré (66-7, 5-7)[260].

Roger Federer a réalisé une très bonne saison : 6 titres dont Wimbledon, une médaille d'argent aux Jeux olympiques, et le record de semaines passées en tant que no 1. Il remonte à la deuxième place dans le classement ATP aux dépens de Rafael Nadal.

2013 : Année décevante sans titre majeur et sortie du top 5

Roger Federer réduit son calendrier en 2013, planifiant plus de plages de repos qu'à son habitude avec seulement quatorze tournois prévus, mais son calendrier demeure flexible. Il participera au tournoi de Bâle, auquel il n'avait pas prévu de jouer dans son programme initial. Contrairement son choix en 2012, année où il avait participé au premier tour de la Coupe Davis (pour la première fois depuis 2004), il décide de ne pas s'aligner (l'équipe suisse est éliminée au 1er tour par les tenants du titre tchèques). Cette décision a suscité le mécontentement au sein de la fédération suisse de tennis[261]. Il décide aussi de ne pas participer au tour de barrage contre l'Équateur en septembre[262]. Début juillet Federer décide contre toute attente de participer au tournoi de Gstaad[263], et le lendemain de cette annonce il déclare qu'il participera également au tournoi de Hambourg[264]. Cela est d'autant plus surprenant que la saison sur dur démarre pour Federer début août.

Roger Federer commence la saison 2013 par l'Open d'Australie, tournoi qu'il n'a plus gagné depuis 2010. Il reste ici sur une série de neuf demi-finales consécutives depuis son premier titre en 2004. Au premier tour, il surclasse l'Avignonnais Benoît Paire sur le score de 6-2, 6-4, 6-1. Ensuite il retrouve au second tour le Russe Nikolay Davydenko, qu'il bat 6-3, 6-4, 6-4. Il bat ensuite Bernard Tomic (6-4, 7-65, 6-1). Il gagne ensuite contre le puissant serveur Milos Raonic au quatrième tour en 3 sets (6-4, 7-64, 6-2) en 1 h 53[265]. Pour son 35e quart de finale consécutif en Grand Chelem, il bat en 5 sets Jo-Wilfried Tsonga 8e mondial, lors d'un match serré (7-64, 4-6, 7-64, 3-6, 6-3) après 3 h 34 de jeu[266]. Finalement, il s'incline en demi-finale face au Britannique Andy Murray 3e mondial, lors d'un match en cinq manches (4-6, 7-65, 3-6, 7-62, 2-6) en quatre heures de jeu marqué par de nombreux rebondissements mais aussi par la domination globale de l'Écossais[267]. La différence s'étant faite au service[268].

Il participe ensuite au tournoi de Rotterdam, dont il est le tenant du titre. Au premier tour il bat le Slovène Grega Žemlja (6-3, 6-1). Au second tour, il dispose facilement du Néerlandais Thiemo de Bakker (6-3, 6-4). En quarts de finale il perd contre Julien Benneteau en deux sets (3-6, 5-7)[269].

Roger Federer participe ensuite au tournoi de Dubaï dont il est le tenant du titre. Il lâche un set au premier tour face à l'invité Tunisien Malek Jaziri, puis gagne sept jeux consécutifs et gagne en 3 sets (5-7, 6-0, 6-2). En huitièmes de finale, il affronte l'Espagnol Marcel Granollers et remporte le match en deux manches (6-3, 6-4). Puis il se qualifie pour la demi-finale en battant le Russe Nikolay Davydenko (6-2, 6-2). Roger Federer mène désormais 19 à 2 dans leurs confrontations[270]. Il retrouve Tomáš Berdych 6e mondial en demi-finale, qui le bat pour la seconde fois consécutive, en 3 sets (6-3, 68-7, 4-6), après avoir manqué trois balles de match dans le tie break. Cette défaite entraîne la perte du deuxième titre du Suisse en février[271].

Il participe au premier Masters 1000 de l'année, celui d'Indian Wells. Il est le tenant du titre et tête de série no 2. Il est exempté de premier tour et rencontre au second tour Denis Istomin, qu'il bat 6-2, 6-3. Ensuite il se qualifie pour les huitièmes de finale en dominant aisément le Croate Ivan Dodig (6-3, 6-1) en 61 minutes. Puis Roger Federer bat son compatriote Suisse Stanislas Wawrinka (6-3, 64-7, 7-5) en 2 h 20[272]. Il retrouve son rival Rafael Nadal en quarts de finale. Les deux joueurs ne se sont plus affrontés depuis un an, lors de leur demi-finale à Indian Wells remportée par le Suisse. Roger Federer, blessé au dos depuis deux matchs, est battu par l'Espagnol (4-6, 2-6)[273]. C'est le troisième tournoi d'affilée auquel le Suisse participe et où il y perd son titre.

Après une pause d'un mois et demi, Federer commence sa saison sur terre battue par le Masters de Madrid. Tête de série no 2, il accède directement au second tour et se qualifie pour les huitièmes de finale en disposant facilement du Tchèque Radek Štěpánek (6-3, 6-3). Au tour suivant, Federer s'incline en trois sets face au Japonais Kei Nishikori (4-6, 6-1, 2-6), 16e mondial. Il perd son titre et la place de numéro 2 mondial, au profit du Britannique Andy Murray[274].

Federer enchaîne avec le Masters de Rome où il bénéficie d'un tableau relativement dégagé grâce aux éliminations précoces d'Andy Murray et de Juan Martín del Potro dans sa partie de tableau. Comme pour le tournoi précédent, il débute par le second tour et se qualifie aisément pour les huitièmes de finale en battant l'Italien Potito Starace (6-1, 6-2). Puis il enchaîne en venant rapidement à bout du Français Gilles Simon en une heure de jeu, sur le même score qu'au tour précédent (6-1, 6-2). Federer bat le Polonais Jerzy Janowicz en quart de finale, au terme d'un match accroché (6-4, 7-62). En demi-finale il élimine le Français Benoît Paire en deux sets (7-65, 6-4)[275]. En finale il rencontre son vieux rival Rafael Nadal, mais perd en 2 sets (1-6, 3-6) en 1 h 09, complètement submergé par le jeu de l'Espagnol[276],[277].

Vient ensuite le second Grand Chelem de l'année avec Roland-Garros. C'est la première fois depuis l'année 2000 que Federer se présente à Roland-Garros sans titre de la saison en poche. Roger est tête de série no 2 et dispose d'un bas de tableau assez clément. Son tournoi débute par deux victoires rapides contre deux qualifiés, Pablo Carreño-Busta et Somdev Devvarman. Federer se qualifie pour les huitièmes de finale en battant le Français Julien Benneteau (6-3, 6-4, 7-5)[278]. En huitième de finale, il retrouve à nouveau un Français, Gilles Simon, dont il dispose au terme d'un match en 5 sets (6-1, 4-6, 2-6, 6-2, 6-3) après trois heures, ce qui lui permet d'emporter la 900e victoire de sa carrière et son 36e quart de finale consécutif en Grand Chelem[279]. En quart de finale il s'incline face au Français Jo-Wilfried Tsonga 8e mondial, (5-7, 3-6, 3-6) en h 51 min[280]. Qualifiant sa défaite de « limpide »[281].

Roger Federer démarre la saison sur gazon par le tournoi de Halle, en guise de préparation de Wimbledon. En double, il fait équipe avec Tommy Haas, qui est tenant du titre en simple de 2012 et avait battu Federer en finale[282]. Ils sont battus dès le 1er tour. En simple, il bat l'Allemand Cedrik-Marcel Stebe et se qualifie pour les quarts de finale[283]. En quart de finale, il se défait facilement d'un autre joueur local, l'Allemand Mischa Zverev, lui infligeant un 6-0, 6-0 en moins de 40 minutes. C'est seulement la deuxième fois de sa carrière qu'il signe un score si cinglant, après celui infligé à l'Argentin Gastón Gaudio en demi-finales du Masters de Shanghai le 14 novembre 2005[284]. En demi-finale, Federer retrouve son adversaire de la finale de l'édition précédente Tommy Haas 11e mondial, et prend sa revanche en trois sets (3-6, 6-3, 6-4)[285]. Il s'impose en finale face au Russe Mikhail Youzhny (65-7, 6-3, 6-4) dans un match compliqué[286]. Il remporte ainsi son premier titre de la saison, son sixième au tournoi de Halle, à une semaine de Wimbledon.

Il entame ensuite le tournoi de Wimbledon en tant que tenant du titre avec un 1er tour qu'il négocie facilement face au Roumain Victor Hănescu. Mais au second tour, à la surprise générale, il s'incline sur le gazon londonien devant l'Ukrainien Serhiy Stakhovsky 116e mondial, sur le score de (7-65, 65-7, 5-7, 65-7)[287]. En conférence de presse, Roger n'est pas abattu pour autant, il relativise sa défaite et affiche sa détermination aussi bien pour la suite de la saison, que pour celle de sa carrière, qu'il ne voit pas s'achever prochainement, malgré le déclin annoncé par les journalistes. Son record de 36 quarts de finale consécutifs s'arrête ainsi et il est assuré de quitter le top 4 pour la première fois depuis dix ans, en faveur des Espagnols Rafael Nadal (malgré sa défaite au premier tour) et David Ferrer[288],[289].

Roger Federer entre en lice au tournoi de Hambourg après Wimbledon. Exempté de premier tour étant tête de série numéro 1, il se qualifie au second tour pour les huitièmes de finale en disposant de l'Allemand Daniel Brands[290]. En huitième de finale, il bat facilement le Tchèque Jan Hájek[291], puis valide son ticket pour les demi-finales en éliminant l'Allemand Florian Mayer en trois sets[292]. En demi-finale, il perd contre l'Argentin Federico Delbonis, 114e mondial (67-7, 64-7)[293].

La semaine suivante, il participe au tournoi de Gstaad où il est éliminé dès son premier match par l'Allemand Daniel Brands (3-6, 4-6)[294], à cause de ses problèmes sérieux au dos.

Il déclare ensuite forfait pour le Masters du Canada se jouant à Montréal afin de se concentrer sur le Masters de Cincinnati se jouant la semaine suivante et dont il est le tenant du titre.

Au Masters de Cincinnati, le Suisse joue son premier tour de façon convaincant contre Philipp Kohlschreiber (6-3, 7-67), mais passe non loin de l'élimination contre Tommy Haas, se faisant violence pour remporter le match (1-6, 7-5, 6-3) après avoir été mené 1-6, 1-3[295]. Il s'incline néanmoins au tour suivant contre son vieux rival Rafael Nadal (7-5, 4-6, 3-6), et ce pour la 21e fois en 31 confrontations, malgré un match assez positif pour le Suisse[296]. Cette défaite a pour conséquence la chute du Suisse à la 7e place mondiale, dépassé par Juan Martín del Potro et Tomáš Berdych. C'est le classement le plus bas du Suisse depuis 2002[297].

Puis vient l'US Open, le dernier Grand Chelem de l'année. Il se défait au 1er tour du Slovène Grega Žemlja et ne fait qu'une formalité de l'Argentin Carlos Berlocq (6-3, 6-2, 6-1). Au troisième tour, il balaye Adrian Mannarino. Cependant, il est battu en huitième de finale par Tommy Robredo (63-7, 3-6, 4-6), joueur qu'il rencontre pour la 11e fois sur le circuit et contre qui il n'avait encore jamais perdu. Le public en restera abasourdi, tout comme l'Espagnol[298].

Roger Federer aux Masters en 2013.

Roger Federer revient à la compétition après une pause depuis l'US Open, en s'alignant au tournoi de Shanghai. Exempté de 1er tour, il bat au second tour l'Italien Andreas Seppi. Il perd en huitième de finale face à Gaël Monfils 42e mondial, (4-6, 7-65, 3-6)[299].

La fin de saison arrive à grands pas et Federer dispute son avant-dernier tournoi avant le Masters qui clôture la saison. Il n'est pas encore qualifié pour le Masters, et il ne lui reste que le tournoi de Bâle et le Masters de Paris-Bercy pour décrocher un ticket.

Pour son entrée en lice au tournoi de Bâle, il bat le Français Adrian Mannarino (6-4, 6-2), et se qualifie pour les huitièmes de finale[300]. En éliminant Denis Istomin (4-6, 6-3, 6-2), Federer décroche son ticket pour les quarts de finale[301], puis sort le Bulgare Grigor Dimitrov (6-3, 7-62). En demi-finale il est opposé à Vasek Pospisil[302], qu'il bat en 3 sets (6-3, 63-7, 7-5)[303]. En finale, il s'incline face à Juan Martín del Potro malgré un niveau de jeu élevé sur le score de (63-7, 6-2, 4-6)[304].

