René Capitant

René Capitant
Image illustrative de l'article René Capitant
Fonctions
Garde des Sceaux, ministre de la Justice
5e ministre de la Justice de la Ve République
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Georges Pompidou IV
Maurice Couve de Murville
Prédécesseur Louis Joxe
Successeur Jean-Marcel Jeanneney (par intérim)
René Pleven
Député de la 3e circonscription de Paris
Élection
Réélection et
Législature IIe, IIIe, IVe (Cinquième République)
Prédécesseur Jean-Marie Le Pen
Successeur Jean Tiberi (son suppléant)
Député de la Seine
Législature 1re (IVe République)
Député du Bas-Rhin à l'Assemblée constituante
Législature Assemblée constituante de la IVe République
Ministre de l'Éducation nationale
Gouvernement Charles de Gaulle I (GPRF)
Prédécesseur Abel Bonnard
Successeur Paul Giacobbi
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance La Tronche (Isère)
Date de décès (à 68 ans)
Lieu de décès Suresnes (Hauts-de-Seine)
Parti politique Parti républicain syndicaliste(1928)
UDSR (1945-1951)
UNR–UD-Ve (1962-1968)
Profession Professeur de droit

René Marie Alphonse Charles Capitant, né le à La Tronche (Isère) et décédé le à Suresnes (Hauts-de-Seine), fils d'Henri Capitant, est un juriste et un homme politique français.

Biographie

Formation

Fils du juriste Henri Capitant (1865-1937), il est élève au lycée Henri-IV puis à la faculté de droit de Paris, où il obtient un doctorat et une agrégation en Droit.

Il est nommé en 1930 à l'université de Strasbourg. Dans les années 1930, il milite au sein du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes.

Seconde Guerre mondiale

À la suite de l'appel du 18 Juin, il contribue à la création du mouvement de résistance Combat à Clermont-Ferrand. Il devient professeur de droit à l'université d'Alger en 1941. Par ailleurs membre du réseau de résistance Alliance, il est nommé commissaire à l'Instruction publique du Comité français de Libération nationale, puis ministre de l'Éducation nationale du gouvernement provisoire.

De la Libération au départ du Général de Gaulle

À la Libération il est élu député de 1945 à 1951. Gaulliste de gauche, il fonde le 20 janvier 1946 avec Louis Vallon et Pierre Clostermann l’Union gaulliste - Rassemblement des gauches démocratiques, puis devient l'un des principaux animateurs du RPF.

Il est professeur à la Faculté de Droit de Paris en 1951, puis il est nommé directeur de la Maison franco-japonaise à Tokyo entre 1957 et 1960. C'est sous son influence que les constituants de 1958 ont réhabilité le référendum.

Il est élu député de Paris de 1962 à 1968, battant Jean-Marie Le Pen, est élu conseiller municipal de Paris en 1965 et occupe pendant ces deux législatures la présidence de la Commission des Lois constitutionnelles, de la Législation et de l'Administration générale de la République.

Il manifeste au cours des années 1960 une opposition croissante à Georges Pompidou, auquel il reproche sa progressive récupération du mouvement gaulliste à des fins conservatrices, attribuant les évènements de Mai 68 à l'immobilisme social du Premier ministre. Lui reprochant de droitiser le mouvement, il affirme avec force dans les instances de l'Union démocratique du travail : "Le vrai gaullisme est à gauche !".

À partir du 31 mai 1968, il est Garde des Sceaux dans les gouvernements Georges Pompidou IV et Maurice Couve de Murville, ce dernier mettant en avant la participation au sein de son action politique, marquée par l'ascendant pris par les gaullistes de gauche durant la dernière année de la présidence du Général de Gaulle. De santé fragile, il est victime d'un infarctus du myocarde à l'automne 1968, propose sa démission au chef de l'État qui la refuse et lui demande de reprendre son ministère après.

Cet élan est néanmoins brisé par l'échec du référendum du 27 avril 1969 dont il est l'un des promoteurs. Fidèle de Charles de Gaulle, il le suit dans la démission le même jour.

Refusant de soutenir Georges Pompidou à l'élection présidentielle suivante, il envisage un temps de se présenter avant d'y renoncer pour raisons de santé, et se retire de la vie politique. Il succombe moins d'un an plus tard à un second malaise cardiaque[1]. Son épouse, née Marie Thérèse Colas, est décédée le 3 juin 2002 à 94 ans[réf. nécessaire].

Fonctions politiques

Fonctions gouvernementales

  • 9 novembre 1943 – 4 septembre 1944 : Commissaire à l’Éducation nationale du CFLN
  • 4 septembre 1944 – 21 novembre 1945 : Ministre de l’Éducation du gouvernement provisoire
  • mai-août 1962 : Conseiller juridique et technique auprès de l'exécutif provisoire algérien
  • 31 mai 1968 - 27 avril 1969 : Garde des Sceaux

Mandats électifs

Œuvres

  • L'illicite, Paris : Dalloz (1928)
  • La réforme parlementaire, Paris : Suey (1934)
  • L'œuvre juridique de Raymond Carré de Malberg (1937)
  • L'idéologie nationale-socialiste (1938)
  • Premiers combats pour la Constitution, Strasbourg, L'Alsace libérée, sd, 63 p. (1946)
  • Pour une Constitution fédérale, Paris, Renaissances, 62 p. (1946)
  • Le changement de régime (1952)
  • "Écrits politiques", Institutions, Paris, Flammarion, 433 p. (1971)
  • Démocratie et participation politique, Paris, Bordas, 184 p, (1972)
  • Face au Nazisme, Écrits de 1933 à 1938 réunis par Olivier Beaud (2004)

Annexes

Sources

Bibliographie

  • Rémi Decourt-Paoline, René Capitant, homme de gauche et gaulliste. Un juriste engagé sous la Ve République (1958-1970), mémoire de maîtrise, Paris-I, 1994, 252 p.
  • Gwénaël Le Brazidec, René Capitant, Carl Schmitt : crise et réforme du parlementarisme. De Weimar à la Cinquième République Paris, L'Harmattan, coll. « Logiques juridiques », 1998, 310 p.
  • Marcel Thomann, « René Marie Alphonse Charles Capitant », in Nouveau Dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 6, p. 452

Articles connexes

Notes et références


Liens externes