Richard Ferrand

Richard Ferrand
Richard Ferrand en 2008.
Richard Ferrand en 2008.
Fonctions
Ministre de la Cohésion des territoires
En fonction depuis le
(9 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Édouard Philippe
Gouvernement Philippe
Prédécesseur Jean-Michel Baylet (Aménagement du territoire)
Emmanuelle Cosse (Logement)
Patrick Kanner (Ville)
Secrétaire général de La
République en marche !
[N 1]
En fonction depuis le
(7 mois et 25 jours)
Président Emmanuel Macron
Catherine Barbaroux (intérim)
Prédécesseur Ludovic Chaker
Député du Finistère
Élu dans la 6e circonscription
En fonction depuis le
(4 ans 11 mois et 6 jours)
Élection 17 juin 2012
Législature XIVe législature (Cinquième République)
Groupe politique SRC puis SER
Prédécesseur Christian Ménard
Conseiller régional de Bretagne
En fonction depuis le
(7 ans et 2 mois)
Élection 21 mars 2010
Réélection 13 décembre 2015
Président Jean-Yves Le Drian
Pierrick Massiot
Jean-Yves Le Drian
Conseiller général du Finistère
Élu dans le canton de Carhaix-Plouguer

(13 ans et 4 jours)
Élection 22 mars 1998
Réélection
Président Pierre Maille
Prédécesseur Jean Rohou
Successeur Christian Troadec
Biographie
Date de naissance (54 ans)
Lieu de naissance Rodez (Aveyron)
Nationalité Française
Parti politique Parti socialiste (1980-2017)
EM/REM (depuis 2016)

Richard Ferrand, né le à Rodez (Aveyron), est un homme politique français.

Conseiller régional de Bretagne depuis 2010 et député du Finistère depuis 2012, il est également le secrétaire général du mouvement En marche ! depuis octobre 2016.

Richard Ferrand est nommé ministre de la Cohésion des territoires dans le gouvernement Édouard Philippe le 17 mai 2017.

Biographie

Études et emploi

Après deux années passées à Bünde, en Allemagne, où il prépare le baccalauréat, Richard Ferrand poursuit ses études d'allemand et de droit à l'université Toulouse-I-Capitole puis à l'université Paris-Descartes.

Simultanément, il commence sa vie professionnelle comme journaliste en collaborant à différents titres dont Centre Presse, Auto Moto, Circuler, Vie publique et Le Monde. En 1988, il devient directeur associé d'une agence de graphisme de presse qu'il dirige jusqu'en 1990, date à laquelle il crée un cabinet de conseil en communication et devient administrateur d'une agence de graphistes associés.

En 1991, il rejoint le cabinet de Kofi Yamgnane, secrétaire d'État aux Affaires sociales et à l'Intégration, en qualité de conseiller spécial[1].

En 1998, il devient directeur général des Mutuelles de Bretagne[2]. Il quitte cette fonction en juin 2012 pour exercer son mandat de député.

Débuts en politique

Richard Ferrand adhère au Parti socialiste en 1980. Il entame son premier mandat électoral en 1998 comme conseiller général du canton de Carhaix (Finistère). Réélu en 2004, il est alors désigné vice-président du conseil général du Finistère, chargé de l'insertion, de l'économie sociale et solidaire et délégué pour le Pays du Centre-Ouest Bretagne, mandat qu'il exerce jusqu'en 2011. Avec Yves Morvan, Richard Ferrand contribue à la fondation du garage solidaire de Carhaix. Cette structure, née en 2007, se distingue d'un garage classique. C'est un chantier d'insertion qui a pour mission de permettre l'accès à la mobilité et donc à l'emploi des personnes à faibles ressources[réf. nécessaire].

Candidat aux élections municipales de 2001 et à celles de 2008 à Carhaix, il est battu par Christian Troadec, obtenant la seconde fois 31 % des voix[3].

En 2008, il s'engage pour la survie de l'hôpital de Carhaix en travaillant à la fusion avec le CHRU de Brest. Ce rapprochement, effectif depuis le , a notamment permis le maintien de l'unité de proximité d'accueil, de traitement et d'orientation des urgences (UPATOU), du service mobile d'urgence et de réanimation (SMUR) et des activités de soins (médecine, chirurgie, gynécologie-obstétrique)[réf. nécessaire].

Lors des élections régionales de 2010, il est candidat sur la liste finistérienne du Parti socialiste conduite par Marylise Lebranchu. Aux côtés de Jean-Yves Le Drian, il devient conseiller régional de Bretagne, le 21 mars 2010, et préside le groupe socialiste et apparentés.

En 2007, il se présente aux élections législatives dans la 6e circonscription du Finistère où il est battu par Christian Ménard. Mais, le 17 juin 2012, il est élu député avec 58,36 % des voix au second tour dans cette circonscription qui s'étend de Carhaix à Camaret-sur-Mer, jusqu'aux portes de Brest, à Plougastel-Daoulas, et à celles de Douarnenez, à Kerlaz, et qui comprend l'île d'Ouessant.