Il est aligné la semaine suivante au Masters de Paris-Bercy et a pour enjeu de conforter sa place pour le Masters de fin d'année. Exempté de 1er tour, Federer bat au 2d tour le Sud-Africain Kevin Anderson sur le score de 6-4, 6-4, et valide son ticket pour le Masters[305]. Ensuite en 1/8 de finale il s'impose face à l'Allemand Philipp Kohlschreiber (6-3, 6-4)[306], et en quart de finale il prend sa revanche sur l'Argentin Juan Martín del Potro, 5e mondial (6-3, 4-6, 6-3)[307]. En demi-finale, il a rendez-vous avec le Serbe Novak Djokovic. Federer perd cette demi-finale sur le score de 6-4, 3-6, 2-6. Commençant parfaitement le match et dominant d'un tennis inspiré et très agressif la première heure de jeu, il cède au physique sur la fin du match[308].

Le Masters clôture la saison de tennis 2013, 12e participation consécutive pour Federer. Il fait partie du groupe B, où figure Novak Djokovic, Juan Martín del Potro et Richard Gasquet. Il est battu par Novak Djokovic (4-6, 7-62, 2-6) en 2 h 22[309], puis domine Richard Gasquet (6-4, 6-3) en 1 h 21. Ensuite, il se qualifie pour les demi-finales en faisant tomber une seconde fois de suite l'Argentin Juan Martín del Potro (4-6, 7-62, 7-5) après 2 h 26 de match acharné[310]. En demi-finale, il s'incline contre le no 1 mondial, Rafael Nadal (5-7, 3-6) en 1 h 20, signifiant la première défaite du Suisse aux Masters contre Nadal sur la surface indoor[311].

Roger Federer a réalisé une année moyenne, mais la conclut d'une belle manière en réussissant à se qualifier pour le Masters de fin d'année. Il descend à la 6e place au classement ATP et sort du top 3 en fin d'année pour la première fois depuis 2002, où il termina déjà 6e. Il est donc resté 10 ans de suite dans le top 3 mondial au classement ATP de fin d'année.

2014 : Retour à la 2e place mondiale, victoire en Coupe Davis, finaliste à Wimbledon, 2 titres en Masters 1000

En 2014, Roger Federer a un calendrier classique, mis à part le fait qu'il participe au tournoi de Brisbane au lieu du tournoi de Doha, où on a l’habitude de le voir en marge de la préparation du Grand Chelem d'Australie[312]. Après deux ans d'absence au Masters de Monte-Carlo et alors qu'il n'était pas prévu à son calendrier, Roger Federer a accepté une wild card des organisateurs[313].

Il commence sa saison avec le tournoi de Brisbane, où il est engagé en simple et en double. Pour le double, il fait équipe avec Nicolas Mahut et les deux hommes vont jusqu'en demi-finale[314]. En simple, Roger Federer est exempté de 1er tour étant tête de série no 1. En huitièmes de finale, il bat le Finlandais Jarkko Nieminen (6-4, 6-2)[315], puis en quarts de finale il élimine en moins d'une heure de jeu Marinko Matosevic (6-1, 6-1)[316]. Federer valide son ticket pour la finale en se défaisant du Français Jérémy Chardy (6-3, 6-73, 6-3)[317]. En finale, Federer perd contre Lleyton Hewitt en 3 sets (1-6, 6-4, 3-6)[318].

Avant de commencer le premier Grand Chelem de l'année, l'Open d'Australie, il organise une exhibition pour sa fondation et affronte Jo-Wilfried Tsonga, qu'il bat 6-7, 6-3, 7-5[319]. Roger devient le recordman du nombre de participations consécutives en Grand Chelem dans l'ère Open (57), et est tête de série no 6. Pour son premier match, il est opposé au 1er tour à la wild-card Australienne James Duckworth et le bat 6-4, 6-4, 6-2[320]. Au 2e tour, il élimine Blaž Kavčič[321], et décroche son ticket pour les huitièmes en écartant sans soucis Teimuraz Gabachvili (6-2, 6-2, 6-3)[322]. En huitièmes de finale, il frappe un premier grand coup en écartant avec la manière son premier top 10, le Français Jo-Wilfried Tsonga (6-3, 7-5, 6-4) en 1 h 52[323], puis confirme son retour à un haut niveau de jeu en battant en quart de finale le Britannique Andy Murray (6-3, 6-4, 66-7, 6-3) en 3 h 20[324]. En demi-finale, il s'incline contre Rafael Nadal en 3 sets (64-7, 3-6, 3-6) en 2 h 24 et perd ainsi sa place de no 1 Suisse, détenue depuis 13 ans, au profit de Stanislas Wawrinka qui s'impose en finale contre l'Espagnol et empoche son premier tournoi du Grand Chelem[325].

Federer à l'Open d'Australie 2014.

Il participe ensuite à l'Open de Dubaï en tant que tête de série no 4. Il se défait successivement de Benjamin Becker, Radek Štěpánek (6-2, 64-7, 6-3), puis Lukáš Rosol. En demi-finale, il affronte pour la 32e fois Novak Djokovic no 2 mondial, qu'il bat (3-6, 6-3, 6-2)[326]. En finale, il s'impose contre le Tchèque Tomáš Berdych, 6e mondial sur le score de (3-6, 6-4, 6-3), et s'offre ainsi son 78e titre et le premier depuis juin 2013[327].

La tournée américaine commence avec le Masters d'Indian Wells auquel il participe en simple et en double avec son compatriote Stanislas Wawrinka. En simple, il bat au 2e tour le Français Paul-Henri Mathieu et au 3e tour le Russe Dmitri Toursounov (7-67, 7-62)[328]. Il décroche son ticket pour les quarts en éliminant l'Allemand Tommy Haas (6-4, 6-4)[329], puis se défait facilement du géant Sud-Africain Kevin Anderson (7-5, 6-1)[330]. En demi-finale, Federer bat sèchement l'Ukrainien Alexandr Dolgopolov en une heure de jeu sur le score de 6-3, 6-1[331]. Cela lui permet de retrouver en finale Novak Djokovic qu'il a battu deux semaines auparavant en demi-finale, mais contre lequel il n'a pas disputé de finale depuis novembre 2012 (au Masters de tennis de fin d'année). Federer perd alors un match serré et intensif, avec un tie-break décisif adjugé au Serbe (6-3, 3-6, 63-7)[332]. Malgré cette défaite, Federer réintègre le top 5 et démontre qu'il est revenu à un niveau de jeu très élevé.

En double, Federer et Wawrinka s'inclinent en demi-finale contre Alexander Peya et Bruno Soares (6-4, 6-1).

Il continue la semaine suivante avec le Masters de Miami. Il enchaîne facilement en éliminant rapidement Ivo Karlović (6-4, 7-64)[333], puis Thiemo de Bakker[334]. Au quatrième tour, il est encore plus expéditif face au neuvième joueur mondial, Richard Gasquet (moins de 50 minutes)[335]. Il s'incline cependant en quart de finale face à Kei Nishikori (alors 21e mondial) après avoir remporté le premier set (6-3, 5-7, 4-6) et avoir eu deux fois un break d'avance dans le deuxième set[336].

Il joue ensuite la rencontre de Coupe Davis face au Kazakhstan avec Stanislas Wawrinka. Il remporte ses deux matchs en simple mais perd son match en double. Les Suisses s'imposent finalement 3-2 et se qualifient pour les demi-finales face à l'Italie[337].

Arrive ensuite le Masters de Monte-Carlo, l'un des rares titres manquant encore à son palmarès. Exempté du premier tour et bénéficiant d'une wild card, il affronte directement Radek Štěpánek dont il vient à bout assez aisément. Au troisième tour, il retrouve un autre Tchèque, Lukáš Rosol contre qui il n'éprouve pas de difficulté. Arrivent les quarts de finale où il se défait de Jo-Wilfried Tsonga 12e mondial, en passant à deux points de l'élimination (2-6, 7-66, 6-1) et été largement dominé dans la première manche[338]. En demi-finale, il bat le no 2 mondial Novak Djokovic (7-5, 6-2) qui ne représente pas une menace sérieuse, ce dernier semblant très affaibli dès le début de la seconde manche[339]. Enfin, en finale (une première depuis 2000, où une finale ATP se jouera entre deux Suisses), il rencontre son compatriote Stanislas Wawrinka nouveau no 3 mondial, contre qui il a un ratio très positif. Ceci dit, Roger s'incline (6-4, 65-7, 2-6) après avoir pourtant dominé le début du match[340]. Il passe très près du titre mais le Vaudois affiche un niveau de jeu très impressionnant et domine le Bâlois[341].

Roger Federer fait le choix de déclarer forfait pour le Masters de Madrid pour rejoindre sa femme sur le point d'accoucher. Le 6 mai, il précise sur Twitter que sa femme vient de mettre au monde des jumeaux de sexe masculin qu'ils nomment Léo et Lenny.

Peu avant le début du Masters de Rome, Federer déclare ne pas être véritablement dans l'esprit de la compétition, car il aurait préféré rester un peu plus longtemps avec ses deux nouveau-nés. Son vœu semble exaucé puisqu'il s'incline dès son entrée en lice face à Jérémy Chardy (6-1, 3-6, 66-7) alors qu'il avait pourtant dominé le début de la rencontre et même bénéficié d'une balle de match[342].

À Roland-Garros, le Suisse se défait aisément de ses deux premiers adversaires, le Slovaque Lukáš Lacko[343] puis le jeune Argentin Diego Schwartzman en trois manche[344]. Par la suite, il rencontre un autre trentenaire, le Russe Dmitri Toursounov, contre lequel il éprouve quelques difficultés et concède son premier set mais dont il vient à bout (7-5, 67-7, 6-2, 6-4)[345], après avoir pourtant bénéficié d'une balle de deuxième set. En huitième de finale, il tombe sur un os, le Letton Ernests Gulbis 17e mondial, qui met un terme aux neuf quarts de finales consécutifs à Roland-Garros enregistrés par Federer depuis 2005 (7-65, 63-7, 2-6, 6-4, 3-6) en 3 h 42[346]. Le Suisse a pourtant largement mené dans la deuxième manche jusqu'à s'offrir deux balles de set sur son service à 5-3 40-15, mais s'est laissé rattraper par son adversaire jusqu'à perdre au tie-break. On constate que le Bâlois n'a plus la même capacité à tuer les matchs, même si son mental reste présent pour réaliser de beaux coups.

Federer défend ensuite son unique titre de l'année 2013 : l'Open de Halle, où, étant exempté du premier tour, il démarre en huitième de finale contre le Portugais João Sousa qu'il bat en perdant tout de même le premier set (68-7, 6-4, 6-2)[347]. Au tour suivant, il bénéficie du forfait de Lu Yen-hsun[348] ce qui le propulse directement en demi-finale contre le Japonais Kei Nishikori dont il se défait à la suite d'un match assez serré (6-3, 7-64)[349]. Enfin, il remporte pour la septième fois le titre en battant le Colombien Alejandro Falla en deux sets très bataillés mais maîtrisés lors des tie-breaks (7-62, 7-63) et brandit ainsi le 79e trophée de sa carrière[350].

Au tournoi de Wimbledon, il ne perd aucun set au cours de ses 4 premiers matchs : il domine successivement l'Italien Paolo Lorenzi, le Luxembourgeois Gilles Müller, le Colombien Santiago Giraldo[351] et prend en huitièmes de finale sa revanche sur l'Espagnol Tommy Robredo, son bourreau de l'US Open 2013 (6-1, 6-4, 6-4). En quart de finale, il bat son compatriote Stanislas Wawrinka 3e mondial, au terme d'un match intense et pour lequel Wawrinka a écarté 4 balles de match dans le dernier set. Mais, à la 5e balle de match, Roger envoie un smash imparable et gagne en 4 sets (3-6, 7-65, 6-4, 6-4) après 2 h 33 de jeu[352]. Roger décroche son ticket pour sa 9e finale à Wimbledon en réalisant un match tout en maîtrise face au Canadien Milos Raonic (6-4, 6-4, 6-4) en 1 h 41 alors 9e mondial[353]. En finale, il retrouve le Serbe Novak Djokovic et joue pour son 8e titre à Wimbledon. Il s'incline en 5 sets après une finale somptueuse (7-67, 4-6, 64-7, 7-5, 4-6) de presque quatre heures[354],[355]. À la suite de ce beau parcours, il redevient no 3 mondial aux dépens de son compatriote Stanislas Wawrinka[356].

