Robert Mugabe

Robert Mugabe
Robert Mugabe en 2015.
Robert Mugabe en 2015.
Fonctions
Président de la République du Zimbabwe[N 1]
[N 3]
(29 ans, 10 mois et 21 jours)
Élection
Réélection

27 juin 2008
31 juillet 2013
Vice-président Simon Muzenda 
Joshua Nkomo
Joseph Msika 
Joice Mujuru
John Nkomo 
Emmerson Mnangagwa
Phelekezela Mphoko
Prédécesseur Canaan Banana
Successeur Emmerson Mnangagwa
Premier ministre du Zimbabwe

(7 ans, 8 mois et 13 jours)
Président Canaan Banana
Prédécesseur Abel Muzorewa
Successeur Morgan Tsvangirai
(indirectement)
Président de l'Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique[N 2]

(42 ans, 8 mois et 1 jour)
Prédécesseur Herbert Chitepo
Successeur Emmerson Mnangagwa
Président de l'Union africaine

(1 an)
Prédécesseur Mohamed Ould Abdel Aziz
Successeur Idriss Déby
Biographie
Nom de naissance Robert Gabriel Karigamombe Mugabe
Date de naissance (94 ans)
Lieu de naissance Mission Kutama,
district de Zvimba (Rhodésie du Sud)
Nationalité zimbabwéenne
Parti politique ZANU (1963-1987)
ZANU-PF (1987-2017)
Conjoint Sally Hayfron (1961-†1992)
Grace Marufu (depuis 1996)
Diplômé de université de Fort Hare
université de Londres
université d'Afrique du Sud
Profession enseignant
Religion catholicisme
Résidence Palais national (Harare)

Signature de Robert Mugabe

Robert Mugabe Robert Mugabe
Premiers ministres du Zimbabwe
Présidents de la République du Zimbabwe
Présidents de l'Union africaine

Robert Mugabe, né le à Kutama en Rhodésie du Sud (actuel Zimbabwe), est un homme d'État zimbabwéen, Premier ministre de 1980 à 1987 et président de la République de 1987 à 2017.

Marxiste, Robert Mugabe participe à la fondation de l'Union nationale africaine du Zimbabwe (ZANU) et mène une guérilla contre le gouvernement de Ian Smith en Rhodésie du Sud, ce qui fait de lui un des « pères de l’indépendance » du pays, qui devient le Zimbabwe. Après avoir été Premier ministre du pays dès son indépendance, en 1980, il en accède sept ans plus tard à la présidence, instaurant un régime présidentiel, ce qui lui permet de continuer à assurer l'essentiel du pouvoir, auparavant détenu par le chef du gouvernement.

Son engagement anticolonialiste assure sa popularité auprès d'une partie de sa population et du continent africain. Cependant, il est accusé de faire reculer les libertés individuelles et de favoriser le racisme antiblanc, notamment par une politique de confiscation de terres et d'expulsions. Au niveau économique, sa présidence est marquée par une explosion du taux de chômage, par une hyperinflation, par des famines et par la décision de pays occidentaux d'imposer au Zimbabwe des sanctions économiques.

En , alors qu'il dirige de facto le pays depuis 37 ans et qu'il est le plus âgé des chefs d'État en exercice dans le monde, l'armée le place en résidence surveillée. Après une semaine de tractations et de pressions, et alors que le Parlement entame une procédure de destitution à son encontre, il annonce sa démission de la présidence.

Biographie

Origines

Né le , fils d'un immigré du Nyassaland, Robert Gabriel Mugabe grandit à la mission catholique jésuite de Kutama au nord-est de la capitale Salisbury. Son père abandonnant le foyer familial alors qu'il n'a que 10 ans, Robert Mugabe est élevé par sa mère dont il est très proche. Enfant solitaire, il manifeste un goût prononcé pour la lecture et les études. Il est issu de l'ethnie majoritaire des Shonas.

Éducation

Diplômé en enseignement à l'âge de 17 ans, il rejoint l'université de Fort Hare en Afrique du Sud pour y étudier l'anglais et l'histoire. Il y côtoie Julius Nyerere, Herbert Chitepo, Robert Sobukwe et Kenneth Kaunda.

Il est diplômé en 1951 puis poursuit ses études à Driefontein en 1952, à Salisbury (1953), à Gwelo (1954) et au Tanganyika (1955-1957). Il obtient par correspondance une licence en enseignement à l'université d'Afrique du Sud et une licence d'économie à l'université de Londres. Il enseigne pendant trois ans à Lusaka, capitale de l'ex-Rhodésie du Nord, puis à Accra au Ghana, première colonie d'Afrique ayant accédé à l'indépendance, où il s'éprend d'une collègue, Sally Hayfron, sa première femme qu'il épouse en 1961.

En plus de ses sept diplômes académiques, il n'hésite pas à dire qu'il est « diplômé en violence »[1].

Chef de guérilla

En 1960, Robert Mugabe revient en Rhodésie du Sud, converti à l'idéologie marxiste et se déclarant « marxiste-léniniste-maoïste »[2]. Il se joint au Ndébélé[3] Joshua Nkomo et au Parti national démocratique (National Democratic Party – NDP), qui devient par la suite Zimbabwe African People's Union (ZAPU), immédiatement interdit par le gouvernement blanc de Ian Smith.

