Riad Sattouf

Riad Sattouf
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Riad Sattouf en 2017.
Naissance (40 ans)
Paris
Nationalité Français
Profession
Autres activités

Riad Sattouf est un auteur de bande dessinée et réalisateur français né le à Paris.

Durant les années 2000, il est révélé et primé par ses séries de bandes dessinées Les pauvres aventures de Jérémie (2003-2005), Pascal Brutal (2006-2014), La Vie secrète des jeunes (2007-2012) ainsi que par son premier long-métrage en tant que scénariste et réalisateur, la comédie Les Beaux Gosses.

Après avoir publié durant neuf ans La Vie secrète des jeunes (jusqu'en octobre 2014) dans Charlie Hebdo, il rejoint l'année suivante L'Obs, où il publie chaque semaine Les Cahiers d'Esther, d'après les histoires vraies d'une petite fille.

Depuis 2014, il est aussi l'auteur de l'acclamée série de bande-dessinée autobiographique, L'Arabe du futur.

Biographie

Jeunesse et débuts

Riad Sattouf nait à Paris d'un père syrien et d'une mère française. Il passe son enfance en Libye et en Syrie[1] où il reçoit une éducation musulmane dans une école de village[2]. À l'âge de 12 ans, il revient en France avec ses parents, d'abord au cap Fréhel chez sa grand-mère maternelle, puis à Rennes après le divorce de ses parents[3]. Il poursuit ses études jusqu'au bac à Rennes, puis entre à Nantes dans une école d'arts appliqués, avant de réussir le concours d'entrée à l'école des beaux-arts de Rennes[3]. Il entre à l'École Pivaut et par la suite à l'école des Gobelins, dans la section animation[2].

Premiers albums (2000-2006)

C'est à l'école des Gobelins que Olivier Vatine le remarque et le présente à l'éditeur Guy Delcourt chez qui il publie bientôt sa première série, Petit Verglas, sur un scénario d'Éric Corbeyran. Trois tomes sortent entre 2000 et 2002.

En 2002, il installe un atelier parisien avec les dessinateurs Christophe Blain, Mathieu Sapin et Joann Sfar[4].

Il remonte alors à l'enfance en narrant avec humour les péripéties de son adolescence chez Bréal Jeunesse dans une collection dirigée par Joann Sfar : Manuel du puceau et Ma circoncision.

Dans Ma circoncision, il dénonce la circoncision, telle qu'il l'a vécue dans le contexte socio-politique de la Syrie des années 1980, comme un acte cruel et absurde. « À part pour des raisons médicales, et encore… On n'a pas à mutiler des enfants. Et cela n’a rien à voir avec la religion ! Cela dit, je ne sais pas dans quelle mesure je peux l’interpréter. J’ai mis dans le livre ce que j’ai exactement ressenti. Je pense que la circoncision est un acte castrateur qui fait des hommes inquiets et paranos. Le pénis étant un symbole très important, quand un groupe d’hommes, autre que son père, montre à un enfant qu’il a le pouvoir de le maîtriser et de lui en couper un morceau, ce groupe exprime qu’il a le pouvoir d’en couper plus si jamais le besoin s’en fait sentir[5]. »

Parallèlement, il signe avec l'éditeur Dargaud, pour qui il conçoit une série intitulée Les pauvres aventures de Jérémie. Elle suit le quotidien tragicomique d'un lead-graphist trentenaire assez looser, dans une société de développement de jeux vidéos. Le premier album, sorti en 2003 dans la nouvelle collection Poisson Pilote reçoit le Prix Goscinny du meilleur scénario. Il livre deux autres albums en 2004 et 2005, qui continuent à employer un style graphique qui va désormais être le sien[6]. Pour le même éditeur, il poursuit dans cette veine autobiographique en leur livrant en 2004 No sex in New York, qui regroupe des planches réalisées pour le journal Libération, où il se met en scène lors d'un séjour à New-York.

Mais depuis 2004, il a déjà entamé une exploration du monde de l'adolescence qui va alors l'occuper principalement.

Révélation au grand public (2004-2009)

De 2004 à 2014, chaque semaine dans Charlie Hebdo, il publie La Vie secrète des jeunes, des histoires en un strip rapportant des anecdotes tirées directement de son observation des jeunes, avec leur langage, l'accent des banlieues et l'écriture texto.