Début août, Roger Federer entame la tournée nord-américaine avec le Masters de Toronto. Il y atteint la finale après avoir battu successivement Peter Polansky, Marin Čilić (7-65, 63-7, 6-4), David Ferrer et Feliciano López[357]. Il perd néanmoins en finale contre le Français Jo-Wilfried Tsonga (5-7, 63-7). Passant à côté de son match en effectuant 37 fautes directes, le Suisse est battu pour la cinquième fois en finale d'un tournoi cette saison[358].

Il enchaîne directement avec le Masters de Cincinnati où il bat au deuxième tour le Canadien Vasek Pospisil et en huitième de finale Gaël Monfils. En quart de finale, il bat facilement Andy Murray (7-5, 6-3) puis Milos Raonic (6-2, 6-3)[359]. Il rejoint en finale David Ferrer 6e mondial, contre qui il n'a jamais perdu. Il s'impose en trois sets (6-3, 1-6, 6-2), remportant ainsi son 80e titre ATP et son 22e Masters 1000 (6e dans l'Ohio)[360],[361].

À l'US Open, il remporte ses deux premiers tours en 3 manches face à des joueurs Australiens : Marinko Matosevic (6-3, 6-4, 7-64) puis Samuel Groth (6-4, 6-4, 6-4). Au 3e tour, il effectue un match en deux temps contre l'Espagnol Marcel Granollers : ce dernier parvient à prendre l'ascendant sur le Suisse à la première manche, avant une interruption du match à cause de la pluie. À la reprise, Federer s'impose en déroulant son jeu sur les trois sets suivants (4-6, 6-1, 6-1, 6-1)[362]. En huitièmes de finale, il domine un autre Espagnol, Roberto Bautista-Agut (6-4, 6-3, 6-2)[363]. En quarts de finale, face à Gaël Monfils, il est mené deux sets à zéro, avant de remporter le match en cinq manches en sauvant deux balles de match sur son service dans le 4e set (4-6, 3-6, 6-4, 7-5, 6-2) après 3 h 20[364]. Il est cependant éliminé en demi-finale sur le score de (3-6, 4-6, 4-6) en 1 h 45 par le Croate Marin Čilić fatigué de l'enchaînement des tournois[365], lequel remporte ensuite l'US Open.

Federer contre Fognini durant la Coupe Davis 2014.
Federer contre Fognini durant la Coupe Davis 2014.

Lors des demi-finales de Coupe Davis, Federer parvient à qualifier son équipe en finale en remportant ses 2 matchs en simple tous deux en 3 sets. Il bat pour cela Simone Bolelli (7-65, 6-4, 6-4) et Fabio Fognini (6-2, 6-3, 7-64)[366].

Tout comme Nadal l'a fait à Cincinnati en 2013, Federer a donc atteint la finale de tous les majeurs : les 9 Masters 1000, les 4 Grands Chelems, le Masters, les Jeux olympiques et la Coupe Davis. Ce qui constitue un nouveau record dans le palmarès déjà impressionnant du Suisse. Federer et Nadal sont les 2 seuls joueurs de l'histoire à avoir accompli cet exploit. Djokovic s'en rapproche puisqu'il ne lui manque plus que la finale des Jeux olympiques à disputer.

Au Masters 1000 de Shanghai, Roger Federer débute au deuxième tour face à l'Argentin Leonardo Mayer. Il sauve cinq balles de match et, après un suspense insoutenable, s'impose en trois sets très disputés (7-5, 3-6, 7-67). Cette victoire lui assure ainsi la place de no 2 mondial[367] aux dépens de l'Espagnol Rafael Nadal qui a été éliminé dès son entrée en lice. En huitièmes de finale, il bat aisément l'Espagnol Roberto Bautista-Agut sur le score de (6-4, 6-2). En quart de finale, il se défait du Français Julien Benneteau après un premier set très accroché (7-64, 6-0). En demi-finales, il domine le Serbe no 1 mondial Novak Djokovic (6-4, 6-4) pour leur 36e affrontement[368]. En finale, il s'impose contre le Français Gilles Simon au terme d'un match assez serré (7-66, 7-62) pour ainsi s'offrir son 81e titre et son 23e Masters 1000[369].

De retour dans sa ville natale pour le tournoi de Bâle, Federer donne une leçon de tennis au Luxembourgeois Gilles Müller (6-2, 6-1) au premier tour en à peine 45 minutes de jeu, puis élimine au second tour l'Ouzbèke Denis Istomin dans un match en deux temps (3-6, 6-3, 6-4). En quart de finale il élimine comme l'an passé le Bulgare Grigor Dimitrov (7-64, 6-2)[370]. En demi-finale, il vient à bout du solide Croate Ivo Karlović (7-68, 3-6, 6-3) qui inflige cependant un nombre d'aces impressionnant au Bâlois durant cette rencontre[371]. En finale, il remporte son 82e titre face au jeune Belge David Goffin en 51 minutes sur le score de (6-2, 6-2)[372].

Lors du Masters de Paris-Bercy, Federer affronte pour son entrée en lice le Français Jérémy Chardy et s'impose en trois sets (7-65, 65-7, 6-4) après une rude bataille[373]. Lors des huitièmes de finale, il bat le jeune Français Lucas Pouille sur le score de (6-4, 6-4)[374]. Il s'incline cependant en quart de finale face au puissant serveur canadien Milos Raonic (65-7, 5-7)[375]. Depuis sa demi-finale à l'US Open, Federer n'avait plus connu la défaite et avait donc enregistré une série de 14 victoires consécutives[376].

Arrive le Masters auquel Federer participe pour la 13e fois consécutive. Il fait partie du groupe B, où figurent Milos Raonic, Andy Murray et Kei Nishikori. Lors du premier match de poule, il prend sa revanche sur le Canadien Milos Raonic (6-1, 7-6) qui l'avait battu la semaine précédente en quart de finale du Masters de Paris-Bercy[377]. Pour son second match, le Suisse domine le Japonais Kei Nishikori en deux manches (6-3, 6-2)[378]. En surclassant le Britannique Andy Murray sur le score de 6-0, 6-1, en moins d'une heure de jeu, Federer se qualifie pour les demi-finales[379] lors desquelles il rencontre son compatriote Stanislas Wawrinka, 4e mondial. Après un suspense insoutenable et une prestation intense des deux hommes, Federer s'impose en 3 sets (4-6, 7-5, 7-66) après avoir sauvé 4 balles de match et 2 h 48 de jeu[380]. Et après un incident durant le match, où Mirka Federer a énervé Wawrinka[381]. Pour la finale, Federer déclare forfait après avoir révélé s'être blessé au dos lors de sa demi-finale contre Stanislas[382]. Novak Djokovic remporte donc le 4e Masters de sa carrière sans lutter.

La semaine suivante, il est incertain pour la finale de la coupe Davis. Après que Stanislas Wawrinka a remporté le premier point face à Jo-Wilfried Tsonga, il joue tout de même son match face à Gaël Monfils, qu'il perd en trois sets (1-6, 4-6, 3-6). Le lendemain, il joue le double avec Wawrinka et remporte la rencontre face à Julien Benneteau et Richard Gasquet[383]. Le dimanche, Roger Federer s'impose face à Richard Gasquet en 3 sets (6-4, 6-2, 6-2) et offre à la Suisse le premier trophée de son histoire[384],[385].

Par la même occasion, Roger Federer devient le quatrième homme à avoir remporté les quatre tournois du Grand Chelem et la Coupe Davis dans l'ère Open[386].

2015 : 1000e victoire en carrière, finales à Wimbledon, à l'US Open et au Masters, victoire à Cincinnati

Contrairement aux années précédentes, Federer reste très évasif sur son programme 2015. Il commence son année par le tournoi de Brisbane, contrairement à l'habituel tournoi de Doha[387]. Il déclare que toutes les options sont ouvertes et que cela dépendrait s'il a la possibilité de redevenir no 1 mondial[388]. Roger a beaucoup joué en 2014 et déclare qu'il doit préserver son corps, pour ne pas se "griller". Les tournois du Grand Chelem sont sa priorité no 1. En février il annonce sur les réseaux sociaux son calendrier prévisionnel pour la première partie de l'année, et ensuite qu'il participera au tournoi d'Istanbul pour sa première édition[389].

Roger commence la saison par l'Open de Brisbane où il est exempté du premier tour étant tête de série. Il affronte donc en huitième de finale l'Australien John Millman dont il vient à bout en trois sets (4-6, 6-4, 6-3). En quart de finale, il domine un autre Australien James Duckworth en à peine 39 minutes sur le score de (6-0, 6-1). En demi-finale, il bat aisément le Bulgare Grigor Dimitrov (6-2, 6-2)[390]. Roger Federer gagne son 1000e match en carrière face au Canadien Milos Raonic lors de la finale (6-4, 62-7, 6-4). Il remporte ainsi son 83e titre ATP et son premier titre à Brisbane[391]. Grâce à cette victoire il rejoint Jimmy Connors et Ivan Lendl dans le cercle fermé des joueurs ayant 1000 victoires en carrière[392],[393].

Après cette 1000e victoire, Roger participe à une exhibition avec Lleyton Hewitt à Sydney, où il teste le nouveau format "fast4tennis"[394]. Federer s'impose 4-33, 2-4, 33-4, 4-0, 4-2.

Le 19 janvier, l'Open d'Australie démarre pour le Suisse qui s'impose aisément au premier tour face au Taïwanais Lu Yen-hsun (6-4, 6-2, 7-5). Au second tour, il bat l'Italien Simone Bolelli dans un match en deux temps (3-6, 6-3, 6-2, 6-2)[395]. À la surprise générale, le Suisse est éliminé au troisième tour par l'Italien Andreas Seppi sur le score de (4-6, 65-7, 6-4, 65-7). Il faut remonter à 2003 pour ne pas voir Federer en demi-finale à Melbourne[396].

Il fait son retour à la compétition lors de l'Open de Dubaï, où, après avoir éliminé successivement le Russe Mikhail Youzhny au premier tour (6-3, 6-1), l'Espagnol Fernando Verdasco en huitième de finale (6-4, 6-3), le Français Richard Gasquet en quart de finale (6-1, ab.) ainsi que le jeune Croate Borna Ćorić en demi-finale (6-2, 6-1), il atteint la finale[397] et retrouve Novak Djokovic qu'il bat pour la 20e fois (6-3, 7-5). C'est la 7e fois que Roger s'impose à Dubaï[398]. Par ailleurs, Federer a profité de la finale pour franchir la barre des 9000 aces en carrière. Avec 12 premiers services gagnants, il a porté son total personnel à 9007. Cependant au classement, il est derrière Andy Roddick (9074 aces), Ivo Karlović (9322) et Goran Ivanišević (10183)[399].

Lors du Masters d'Indian Wells, Roger Federer trouve un bon rythme dès son entrée en lice face à l'Argentin Diego Schwartzman qu'il bat facilement (6-4, 6-2). Au tour suivant, il prend sa revanche sur son bourreau de l'Open d'Australie, l'Italien Andreas Seppi, qu'il domine 6-3, 6-4. En huitième de finale, il se défait aisément de l'Américain Jack Sock (6-3, 6-2)[400]. En quart de finale, il défie un Tomáš Berdych en pleine confiance à la suite de ses bons résultats. Cependant, Federer semble être dans un grand jour et il expédie son adversaire en à peine plus d'une heure de jeu (6-4, 6-0) dont un deuxième set qui rappelle le Federer des plus belles heures[401]. En demi-finale, il vient à bout du puissant serveur Canadien Milos Raonic, alors 6e mondial (7-5, 6-4) pour rejoindre en finale Novak Djokovic pour leur 38e rencontre[402]. Il s'incline contre le Serbe comme l'année précédente en plus de 2 heures sur le score de (3-6, 7-65, 2-6)[403].

Après trois semaines de repos, Federer reprend la compétition au Masters de Monte-Carlo face au Français Jérémy Chardy, qu'il écarte (6-2, 6-1) en moins d'une heure de jeu. En huitième de finale, il tombe sur un autre Français : Gaël Monfils. Ce dernier affiche un niveau de jeu très solide et vient à bout du Suisse, finaliste en titre, en deux sets accrochés et intenses (4-6, 65-7)[404].