En 1963, Mugabe, Shona, crée son propre parti, le Zimbabwe African National Union (ZANU), avec le révérend Ndabaningi Sithole  et l'avocat Herbert Chitepo. Il en devient secrétaire général. La ZANU et la ZAPU seront longtemps séparés par cette frontière ethnique entre Shonas et Ndébélés.

En 1964, il est arrêté avec d'autres chefs de file nationalistes et jeté en prison pendant dix ans au camp de restriction de Gonakudzingwa  à la frontière entre la Rhodésie du Sud et le Mozambique. Il en profite pour étudier le droit et consolider son influence sur le mouvement nationaliste. En 1966, il perd son fils mais se voit refuser une permission pour l'enterrement, ce qui attise sa haine du régime de Salisbury.

Relâché en 1974, sous les pressions de John Vorster, le Premier ministre d'Afrique du Sud qui cherchait à trouver des interlocuteurs modérés au gouvernement blanc de Ian Smith, Premier ministre de la Rhodésie indépendante, il quitte le pays pour le Mozambique où il prend la direction de la branche militaire de la ZANU, la ZANLA (Zimbabwe African National Liberation Army), pour mener la guérilla contre le gouvernement de Ian Smith avec le soutien des communistes du Front de libération du Mozambique.

Le , Herbert Chitepo est assassiné en Zambie dans un attentat à la voiture piégée et Mugabe peut alors prendre complètement le contrôle de la ZANU tandis que le révérend Ndabaningi Sithole renonce au combat armé et crée un parti politique modéré : l'Union nationale africaine du Zimbabwe - Ndonga.

Le , les accords de Salisbury signés par Ian Smith avec des dirigeants noirs modérés comme Abel Muzorewa et Ndabaningi Sithole aboutissent au principe d'élections multiraciales et à la fin de la domination blanche.

Les élections d' sont remportées par l'UANC de Canaan Banana et d'Abel Muzorewa, l'UANC étant le seul parti noir ayant renoncé à la violence et autorisé ainsi à concourir. Abel Muzorewa devient le nouveau premier ministre de la nouvelle Zimbabwe-Rhodésie le . Cependant, le nouveau régime n'obtient pas de reconnaissance internationale du fait des restrictions imposées aux autres partis politiques noirs n'ayant pu participer aux élections.

En , le pays redevient la colonie britannique de Rhodésie du Sud et les accords de Lancaster House signés à la fin du mois aboutissent à un accord général dont l'octroi de garanties économiques et politiques pour la minorité blanche et des élections multiraciales prévues pour . Après une campagne électorale marquée par des intimidations de toutes parts, l'intrusion des forces de sécurité et des fraudes, les Shonas votent en masse pour leur parti communautaire, en l'occurrence la ZANU de Robert Mugabe.

Le , la ZANU emporte 57 des 80 sièges réservés aux Noirs alors que les 20 sièges du collège électoral blanc sont tous remportés par le Front rhodésien de Ian Smith.

Le , Robert Mugabe devient le premier Premier ministre du nouvel État du Zimbabwe et Canaan Banana le premier président.

Premier ministre

Robert Mugabe en 1982.

À la tête du gouvernement, Mugabe tente de bâtir un nouveau pays sur la base d'une alliance entre Shonas et Ndébélés. Il tente d'incorporer la ZAPU dans sa ZANU et offre à Nkomo de prestigieux portefeuilles ministériels. Mais les revendications et les attentes sociales des Shonas l'entraînent à mener une politique plus nationaliste et ethnique.

En 1982, pour fêter les deux ans d'indépendance, il fait rebaptiser toutes les villes du pays à commencer par Salisbury, nommée désormais Harare.

En 1983, une rébellion ndébélé met fin à l'union ZANU-ZAPU et une guerre civile ensanglante la province du Matabeleland. Robert Mugabe y déploie « sa » 5e brigade, une force spéciale formée par des instructeurs nord-coréens. Nkomo est démis de ses fonctions. La répression de l'armée est brutale contre les Ndébélés. On dénombrera 10 000 victimes.

En 1987, un accord de paix met fin à la guerre civile et la ZAPU se fond enfin dans la nouvelle ZANU-PF. C'est également l'année de la fin du collège électoral blanc et de leur représentation assurée de 20 députés signifiant la fin du rôle politique des Blancs dans le pays. C'est aussi l'année où Mugabe prend la fonction de président de l'État aux pouvoirs élargis, abolissant le poste de Premier ministre.

Chef de l'État

Débuts

La ZANU et le ZAPU fusionnent fin 1987 pour former la ZANU-PF. En 1988, Mugabe nomme Joshua Nkomo à la fonction de vice-président.

En 1990, Robert Mugabe est élu président de la République et fait part de son intention d'imposer institutionnellement la ZANU comme parti unique et de transformer l'État en régime marxiste. La chute du mur de Berlin et l'effondrement des régimes communistes en Europe empêchent cette mutation, du moins en droit.