Député

À l'Assemblée nationale, Richard Ferrand est membre du groupe SRC (socialiste, radical et citoyen) et siège à la commission des affaires sociales. Sans avoir jamais exercé dans le milieu agricole ou agro-alimentaire, il est co-président du groupe d'études industries agroalimentaires et filière agricole. Il s'implique particulièrement sur les questions liées à la protection sociale et à la lutte contre le dumping social.

À la commission des affaires sociales, il a notamment été rapporteur de la résolution européenne sur la proposition de directive relative au détachement de travailleurs alors en négociation à Bruxelles. Dans son rapport[4], il pointe notamment le fait que le détachement des travailleurs européens est à l'origine de situations « d'optimisation sociale » et de « dumping social » qui mettent en danger tout à la fois les acteurs économiques locaux, le financement de la sécurité sociale mais aussi le « vivre-ensemble » européen. Pour y remédier, il prône la mise en place de mesures de nature à encadrer plus strictement le détachement de travailleurs.

Malgré son opposition aux manifestations du mouvement des Bonnets rouges contre l'écotaxe poids lourds, héritée du gouvernement Fillon et reprise par le gouvernement Ayrault[5], il prend finalement position contre ce projet. Il souligne la complexité du dispositif et la nécessité de prendre en considération les spécificités territoriales de la Bretagne. Il soutiendra des amendements afin d'aménager son application. À la suite du report de l'entrée en vigueur de l'écotaxe, il intègre la mission d'information mise en place par l'Assemblée nationale sur ce sujet. À cette occasion, il plaide, avec ses collègues bretons, et dans le sens de la ministre de l'Écologie, Ségolène Royal, pour une remise à plat du dispositif[6].

Le 3 octobre 2014, le Premier ministre le nomme en mission temporaire auprès d'Emmanuel Macron, ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique, sur la réforme des professions dites réglementées du droit et de la santé. Il est ainsi chargé d'étudier les conditions dans lesquelles pourrait s'effectuer la modernisation du cadre juridique des professions concernées, afin de permettre le développement de leur activité, tout en portant une attention particulière sur les enjeux de maillage territorial[7]. Après de nombreuses consultations auprès des syndicats, des experts et des associations[réf. nécessaire], il remet un rapport dans lequel il souligne notamment que réformer les professions réglementées est indispensable mais que réformer n'est pas casser, c'est optimiser les atouts d'un modèle qui a fait ses preuves et en corriger sans craintes les défauts évidents Dans cette perspective, il émet vingt-huit propositions qui visent en particulier à promouvoir l'accès des jeunes aux professions, à conforter le maillage territorial et à garantir l'accès aux services par des prix justes et transparents[8]

La réforme des professions réglementées, abondamment amendée par les parlementaires, cristallise une partie du débat politique et fait l'objet d'une forte opposition des lobbys des organisations concernées[9] lors de l'examen à l'Assemblée nationale du projet de loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques, dite « loi Macron ».

Richard Ferrand est nommé rapporteur général de la loi Macron, une des plus conséquentes du quinquennat de François Hollande de par son nombre d'articles (près de 300) et de par les secteurs de l'économie qu'elle entend réformer : professions réglementées, transports collectifs, épargne salariale, justices commerciale et prud'homale, logement, travail dominical. Plus de cent onze heures d'examen en séance publique en font le texte dont la durée d'examen a été la plus longue sous la XIVe législature[10]. Dans un processus parlementaire inédit, laissant une marge de manœuvre importante aux parlementaires (certains[Qui ?] évoquent une « co-production législative »[réf. nécessaire] inédite sous la Ve République[11]), le texte finalement voté comporte de nombreuses mesures de natures très hétérogènes : ouverture des professions réglementées afin de favoriser l'implantation des jeunes,[12] ouverture des magasins le dimanche[réf. nécessaire] et libéralisation des compagnies d'autocar[réf. nécessaire].

Au sein d'En marche !

Richard Ferrand est le premier parlementaire à avoir rejoint Emmanuel Macron pour la constitution de son mouvement En Marche ! Il est nommé secrétaire général de mouvement en octobre 2016[13]. Le mois suivant, il se met en retrait provisoire de la présidence du groupe PS et apparentés au conseil régional[14]. Le 8 mai 2017, au lendemain du résultat de l'élection présidentielle, il quitte le Parti socialiste[15].

Richard Ferrand annonce le 8 mai 2017, pendant une conférence de presse du mouvement En Marche !, être candidat à l'investiture pour les élections législatives de 2017 dans la 6e circonscription du Finistère.

Ministre de la Cohésion des territoires

Le 17 mai 2017, il est nommé ministre de la Cohésion des territoires au sein du gouvernement Édouard Philippe, premier gouvernement d'Emmanuel Macron.

