Revier

Revier

Un revier (abréviation de l'allemand Krankenrevier, le quartier des malades), dans le langage des camps de concentration nazis, était un baraquement destiné aux prisonniers malades des camps. Le mot est prononcé par les déportés français « revir[1],[2] ». La plupart du personnel médical venait du corps prisonnier lui-même. Les conditions dans les reviers variaient drastiquement selon le type du camp.

Selon Charlotte Delbo, déportée à Auschwitz, la signification qu'a ce mot au camp n'est pas traduisible en français car « ce n'est ni hôpital, ni ambulance, ni infirmerie. C'est un lieu infect où les malades pourrissent sur trois étages[1]. »

Dans les camps d'extermination (ainsi que dans les camps de travail où l'extermination par le travail était pratiquée), l'idée du revier a été immédiatement associée à la mort à bien des égards. La mort était prévisible dès l'entrée dans un revier : une personne « insuffisamment » malade pouvait être accusée de simulation afin d'éviter le travail. La peine encourue était alors la mort. Mais même l'admission dans un revier n'offrait que peu d'espoir : même si le personnel médical pouvait être des médecins hautement qualifiés (détenus), il ne pouvait offrir aucune aide au-delà de la base des premiers secours : les produits pharmaceutiques y étaient pratiquement absents. En outre, les rations alimentaires pour les malades étaient plus faibles que celles destinées aux détenus en état de travailler, et il n'y avait aucune hygiène. Enfin, à tout moment, les résidents d'un Revier pouvaient être soumis à une sélection menant à l'extermination pour des raisons diverses (par exemple, une menace d'une épidémie, en raison de la surpopulation ou parce qu'ils étaient réputés malades incurables).

À Auschwitz-Birkenau, si les conditions sont très dures au Revier, infesté de puces et de rats, pour les prisonniers qui y sont médecins ou infirmières, elles sont néanmoins un peu moins mauvaises que pour les autres déportés du camp : le personnel du revier n'est en effet pas convoqué à l'appel, mange « à sa faim » et est protégé du froid pendant son travail[3].

Références

  1. a et b Charlotte Delbo, Le Convoi du 24 janvier, Éditions de Minuit, 1965 (réédité en 2002), 304 p. (ISBN 2-7073-1638-5), p. 24.
  2. C'est d'ailleurs uniquement sous la graphie « revir » qu'on trouve le mot dans le livre de Charlotte Delbo Auschwitz et après.
  3. Charlotte Delbo, Le Convoi du 24 janvier, Éditions de Minuit, 1965 (réédité en 2002), 304 p. (ISBN 2-7073-1638-5), p. 237.