Mugabe est réélu en 1996, presque sans opposition, à la suite du retrait de ses deux adversaires Abel Muzorewa et le révérend Ndabaningi Sitholé. À l'issue de l’élection présidentielle de 2002, Robert Mugabe obtient 56 % des voix contre Morgan Tsvangirai, le président du tout nouveau Mouvement pour un changement démocratique  (MDC).

En 1997, Laurent-Désiré Kabila s'empare du pouvoir au Zaïre, désormais rebaptisé République démocratique du Congo, mais doit rapidement faire face à la rébellion d'une partie de ses troupes soutenue par l'Ouganda et le Rwanda. Mugabe vole au secours du pouvoir de Kinshasa en envoyant 20 000 hommes en RDC au côté des Angolais et des Namibiens. Cette aide aura un prix : Mugabe obtiendra le droit d'exploitation d'une mine de cobalt (un des plus grands gisements du monde) et un accès au trafic de diamants[4]. Le cuivre congolais de meilleure qualité viendra alimenter les industries zimbabwéennes. L'intervention militaire de Mugabe sera totalement financée par l'État congolais avec ces mêmes ressources minières.

Réélection contestée de 2008

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Les élections générales de 2008 se déroulent dans un contexte économique, politique et social très tendu. L'ancien grenier à maïs de l'Afrique australe est alors en ruine, avec une hyperinflation annuelle proche de 165 000 %, quatre adultes sur cinq au chômage, des magasins vides, des pénuries alimentaires (les plus graves de l'histoire du pays)[5],[6],[7] et énergétiques à répétition alors que l'espérance de vie a dégringolé à 56 ans. Robert Mugabe bénéficie néanmoins encore du soutien sans faille de la police et de l'armée ainsi que d'un système élaboré de clientélisme assorti de campagnes de répression ou d'intimidation des partis rivaux[8].

Pour l’élection présidentielle, Robert Mugabe (Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique – ZANU-PF), candidat à un 6e mandat, affronte à nouveau Morgan Tsvangirai (Mouvement pour le changement démocratique – MDC) et Simba Makoni, un ancien ministre des Finances, dissident du ZANU-PF. Pour les élections législatives, le MDC affronte le ZANU-PF[9].

Les élections ont lieu en l'absence de la plupart des correspondants de la presse étrangère et des observateurs européens et américains, le régime n'ayant accepté que la présence d'observateurs de pays africains ou « amis ».

Ce n'est que le 2 avril, au bout d'un long décompte, que la Commission électorale du Zimbabwe déclare que le MDC a gagné les élections en remportant 105 sièges (dont 5 MDC dissidents) contre 95 au ZANU-PF. Au Sénat, les deux partis se retrouvent à égalité. Entre-temps, le MDC a accusé les autorités de retarder les résultats pour les manipuler en faveur de Robert Mugabe et, par crainte de violences, les forces de sécurité ont été déployées dans la capitale du pays. Sur le plan international, la secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, qualifie le régime de Robert Mugabe de « honte pour le peuple du Zimbabwe, pour l'Afrique australe et le continent dans son ensemble »[10] alors que le président sud-africain Thabo Mbeki est mis en cause, y compris par son propre parti l'ANC, pour son « silence assourdissant » ou son aveuglement sur la situation politique du pays[11].

Alors que la ZANU-PF réclame et obtient un recomptage partiel, alimentant la tension politique au Zimbabwe, les résultats de l’élection présidentielle ne sont pas divulgués. L'absence de publication officielle des résultats fait alors craindre au MDC que la Commission électorale, dont les membres ont été nommés par Robert Mugabe, ne manipule les résultats. Alors que le MDC proclame que Morgan Tsvangirai a été élu président avec 50,3 % des voix, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, demande aux autorités de procéder à la publication officielle des résultats de l'élection présidentielle. De son côté, Robert Mugabe appelle les Zimbabwéens à protéger leurs terres des Blancs[12] alors que « d'anciens combattants » de la guerre d’indépendance envahissent les fermes encore détenues par les Blancs[13].

Alors que la ZANU-PF a probablement bien été battue aux élections législatives du 29 mars par le Mouvement pour un changement démocratique et que les résultats de l'élection présidentielle ne sont toujours pas publiés, trois semaines après le scrutin, Robert Mugabe réapparaît publiquement lors des fêtes de commémoration de l'indépendance du Zimbabwe. Mis en accusation pour les violences et les actes d'intimidation de ses partisans à travers le pays[14] pour s'assurer de la victoire en cas de deuxième tour de la présidentielle, Robert Mugabe en profite pour attaquer la Grande-Bretagne devant 15 000 militants et sympathisants, réunis dans un stade de la banlieue d'Harare. Dans un discours virulent, il accuse ainsi l'ancienne puissance coloniale de « soudoyer une partie de la population pour qu'elle se retourne contre lui », répétant que « le Zimbabwe ne sera plus jamais une colonie »[15]. Lors d'une manifestation le 20 juin il déclare également que « seul Dieu pourrait lui retirer le pouvoir ». Dans ce climat, bien que vraisemblablement majoritaire dans le pays mais craignant pour ses partisans menacés de représailles sanglantes, Morgan Tsvangirai décide à cinq jours du second tour de l'élection présidentielle de boycotter celle-ci, permettant ainsi à Robert Mugabe d'être réélu[16].