À la suite de son entrée sur terre battue en demi-teinte, Roger Federer dispute la première édition du tournoi d'Istanbul où il bénéficie d'un bye au premier tour. Il bat le Finlandais Jarkko Nieminen (6-2, 7-5) puis l'Espagnol Daniel Gimeno-Traver (7-63, 65-7, 6-3)[405]. Lors de sa demi-finale, Federer réalise un match en deux temps où il est poussé dans ses retranchements à la fin du troisième set face à l'Argentin Diego Schwartzman (2-6, 6-2, 7-5) et avec six aces (9076 au total), il dépasse Andy Roddick et monte sur le podium des plus grands serveurs d'aces en carrière[406]. Il dispute alors sa première finale sur terre battue depuis Monte-Carlo en 2014 (battu par Wawrinka), il s'impose (6-3, 7-611) à la suite d'un jeu décisif intense contre l’Uruguayen Pablo Cuevas en une heure et trente-sept minutes de jeu. Roger Federer soulève un nouveau trophée, le quatre-vingt-cinquième dans 19 pays différents et le premier sur terre battue depuis le Masters de Madrid 2012[407].

Au Masters de Madrid, Roger ne fait qu'une brève apparition car il est battu dès son entrée en lice par le jeune Australien Nick Kyrgios après un match très serré (7-61, 65-7, 612-7)[408]. Au Masters de Rome, Federer affronte en premier lieu l’Uruguayen Pablo Cuevas qu'il bat (7-63, 6-4). En huitième de finale, il se défait du Sud-Africain Kevin Anderson (6-3, 7-5) pour retrouver en quart de finale le Tchèque Tomáš Berdych, 6e mondial, qu'il domine 6-3, 6-3. En demi-finale, il bat son compatriote Stanislas Wawrinka, 9e mondial, en à peine une heure de jeu (6-4, 6-2)[409]. Il s'incline pour la quatrième fois en finale à Rome contre le numéro un mondial Novak Djokovic sur le score de 4-6, 3-6[410].

Lors du tournoi de Roland-Garros, il se qualifie pour les quarts de finale en battant Alejandro Falla, Marcel Granollers, Damir Džumhur le tout en trois manche et la tête de série no 13 Gaël Monfils, sur le score de (6-3, 4-6, 6-4, 6-1), dans un match interrompu par la nuit[411]. Il est cependant vaincu en quarts par son compatriote et futur vainqueur du tournoi, Stanislas Wawrinka en trois sets (4-6, 3-6, 64-7) qui le bat pour la première fois en Grand Chelem[412].

Après sa défaite à Roland-Garros, Federer entame la saison sur gazon avec l'habituel tournoi préparatif avant Wimbledon à l'Open de Halle qui est passé en catégorie ATP 500 cette année. Il commence le tournoi par un premier match très compliqué face au local Philipp Kohlschreiber. Il passe à deux points de la défaite mais il finit par s'imposer au finish en plus de deux heures de jeu (7-68, 3-6, 7-65) alors qu'il a été mené 5-3 dans le dernier tie-break[413]. Après ce premier tour difficile, il contrôle face à Ernests Gulbis et Florian Mayer en deux sets pour se qualifier pour les demi-finales, pour y affronter Ivo Karlović, tombeur de Berdych au tour précédent, dans un match dense et à suspense d'une heure et demie conclu en deux sets (7-63, 7-64) malgré les 20 aces du Croate. Il se qualifie alors pour sa 10e finale à Halle. En finale, il affronte une petite surprise, l'Italien Andreas Seppi qui a bénéficié d'abandons mais réalisé une bonne semaine. Dans un match assez équilibré, Federer fait la différence sur les points importants et au niveau du service lui permettant de gagner finalement en 1 h 48 (7-61, 6-4). Il glane son 8e titre à Halle, un record[414].

Federer enchaîne ensuite avec le tournoi de Wimbledon. Après deux premiers tours sans difficultés (élimination de Damir Džumhur puis de Sam Querrey), Federer concède un set face à l'Australien Sam Groth au troisième tour. Lors de son huitième de finale, il se défait facilement de l'Espagnol Roberto Bautista-Agut (6-2, 6-2, 6-3), et rejoint sans mal les quarts de finale du tournoi pour la treizième fois de sa carrière. Il y affronte le Français Gilles Simon qu'il bat (6-3, 7-5, 6-2) en 1 h 35[415]. Il retrouve le no 3 mondial, Andy Murray en demi-finale pour leur deuxième affrontement sur le gazon londonien (le premier ayant eu lieu lors de la finale de l'édition 2012 ayant vu le Suisse gagner son 17e Grand Chelem). Federer, qui n'a jamais perdu une demi-finale à Wimbledon, confirme cette statistique en se qualifiant en trois sets (7-5, 7-5, 6-4) en livrant un match ponctué de 56 coups gagnants, 20 aces et seulement 11 fautes directes[416], en seulement deux heures[417]. Il retrouve en finale le vainqueur de 2014, Novak Djokovic, facile vainqueur du Français Richard Gasquet dans l'autre demi-finale. Il s'incline une nouvelle fois en finale contre le Serbe, cette fois-ci en 4 sets (61-7, 7-610, 4-6, 3-6) en 2 h 55, échouant une nouvelle fois à devenir le seul joueur de l'histoire à remporter le tournoi 8 fois[418],[419].

Roger Federer avec le trophée après sa victoire à Cincinnati en 2015.

Le Bâlois fait l'impasse sur la Coupe Rogers, se déroulant en 2015 à Montréal pour les hommes, pour se préserver et arriver dans une forme optimale pour l'US Open. De ce fait, ayant atteint la finale l'année précédente à Toronto, il perd sa 2e place à l'ATP au profit d'Andy Murray qui bat Novak Djokovic en finale pour s'imposer une 3e fois au Canada. La semaine suivante, il doit défendre son titre à Cincinnati. Pour son match d'entrée, il bat facilement Roberto Bautista-Agut (6-4, 6-4) et surclasse en huitième le Sud Africain Kevin Anderson (6-1, 6-1) pour atteindre les quarts de finale. À ce stade, il fait face à la surprise Feliciano López, tombeur de Rafael Nadal. Restant sur onze victoires consécutives, il gagne à nouveau avec facilité (6-3, 6-4). En demi-finale, il affronte le nouveau no 2 mondial Andy Murray, qu'il bat en 1 h 37 (6-4, 7-66) dans un match impressionnant de maîtrise et un jeu agressif[420]. Qualifié pour une 42e finale en Masters 1000, il fait face au no 1 mondial Novak Djokovic. Il met à terre le Serbe sur le score de 7-61, 6-3 dans un match de haute volée et bouclé en une heure et demie pour s'adjuger son 7e titre dans l'Ohio. Jamais battu en finale à Cincinnati, Roger Federer a fait respecter sa loi dans son jardin[421],[422]. Chose rare, Federer réalise une semaine quasi parfaite sans perdre son service et en battant respectivement Andy Murray no 2 mondial et Novak Djokovic no 1 en 2 sets sans concéder la moindre balle de break[423].

Avec son premier titre en Masters 1000 de l'année en poche et la deuxième place mondiale retrouvée, Federer peut aborder en toute sérénité l'US Open[424]. Il déroule au premier tour face à l'Argentin Leonardo Mayer (6-1, 6-2, 6-2) qui, lors de leur dernière confrontation, avait eu des balles de match mais n'avait pas réussi à les concrétiser. Au second tour, il affronte le Belge Steve Darcis qu'il surclasse (6-1, 6-2, 6-1). Il affronte l'Allemand Philipp Kohlschreiber au troisième tour, et le bat sans difficulté, malgré quelques passages à vide (6-3, 6-4, 6-4). Il s'adjuge par la suite une victoire contre l'Américain John Isner lors d'un match serré où il a fait la différence dans les tie-breaks (7-60, 7-66, 7-5) en 2 h 39[425]. En quart de finale, il domine le Français Richard Gasquet dans un match à sens unique en moins d'une heure et demie (6-3, 6-3, 6-1)[426]. Il confirme ensuite sa grande forme en se défaisant facilement de son compatriote Stanislas Wawrinka 5e mondial, en demi-finale (6-4, 6-3, 6-1) en une heure et demie, et se qualifie ainsi pour la finale du tournoi pour la première fois depuis 6 ans[427]. En finale, Federer s'incline contre Djokovic (4-6, 7-5, 4-6, 4-6) en 3 h 20, en ayant converti seulement 4 balles de break sur 23, très peu pour inquiéter suffisamment le Serbe[428],[429]. C'est sa troisième défaite de suite face au Serbe à l'US Open après 2010 et 2011[430].

Après avoir aidé la Suisse à rester dans le groupe mondial de la Coupe Davis, il reprend la compétition à Shanghai où il est tenant du titre. À la surprise générale, il s'incline dès son premier match contre l'Espagnol Albert Ramos-Viñolas sur le score de (64-7, 6-2, 3-6) malgré 45 coups gagnants et 30 fautes directes mais péchant sur les balles de breaks. Il perd aussi sa deuxième place mondiale[431].

Il enchaîne à l'Open de Bâle. Il bat Mikhail Kukushkin, Philipp Kohlschreiber en trois set, David Goffin (6-3, 3-6, 6-1) et Jack Sock (6-3, 6-4) où il atteint la finale du tournoi pour la 12e fois (la 10e consécutive)[432]. Il y retrouve Rafael Nadal qu'il n'a plus affronté depuis l'Open d'Australie 2014. Il bat son rival pour la 11e fois en 34 confrontations (6-3, 5-7, 6-3) et remporte le tournoi pour la 7e fois, ce qui lui permet de récupérer la deuxième place mondiale[433].

Il retrouve en novembre le Masters à Paris-Bercy. Il y bat au deuxième tour Andreas Seppi (6-1, 6-1) mais s'incline dès les huitièmes de finale face à John Isner (63-7, 6-3, 65-7)[434].

Après un peu de repos et un match d'exhibition pour le départ à la retraite de son ami Jarkko Nieminen, Roger a rendez-vous avec le Masters de fin d'année. Il se retrouve en poule A : avec Novak Djokovic, Tomáš Berdych et Kei Nishikori. Pour son premier match il bat Tomáš Berdych (6-4, 6-2). Ensuite Roger prend le dessus sur Novak Djokovic avec la manière (7-5, 6-2) et met fin à une série de 38 victoires en indoor de ce dernier[435]. Federer est du coup qualifié pour les demi-finales. Il retrouve pour son dernier match de poule Kei Nishikori, sans enjeu. Il le bat en perdant un set pour la première fois depuis le début du tournoi (7-5, 4-6, 6-4). Il est invaincu dans les phases de poule et est premier de sa poule pour la 12e fois en 14 participations[436]. Il bat ensuite, comme l'année précédente, son compatriote Stanislas Wawrinka en demi-finale (7-5, 6-3) en 1 h 10 et atteint ainsi la finale de cette compétition pour la 10e fois[437],[438]. En finale Roger Federer perd contre Novak Djokovic (3-6, 4-6) en 1 h 20 de jeu dans un match dominé de bout en bout par le Serbe qui a obtenu 9 balles de break contre seulement 2 pour le Suisse qui ne les a pas converties[439].

À la suite de cette défaite et du triomphe d'Andy Murray en finale de la Coupe Davis, Roger Federer finit l'année à la 3e place mondiale, à 8 320 points du no 1 mondial Novak Djokovic, et 680 points du no 2 Andy Murray[440]. Le Suisse a gagné 6 titres cette saison (1 Masters 1000, 3 ATP 500 et 2 ATP 250) mais n'a plus remporté le moindre titre du Grand Chelem depuis 2012, soit 3 ans. Il a néanmoins atteint les finales de Wimbledon, de l'US Open, des Masters d'Indian Wells et de Rome, et du Masters, toutes perdues contre Novak Djokovic.

Durant l'entre saison, Roger Federer annonce la fin de sa collaboration avec Stefan Edberg, après deux ans de travail en commun. Il engage le Croate Ivan Ljubičić pour compléter son staff technique.