En 2005, il dévoile un one-shot en noir et blanc, publié chez Hachette Littératures, intitulé Retour au Collège. Ce roman graphique est le fruit d'une immersion de deux semaines comme enseignant dans un collège des beaux quartiers parisiens. C'est un beau succès en librairie.

La même année, il revient aux tout-petits avec Pipit Farlouse, qui raconte l'histoire d'un petit oiseau collégien qui essaie de rejoindre le monde des hommes. Deux albums sortent en 2005 et 2006. Cette dernière année, il signe aussi le scénario de Laura & Patrick, les aventures décalées d'un savant amnésique sur une île déserte, dessinées par Mathieu Sapin, pour l'éditeur jeunesse Lito.

Parallèlement, il lance surtout une nouvelle série tragi-comique chez Fluide Glacial, centrée sur le personnage très macho et ambivalent : Pascal Brutal. Le tome 2, sorti en 2007, reçoit le prix Jacques Lob, et le tome 3, publié en 2009 récompensé d'un Fauve d'or à l'unanimité du jury du festival d'Angoulême 2010.

En 2007, l'éditeur indépendant L'Association commence à publier La Vie secrète des jeunes. Deux autres albums sortiront, en 2009 et 2012. L'éditeur capitalise aussi sur la popularité de l'auteur en ressortant en 2008 et 2009 ses premières oeuvres, Manuel du puceau et Ma circoncision.

Sattouf commence alors à sortir du monde de la bande dessinée : il se lance ainsi dans la postsynchronisation en prêtant sa voix à Petit Vampire dans le dessin animé adapté de la bande dessinée homonyme de son ami Joann Sfar[7].

L'auteur/scénariste/réalisateur à une séance de dédicaces à Antibes, en juin 2012.

Passage à la réalisation (2009-2014)

Lui-même se lance dans la réalisation, afin de poursuivre son exploration de l'adolescence : le 10 juin 2009 sort le long-métrage Les Beaux Gosses, qu'il écrit et réalise, et où il traite d'un de ses sujets de prédilection : les amours adolescentes. Le film, acclamé par la critique et fonctionnant très bien au box-office, est nommé trois fois aux Césars 2010, remporte le César du meilleur premier film et révèle un jeune inconnu, Vincent Lacoste.

Désormais réalisateur convoité, il développe deux projets : en juillet 2010 est diffusée une web-série appelée Mes Colocs[8] ; en septembre, est lancée par Canal + une pastille humouristique adaptant La Vie secrète des jeunes.

En 2012, il dessine le nouveau visage d'Ulysse, le personnage emblématique des pages critiques de l'hebdomadaire Télérama[9],

En janvier 2014, il dévoile un deuxième long-métrage beaucoup plus expérimental que son premier essai, intitulé Jacky au royaume des filles. Cette satire imagine une dictature où les femmes sont au pouvoir et les hommes n'ont qu'un statut de reproducteurs[10]. Sattouf y dirige de nouveau Vincent Lacoste, qu'il entoure d'un casting soigneusement choisi : Charlotte Gainsbourg, Didier Bourdon, Anémone, Valérie Bonneton, Michel Hazanavicius, William Lebghil, mais aussi ses deux autres acteurs des Beaux Gosses, Noémie Lvovsky et Anthony Sonigo. L'accueil des critiques et du public est cette fois très mitigé, et le film est un échec au box-office.

Trois mois plus tard, l'auteur connait en revanche un énorme succès en librairie avec une nouvelle série.

Reconnaissance internationale (depuis 2014)

Riad Sattouf au Brésil en 2015, pour le lancement du tome 1 en version portugaise de L'Arabe du futur.

En mai 2014 sort le premier album d'une nouvelle série autobiographique, qui le ramène vers le monde de l'enfance. L'Arabe du futur est une dense bande dessinée autobiographique qui relate son enfance en Libye, puis en Syrie, deux pays alors marqués par l'idéologie du socialisme arabe, qu'il a élaborée et réalisée sur une dizaine d'années[11]. C'est un succès de librairie dès la première année avec plus de 200 000 exemplaires vendus[12] récompensé par le prix du meilleur album à Angoulême en 2015[13] et le livre est l'un des cinq livres français les plus traduits dans le monde en 2014[14].