Jusqu'à cette campagne électorale, Robert Mugabe bénéficiait d'un soutien quasi sans faille de ses pairs africains, notamment de ceux de la Communauté de développement des pays d’Afrique australe. À la suite des exactions commises par ses partisans, Robert Mugabe, que Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères français, qualifie « d’escroc et d’assassin »[17], est lâché par plusieurs pays voisins comme la Zambie, le Botswana, l’Angola et le Swaziland qui se joignent à l'ensemble des condamnations internationales de celui perçu autrefois comme le « père de la nation » zimbabwéenne mais aujourd'hui aussi catalogué par la presse et la communauté internationale comme un « despote mégalomaniaque »[18]. Dans le même temps, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, apporte son soutien à la demande de Morgan Tsvangirai appelant au report du second tour de l'élection présidentielle, déclarant notamment qu'il y a « trop de violences et d'intimidations » au Zimbabwe et qu'une élection ne peut être tenue dans ces conditions et serait dépourvue de toute légitimité. Ban Ki-moon déclare que « la situation au Zimbabwe représente aujourd'hui le plus grave défi à la stabilité de l'Afrique australe », estimant même que le principe d'élections en Afrique est en jeu[19]. Le 23 juin, par une résolution non contraignante, le Conseil de sécurité de l'ONU condamne la crise politique au Zimbabwe, accusant spécifiquement le « comportement du gouvernement » d'avoir « dénié à ses opposants politiques le droit de faire librement campagne » et rendu impossible, par ses violences et restrictions, « la tenue d'une élection libre et équitable le 27 juin ». Alors que le Britannique Paddy Ashdown, ancien haut représentant de l'ONU et de l'UE en Bosnie-Herzégovine, exprime ses craintes de voir la violence au Zimbabwe déboucher sur un « génocide », le Sud-Africain Jacob Zuma, chef de l'ANC, dénonce à son tour le comportement de Robert Mugabe, demandant une intervention d'urgence aux Nations unies et à la Communauté pour le développement de l'Afrique australe[20]. Dans un entretien accordé à la télévision australienne, un autre Sud-Africain, le prix nobel de la paix Desmond Tutu, assimile Robert Mugabe à « une sorte de Frankenstein », et plaide également pour une intervention rapide de la communauté internationale, brandissant lui aussi la menace d'un nouveau génocide similaire à celui arrivé au Rwanda en 1994[21].

Robert Mugabe en 2009.

Le 25 juin 2008, Robert Mugabe est déchu de son titre de chevalier honoraire par la Grande-Bretagne[22], condamné par la Conférence des évêques d'Afrique australe, lâché par Nelson Mandela qui dénonce « la tragique faillite de leadership au Zimbabwe » et désavoué par la commission de sécurité de la Communauté de développement de l'Afrique australe qui lui demande de reporter le second tour de l'élection présidentielle[23],[24]. Or, de nombreux juristes internationaux estiment que ce second tour, organisé hors délai, n'a aucune valeur au regard de la loi électorale du pays et que, en respect de celle-ci, Morgan Tsvangirai ayant obtenu une majorité simple des suffrages lors du premier tour, est d'ores et déjà vainqueur[25] et le président légitime du Zimbabwe.

Les résultats officiels du second tour de l'élection présidentielle annoncent la réélection de Mugabe pour un sixième mandat. Il obtient officiellement 2 150 269 voix face à 233 000 pour Tsvangarai[26].

Premier tour
Candidats Nombres de voix % des voix
Morgan Tsvangirai 1 195 562 47,9 %
Robert Mugabe 1 079 730 43,2 %
Simba Makoni 207 470 8,3 %
Langton Towungana 14 503 0,6 %

À la suite de ce résultat officiel, Robert Mugabe prête de nouveau serment comme chef de l'État. À ce titre, il peut dès lors nommer 33 sénateurs supplémentaires, comme le lui confère de droit la Constitution, empêchant l'opposition (qui avait remporté la majorité des sièges à la Chambre basse et la moitié de ceux au Sénat) de contrôler le Parlement[27].

Alors que Ban Ki-moon estime que ces élections ne reflètent pas la volonté du peuple zimbabwéen[28], que les États-Unis et l'Europe considèrent la victoire de Robert Mugabe comme étant usurpée et réclament la mise au banc d'un « régime illégitime »[29],[30], les chefs d'État africains réunis lors du sommet de l’Union africaine à Charm el-Cheikh reconnaissent que « le scrutin au Zimbabwe n’a pas été conforme aux normes de l’Union africaine sur les élections démocratiques », dénoncent les violences et l’absence « d’accès équitable aux médias publics »[31] et en appellent à un partage du pouvoir entre Robert Mugabe et Morgan Tsvangirai dans un gouvernement d'union nationale[32]. Alors que les chefs d'État du Sénégal et du Nigeria sont les plus virulents envers Robert Mugabe, celui du Botswana propose d'exclure le Zimbabwe de l'organisation continentale et de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC).