2016 : Demi-finale à l'Open d'Australie et à Wimbledon, fin de saison prématurée, sortie du top 10

Cette année est particulière pour Roger Federer, car c'est sa dernière chance de décrocher l'or olympique en simple. Il décide de participer aux 3 épreuves olympiques : le simple, le double avec Stanislas Wawrinka et le double mixte avec Martina Hingis[441]. Son programme est pour l'occasion un peu aménagé, de façon à être dans les meilleures conditions possibles avant d'entamer les JO de Rio. Federer décide d'alléger sa saison sur terre battue en ne conservant que le master 1000 de Monte-Carlo, ainsi que le grand Chelem Roland-Garros sur son planning[442]. Les principaux objectifs pour Federer en 2016 sont les JO et les rendez-vous du Grand Chelem.

Pour la troisième année consécutive, Federer commence sa saison par le tournoi de Brisbane. Tenant du titre, il est exempté du premier tour en tant que tête de série no 1. Bien qu'il soit victime d'un refroidissement, Roger atteint la finale de l'épreuve pour la troisième fois consécutive en écartant respectivement Tobias Kamke (6-2, 6-1), Grigor Dimitrov (6-4, 64-7, 6-4) et Dominic Thiem (6-1, 6-4)[443]. Il échoue cependant à remporter son premier titre de la saison, en perdant contre le Canadien Milos Raonic (4-6, 4-6) en 1 h 26, qui prend ainsi sa revanche de la finale de l'année précédente[444].

Federer entame l'Open d'Australie en tant que troisième tête de série dans la partie de tableau du numéro 1 mondial Novak Djokovic. Il se défait aux premiers tours de Nikoloz Basilashvili (6-2, 6-1, 6-2) et d'Alexandr Dolgopolov (6-3, 7-5, 6-1). Au troisième tour, il retrouve Grigor Dimitrov qu'il bat à nouveau en perdant toutefois un set comme à Brisbane (6-4, 3-6, 6-1, 6-4). Cette victoire constitue alors sa 300e victoire dans un match de Grand Chelem[445]. Il bat ensuite David Goffin en huitièmes de finale au terme d'une très belle prestation (6-2, 6-1, 6-4) en 1 h 28. Il retrouve en quarts de finale Tomáš Berdych 6e mondial, tombeur l'année précédente de Rafael Nadal au même stade de la compétition. Il remporte le match en trois sets (7-64, 6-2, 6-4) en 2 h 16, atteignant ainsi sa 12e demi-finale à l'Australian Open[446]. Il y retrouve, comme attendu, Novak Djokovic qui le bat pour la 23e fois, en 4 sets (1-6, 2-6, 6-3, 3-6) en 2 h 19, mais où le Serbe a mené deux manche à rien en 54 minutes montrant la démonstration de force opérée par Djokovic[447].

Après sa demi-finale, il se blesse au genou et doit subir une arthroscopie du ménisque qui le contraint à déclarer forfait pour les tournois de Rotterdam, Dubaï et Indian Wells[448]. Federer est sur la liste des joueurs participant au Masters de Miami. Affecté par une gastro-entérite, il doit déclarer forfait[449].

Federer au tournoi de Wimbledon 2016.

Il effectue son retour au Masters de Monte-Carlo. Tête de série no 3, il est exempté de premier tour et reprend la compétition en battant les Espagnols Guillermo García-López (6-3, 6-4) puis Roberto Bautista-Agut (6-2, 6-4), avant d'échouer en quart de finale face à Jo-Wilfried Tsonga (6-3, 2-6, 5-7)[450].

Ensuite il se prépare pour le Masters de Madrid mais se blesse au dos et doit à nouveau déclarer forfait. Il se rétablit pour le Masters de Rome la semaine suivante. Il y bat le jeune Alexander Zverev (6-3, 7-5) avant de se faire éliminer en huitièmes de finale (62-7, 4-6) par Dominic Thiem 15e mondial, lors d'un match où il semble diminué physiquement à cause de sa blessure au dos[451].

Incertain pour le second tournoi du Grand Chelem, il décide finalement de déclarer forfait pour ne prendre aucun risque pour la suite de la saison[452]. Il met ainsi fin à sa série record de 65 participations consécutives dans les tournois du Grand Chelem.

Il effectue son retour à la compétition à l'occasion du tournoi de Stuttgart sur gazon. Un peu en manque de repères après sa blessure au dos, il évite la sortie face à Taylor Fritz (6-4, 5-7, 6-4)[453]. Il se qualifie pour les demi-finales en éliminant au tie-break Florian Mayer (7-62, 7-61), mais se fait éliminer une nouvelle fois par Dominic Thiem 7e mondial (6-3, 67-7, 4-6), malgré s'être procuré deux balles de match[454].

Puis vient le tournoi de Halle, lors duquel il écarte au premier tour Jan-Lennard Struff (6-4, 7-63), puis au second tour Malek Jaziri (6-3, 7-5). En quart de finale il retrouve le Belge David Goffin qu'il bat à l'issue d'un tie-break accroché (6-1, 7-610). En demi-finale il est surpris par le jeune espoir Alexander Zverev, titulaire d'une wild card (64-7, 7-5, 3-6)[455].

Federer arrive ensuite à Wimbledon, où il est tête de série no 3. Au premier tour il bat Guido Pella (7-65, 7-63, 6-3) avec quelques difficultés et en manque de sensations. Aux second et troisième tours il élimine lors de matchs à sens unique les Britanniques Marcus Willis (6-0, 6-3, 6-4) et Daniel Evans (6-4, 6-2, 6-2) pour se qualifier en huitième de finale. Il décroche son ticket pour les quarts de finale en écartant Steve Johnson (6-2, 6-3, 7-5)[456]. Il retrouve en quart de finale Marin Čilić qui remporte les 2 premiers sets et se procure 3 balles de match, mais Roger Federer revient dans le match et s'impose en 5 sets (64-7, 4-6, 6-3, 7-69, 6-4) après 3 h 17 d'une rencontre intense[457],[458]. Roger Federer perd ensuite en demi-finale contre le Canadien Milos Raonic, alors 7e mondial sur le score de (3-6, 7-63, 6-4, 5-7, 3-6) après 3 h 25 de match[459],[460]. Lors de ce match il glisse et tombe face contre le gazon, ce qui est assez rare pour être souligné[461],[462].

Le 26 juillet, il annonce qu'il doit mettre fin prématurément à sa saison pour soigner son genou. Il doit donc déclarer forfait pour les Jeux olympiques de Rio qui représentaient un objectif de longue date pour sa saison 2016[463]. Il termine ainsi sa saison sans avoir remporté de titre pour la première fois depuis 2000 ; sort du top 10 pour la première fois depuis 2002 et ayant manqué des tournois du Grand Chelem pour la première fois depuis 1999[464].

Le 8 août, jour de ses 35 ans, Federer au repos établit pourtant un nouveau record en devenant le troisième plus vieux joueur à être dans le Top 3. Il rejoint les légendes Australiennes Rod Laver et Ken Rosewall[465].

Le 7 novembre, il sort du top 10 au classement ATP dont il faisait partie sans discontinuité depuis octobre 2002[466].

2017 : 5e Open d'Australie, doublé Indian Wells/Miami, 8e Wimbledon, record absolu, 19e titre en Grand Chelem, 2e Masters de Shanghai

Cette année est particulière pour Roger Federer puisqu'elle signe son retour à la compétition après plus de six mois hors du circuit. Son programme est pour l'occasion très aménagé, de façon à être dans les meilleures conditions possibles pour durer sur les deux, trois prochaines années. Federer décide de faire l'impasse sur sa saison de terre battue dans un premier temps[467].

Roger Federer reprend la compétition avec la Hopman Cup, tournoi qu'il avait déjà remporté avec Martina Hingis, en faisant équipe cette fois avec Belinda Bencic[468]. Pour son premier match en simple, il rencontre le Britannique Daniel Evans qu'il bat sans difficulté (6-3, 6-4). Il affronte ensuite le jeune espoir Alexander Zverev. Au terme d'un long match, il s'incline (61-7, 7-64, 64-7). Le Bâlois affronte enfin Richard Gasquet qu'il bat facilement (6-1, 6-4). L'équipe suisse termine deuxième de son groupe derrière la France[469].

Federer entame l'Open d'Australie en étant tête de série no 17. L'enjeu au classement ATP est réel puisqu'en cas de défaite au troisième tour ou avant, le Suisse pointerait au-delà de la 30e place mondiale, pour la première fois depuis 2000. Au premier tour, il rencontre le qualifié Jürgen Melzer. Nerveux pour son premier match officiel depuis août 2016, il peine à se relâcher complètement dans ce match mais l'emporte tout de même en 4 sets (7-5, 3-6, 6-2, 6-2) et 2 h 05 de jeu[470]. Au second tour, il affronte un autre qualifié, Noah Rubin, qu'il bat en 3 sets accrochés (7-5, 6-3, 7-63). Au troisième tour, il élimine le no 10 mondial Tomáš Berdych (6-2, 6-4, 6-4), en seulement une heure et demie[471]. Il affronte ensuite le Japonais Kei Nishikori, tête de série no 5, et s'impose après plus de 3 heures de jeu en 5 manches (64-7, 6-4, 6-1, 4-6, 6-3) dans un match physique[472],[473]. En quarts de finale, il rencontre l'Allemand Mischa Zverev 50e mondial, tombeur du numéro un mondial Andy Murray, qu'il surclasse (6-1, 7-5, 6-2) en seulement 1 h 32. Il se qualifie pour la 13e fois pour les demi-finales du tournoi australien[474],[475] et y retrouve son compatriote Stanislas Wawrinka alors 4e mondial, qu'il bat pour la 19e fois (7-5, 6-3, 1-6, 4-6, 6-3) après un combat âpre et intense, se qualifiant pour sa 6e finale à Melbourne[476],[477]. En finale, Federer retrouve son grand rival Rafael Nadal, 9e mondial, pour leur 35e confrontation, la première en finale de Grand Chelem depuis Roland-Garros 2011 et à Melbourne en 2009[478]. Roger Federer bat l'Espagnol en cinq manches (6-4, 3-6, 6-1, 3-6, 6-3), après 3 h 37 de combat aux multiples rebondissements avec une copie de 73 coups gagnants pour 57 fautes directes dénotant le jeu offensif du Suisse[479],[480]. Notamment, le premier jeu du troisième set est remarquable par la tension mentale extrêmement rude qu'il doit affronter : après avoir mené 40-0 sur son service, Federer se laisse remonter à 40-40 puis avantage contre lui. Nadal bénéficie dans ce jeu de plusieurs fautes directes en coup droit et de deux volées de revers faciles manquées par le Suisse. Il doit au total effacer trois balles de break, qu'il écarte à chaque fois d'un ace, démontrant ainsi sa capacité à être présent sur les points décisifs avant d'empocher le jeu. Il remporte ainsi son 5e Open d'Australie et son 18e tournoi du Grand Chelem[481],[482].

Roger Federer devient à 35 ans le premier joueur à soulever un cinquième trophée du Grand Chelem pour la troisième fois (5 Open d'Australie, 7 Wimbledon et 5 US Open), quatre ans et demi après son dernier titre du Grand Chelem[483]. Il devient le premier joueur de plus de 35 ans à remporter un titre majeur depuis Ken Rosewall au début des années 1970, et le premier champion de Grand Chelem à battre quatre top 10 en route vers le titre depuis trente-cinq ans[484],[485]. Le 30 janvier, il réintègre le top 10 au classement ATP en pointant au 10e rang[486].

Il reprend la compétition au tournoi de Dubaï, où il remporte son premier tour face à Benoît Paire (6-1, 6-3). Mais à la surprise générale, il s'incline au tour suivant face au 116e mondial, le Russe Evgeny Donskoy (6-3, 67-7, 65-7) après avoir pourtant bénéficié de 3 balles de match[487], et ne parvient pas à clairement expliquer cette défaite[488]. Il prend ensuite part au premier Masters 1000 de la saison à Indian Wells. Il s'impose tout d'abord face à Stéphane Robert (6-2, 6-1) et retrouve l'Américain Steve Johnson qu'il élimine en 2 tie-breaks (7-63, 7-64). En huitièmes de finale, il affronte son grand rival Rafael Nadal, 6e mondial. Porté par un revers de grande qualité, le Suisse étouffe l'Espagnol en 2 sets secs (6-2, 6-3) pour leur 36e confrontation en seulement 1 h 08 de jeu[489],[490]. Au tour suivant, il doit affronter le jeune Australien Nick Kyrgios mais celui-ci déclare forfait. En demi-finale, il retrouve Jack Sock 18e mondial, qu'il bat en 2 sets (6-1, 7-64) en 1 h 14 malgré une déficience de premières balles, se qualifiant pour la finale, une première en Masters 1000 depuis Cincinnati 2015[491]. Il retrouve son compatriote Stanislas Wawrinka, 3e mondial, contre qui il remporte un 25e Masters 1000 (6-4, 7-5) en 1 h 20, égalant ainsi le record de 5 victoires à Indian Wells, détenu jusqu'alors par Novak Djokovic[492]. Il devient du même coup le plus vieux vainqueur d'un Masters 1000 à 35 ans et 7 mois, détrônant Andre Agassi (victorieux à 34 ans et 3 mois à Cincinnati en 2004)[493], et remonte au sixième rang mondial au lendemain du tournoi.