En fin d'année, il sort le quatrième et dernier tome de Pascal Brutal, puis arrête La Vie secrète des jeunes. En octobre, il quitte ainsi Charlie Hebdo après neuf ans de collaboration. Il rejoint L'Obs, où il publiera désormais chaque semaine Les Cahiers d'Esther, d'après les histoires vraies d'une petite fille.

Dans le numéro 1178 dit « des survivants » en 2015, il contribue de nouveau à Charlie Hebdo avec un ultime strip de La Vie secrète des jeunes, où un jeune téléphone à un « pote » pour lui expliquer : « 'coute-moi Rouya, cé dé gars, ils fézé dé dessins, cé tout... Tu les tchues pas pour ça, cé tout... voilà voilà... La violonce, apré ça fé de la violonce qui aprés fé encore la violonce, ki fé encore la violonce Hé ouais[15]... »

Le deuxième tome de L'Arabe du futur, paru en juin 2015[16], figure dans la sélection officielle du Festival d'Angoulême 2016. Riad Sattouf figure parmi les trente auteurs éligibles au grand prix mais est le premier auteur à décliner cette nomination gêné par l'absence de femme dans les nominés. Il est ensuite suivi par plusieurs auteurs également nominés [17].

En 2016, pour les dix ans du musée du quai Branly, il réalise une bande dessinée racontant les aventures d'Eugénie, copine de son personnage Esther, dans les collections du quai Branly. Il dessine également l'affiche anniversaire du musée[18].

En octobre 2016, le troisième volume de l’Arabe du futur paraît et est immédiatement un succès, figurant également dans la sélection officielle du festival d'Angoulême 2017[19]. La série s'est vendue à plus d'un million d'exemplaires en France et est aussi un succès international[20]. Dans le New York Times, l'écrivain Zadie Smith déclare que l’Arabe du futur « l'a captivée et que c'est le roman graphique le plus agréable qu'elle ait lu ces dernières années »[21]. Alain de Botton déclare lui que « Riad Sattouf est l'un des grands créateurs de notre temps »[21]. Posy Simmonds pour sa part déclare que l’Arabe du futur est « un chef d’œuvre »[21].

Dans l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2017 qui oppose Marine Le Pen à Emmanuel Macron, il est l'un des premiers artistes français à appeller à faire barrage à la candidate FN[22].

La même année, il co-produit Le Redoutable, sixième long-métrage de l'acclamé réalisateur Michel Hazanavicius, mais aussi une future série d'animation pour la chaîne Canal +, adaptée de son succès critique et public en librairie, Les Cahiers d'Esther, dont le tome 3 sort au mois de novembre[23].

Le 23 janvier 2018, Riad Sattouf annonce sur les réseaux sociaux la sortie française du quatrième volume de L'Arabe du futur, le 30 août 2018[24],[25].

Œuvre

Séries BD

One-shots BD

  • Manuel du puceau, Bréal Jeunesse, Rosny-sous-Bois, 2003
    Scénario et dessin : Riad Sattouf - réédité en 2009 par L'Association, collection Espôlette
  • Ma circoncision, Bréal Jeunesse, Rosny-sous-Bois, 2004
    Scénario et dessin : Riad Sattouf - réédité en 2008 par L'Association, collection Espôlette
  • No sex in New York, Dargaud collection Poisson Pilote, Paris, 2004
    Scénario et dessin : Riad Sattouf
  • Retour au collège, Hachette Littératures collection La Fouine Illustrée, Paris, 2005
    Scénario et dessin : Riad Sattouf
    • Participation à Comicscope de David Rault, L'Apocalypse, 2013.

    Filmographie

    Scénariste, réalisateur, compositeur

    Acteur

    Producteur

    Prix et distinctions

    Bande dessinée

    Riad Sattouf avec le Fauve d'or du Festival d'Angoulême 2015.