Polémiques

Le 24 mai 2017, Le Canard enchaîné révèle que Richard Ferrand aurait, lorsqu'il était directeur général des Mutuelles de Bretagne, permis à sa compagne, Sandrine Doucen, de s'enrichir à hauteur d'un demi-million d'euros : un mois après avoir obtenu un contrat de location des Mutuelles de Bretagne pour un local, elle a créé une société immobilière, dont elle détenait 99% des parts, pour acheter à crédit sans apport ce local, dans lequel les Mutuelles de Bretagne ont ensuite fait 184.000 euros de travaux, la valeur de la SCI de Mme Doucen étant estimée quelques années plus tard à 3000 fois le montant du capital initial soit 300 000 Euros[16].

Richard Ferrand était à l'époque, à la fois conseiller régional de Bretagne et conseiller général de son département[17], tout en étant directeur général de cette mutuelle. Ces révélations ont déclenché une polémique nationale, le Front National demandant la démission de M. Ferrand du gouvernement, et LR la saisie du Parquet national financier et le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis à l'exécutif de s'exprimer[18].

Selon la défense de Richard Ferrand dans les médias, le caractère de l'opération n'a "rien d'illégal" [19],[20] car la démarche "respectait la procédure"[réf. nécessaire] et que l'offre choisie, qui revenait à l'entreprise dirigée par sa compagne, était celle qui offrait "le meilleur prix" parmi les réponses à l'appel d'offres[réf. nécessaire]. Richard Ferrand a par ailleurs avancé que s'il était bien directeur général de l'établissement mutualiste à l'époque, il ne siégeait pas à son conseil d'administration. Selon Le Canard enchaîné, Mme Doucen a par ailleurs reçu des émoluments de cette même mutuelle en échange de conseils juridiques dans le domaine des ressources humaines. L'hebdomadaire signale aussi que Richard Ferrand a employé, plus tard, son fils comme assistant parlementaire en 2014, durant cinq mois pour un montant total net de 6 800 euros[21],[22].

Pour Olivier Faure ce que l’on peut reprocher à Richard Ferrand, c’est d’avoir été très dur pendant le Penelope Gate[23]. Ainsi le , il déclare que l'affaire Fillon souille tous les élus de France.[24].

Publications

Participation aux ouvrages

  • La Politique à l'affiche (1986),
  • Décentralisation à l'affiche (1988) et
  • La Solitude biologique (2002).

Notes et références

Notes

  1. La République en marche ! s'appelait auparavant En marche ! jusqu'au .

Références

  1. « Présidentielle: Qui est Richard Ferrand, le bras droit d’Emmanuel Macron? », sur www.20minutes.fr (consulté le 8 mai 2017)
  2. « Richard Ferrand, missionnaire en marche », Libération, (consulté le 9 avril 2017).
  3. Dominique Morvan et Nathalie Com, « Municipales. 65,78 % pour Christian Troadec », letelegramme.fr, 24 mars 2014.
  4. Voir sur assemblee-nationale.fr.
  5. Voir sur richardferrand.fr.
  6. Voir sur letelegramme.fr.
  7. Voir sur richardferrand.fr.
  8. Voir sur economie.gouv.fr.
  9. Voir sur lemonde.fr.
  10. Devant le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe.
  11. Voir sur francetvinfo.fr.
  12. p. 1-6
  13. Cédric Pietralunga, « Emmanuel Macron nomme ses « ambassadeurs » », sur lemonde.fr, (consulté le 26 octobre 2016).
  14. « Région : le bras droit de Macron poussé à quitter la présidence du groupe PS », Le Mensuel de Rennes, 21 novembre 2016.
  15. http://www.20minutes.fr/rennes/2064391-20170509-legislatives-richard-ferrand-quitte-parti-socialiste
  16. « Affaire Ferrand : le Parquet national financier n'ouvre pas d'enquête », lepoint.fr,‎ (lire en ligne).
  17. "Affaire Ferrand: LR veut saisir le PNF, qui se dit pas compétent "à ce stade"", dans L'Express du 24/05/2017 [1]
  18. "Ferrand épinglé par Le Canard enchaîné, premier accroc du quinquennat Macron ", dans Le Maine Libre du 24.05.2017 [2]
  19. « Que révèle "Le Canard enchaîné" sur "l'affaire immobilière" du ministre Richard Ferrand ? », francetvinfo.fr, 23 mai 2017.
  20. « Richard Ferrand fragilisé par un montage immobilier », Libération.fr,‎ (lire en ligne).
  21. « Assistant parlementaire: l'étrange défense du cabinet de Richard Ferrand », sur lexpress.fr, (consulté le 24 mai 2017)
  22. BFMTV, « Richard Ferrand fragilisé par un montage immobilier impliquant sa compagne », sur BFMTV (consulté le 24 mai 2017).
  23. « "Ce que l’on peut reprocher à Richard Ferrand, c’est d’avoir été très dur pendant le Penelope Gate", dit Faure », sur bfmtv.com, (consulté le 26 mai 2017)
  24. « Richard Ferrand : "L'affaire Fillon souille tous les élus de France" », sur franceinter.fr, (consulté le 26 mai 2017)

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes