Robert Mercer (homme d'affaires)

Robert Mercer
Biographie
Naissance
Nom de naissance
Robert Leroy Mercer
Nationalité
Domicile
Head of the Harbor (en)
Formation
Activités
Informaticien, banquier, entrepreneur, manager de hedge fund
Conjoint
Diana Lynne Mercer ()
Enfants
Rebekah Mercer
Heather Sue Mercer ()
Jennifer Mercer ()
Autres informations
A travaillé pour
Distinction

Robert Mercer, né le à San Jose en Californie, est un homme d'affaires américain, co-CEO du hedge fund Renaissance Technologies.

Milliardaire, il est connu pour son soutien financier massif à des campagnes politiques conservatrices, telles que l'élection de Donald Trump en 2016, la lutte contre les politiques environnementales, son soutien au climatoscepticisme ou le référendum sur le Brexit.

Biographie

Robert Mercer naît le à San Jose en Californie[1]. Il passe son enfance et fait ses études dans l'État du Nouveau-Mexique. Il y apprend les mathématiques, la physique et l'informatique, jusqu'à obtenir un Ph.D. en 1972[1]. Il entre alors chez IBM et y reste vingt ans[1]. Membre d'une équipe de recherche travaillant sur la traduction des langues assistée par ordinateur, il y développe sa méthode : alimenter au maximum l'ordinateur avec des traductions existantes, préférable selon lui à l'apprentissage des règles de la linguistique[2].

En 1993, il est engagé comme gestionnaire financier à Renaissance Technologies, qui progressera en vingt ans jusqu'à la gestion de plusieurs dizaines de milliards de dollars[3]. Il en devient co-PDG en 2009[2].

Il est le père de Rebekah Mercer. Entre 2011 et , il soutient avec celle-ci à hauteur de plusieurs millions de dollars les projets politiques et médiatiques de Steve Bannon, jusqu'à la rupture de ce dernier avec le président Donald Trump[4].

Il finance en 2013 la création de la filiale américaine Cambridge Analytica du SCL Group . Il en est l'un de ses principaux actionnaires, sa fille Rebekah en étant administratrice[2]. Il est également actionnaire de AggregateIQ , société canadienne ayant la même maison mère que Cambridge Analytica[5].

Il est également joueur de poker[6].

Idées et soutiens politiques

À partir des années 2010, Robert Mercer (conjointement avec sa femme) fait des donations financières importantes pour de nombreuses causes politiques. Lors des élections législatives américaines de 2010, il totalise 8 millions de dollars de dons en faveur des républicains, notamment dans un fond anti-environnemental géré par les frères Koch[1]. Il poursuit avec des dons à chaque élection nationale, mais avec discrétion, en évitant les cérémonies et galas de bienfaisance[1]. Il soutient notamment Arthur B. Robinson [2] et Ted Cruz.

Son concours financier à Donald Trump, durant l'élection présidentielle américaine de 2016[7], lui vaut les remerciements du nouveau président : « I was looking around the room, and I thought, No doubt about it—the people whom the Mercers invested in, my comrades, are now in charge » (« Je regardais dans la pièce, et je pensais : aucun doute, les gens dans lesquels les Mercer ont investi, mes camarades, sont maintenant aux commandes »).

Certaines causes soutenues sont particulièrement notables :

  • Il appuie l'Oregon Institute of Science and Medicine , groupe d'influence qui fait campagne contre le Protocole de Kyoto[1].
  • Sa femme est l'une des principales donatrices du Government Accountability Institute , une organisation co-fondée par Stephen Bannon[8], qui fouille les sources cachées (dark web) afin de proposer des angles d'attaques contre les démocrates américains, dont le plus grand succès est un ensemble d'allégations de fraude fiscale contre Bill et Hillary Clinton en 2015[7]. Mercer défend la théorie selon laquelle les Clinton se seraient servis de la CIA pour organiser un trafic de drogue, et auraient supprimé certains de leurs opposants[2].
  • Cité comme proche des libertariens, il est très critique envers les dirigeants politiques qu'il tient pour des « escrocs corrompus »[7] ;
  • Il estime que le Civil Rights Act de 1964 a été une erreur majeure, dégradant les conditions de vie des Afro-Américains ;
  • Pro-nucléaire, il aurait estimé que les bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki ont amélioré la santé des personnes se trouvant à l'extérieur de la zone immédiate d'impact[2].

Il est aux États-Unis un soutien financier important des causes pro-vie, climato-sceptiques, ou critiques des thèses écologiques[9] ainsi que de l'islam, notamment lors de la campagne contre le projet de mosquée à Ground Zero (New York)[10] durant laquelle il participe au financement d'une campagne publicitaire qui y est opposée[2].

Il finance le Gatestone Institute , think tank néoconservateur plutôt orienté vers l’Europe, ainsi que le journal canadien The Rebel[11].

Références

  1. a b c d e et f (en) « Have Mercer! The money man who helped the GOP win », sur cnbc.com, (consulté le 10 mai 2017).
  2. a b c d e f et g Philippe Boulet-Gercourt, « Le clan Mercer, ces milliardaires extrémistes derrière le scandale des données Facebook », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  3. (en) « Hedge-Fund Magnate Robert Mercer Emerges as a Generous Backer of Cruz », sur nytimes.com, (consulté le 10 mai 2017).
  4. Philippe Gélie, « Donald Trump crée le désert autour de Steve Bannon », Le Figaro, samedi 6 / dimanche 7 janvier 2018, page 6.
  5. « Stratège génial ou mauvais génie ? Dominic Cummings, le « docteur No » du Brexit », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 25 septembre 2019)
  6. Robert Mercer, un milliardaire influent, lecho.be du 20 mars 2018, consulté le 13 novembre 2019
  7. a b et c (en) « The Reclusive Hedge-Fund Tycoon Behind the Trump Presidency », sur newyorker.com, (consulté le 10 mai 2017).
  8. (en) The Mercers and Stephen Bannon : How a populist power base was funded and built, Washington Post, 17 mars 2017.
  9. (en) « The Man Who Out-Koched the Kochs » [archive du ], sur bloomberg.com, (consulté le 21 août 2017).
  10. (en) What Kind of Man Spends Millions to Elect Ted Cruz ?, Bloomberg, .
    Sur le projet de méga-mosquée, voir Where will the Ground Zero mega-mosque be? On Ground Zero, JihadWatch.org du 15 août 2010, consulté le 17 août 2019.
  11. Damien Leloup, « Des milliardaires américains financent discrètement des campagnes de désinformation en Europe », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 7 mars 2019)

Annexes

Articles connexes

Liens externes