Il débute ensuite le Masters de Miami en battant d'entrée Frances Tiafoe (7-62, 6-3), puis Juan Martín del Potro au troisième tour (6-3, 6-4). Il vient ensuite à bout de Roberto Bautista-Agut au terme d'un match serré (7-65, 7-64) de deux heures. Il affronte en quarts Tomáš Berdych dans un match de près de 2 heures, et s'impose après avoir sauvé deux balles de match dans le set décisif (6-2, 3-6, 7-66)[494]. En demi-finale, il affronte Nick Kyrgios 16e mondial. Au terme d'un match très serré, il finit par triompher de l'Australien (7-69, 69-7, 7-65) après 3 h 10 de jeu[495]. En finale, il bat son meilleur ennemi Rafael Nadal (6-3, 6-4) en 1 h 34 pour remporter un 26e Masters 1000 et son troisième titre en 2017, confirmant sa place de numéro un à la race[496],[497]. Après sa victoire, Federer annonce qu'il ne participera pas aux tournois sur terre battue avant Roland-Garros[498] puis annonce son forfait pour le tournoi parisien pour se concentrer pour la saison sur gazon.

Il fait son retour au tournoi de Stuttgart. Il y affronte pour son entrée en lice Tommy Haas, âgé de 39 ans, pour la 17e fois et c'est l'Allemand qui s'impose malgré une balle de match pour le Suisse dans le tie-break du second set (6-2, 68-7, 4-6)[499]. Après le match, il explique que plus Tommy était bon et plus il était passif[500]. Au tournoi de Halle, il signe la 1100e victoire de sa carrière à la suite de son succès face à Yuichi Sugita au 1er tour. Il se qualifie ensuite aisément pour la finale avec quelques déchets après ses victoires contre Mischa Zverev, Florian Mayer et Karen Khachanov. Federer bat Alexander Zverev (6-1, 6-3) en seulement 52 minutes lors de son meilleur match de la semaine[501], remportant le tournoi allemand pour la 9e fois[502].

Il arrive à Wimbledon en tant que favori après ses bons résultats de la saison et son repos durant la saison de terre battue. Pour ses premiers tours, il s'impose en 43 minutes sur abandon face à Alexandr Dolgopolov, dépassant lors de ce match les 10 000 aces en carrière, puis contre Dušan Lajović après un premier set brouillon (7-6, 6-3, 6-2). Il bat ensuite la tête de série numéro 27, Mischa Zverev (7-63, 6-4, 6-4) en 1 h 49 comme à Halle pour se qualifier pour les huitièmes de finale[503]. Il y affronte et bat en 1 h 38 le 11e mondial, Grigor Dimitrov (6-4, 6-2, 6-4) avec autorité, en jouant à un « niveau sensationnel » selon lui[504]. En quart de finale, il prend sa revanche de l'année précédente, en battant le 7e mondial, Milos Raonic (6-4, 6-2, 7-64) en 1 h 58[505] et signe une 12e qualification pour les demi-finales à Londres[506]. À nouveau dans le dernier carré, il bat le 15e mondial, Tomáš Berdych (7-64, 7-64, 6-4) après 2 h 18 pour atteindre sa onzième finale à Wimbledon, sans perdre de manche[507]. Dans un match où le niveau du Tchèque est très bon, l'inquiétant sur son service pour la première fois du tournoi, Roger Federer devient le premier joueur de tennis à se qualifier pour onze finales dans le même tournoi du Grand Chelem[508]. Pour le titre, il bat sans suspense le 6e mondial Marin Čilić en trois sets (6-3, 6-1, 6-4) au bout de 1 h 41 de jeu, le Croate étant gêné par une ampoule au pied et dépassé par la pression de l'événement[509],[510]. « Ce qui se passe cette année, c'est incroyable. Vous auriez ri si je vous avait dit j'allais gagner deux Majeurs cette année. Mais j'ai beaucoup travaillé pour revenir à ce niveau là », dit alors Roger Federer[511].

Lors de cette quinzaine, Federer bat de nombreux records en Grand Chelem et à Wimbledon[512]. Il devient l'unique recordman de titres à Wimbledon avec huit succès depuis 2003, et devient le plus vieux vainqueur de l'histoire de Wimbledon dans l'ère Open à 35 ans et 342 jours (le précédent record était détenu par les 31 ans et 361 jours d'Arthur Ashe en 1975)[513]. Il a traversé ce tournoi sans perdre un set, ce que seul Björn Borg avait réussi à faire avant lui durant l'ère Open à Wimbledon (en 1976), et la seconde fois seulement de sa carrière en Grand Chelem après l'Open d'Australie 2007. Il égale par ailleurs le record de Ken Rosewall de 25 majeurs remportés (Grands Chelems et Masters confondus). Le 17 juillet, il réintègre le top 3 au classement ATP en pointant au 3e rang[514] et se qualifie pour la 15e fois pour le Masters de Londres[515].

Après son succès à Wimbledon, Federer annonce sa participation au Masters du Canada, qu'il n'avait plus disputé depuis 2011. Il bat d'abord le Canadien Peter Polansky (6-2, 6-1), puis difficilement l'Espagnol David Ferrer (4-6, 6-4, 6-2). La perte du premier set de ce match met fin à sa série débutée à Halle de 31 sets gagnés consécutivement. Il se qualifie ensuite pour la finale en dominant Roberto Bautista-Agut (6-4, 6-4) et Robin Haase (6-3, 7-65) après 1 h 15 sans trop convaincre[516]. Il y affronte le jeune Alexander Zverev alors 8e mondial, qui le bat en 2 sets (6-3, 6-4) au bout de 1 h 08 de jeu[517]. Ayant ressenti des douleurs au dos à Montréal[518], il déclare forfait pour le Masters de Cincinnati afin de se préserver pour l'US Open[519].

Il débute le dernier tournoi du Grand Chelem difficilement en s'imposant aux deux premiers tours en 5 sets face à Frances Tiafoe (4-6, 6-2, 6-1, 1-6, 6-4) et Mikhail Youzhny (6-1, 63-7, 4-6, 6-4, 6-2) après 10 sets joués en deux tours, et puisant dans ses réserves[520]. Il bat ensuite plus facilement Feliciano López (6-3, 6-3, 7-5) et Philipp Kohlschreiber (6-4, 6-2, 7-5) pour se qualifier pour les quarts de finale. Il y affronte Juan Martín del Potro alors tête de série numéro 24, qui le bat (5-7, 6-3, 68-7, 4-6) au bout de 2 h 50 de jeu comme lors de la finale de l'édition 2009[521]. Il échoue alors dans sa tentative de prendre la première place du classement ATP et estime qu'il n'avait pas sa place en demie[522]. Le Bâlois s'empare du 2e rang mondial et détrône Andy Murray, qui passe du 2e au 3e rang de la hiérarchie à l'issue du tournoi[523].

Du 22 au 24 septembre se déroule la Laver Cup à Prague, compétition annuelle de tennis masculin organisée par Team 8 sous l'impulsion du Suisse entre l'Équipe Europe et l'Équipe Monde. Cette compétition exhibition ne rapporte aucun point pour le classement ATP. Federer s'impose pour son premier simple face à Sam Querrey (6-4, 6-2), puis remporte son double associé à Rafael Nadal (6-4, 1-6, [10-5]) face à la paire Sam Querrey/Jack Sock[524],[525]. Le dernier jour, il remporte son second simple face à Nick Kyrgios (4-6, 7-66, [11-9]) au terme d'un match à rebondissements pour faire gagner l'Europe 15 points à 9[526].

Federer revient pour le Masters de Shanghai en Chine en tant que tête de série numéro 2. Il passe ses premiers tours, contre l'Argentin Diego Schwartzman (7-64, 6-4) en forme, le qualifié Alexandr Dolgopolov (6-4, 6-2) et enfin le Français Richard Gasquet (7-5, 6-4), qui réalise un bon match. En demi-finale, il prend sa revanche sur Juan Martín del Potro qui l'avait battu à l'US Open au terme d'un match de grande qualité des deux côtés (3-6, 6-3, 6-3) au bout de deux heures de jeu[527]. Il affronte en finale Rafael Nadal pour la 4e fois de l'année. Il sort vainqueur de son match contre le no 1 mondial (6-4, 6-3), en 1 h 12 sans concéder de break (en réalisant un jeu en 4 aces), pour asseoir cette année sa domination sur l'Espagnol et remporter sa cinquième victoire consécutive depuis Bâle 2015[528],[529]. Il remporte son 27e Masters 1000 et son 94e titre en carrière, égalant ainsi Ivan Lendl à la deuxième place du classement du nombre de titres[530].

Palmarès

Roger Federer au Masters d'Indian Wells en 2008.

Roger Federer détient 94 titres en simple et 8 en double messieurs. C'est en 2001, lors du tournoi de Milan, qu'il obtient son premier trophée. Il a depuis gagné tous les tournois du Grand Chelem, sur cinq surfaces différentes, pour un total de dix-neuf succès (de Wimbledon en 2003 à Wimbledon en 2017). Il a réalisé trois petit Chelem (en 2004, 2006 et 2007) et le Grand Chelem en carrière. Il est le seul joueur à avoir remporté six Masters Cup (2003, 2004, 2006, 2007, 2010 et 2011) et détient vingt-sept Masters 1000. Il a décroché une médaille d'or en double aux Jeux olympiques de Pékin en 2008, associé à Stanislas Wawrinka, et une médaille d'argent en simple aux Jeux olympiques de Londres en 2012[531]. Enfin, il contribue, en 2014, à la première victoire suisse en Coupe Davis, avec son compatriote Stanislas Wawrinka et décroche un des rares trophées majeurs qui lui manquait jusque-là. Il ne manque à son palmarès que deux Masters 1000 sur terre battue (tournois de Monte-Carlo et de Rome) ainsi que la médaille d'or olympique en simple. En 2017, il remporte la première édition de la Laver Cup.

Dans les tournois du Grand Chelem

Roger Federer a remporté 19 titres du Grand Chelem, il est le détenteur du record masculin de victoires dans les tournois du Grand Chelem. Il est le tennisman qui a joué le plus de finales dans un même tournoi du Grand Chelem (onze, à Wimbledon) et le recordman de victoires à Wimbledon avec huit succès. Il est également le seul joueur de l'histoire du tennis à avoir gagné au moins cinq fois trois tournois du Grand Chelem (l'Open d'Australie, le tournoi de Wimbledon et l'US Open), dont cinq fois de suite deux tournois du Grand Chelem (le tournoi de Wimbledon et l'US Open) et le seul à avoir réalisé trois fois le Petit Chelem (en 2004, 2006 et 2007).