    Cinéma

    Notes et références

    1. « BD: Riad Sattouf raconte son enfance dans "L'Arabe du futur" », sur illustre.ch, (consulté le 28 septembre 2015)
    2. a et b biographie sommaire de Sattouf
    3. a et b Riad Sattouf et Louise Bourgoin souvenirs de jeunesse
    4. Entretien avec Vincent Josse pour l'émission "L'Atelier" sur France Inter le 30 octobre 2012.
    5. Entretien avec Riad Sattouf sur Ma circoncision
    6. http://www.sceneario.com/interview/interview-de-riad-sattouf_SATTO.html
    7. Jérôme Briot, « Joann, super Sfar », sur briographe.com, (consulté le 6 novembre 2014).
    8. a et b « Derrière "Mes colocs", Riad Sattouf et BNP-Paribas », Les Inrocks,‎ (lire en ligne)
    9. « Riad Sattouf, créateur des “Ulysse” du nouveau “Télérama” », sur www.telerama.fr, (consulté le 14 novembre 2017)
    10. Pierre Haski, « Riad Sattouf lance son missile « Jacky », polémique et hilarant », Rue89,‎ (lire en ligne).
    11. Jean-Pierre Filiu, « « L’Arabe du futur » : Riad Sattouf raconte la Syrie et la Libye de son enfance », Rue89,‎ (lire en ligne)
    12. suuccès de l'arabe du futur
    13. a et b Frédéric Potet, « Riad Sattouf remporte le Fauve d'or à Angoulême pour « L’Arabe du futur » », sur lemonde.fr, (consulté le 28 septembre 2015).
    14. « L'Arabe du futur - Allary Editions » (consulté le 28 septembre 2015).
    15. numéro 1178 de Charlie Hebdo du 14 janvier 2015, p.4
    16. Laurence Houot, « "L'Arabe du futur 2" est arrivé : pourquoi la méthode Sattouf fait merveille », sur francetvinfo.fr, (consulté le 2 février 2016).
    17. « Parité : le dessinateur Riad Sattouf refuse sa nomination au Grand Prix d'Angoulême », sur leparisien.fr, (consulté le 6 janvier 2016)
    18. affiche
    19. Festival International de la bande dessinée, « 44e Festival de la Bande Dessinée d'Angoulême – Du 26 au 29 janvier 2017 - Sélection officielle », sur www.bdangouleme.com (consulté le 21 décembre 2016)
    20. [1]
    21. a, b et c Riad Sattouf - The Arab of the Future - Hodder & Stoughton (lire en ligne)
    22. Thomas Romanacce, « Sattouf, Torreton, Le Clézio,... Ils montent au front contre Marine Le Pen », lefigaro.fr, 27 avril 2017.
    23. https://culturebox.francetvinfo.fr/livres/bande-dessinee/les-cahiers-d-esther-de-riad-sattouf-bientot-en-dessin-anime-262697
    24. Lisef, « L'Arabe du futur : le prochain tome a sa date de sortie », sur 9e art, (consulté le 14 février 2018).
    25. G. P., « Riad Sattouf : « L'Arabe du Futur 4, ce sera en 2018 » », sur Europe 1, (consulté le 14 février 2018).
    26. http://www.leparisien.fr/laparisienne/societe/culture/riad-sattouf-accepte-avec-plaisir-de-devenir-chevalier-des-arts-et-des-lettres-02-02-2016-5508161.php
    27. « Décret du 2 mai 2017 portant promotion et nomination », legifrance.gouv.fr, (consulté le 7 février 2018)
    28. Site des Globes de cristal Lire en ligne.
    29. a, b et c Cyril Coantiec, « Riad Sattouf remporte le grand prix RTL de la BD 2014 », sur lefigaro.fr, (consulté le 28 septembre 2015).
    30. « Les prix de la 29e Fête du livre de Saint-Etienne », sur zoomdici.fr, (consulté le 27 octobre 2014).
    31. Les 5 finalistes, site de la Fnac.
    32. http://tempsreel.nouvelobs.com/en-direct/a-chaud/21348-bd-arabe-futur-sattouf-remporte-angeles-times-prize.html
    33. (no) Lauréats du Prix Sproing.
    34. Voir le palmarès complet sur le site du Film Français.
    • Ronan Lancelot, Riad Sattouf : Cher journal..., dBD n°119, décembre 2017-janvier 2018 , p. 44-47.

    Liens externes

    • Site officiel
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    • Dominique Petitfaux, « Riad Sattouf (1978- ) », sur Encyclopédie Universalis en ligne,