Dernières années de présidence

Le , il est réélu président, malgré de nombreuses irrégularités constatées. Le 22 août suivant, il prête serment pour un nouveau mandat de cinq ans[33],[34]. L'Union africaine atteste de la régularité du scrutin[35].

Le , Robert Mugabe limoge sa vice-présidente Joice Mujuru, un temps considérée comme sa dauphine politique, ainsi que huit ministres proches de cette dernière[36].

Robert Mugabe avec Vladimir Poutine en 2015.

Le 17 octobre 2017, l'OMS décide de le nommer ambassadeur de bonne volonté en invoquant « les efforts de Harare contre le tabac et contre les maladies non transmissibles ». Cette nomination entraîne de vives réactions internationales en raison des nombreuses violations des droits de l'homme reprochées à Mugabe et de l'effondrement du système de santé du Zimbabwe sous son gouvernement. Ainsi le Premier ministre canadien Justin Trudeau déclare « Quand j’ai entendu parler de la nomination de Robert Mugabe par l’OMS, franchement j’ai cru à un mauvais poisson d’avril ». Quelques jours plus tard, devant l'ampleur des réactions, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus explique sur Twitter qu'il est en train de « repenser la question[37] ». Le 22 octobre 2017 Ghebreyesus annonce qu'il a décidé après réflexion d'annuler sa nomination de Mugabe comme ambassadeur de bonne volonté de l'OMS et précise qu'il le fait parce que c'est dans l'intérêt de l'OMS[38].

Coup d'État de 2017 et démission

Manifestation le 19 novembre 2017.

En raison de l'âge avancé du président Mugabe, qui célèbre ses 93 ans en février 2017, la question de sa succession est devenue un enjeu important dans le milieu politique zimbabwéen. Robert Mugabe, ayant révélé qu'il souhaitait voir son épouse Grace Mugabe lui succéder, a écarté du parti ZANU-PF et du gouvernement les rivaux potentiels de cette dernière. Grace Mugabe, connue pour ses goûts de luxe et sa brutalité, est toutefois impopulaire[39]. Le 4 novembre, Robert Mugabe annonce qu'il souhaite que son épouse devienne vice-présidente. Le 5 novembre, celle-ci lui demande publiquement de lui céder directement la présidence de la République. Le limogeage du vice-président Emmerson Mnangagwa le 6 novembre 2017 a ainsi pour objectif de conforter la première dame, mais déplaît aux forces armées du Zimbabwe[40].

Le , le général Sibusiso Moyo annonce à la télévision nationale prendre le contrôle des rues afin « d'éliminer des criminels proches du président Mugabe » et affirme que l'armée ne mène pas de coup d'État contre le gouvernement[41]. Robert Mugabe et sa femme Grace sont placés en résidence surveillée par l'armée. L'Union africaine, l'Union européenne ou le Nigeria lancent un appel à la paix. Néanmoins aucun signe d'anarchie n'est détecté depuis[42],[43].

Toutefois, le 16 novembre, Robert Mugabe continue de se considérer comme le seul dirigeant légitime du Zimbabwe et refuse la médiation du prêtre catholique Fidelis Mukonori[44]. Le 17 novembre, l'ensemble des dix branches provinciales du parti ZANU-PF adoptent une motion lui retirant leur confiance comme chef du parti. Chris Mutsvangwa, l'un des dirigeants de l'association des vétérans de la lutte pour l'indépendance, appelle à une large manifestation le lendemain pour réclamer la démission du président[45]. Le 18 novembre, des dizaines de milliers de personnes « euphoriques » défilent dans les rues de la capitale, Harare, pour exiger la démission du président et célébrer par avance, dans une atmosphère festive, la fin de sa présidence. Les manifestations sont encouragées ou approuvées à la fois par les Forces de défense du Zimbabwe (les forces armées) et par les instances du parti ZANU-PF[46]. Le soir même, le parti ZANU-PF annonce qu'il allait, dès le lendemain 19 novembre, destituer le président de sa tête, et réintégrer Emmerson Mnangagwa[47], tandis que le président assure être « prêt à mourir »[48]. Enfin, une entrevue entre Mugabe et le chef de l'armée est prévue pour le lendemain[49].

Le 19 novembre, le comité central du ZANU-PF destitue Robert Mugabe de sa fonction de président du parti et l'en exclut. Emmerson Mnangagwa est alors désigné président du parti et candidat de celui-ci à l'élection présidentielle zimbabwéenne de 2018[50]. La Ligue des Jeunes du ZANU-PF demande également l'expulsion de Grace Mugabe. Le soir-même, Robert Mugabe s'adresse au pays par voie télévisée, en présence d'officiers militaires. Alors que l'annonce de sa démission est attendue, il refuse de la prononcer, et déclare son intention de présider la conférence du parti ZANU-PF en décembre[51]. Un peu plus tôt, le parti avait exclu Mugabe et son épouse de ses rangs[52].