Victoires (19)

Année Tournoi Adversaire en finale Score
2003 Wimbledon Wimbledon Trophy (Wimbledon - Gentlemen's single).svg Drapeau : Australie Mark Philippoussis 7-65, 6-2, 7-63
2004 Open d'Australie Norman Brookes Challenge Cup (Australian Open - Gentlemen's single).svg Drapeau : Russie Marat Safin 7-63, 6-4, 6-3
2004 Wimbledon Wimbledon Trophy (Wimbledon - Gentlemen's single).svg(2) Drapeau : États-Unis Andy Roddick 4-6, 7-5, 7-63, 6-4
2004 US Open US Open Trophy (US Open - Gentlemen's single).svg Drapeau : Australie Lleyton Hewitt 6-0, 7-63, 6-0
2005 Wimbledon Wimbledon Trophy (Wimbledon - Gentlemen's single).svg(3) Drapeau : États-Unis Andy Roddick 6-2, 7-62, 6-4
2005 US Open US Open Trophy (US Open - Gentlemen's single).svg (2) Drapeau : États-Unis Andre Agassi 6-3, 2-6, 7-61, 6-1
2006 Open d'Australie Norman Brookes Challenge Cup (Australian Open - Gentlemen's single).svg (2) Drapeau : Chypre Márcos Baghdatís 5-7, 7-5, 6-0, 6-2
2006 Wimbledon Wimbledon Trophy (Wimbledon - Gentlemen's single).svg(4) Drapeau : Espagne Rafael Nadal 6-0, 7-65, 62-7, 6-3
2006 US Open US Open Trophy (US Open - Gentlemen's single).svg (3) Drapeau : États-Unis Andy Roddick 6-2, 4-6, 7-5, 6-1
2007 Open d'Australie Norman Brookes Challenge Cup (Australian Open - Gentlemen's single).svg (3) Drapeau : Chili Fernando González 7-62, 6-4, 6-4
2007 Wimbledon Wimbledon Trophy (Wimbledon - Gentlemen's single).svg (5) Drapeau : Espagne Rafael Nadal 7-67, 4-6, 7-63, 2-6, 6-2
2007 US Open US Open Trophy (US Open - Gentlemen's single).svg (4) Drapeau : Serbie Novak Djokovic 7-64, 7-62, 6-4
2008 US Open US Open Trophy (US Open - Gentlemen's single).svg (5) Drapeau : Royaume-Uni Andy Murray 6-2, 7-5, 6-2
2009 Roland-Garros Coupe des Mousquetaires (French Open - Gentlemen's single).svg Drapeau : Suède Robin Söderling 6-1, 7-61, 6-4
2009 Wimbledon Wimbledon Trophy (Wimbledon - Gentlemen's single).svg (6) Drapeau : États-Unis Andy Roddick 5-7, 7-66, 7-65, 3-6, 16-14
2010 Open d'Australie Norman Brookes Challenge Cup (Australian Open - Gentlemen's single).svg (4) Drapeau : Royaume-Uni Andy Murray 6-3, 6-4, 7-611
2012 Wimbledon Wimbledon Trophy (Wimbledon - Gentlemen's single).svg (7) Drapeau : Royaume-Uni Andy Murray 4-6, 7-5, 6-3, 6-4
2017 Open d'Australie Norman Brookes Challenge Cup (Australian Open - Gentlemen's single).svg (5) Drapeau : Espagne Rafael Nadal 6-4, 3-6, 6-1, 3-6, 6-3
2017 Wimbledon Wimbledon Trophy (Wimbledon - Gentlemen's single).svg (8) Drapeau : Croatie Marin Čilić 6-3, 6-1, 6-4

Finales (10)

Année Tournoi Adversaire en finale Score
2006 Roland-Garros Drapeau : Espagne Rafael Nadal 6-1, 1-6, 4-6, 64-7
2007 Roland-Garros (2) Drapeau : Espagne Rafael Nadal 3-6, 6-4, 3-6, 4-6
2008 Roland-Garros (3) Drapeau : Espagne Rafael Nadal 1-6, 3-6, 0-6
2008 Wimbledon Drapeau : Espagne Rafael Nadal 4-6, 4-6, 7-65, 7-68, 7-9
2009 Open d'Australie Drapeau : Espagne Rafael Nadal 5-7, 6-3, 63-7, 6-3, 2-6
2009 US Open Drapeau : Argentine Juan Martín del Potro 6-3, 65-7, 6-4, 64-7, 2-6
2011 Roland-Garros (4) Drapeau : Espagne Rafael Nadal 5-7, 63-7, 7-5, 1-6
2014 Wimbledon (2) Drapeau : Serbie Novak Djokovic 7-67, 4-6, 64-7, 7-5, 4-6
2015 Wimbledon (3) Drapeau : Serbie Novak Djokovic 61-7, 7-610, 4-6, 3-6
2015 US Open (2) Drapeau : Serbie Novak Djokovic 4-6, 7-5, 4-6, 4-6

Parcours dans les tournois du Grand Chelem

Parcours en Grand Chelem, au Masters et aux Jeux olympiques
Année 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Open d'Australie - 3T 3T 1/8 1/8 V 1/2 V V 1/2 F V 1/2 1/2 1/2 1/2 3T 1/2 V
Roland-Garros 1T 1/8 1/4 1T 1T 3T 1/2 F F F V 1/4 F 1/2 1/4 1/8 1/4 - -
Wimbledon 1T 1T 1/4 1T V V V V V F V 1/4 1/4 V 2T F F 1/2 V
US Open - 3T 1/8 1/8 1/8 V V V V V F 1/2 1/2 1/4 1/8 1/2 F - 1/4
Masters Cup - - - 1/2 V V F V V RR 1/2 V V F 1/2 F F -
JO NO 4e NO 2T NO 1/4 NO Médaille d'argent, Jeux olympiques NO - NO

En simple

Année Open d'Australie Internationaux de France Wimbledon US Open
1999 1er tour (1/64) Drapeau : Australie Patrick Rafter 1er tour (1/64) Drapeau : République tchèque Jiří Novák
2000 3e tour (1/16) Drapeau : France Arnaud Clément 1/8 de finale Drapeau : Espagne Àlex Corretja 1er tour (1/64) Drapeau : Russie I. Kafelnikov 3e tour (1/16) Drapeau : Espagne J.C. Ferrero
2001 3e tour (1/16) Drapeau : France Arnaud Clément 1/4 de finale Drapeau : Espagne Àlex Corretja 1/4 de finale Drapeau : Royaume-Uni Tim Henman 1/8 de finale Drapeau : États-Unis Andre Agassi
2002 1/8 de finale Drapeau : Allemagne Tommy Haas 1er tour (1/64) Drapeau : Maroc Hicham Arazi 1er tour (1/64) Drapeau : Croatie Mario Ančić 1/8 de finale Drapeau : Biélorussie Max Mirnyi
2003 1/8 de finale Drapeau : Argentine David Nalbandian 1er tour (1/64) Drapeau : Pérou Luis Horna Victoire Drapeau : Australie M. Philippoussis 1/8 de finale Drapeau : Argentine David Nalbandian
2004 Victoire Drapeau : Russie Marat Safin 3e tour (1/16) Drapeau : Brésil Gustavo Kuerten Victoire Drapeau : États-Unis Andy Roddick Victoire Drapeau : Australie Lleyton Hewitt
2005 1/2 finale Drapeau : Russie Marat Safin 1/2 finale Drapeau : Espagne Rafael Nadal Victoire Drapeau : États-Unis Andy Roddick Victoire Drapeau : États-Unis Andre Agassi
2006 Victoire Drapeau : Chypre Márcos Baghdatís Finale Drapeau : Espagne Rafael Nadal Victoire Drapeau : Espagne Rafael Nadal Victoire Drapeau : États-Unis Andy Roddick
2007 Victoire Drapeau : Chili F. González Finale Drapeau : Espagne Rafael Nadal Victoire Drapeau : Espagne Rafael Nadal Victoire Drapeau : Serbie Novak Djokovic
2008 1/2 finale Drapeau : Serbie Novak Djokovic Finale Drapeau : Espagne Rafael Nadal Finale Drapeau : Espagne Rafael Nadal Victoire Drapeau : Royaume-Uni Andy Murray
2009 Finale Drapeau : Espagne Rafael Nadal Victoire Drapeau : Suède Robin Söderling Victoire Drapeau : États-Unis Andy Roddick Finale Drapeau : Argentine J.M. del Potro
2010 Victoire Drapeau : Royaume-Uni Andy Murray 1/4 de finale Drapeau : Suède Robin Söderling 1/4 de finale Drapeau : République tchèque Tomáš Berdych 1/2 finale Drapeau : Serbie Novak Djokovic
2011 1/2 finale Drapeau : Serbie Novak Djokovic Finale Drapeau : Espagne Rafael Nadal 1/4 de finale Drapeau : France J-W. Tsonga 1/2 finale Drapeau : Serbie Novak Djokovic
2012 1/2 finale Drapeau : Espagne Rafael Nadal 1/2 finale Drapeau : Serbie Novak Djokovic Victoire Drapeau : Royaume-Uni Andy Murray 1/4 de finale Drapeau : République tchèque Tomáš Berdych
2013 1/2 finale Drapeau : Royaume-Uni Andy Murray 1/4 de finale Drapeau : France J-W. Tsonga 2e tour (1/32) Drapeau : Ukraine S. Stakhovsky 1/8 de finale Drapeau : Espagne Tommy Robredo
2014 1/2 finale Drapeau : Espagne Rafael Nadal 1/8 de finale Drapeau : Lettonie Ernests Gulbis Finale Drapeau : Serbie Novak Djokovic 1/2 finale Drapeau : Croatie Marin Čilić
2015 3e tour (1/16) Drapeau : Italie Andreas Seppi 1/4 de finale Drapeau : Suisse S. Wawrinka Finale Drapeau : Serbie Novak Djokovic Finale Drapeau : Serbie Novak Djokovic
2016 1/2 finale Drapeau : Serbie Novak Djokovic 1/2 finale Drapeau : Canada Milos Raonic
2017 Victoire Drapeau : Espagne Rafael Nadal Victoire Drapeau : Croatie Marin Čilić 1/4 de finale Drapeau : Argentine J.M. del Potro
  • À droite du résultat, se trouve le nom de l'ultime adversaire.

En double

Année Open d'Australie Internationaux de France Wimbledon US Open
1999 1/8 de finale
Drapeau : Australie L. Hewitt
Drapeau : Suède J. Björkman
Drapeau : Australie P. Rafter
2000 1er tour (1/32)
Drapeau : Royaume-Uni N. Broad
Drapeau : Australie D. Macpherson
Drapeau : Suède P. Nyborg
1er tour (1/32)
Drapeau : France N. Escudé
Drapeau : Canada S. Lareau
Drapeau : Canada D. Nestor
1/4 de finale
Drapeau : Australie A. Kratzmann
Drapeau : Pays-Bas P. Haarhuis
Drapeau : Australie S. Stolle
2e tour (1/16)
Drapeau : Australie A. Kratzmann
Drapeau : Australie W. Arthurs
Drapeau : République fédérale de Yougoslavie N. Zimonjić
2001 1er tour (1/32)
Drapeau : Slovaquie D. Hrbatý
Drapeau : Japon T. Shimada
Drapeau : Afrique du Sud M. Wakefield
1/8 de finale
Drapeau : Afrique du Sud W. Ferreira
Drapeau : États-Unis D. Johnson
Drapeau : États-Unis J. Palmer
2002 1/8 de finale
Drapeau : Suisse G. Bastl
Drapeau : Zimbabwe W. Black
Drapeau : Zimbabwe K. Ullyett
2003 1/8 de finale
Drapeau : Suisse Y. Allegro
Drapeau : France M. Llodra
Drapeau : France F. Santoro
2004 1er tour (1/32)
Drapeau : Suisse Y. Allegro
Drapeau : Brésil André Sá
Drapeau : Brésil F. Saretta
  • Sous le résultat, le nom du (de la) partenaire ; à droite, les noms des ultimes adversaires.

Parcours dans les Masters 1000

En simple

Année Indian Wells Miami Monte-Carlo Rome Hambourg puis Madrid[532] Canada Cincinnati Stuttgart puis Madrid puis Shanghai[533] Paris
1999 1er tour
Drapeau : Danemark K. Carlsen
1er tour
Drapeau : États-Unis V. Spadea
2000 2e tour
Drapeau : Argentine M. Zabaleta
1er tour
Drapeau : République tchèque Jiří Novák
1er tour
Drapeau : Ukraine A. Medvedev
1er tour
Drapeau : Roumanie A. Pavel
1er tour
Drapeau : Australie L. Hewitt
1er tour
Drapeau : Espagne F. Clavet
2e tour
Drapeau : Russie I. Kafelnikov
1er tour
Drapeau : Slovaquie D. Hrbatý
2001 1er tour
Drapeau : Allemagne N. Kiefer
1/4 de finale
Drapeau : Australie P. Rafter
1/4 de finale
Drapeau : France S. Grosjean
1/8 de finale
Drapeau : Afrique du Sud W. Ferreira
1er tour
Drapeau : Argentine F. Squillari
2e tour
Drapeau : Afrique du Sud W. Ferreira
2e tour
Drapeau : République tchèque Jiří Novák
2002 1/8 de finale
Drapeau : Suède T. Enqvist
Finale
Drapeau : États-Unis A. Agassi
2e tour
Drapeau : Argentine D. Nalbandian
1er tour
Drapeau : Italie A. Gaudenzi
Victoire
Drapeau : Russie Marat Safin
1er tour
Drapeau : Argentine G. Cañas
1er tour
Drapeau : Croatie I. Ljubičić
1/4 de finale
Drapeau : France F. Santoro
1/4 de finale
Drapeau : Australie L. Hewitt
2003 2e tour
Drapeau : Brésil G. Kuerten
1/4 de finale
Drapeau : Espagne A. Costa
Finale
Drapeau : Espagne F. Mantilla
1/8 de finale
Drapeau : Australie M. Philippoussis
1/2 finale
Drapeau : États-Unis A. Roddick
2e tour
Drapeau : Argentine D. Nalbandian
1/2 finale
Drapeau : Espagne J.C. Ferrero
1/4 de finale
Drapeau : Royaume-Uni Tim Henman
2004 Victoire
Drapeau : Royaume-Uni Tim Henman
3e tour
Drapeau : Espagne R. Nadal
2e tour
Drapeau : Espagne A. Costa
Victoire
Drapeau : Argentine G. Coria
Victoire
Drapeau : États-Unis A. Roddick
1er tour
Drapeau : Slovaquie D. Hrbatý
2005 Victoire
Drapeau : Australie L. Hewitt
Victoire
Drapeau : Espagne R. Nadal
1/4 de finale
Drapeau : France R. Gasquet
Victoire
Drapeau : France R. Gasquet
Victoire
Drapeau : États-Unis A. Roddick
2006 Victoire
Drapeau : États-Unis James Blake
Victoire
Drapeau : Croatie I. Ljubičić
Finale
Drapeau : Espagne R. Nadal
Finale
Drapeau : Espagne R. Nadal
Victoire
Drapeau : France R. Gasquet
2e tour
Drapeau : Royaume-Uni A. Murray
Victoire
Drapeau : Chili F. González
2007 2e tour
Drapeau : Argentine G. Cañas
1/8 de finale
Drapeau : Argentine G. Cañas
Finale
Drapeau : Espagne R. Nadal
1/8 de finale
Drapeau : Italie F. Volandri
Victoire
Drapeau : Espagne R. Nadal
Finale
Drapeau : Serbie N. Djokovic
Victoire
Drapeau : États-Unis James Blake
Finale
Drapeau : Argentine D. Nalbandian
1/8 de finale
Drapeau : Argentine D. Nalbandian
2008 1/2 finale
Drapeau : États-Unis Mardy Fish
1/4 de finale
Drapeau : États-Unis A. Roddick
Finale
Drapeau : Espagne R. Nadal
1/4 de finale
Drapeau : République tchèque R. Štěpánek
Finale
Drapeau : Espagne R. Nadal
2e tour
Drapeau : France G. Simon
1/8 de finale
Drapeau : Croatie I. Karlović
1/2 finale
Drapeau : Royaume-Uni A. Murray
1/4 de finale
Forfait
2009 1/2 finale
Drapeau : Royaume-Uni A. Murray
1/2 finale
Drapeau : Serbie N. Djokovic
1/8 de finale
Drapeau : Suisse S. Wawrinka
1/2 finale
Drapeau : Serbie N. Djokovic
Victoire
Drapeau : Espagne R. Nadal
1/4 de finale
Drapeau : France J-W. Tsonga
Victoire
Drapeau : Serbie N. Djokovic
2e tour
Drapeau : France J. Benneteau
2010 3e tour
Drapeau : Chypre M. Baghdatís
1/8 de finale
Drapeau : République tchèque T. Berdych
2e tour
Drapeau : Lettonie E. Gulbis
Finale
Drapeau : Espagne R. Nadal
Finale
Drapeau : Royaume-Uni A. Murray
Victoire
Drapeau : États-Unis Mardy Fish
Finale
Drapeau : Royaume-Uni A. Murray
1/2 finale
Drapeau : France G. Monfils
2011 1/2 finale
Drapeau : Serbie N. Djokovic
1/2 finale
Drapeau : Espagne R. Nadal
1/4 de finale
Drapeau : Autriche J. Melzer
1/8 de finale
Drapeau : France R. Gasquet
1/2 finale
Drapeau : Espagne R. Nadal
1/8 de finale
Drapeau : France J-W. Tsonga
1/4 de finale
Drapeau : République tchèque T. Berdych
Victoire
Drapeau : France J-W. Tsonga
2012 Victoire
Drapeau : États-Unis John Isner
3e tour
Drapeau : États-Unis A. Roddick
1/2 finale
Drapeau : Serbie N. Djokovic
Victoire
Drapeau : République tchèque T. Berdych
Victoire
Drapeau : Serbie N. Djokovic
1/2 finale
Drapeau : Royaume-Uni A. Murray
2013 1/4 de finale
Drapeau : Espagne R. Nadal
Finale
Drapeau : Espagne R. Nadal
1/8 de finale
Drapeau : Japon K. Nishikori
1/4 de finale
Drapeau : Espagne R. Nadal
1/8 de finale
Drapeau : France G. Monfils
1/2 finale
Drapeau : Serbie N. Djokovic
2014 Finale
Drapeau : Serbie N. Djokovic
1/4 de finale
Drapeau : Japon K. Nishikori
Finale
Drapeau : Suisse S. Wawrinka
2e tour
Drapeau : France J. Chardy
Finale
Drapeau : France J-W. Tsonga
Victoire
Drapeau : Espagne D. Ferrer
Victoire
Drapeau : France G. Simon
1/4 de finale
Drapeau : Canada M. Raonic
2015 Finale
Drapeau : Serbie N. Djokovic
1/8 de finale
Drapeau : France G. Monfils
Finale
Drapeau : Serbie N. Djokovic
2e tour
Drapeau : Australie N. Kyrgios
Victoire
Drapeau : Serbie N. Djokovic
2e tour
Drapeau : Espagne A. Ramos
1/8 de finale
Drapeau : États-Unis John Isner
2016 1/4 de finale
Drapeau : France J-W. Tsonga
1/8 de finale
Drapeau : Autriche D. Thiem
2017 Victoire
Drapeau : Suisse S. Wawrinka
Victoire
Drapeau : Espagne R. Nadal
Finale
Drapeau : Allemagne A. Zverev
Victoire
Drapeau : Espagne R. Nadal
  • Sous le résultat se trouve le nom de l'ultime adversaire.

Caractéristiques de son jeu

Roger Federer à l'US Open en 2008.

Roger Federer joue de la main droite et pratique un revers à une main, ce dernier coup étant relativement rare parmi les joueurs du circuit qui lui préfèrent en très grande majorité le revers à deux mains. Toutefois, l'Américain Pete Sampras, à qui Federer est souvent comparé, effectuait également son revers à une main, accentuant ainsi les tentations de comparaison entre les deux champions. Il possède un jeu très complet, efficace sur toutes les surfaces y compris sur terre battue. Il ne base pas son jeu sur une technique précise et sa particularité est justement d'adapter son jeu en fonction des conditions (adversaire, surface, climat, fatigue) pour pouvoir réaliser le meilleur coup possible à un moment donné[534]. Au début de sa carrière (jusqu'en 2000 environ), il pratique un véritable jeu d'attaque, faisant souvent usage du service-volée, et c'est de cette façon qu'il a remporté son premier Wimbledon. Cependant, avec l'avènement de très bons relanceurs (Rafael Nadal, David Nalbandian ou David Ferrer par exemple), l'augmentation de la puissance des raquettes, et le ralentissement progressif des surfaces, il a été obligé de diversifier son jeu pour gagner sur d'autres surfaces que sur gazon. C'est ainsi qu'il a adopté un jeu très varié.

Roger Federer au Masters de Paris-Bercy en 2008.

De l'aveu d'un de ses préparateurs, un des piliers de son jeu réside dans une exceptionnelle coordination[535], ayant pour conséquence une gestuelle tout en fluidité et décontraction, donnant cette impression singulière que Federer ne « force » jamais, d'autant plus qu'il ne crie que très rarement dans l'échange contrairement à Nadal ou Djokovic. En effet, ses frappes sont toujours très relâchées et il semble généralement très détendu durant les points. Cela lui permet de réaliser de violentes accélérations ainsi que des coups inattendus dans des positions très délicates. Il peut frapper fort en pleine course ou en reculant, ce qui lui permet de passer d'une position défensive à une position d'attaque sur un coup et de renverser des points mal engagés. Sa grande polyvalence lui permet ainsi de réaliser des coups inattendus voire acrobatiques (« smash-lob » du fond du court voire demi-volée de sa ligne de fond)[536]. Voici une analyse de son jeu point par point :

Service

Au service, Roger Federer a un geste très simple et fluide qui lui permet de donner à la balle une vitesse moyenne comprise, en première balle, entre 170 km/h pour les services slicés extérieurs, et autour de 200 km/h lorsqu'il sert au centre. Il sert généralement autour de 160 km/h sur ses secondes, auxquelles il donne souvent (lorsque la surface restitue les effets) un effet « kické » (lifté). Cet effet permet à la balle de rebondir haut et de dévier légèrement de sa trajectoire après rebond. Le fait que son lancer et son geste soient identiques, quel que soit le service qu'il réalise (au centre, extérieur, lifté, slicé, au corps) le classe parmi les joueurs ayant le service le plus difficile à lire pour l'adversaire[537], et donc à relancer. Sans avoir la percussion qu'ont les grands serveurs en première balle, il est généralement considéré comme l'un des meilleurs serveurs du circuit[537] pour sa capacité à varier zones et effets, avec par exemple 89 % de ses jeux de service gagnés sur l'année 2012. Il fait, en outre, partie depuis 2015 du club très fermé des joueurs ayant frappé plus de 9000 aces en carrière[537]. Federer ne semble d'ailleurs jamais aussi performant dans ce secteur du jeu que lorsqu'il est mené dans un jeu ou doit écarter des balles de break. Néanmoins, sur terre battue, la balle est ralentie par la surface et son nombre de services gagnants diminue, limitant ainsi sa marge d'erreur dans les autres secteurs du jeu.

Coup droit

Coup droit à l'US Open en 2006.

Le coup droit de Roger Federer est généralement considéré comme son meilleur coup. En effet, celui-ci est rarement pris en défaut et permet souvent au Suisse de conclure l'échange grâce à une accélération. Sa préparation est relativement courte ce qui lui permet de frapper la balle assez tôt après le rebond, un peu à la manière d'Andre Agassi. Ce coup lui permet aussi parfois de trouver des angles importants, qui lui permettent ensuite d'avoir le court ouvert pour conclure sans trop de difficulté. Son coup droit n'est pas très rapide mais cela lui permet de commettre moins d'erreurs[538]. Il peut ainsi du fond du court avoir beaucoup de longueur tout en imprimant de l'effet lifté, ce qui lui donne de la marge lors des longs rallyes[539]. De plus, sa courte préparation lui permet d'effectuer de très bons passing-shots lorsque l'adversaire monte à la volée.

Le Suisse garde les yeux rivés sur l'endroit de l'impact avec la balle, en faisant un mouvement avec son poignet destiné à retarder la tête de raquette par rapport à la main, afin d'accélérer ensuite la balle et d'imprimer l'effet lifté[540].

Son premier coup droit (c'est-à-dire la première frappe après avoir servi) est particulièrement performant quand sa première balle passe et lui permet d'obtenir de nombreux points avec une certaine facilité. Néanmoins, quand l'échange perd quelque peu d'intensité, il lui arrive de frapper la balle avec une certaine nonchalance et de « boiser » (soit frapper avec le cadre de la raquette, et non avec le cordage) et donc de faire des erreurs non provoquées. C'est notamment le cas quand la balle adverse a beaucoup d'effet et monte très rapidement après le rebond. David Foster Wallace a décrit la vitesse incroyable, la fluidité et la force brute de ce coup droit comme étant « un grand fouet liquide »[541] tandis que John McEnroe l'a désigné comme étant « le plus grand coup de notre sport » en de nombreuses occasions.

Revers

Revers à Roland-Garros en 2009.

Bien qu'ayant progressé au fil des années, le revers lifté de Federer est son coup le plus vulnérable[542]. Auparavant, il était de loin son coup le plus faible et le Suisse avait beaucoup de mal à l