Le 21 novembre, le Parlement ouvre une session pour préparer les travaux de destitution de Robert Mugabe de son titre de président du Zimbabwe. En même temps, plusieurs centaines de personnes manifestent devant le siège du Parlement pour exiger cette destitution[53]. Alors qu'Emmerson Mnangagwa fuit le pays pour l'Afrique du Sud, déclarant craindre pour sa vie[N 4], Chris Mutsvangwa, le secrétaire de l'association des vétérans de la lutte pour l'indépendance, appelle les manifestants à se diriger vers la résidence privée des Mugabe. Au contraire, le général Chiwenga appelle au calme[54].

Dans une lettre remise au président de l'Assemblée nationale ce , Robert Mugabe annonce sa démission[55]. Des célébrations éclatent dans les rues de Harare[56]. Le même jour, Emmerson Mnangagwa est désigné président et doit prêter serment le 24 novembre[57],[58].

Le , la justice zimbabwéenne déclare constitutionnel le coup d'État et annule rétroactivement le limogeage d'Emmerson Mnangagwa de son poste de premier vice-président[59].

Après la présidence

Durant sa prestation de serment, Mnangagwa avait promis de rompre avec l'ancien régime, mais continuait de reconnaître Mugabe comme le « père de la nation » et appelait le Zimbabwe à reconnaître « son immense contribution à la construction ». En conséquence, le , Mnangagwa fait du 21 février, jour de l'anniversaire de Robert Mugabe, un jour férié appelé « Journée de la jeunesse Robert Gabriel Mugabe »[60].

Le , il apparaît sur une photo en compagnie du général à la retraite Ambrose Mutinhiri, qui venait alors de rompre avec le parti présidentiel après la fondation de sa propre formation politique, en prévision de la présidentielle[61].

Le , lors d'une interview, il affirme que son renversement était un coup d'État[62].

Bilan et controverses

Au moment de quitter le pouvoir, le bilan présidentiel de Robert Mugabe est jugé très négatif[63],[64],[65]. Laissant un pays ruiné (une inflation à six chiffres et un taux de chômage proche de 90 %[39]), où un parti unique domine tous les secteurs du pays depuis plusieurs décennies, il est également critiqué pour les violations des droits de l'homme et de la liberté d'expression qui y ont court[66].

Réforme agraire et racisme antiblanc

Articles connexes : Racisme au Zimbabwe et Racisme antiblanc.
Robert Mugabe.

Quand Robert Mugabe arrive au pouvoir, 40 % des terres agricoles appartiennent à 6 000 fermiers blancs[67]. Dans un premier temps, Robert Mugabe les rassure contre toute expropriation forcée et quelques milliers d'hectares sont redistribués pacifiquement, souvent à des partisans du régime. Comme il l'a fait précédemment au Kenya, le Royaume-Uni prévoit alors de financer le rachat progressif des terres en vue de leur redistribution[67].

Mais, à partir des années 1990, alors que le Zimbabwe voit sa situation économique se dégrader, Robert Mugabe abandonne toute référence à l'unité nationale et dénonce un complot « blanc » qui viserait à se débarrasser de lui[67]. Il s'en prend continuellement aux Occidentaux, plus particulièrement à Tony Blair, qu'il accuse de néo-colonialisme.

En 2000, il soumet à référendum une nouvelle constitution incorporant notamment une réforme agraire avec des expropriations sans compensation et une amnistie permanente aux militaires et aux membres du gouvernement. Le 11 février 2000, ce projet de nouvelle constitution est rejeté par 54,7 % des votants, ce qui constitue le premier sérieux revers pour Robert Mugabe. Le 6 avril 2000, le président passe outre ce vote pour imposer sa réforme agraire en recourant à la violence des milices de pseudo anciens combattants, conduits par Chenjerai Hunzvi. La plupart des fermiers blancs sont expropriés et plusieurs sont assassinés[68]. Robert Mugabe est régulièrement accusé de nourrir les hostilités envers les fermiers blancs du Zimbabwe et de les rendre responsables de l'échec de sa réforme agraire pour sauver son pouvoir[69],[39].

À plusieurs reprises, il tient des déclarations jugées racistes envers les Blancs[67],[70] :

  • « L'homme blanc est ici comme le second citoyen : vous êtes en numéro un. Il est numéro deux ou trois. C’est ce qui doit être enseigné à nos enfants » ;
  • « Notre parti doit continuer de faire entrer la peur dans le cœur de l'homme blanc, notre véritable ennemi » ;
  • « Nous disons non aux Blancs qui possèdent nos terres. Ils doivent partir. Il n’y a pas de place pour eux ici » ;
  • « Le seul homme blanc que vous pouvez croire est l'homme blanc mort ».

Le Zimbabwe connaît un exode massif des Blancs vers l'étranger : leur nombre passe ainsi de 250 000 en 1980 à 40 000 en 2015, avec moins de 200 propriétaires terriens[67],[71]. Alors que les Blancs assuraient 80 % du revenu national, cette politique agraire favorise la famine dans l'ancien grenier à maïs de l'Afrique. D'exportateur, le pays devient importateur[39]. En 2016, constatant la répercussion néfaste de ses mesures sur la production agricole, Robert Mugabe appelle au retour au pays des fermiers blancs contraints à l'exil[71].

Libertés publiques

Robert Mugabe est personnellement mis en cause en 2001 par le Parlement européen pour sa responsabilité dans le chaos que connaît le pays et les « atteintes massives » aux droits de l'homme, à la liberté d'opinion et à la liberté de la presse. Dans sa résolution, le parlement pointe le « climat de peur et de désespoir » que ressent l'ensemble de la population, conséquence directe des interventions de Robert Mugabe[72].

En 1982, Robert Mugabe reconnaît que son régime a recours à la torture[2][réf. insuffisante].

Les élections parlementaires des 24 et sont les premières élections compétitives que connaît le Zimbabwe depuis les élections de . À la suite de l'échec du référendum organisé quelques mois plus tôt sur la réforme agraire, l'opposition regroupée dans le nouveau Mouvement pour le changement démocratique est de nouveau crédible et capable de mettre en échec la puissante ZANU-PF et le président Mugabe. Dans un climat de violences et d'occupation de fermes, le MDC n'échoue que de peu, avec 47 % des voix contre 48,6 % au ZANU. Malgré cette faible majorité de la ZANU-PF, le contrôle de celle-ci sur la chambre n'est pas menacé grâce à l'appoint des 20 députés supplémentaires nommés par le président Mugabe (correspondant à ce qui était autrefois le quota de députés réservé aux électeurs blancs).

Robert Mugabe refuse la même année une proposition de Kofi Annan, alors secrétaire général des Nations unies, visant à se retirer du pouvoir en contrepartie d'un asile politique et de compensations financières[73],[74].

Manifestation contre le régime de Mugabe à Londres en 2006.

Après les élections de 2002 et les premières sanctions internationales qui s'ensuivent, Mugabe abandonne toute courtoisie et met fin au semblant de démocratie en limitant drastiquement la liberté de la presse, en muselant l'opposition, en recourant à la torture et à l'assassinat des membres d'opposition avec l'aide d'un de ses anciens opposants, Jonathan Moyo, promu ministre de l'Information.

À partir de 2005, dans le cadre de l'opération Murambatsvina  (« chasser la saleté »), près de 700 000 personnes sont expulsées de la capitale, sans avoir d'autre lieu où se loger, pour « assurer la sécurité » dans Harare. Ces destructions de bidonvilles visent à frapper les quartiers qui avaient voté le plus pour l'opposition à Robert Mugabe.

En mars 2007, un rassemblement de l'opposition tente de manifester contre l'interdiction des manifestations et des rassemblements politiques, contre l'intention du président Robert Mugabe de se présenter à un nouveau mandat en 2008 et pour dénoncer la crise sociale, économique et politique que connaît le Zimbabwe depuis l'an 2000. La police arrête 50 militants (dont le chef de file du MDC, Morgan Tsvangirai) et les passe sévèrement à tabac. Une militante du MDC est tuée par balles.

Robert Mugabe n'en reste pas moins populaire chez certaines personnalités politiques africaines[75] : il reçoit le soutien de Sam Nujoma et d'autres chefs de file africains. Cette popularité s'explique notamment par l'aspect anticolonialiste de sa politique[76].

Mais d'autre déplorent le tournant dictatorial du régime[77],[78] : Desmond Tutu, l'ancien archevêque du Cap, le traite de « caricature de dictateur africain » ; l'ancien président de la Zambie Kenneth Kaunda et le président du Botswana Festus Mogae le désavouent. Un sondage Gallup de 2011 publié en 2014 le classe néanmoins parmi l'un des « despotes les plus détestés d’Afrique »[79],[80].

Situation économique

Sous l'effet de la politique agraire du président Mugabe et des sanctions internationales résultant des atteintes aux droits de l'homme, le pays s'enfonce dans une crise sans précédent, avec 90 % de ses citoyens étant sans emploi dans les années 2010. Le pays autrefois prospère doit souscrire au programme alimentaire mondial tandis que les élites, blanches comme noires, émigrent. L'économie périclite à la suite de l'expropriation violente des Blancs dont les terres désormais en jachère ont été distribuées le plus souvent à des proches du régime. L'ancien pays exportateur de maïs et de viande doit dorénavant en importer.

Robert Mugabe affirme, le , que « les Zimbabwéens ne mouraient pas de faim », mais qu'ils refusaient de changer leur régime alimentaire pour manger des patates ou du riz. Robert Mugabe a affirmé à l'Associated Press que son peuple était « très, très heureux ». Le véritable problème résidait dans la dépendance au maïs, selon lui, « mais cela ne veut pas dire que nous n'avons rien d'autre à manger : nous avons des tonnes de patates mais les gens ne sont pas des mangeurs de patates… Ils ont du riz mais cela ne les attire pas », déplorait Robert Mugabe[81].

Position sur l'homosexualité

Il a toujours affiché sa vive opposition à l'homosexualité, traitant les homosexuels de « porcs » ou de « chiens », et appelant la population à les dénoncer et les livrer à la police[82]. Présentant l'homosexualité comme « un péché contre nature », il s'est encore radicalisé entre 2008 et 2012, appelant à « castrer les homosexuels »[83], ou à les décapiter[84].

Lors de la campagne des élections de 2013, il a promis que, s'il était élu, il « ferait vivre un enfer aux homosexuels »[85]. Il critique systématiquement l'avancée des droits pour les homosexuels dans les autres pays africains, ou européens, en particulier lors des débats sur l'ouverture du mariage homosexuel[86].

Sanctions internationales

Robert Mugabe est condamné par l'ensemble des pays occidentaux et par des organisations telles qu'Amnesty International qui dénonce les atteintes aux droits de l'homme.

À la suite des élections de 2002, la Grande-Bretagne tente d’organiser avec les pays du Commonwealth des sanctions internationales. Appuyés par les pays occidentaux, les États-Unis et l’Australie, les Britanniques obtiennent difficilement la suspension du Zimbabwe du Commonwealth mais les pays africains font bloc autour du dictateur, justifiant son comportement par les abus du colonialisme. Le , le Zimbabwe est suspendu pour 18 mois supplémentaires du Commonwealth. Mugabe riposte en retirant purement et simplement le Zimbabwe de l'organisation[87].

Mugabe et ses proches sont également interdits de séjour en Europe et aux États-Unis. C'est sous ces pressions qu'il doit également retirer ses troupes du Congo.

En 2003, le Congrès des États-Unis impose une multitude de sanctions financières et économiques[88], lesquelles sont dénoncées comme « racistes » par Robert Mugabe. En 2005, le président américain, George W. Bush, cite le Zimbabwe parmi les postes avancées de la tyrannie au côté de Cuba et de la Corée du Nord[89].

En 2007, Robert Mugabe est le seul chef d'État africain à n'être pas invité par la diplomatie française au sommet France-Afrique de Cannes, qui se tient les 15 et 16 février. En effet, il est interdit de voyage sur le sol de l'Union européenne depuis plusieurs années, en raison de ses violations des droits de l'homme[90]. Son pays est alors plongé dans une profonde crise, battant chaque mois des records d'inflation, atteignant + 1 600 % en janvier 2007[91] et même 1 730 % en mars 2007[92].

Éloge d'Adolf Hitler

En mars 2003, il déclare : « Hitler avait un seul objectif : la justice pour son peuple, la souveraineté pour son peuple, la reconnaissance de l'indépendance de son peuple et ses droits sur ses ressources. Si cela c'est Hitler, laissez-moi être le décuple de Hitler (If that is Hitler, then let me be a Hitler tenfold. That is what we stand for.). »[93].

Éducation

Le Zimbabwe affiche un taux d'alphabétisation parmi les plus élevés en Afrique à la fin des années 2000 (83 % chez les adultes selon l'UNESCO en 2008-2012)[94],[95].

Reconnaissance

Le , son successeur, Emmerson Mnangagwa, fait du 21 février, jour de l'anniversaire de Robert Mugabe, un jour férié appelé « journée de la jeunesse Robert Gabriel Mugabe »[96].

Notes et références

Notes

  1. Président de l'État du Zimbabwe du au .
  2. Président de l'Union nationale africaine du Zimbabwe jusqu'en 1987.
  3. En résidence surveillée jusqu'à sa démission, du au , dans le cadre du coup d'État de 2017 au Zimbabwe.
  4. Il déclare : « Des personnes travaillant dans la sécurité, qui ont de l’amitié pour moi, m’ont prévenu qu’il y avait des plans pour m’éliminer une fois arrêté. Il en allait de ma sécurité de quitter le pays immédiatement. J’ai dit au président que je ne rentrerai pas chez moi jusqu’à ce que je sois satisfait de ma sécurité personnelle, à cause de la manière et de la façon dont j’ai été traité quand j’ai été limogé ». Cf. « Zimbabwe. Le vice-président Emmerson Mnangagwa a fui le pays », sur ouest-france.fr, (consulté le 21 novembre 2017).

Références

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  4. US Embassy Diplomatic Cables - Référence 01VATICAN1261 du 6 mars 2001 - Wikileaks - Dans ce câble, le Vatican désigne le fils de Robert Mugabe comme un « key player in the exploitation of diamond mines » (un acteur clé dans l'exploitation des mines de diamants).
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  14. À la veille du second tour, plus de 80 militants du MDC avaient été assassinés dont l'épouse du maire d'Harare, elle-aussi membre du MDC [1].
  15. « Robert Mugabe s'en prend violemment à la Grande-Bretagne », article de Reuters du .
  16. « Au Zimbabwe, l’opposition réduite au boycott » « Copie archivée » (version du 23 juin 2008 sur l'Internet Archive), article de Libération du 23 juin 2008.
  17. « Selon Kouchner, Mugabe est un « assassin et un escroc » », article de Libération du 23 juin 2008.
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  21. « Mugabe est devenu « une sorte de Frankenstein » », dépêche de l'AFP repris par franceinfo.com le 25 juin 2008.
  22. Après Nicolae Ceaușescu, il est le second dictateur à se voir retirer cette distinction britannique qu'il avait reçu en 1994.
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Voir aussi

Bibliographie

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Articles connexes

Liens externes

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